dimanche 23 janvier 2022
AccueilPolitiqueTunnel descendant?: percement en 2013

Tunnel descendant?: percement en 2013

Publié le

Marie-Pierre Gramaglia
Marie-Pierre Gramaglia, conseiller de gouvernement à l'équipement © Photo Monaco Hebdo.

Le gouvernement a enfin fixé un calendrier pour la réalisation du tunnel descendant. Alors que des travaux de préparation de terrain s’échelonneront sur l’année 2012, le percement est, lui, fixé début 2013. Coût de l’opération?: près de 100 millions d’euros.

Une rentabilité zéro pour l’Etat, des risques de dérapage budgétaire et une circulation qui ne sera pas forcément améliorée pour accéder en principauté… C’est peu ou prou ce que les élus avaient dénoncé en séance publique en décembre dernier. La réalisation du tunnel descendant avait alors soulevé de lourdes critiques. Des réticences que les parlementaires avaient aussi exprimé en votant contre la ligne relative au projet (sauf trois abstentions). Le gouvernement a pourtant donné son feu vert pour la réalisation de cet ouvrage de 1?700 mètres, dont l’entrée sera située sur le boulevard du Jardin exotique — au niveau de l’aire de stationnement Bel air — et la sortie près de l’entrée du cimetière sur le boulevard Charles III. « Il est crucial de désengorger l’accès à Monaco pour améliorer la qualité de vie des résidents et favoriser le développement économique. Pour être attractive, la Principauté doit demeurer accessible », a ainsi justifié le conseiller à l’équipement Marie-Pierre Gramaglia, lors de la conférence de presse mensuelle du gouvernement, le 28 février. Après avoir reporté pendant des années le projet aux calendes grecques, le gouvernement a enfin fixé un calendrier. Des travaux de préparation — pose de palissades, démolition d’un immeuble désaffecté et autres travaux de soutènement — s’échelonneront sur toute l’année 2012. Alors que le percement à proprement parler interviendra, lui, début 2013. « Nous atteindrons ainsi le territoire français dès la fin de cette même année pour une durée totale du chantier d’environ 56 mois », a rajouté Marie-Pierre Gramaglia.

Risque de blocage
Pour le gouvernement pas de doute. Ce tunnel sera non seulement bénéfique en terme de fluidité sur les routes, mais aussi salutaire pour l’avenir. « Chaque jour, environ 52?500 véhicules entrent en principauté. Des études ont estimé que la croissance de ce trafic atteint 1,5 % par an. Ainsi à l’horizon 2025, nous aurons près de 63?000 véhicules entrant en Principauté dont 40?000 à l’ouest avec des risques de situations de blocage qui pourraient s’avérer catastrophiques », a rajouté Marie-Pierre Gramaglia. Pas d’inquiétude non plus pour les places de stationnement. Le gouvernement mise sur le futur parking de la ZAC Saint Antoine de 600 places et sur celui de l’îlot Charles III (entre 800 et 1?000 places) tous deux situés à proximité immédiate du débouché de ce tunnel. Selon le gouvernement, le trafic attendu sur ce futur ouvrage est de l’ordre de 12?700 véhicules/jour dont 1?300 poids lourds. « Le tunnel devrait permettre de réduire de 40 % le trafic sur l’itinéraire boulevard du jardin exotique, boulevard Rainier III, avenue Prince Pierre ainsi que sur la basse corniche. Et facilitera l’accès direct à Fontvieille depuis la moyenne corniche », a encore détaillé le conseiller. Autre argument avancé par le gouvernement?: la déclaration d’utilité publique obtenue en France qui pouvait être remise en cause à la fin 2013. Ce qui oblige le gouvernement à démarrer les travaux rapidement. « Sinon, nous serions contraints de reporter toute solution efficace à la saturation du trafic à une période située au minimum à 15 ans », a expliqué Marie-Pierre Gramaglia. Sans oublier de rappeler qu’un « pays qui veut aller de l’avant doit avoir une politique d’investissement dans les équipements publics. » Le coût de l’opération, lui, est toujours fixé à 99,6 millions d’euros. Sauf futur dérapage. Sur les budgets 2011 et 2012, environ 10 millions d’euros au total ont été prévus pour démarrer l’opération.

Sujets de négociations entre la France et Monaco, Société des bains de mer et Rio +20… lors de son dernier point presse, le gouvernement a balayé l’actualité du moment.

Les dossiers franco-monégasques en discussion

La commission mixte
© Photo Charly Gallo / Centre de Presse.

