jeudi 28 janvier 2021
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Usine de traitement des déchets : les élus mettent la pression

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Alors que la fin de vie de l’actuelle usine d’incinération des déchets située dans le quartier de Fontvieille est programmée pour 2026, le projet de sa remplaçante est aujourd’hui toujours au point mort après un appel d’offres infructueux.

Une situation qui inquiète les élus du Conseil national.

C’est un sujet de préoccupation majeur depuis plusieurs années à Monaco. L’épineuse question du traitement des déchets a une nouvelle fois été au cœur des débats, mardi 15 décembre 2020, à l’occasion de la troisième séance publique dédiée à l’étude du budget primitif 2021.

Appel d’offres infructueux

S’il est acquis depuis quelque temps déjà que le futur centre de traitement et de valorisation des déchets (Uvet) sera construit sur l’îlot Pasteur, à l’entrée ouest de la principauté — et non in situ sur l’actuel site de Fontvieille — un appel d’offres international avait été lancé en 2019 pour désigner l’entreprise en charge du chantier. Le gouvernement n’avait, depuis, plus donné aucune nouvelle sur ce sujet pourtant d’importance, quand on sait que la fin de vie de l’actuelle usine d’incinération est programmée pour 2026. Mardi 15 décembre 2020, l’élue Priorité Monaco (Primo !) Marine Grisoul a donc profité de l’examen du budget primitif 2021 pour interpeller la conseillère-ministre de l’équipement, de l’environnement et de l’urbanisme, Marie-Pierre Gramaglia afin d’en savoir plus sur l’avancée du projet. « Lors de nos derniers échanges en commission plénière d’étude, vous nous avez indiqué que l’appel d’offres a été déclaré infructueux et qu’une nouvelle consultation devrait être prochainement lancée. Où en sommes-nous actuellement ? », a questionné l’élue Primo !. En réponse, la conseillère-ministre est d’abord revenue sur les raisons qui ont poussé le gouvernement à déclarer l’appel d’offres infructueux. « On avait retenu trois entreprises. Une japonaise, très prometteuse, qui s’est malheureusement désistée à cause de la Covid-19. La deuxième entreprise était une sorte de brique technologique qu’on pouvait mettre en supplément d’un système de traitement des déchets mais qui ne suffisait pas, à elle-même, à assurer le traitement des déchets. Enfin, le dossier de la dernière entreprise ne nous a pas paru complet et suffisant au fur et à mesure des discussions avec elle », a détaillé Marie-Pierre Gramaglia.

« Accélérer le mouvement »

Par conséquent, le projet de future usine de traitement et de valorisation des déchets est aujourd’hui au point mort. Ou presque : « Nous sommes maintenant à la recherche d’une solution qui conviendrait parfaitement à la principauté car on ne peut pas se tromper de technologie. On a pu voir, pendant un an, que finalement, il n’y a pas tant de nouvelles technologies fiables qui pourraient être tentées sur notre territoire », a indiqué la conseillère-ministre qui a par ailleurs rappelé que 30 millions d’euros avaient été investis par l’État pour conserver l’actuelle usine en fonction jusqu’en 2026, date de son expiration. Et ainsi se donner du temps pour faire les bons choix. Sauf qu’aujourd’hui, l’horloge tourne et aucune avancée notable n’a été faite par le gouvernement, toujours à la recherche donc de la technologie novatrice adéquate pour le traitement des déchets. Un statu quo qui inquiète de plus en plus les conseillers nationaux, à l’image de Jean-Louis Grinda : « Il va falloir accélérer le mouvement car sinon l’actuelle usine d’incinération va être un gouffre financier et pourrait, sans doute, représenter certains risques à terme ». Et l’élu Union Monégasque de réitérer la position qui était la sienne initialement : « Faisons traiter ailleurs, dans des centres beaucoup plus importants, ces déchets que nous ne pouvons pas traiter. Je déplore que cette solution n’ait pas été retenue par le gouvernement », regrette-t-il.

Monaco veut rester indépendant

Une position qu’il sait « fort impopulaire » au sein même du Conseil national. À commencer par son président Stéphane Valeri qui estime, au contraire, que « Monaco doit être souverain et indépendant dans le traitement des déchets ». « Nous ne sommes pas d’accord pour dépendre de pays extérieurs. Il ne serait pas correct, pour un État qui défend l’environnement, de faire circuler sans arrêt des camions pour transporter des déchets monégasques. Et il ne serait pas politiquement souhaitable de dépendre d’éventuelles grèves de CGT, et autres syndicats français, qui ne se privent pas dans ce secteur d’activité », a justifié le président du Conseil national. Ces explications ne convainquent pas Jean-Louis Grinda qui lui oppose qu’« en exportant nos mâchefers, on dépend des autres pays. Notre usine d’incinération a tourné parce que son modèle le voulait avec les déchets des communes de la Communauté d’agglomération de la Riviera française (CARF), et pas seulement avec ceux des résidents monégasques. Heureusement, car cela nous a permis de garder les fours en activité. Sans ça, l’usine n’aurait pas eu le rendement qu’elle a eu ». Reste que la question d’un éventuel transfert de l’autre côté de la frontière ne se pose pas, ou plutôt plus, puisque comme le souligne Marie-Pierre Gramaglia, soutenue par son ministre d’État, Pierre Dartout, « la France n’a jamais voulu accueillir nos déchets. On a fait plusieurs tentatives mais on a eu une fin de non-recevoir ». Et ce pour une raison simple, les usines de traitement des déchets des départements voisins (Alpes-Maritimes et Var) sont aujourd’hui saturées.

« Un grand défi »

Malgré ces points d’achoppement, le Conseil national est unanime pour dire que le projet doit désormais avancer au plus vite. « Vous avez, madame Gramaglia, une obligation de résultat. L’année 2026 est une année butoir sur laquelle on ne pourra pas gagner du temps. On n’a donc pas trop de marge. On est juste », a répété Stéphane Valeri. Avant de mettre un peu plus la pression sur le gouvernement : « Il faut maintenant, non plus seulement essayer mais réussir. […] C’est un des grands sujets des prochaines années. C’est un grand défi pour Monaco d’arriver à avoir enfin une usine moderne, et si possible qui évite l’incinération ». Selon la direction de l’aménagement urbain, relayée par nos confrères de Monaco Matin, le calendrier de la future usine de traitement et de valorisation des déchets devrait être plus précis et rendu public à la fin de l’année 2021, ou au début de l’année 2022.

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