La commission de coopération franco-monégasque présidée par le ministre d’Etat Michel Roger et par Pierre Sellal, secrétaire général du ministère des affaires étrangères et européennes s’est réunie le 27 février. « C’est le grand rendez-vous annuel diplomatique et institutionnel entre la France et Monaco, explique l’ambassadeur de France à Monaco Hugues Moret également présent à la réunion. Plus d’une vingtaine de points ont été abordés ». Depuis la signature du traité d’amitié de 2002 et sa ratification en 2005, c’est ainsi le sixième rendez-vous pour « le couple » franco-monégasque. Parmi les principaux sujets techniques mis sur la table?: les difficultés rencontrées par les résidents de Monaco lors de leurs déplacements à l’étranger dans l’espace Schengen, et ce « en dépit de la présentation de leur carte de résident qui emporte visa de circulation au sein de cet espace », indique le gouvernement. « Il apparaît que les cartes de séjour de Monaco suscitent encore des doutes sur leur authenticité de la part de diverses autorités qui requièrent un document de voyage ou d’identité. » Une problématique essentiellement rencontrée « dans les nouveaux pays européens côté Est », a expliqué en conférence de presse le 28 février le conseiller aux relations extérieures José Badia. « La Principauté a donc sollicité des autorités françaises une intervention auprès des Etats membres de l’Union européenne et de l’espace Schengen », a encore précisé le conseiller. Autre avancée majeure dans ce domaine?: le logiciel Ariane est désormais accessible depuis Monaco. Ce portail Internet permet aux ressortissants de la Principauté qui le souhaitent de déclarer gratuitement et plus facilement leurs voyages à l’étranger. En situation de crise, ce logiciel permet ainsi de recenser les ressortissants présents dans la zone touchée, de les informer directement en les appelant par téléphone ou par SMS, ou encore de contacter la personne à prévenir en cas d’urgence. Autres sujets abordés lors de cette commission?: l’apprentissage anticipé de la conduite ou encore la question de la reconnaissance de la future carte monégasque d’armes à feu sur le territoire français et dans les Etats membres de l’Union européenne.

« La SBM n’est pas à vendre »

Alors que la Société des bains de mer vient d’annoncer son plan de relance pour tenter d’arrêter la spirale déficitaire du groupe, le ministre d’Etat Michel Roger a été formel en conférence de presse. « La SBM n’est pas à vendre. Pas question de recourir à des investisseurs étrangers », a-t-il indiqué. Aucune prise de participation étrangère n’est donc envisagée pour le moment. Pour Michel Roger, il s’agissait de rassurer les employés de la SBM.
Comme nous l’indiquions dans l’édito de notre dernier numéro, certains syndicalistes avaient récemment affiché leurs craintes d’un tel projet. Des craintes fondées sans doute, entre autres, par le fait que QD Hotel & Property Investment Ltd, la société d’investissement hôtelier du fonds souverain du Qatar, détient depuis octobre 2011 5,94 % de parts dans le capital de la SBM.

Com’ 2.O?: premier bilan

Un mois après le lancement de ses trois nouveaux outils de communication sur Internet, le gouvernement a dressé le 28 février en conférence de presse un premier bilan du trafic enregistré. Les 11 chaines de Monaco Channel et ses 685 vidéos ont ainsi été visionnées plus de 174?000 fois avec plus de 8?000 visiteurs. De son côté, le nouveau portail internet gouv.mc a enregistré plus de 39?000 visites. A noter également que deux nouvelles procédures ont été mises en ligne. Les internautes peuvent désormais déposer leur candidature aux emplois publics et répondre à un questionnaire — de manière anonyme — pour aider le gouvernement à moderniser le service public.
Quant au compte Twitter, le cap des 500 abonnés a été franchi. 4 à 5 tweets sont postés par jour par une équipe de fonctionnaires du gouvernement. « Et les tweets que ne nous recevons ne sont pas polémiques », a assuré le ministre d’Etat.

Monaco à Rio +20

La conférence des Nations unies sur le développement durable baptisée « Rio +20 » se tiendra à Rio de Janeiro au Brésil du 20 au 22 juin 2012. Le conseiller aux relations extérieures José Badia a expliqué en conférence de presse le 28 février que le prince Albert, très engagé sur ces questions, a suggéré qu’un atelier sur la gestion durable des océans y soit également organisé. C’était d’ailleurs le sens du Message de Monaco lancé en novembre dernier par des experts internationaux qui s’étaient réunis sur ce thème à Monaco. A noter que les travaux préparatoires de Rio +20 reprennent des points de cette déclaration.

Publié le

Monaco Hebdo