mardi 30 novembre 2021
AccueilPolitiqueBâtiment en bois à Monaco : « Construire en bois est une forme...

Bâtiment en bois à Monaco :
« Construire en bois est
une forme de sagesse »

Publié le

Le 16  juillet, la mission pour la transition énergétique a dressé un panorama des soutiens apportés aux acteurs publics et privés. La mission pour la transition énergétique a annoncé la mise à l’étude d’un prototype de bâtiment en bois qui devrait être terminé en 2022.

Face à l’urgence écologique, Annabelle Jaeger-Seydoux, directrice de la mission pour la transition énergétique a réitéré son appel à la mobilisation générale : « Nous souhaitons avoir un rendez-vous régulier avec la presse. Les rencontres seront trimestrielles. Notre mission est de prolonger l’action du prince Albert II et du gouvernement. L’objectif est la neutralité carbone en 2050. Il faut valoriser les initiatives publiques et privées. » Lancée en 2016, la MTE est chargée de la mise en œuvre du livre blanc présenté par le prince Albert  II en 2017. Les équipes d’Annabelle Jaeger-Seydoux coordonnent les projets de limitation des émissions de gaz à effet de serre. « Nous sommes dans la dynamique du pacte national. Nous travaillons avec les établissements de santé, Monaco Telecom et les établissements scolaires. Nous allons au-devant des résidents avec les rencontres de quartier Monaco s’engage. Il y a d’ailleurs déjà eu un rendez-vous au marché de la Condamine. Et le 20 juillet, le rendez-vous était au Larvotto », précise la directrice de la mission pour la transition énergétique. Avant d’ajouter : « Nous comptabilisons notre 1000ème adhérente au pacte national. C’est une dame habitant le quartier de la Condamine. » Par ailleurs, afin d’atteindre la neutralité carbone en 2050, la mission pour la transition énergétique se concentre sur le secteur du bâtiment. « Cette filière représente plus de 30 % des émissions de gaz à effet de serre à Monaco », souligne Annabelle Jaeger-Seydoux. Aussi en octobre 2018, une nouvelle réglementation énergétique des bâtiments a été mise en place, avec notamment l’interdiction du fioul en 2022 dans les bâtiments anciens. Mais aussi l’obligation de réaliser des audits énergétiques dès 2022 dans les bâtiments construits entre 1930 et 1990. Enfin, il est aussi nécessaire de réaliser des travaux d’isolation thermique lors des travaux de réhabilitation. « La mise en œuvre de la dynamique énergétique se traduit à travers des actions concrètes. Nous avons franchi l’étape une du bilan. Les trois quarts de nos ateliers ont été faits avec les entreprises », indique la directrice de la mission pour la transition énergétique.

BD2M

Annabelle Jaeger-Seydoux a estimé que l’accent devait être mis sur l’adoption du label BDM, c’est-à-dire bâtiments durables méditerranées. Ce label a été créé par l’association EnviroBatBDM. Depuis 2008, il est actif dans la région Provence-Alpes-Côte d’Azur (PACA). Ce label met en valeur les constructions écologiques. « Le BDM paraît adapté à Monaco. Il intègre les conditions géo-climatiques du littoral. Il y a la nécessité d’intégration des spécificités monégasques », juge la directrice de la mission pour la transition énergétique. Ainsi, à Monaco, les autorités ont associé 160 acteurs locaux de la filière du bâtiment. « Nous avons les contraintes de réalisation de chantiers et la sur-densité. Il faudra bien placer le curseur entre les exigences pour le confort, les nuisances et le respect des normes environnementales », souligne-t-elle. L’objectif de la mission pour la transition énergétique est donc de s’inspirer du label BDM en l’adaptant aux spécificités monégasques. « Depuis octobre 2018, nous menons une réflexion. Aussi, la création d’un label spécifique monégasque BD2M devrait voir le jour. Ce référentiel bâtiments durables méditerranéens de Monaco découlera du BDM, détaille Annabelle Jaeger-Seydoux. Des réunions de travail vont permettre aux acteurs locaux intéressés de créer le label BD2M. La présentation du référentiel monégasque devrait intervenir fin septembre 2019. Il favorisera des échanges de bonnes pratiques. » À ce jour, 450 opérations avec le label BDM ont été enregistrées en région PACA. Et la seule certifiée BDM à Monaco est la villa troglodyte. Mais l’objectif affiché des pouvoirs publics monégasques, c’est de lancer l’expérimentation d’un nouveau bâtiment labélisé BD2M.

Prototype

Un prototype d’un bâtiment en bois est actuellement à l’étude. Il portera la certification BD2M. « Ce bâtiment sera construit avec du bois lamellé-croisé. Ce qui nous a motivé dans la démarche, c’est de faire évoluer tout un cycle de vie. Avec ce bâtiment, nous espérons minimiser l’énergie grise, c’est-à-dire agir sur la quantité d’énergie consommée lors du cycle de vie. Nous souhaitons une réduction de la signature carbone du bâtiment », annonce Jean-Luc Nguyen, directeur des travaux publics. Avant de poursuivre : « Construire en bois est une forme de sagesse. Nous travaillons sur le mix énergétique. C’est-à-dire des systèmes de protection solaire extérieurs, des brasseurs d’air, des pieux géothermiques, des panneaux solaires, photovoltaïques et thermiques. Il y aura une pile à combustible génératrice d’électricité. » La construction du bâtiment utilisera du bois lamellé-croisé, un procédé souvent qualifié d’« innovant ». Ces panneaux sont composés de la lamelles de bois collées perpendiculairement. Ils sont surtout utilisés dans les constructions massives, comme les planchers et les parois. « Le bois refaçonné permet d’éviter des déformations. Traditionnellement, en Europe du Sud et à Monaco, on construit en béton. En Asie, des tours sont entièrement construites en bois. On gagne en logistique de chantier. Nous allons faire des tests sur le nouvel immeuble. Et on prendra en compte l’impact des transports. Actuellement, nous discutons avec trois entreprises pour les charpentes en bois », ajoute Jean-Luc Nguyen.

2022

Généralement les panneaux en bois lamellé-croisé sont fabriqués avec des sciages de sapin, épicéa, pin maritime, pin sylvestre ou Douglas, un pin d’Oregon. « Le prototype portera le référentiel BD2M. Sa construction devrait débuter en 2020. L’achèvement des travaux est programmé pour la fin du premier semestre 2022 », annonce le directeur des travaux publics. Grâce au collage croisé, le bois lamellé-croisé possède de meilleures propriétés mécaniques que le bois massif. Il est notamment plus stable. « Le projet devrait être réalisé sur un terrain de 400 m2. Il se situera sur le boulevard d’Italie, à proximité de Testimonio II, révèle Jean-Luc Nguyen. Ce prototype sera un immeuble de 9 étages. Il comptera 2 500 m2 de surface de plancher. Il comportera 25 logements domaniaux. Il y aura deux niveaux en sous-sol. Pour le stationnement, un souterrain devrait passer sous le boulevard d’Italie. Il reliera un parking public dédié. » Si le bois lamellé-croisé est de plus en plus utilisé dans la construction en Europe, il nécessite néanmoins beaucoup de bois. À cela s’ajoute son coût de production élevé.

 Madeleine Badia, restauratrice éco-responsable

Manger bio, végétarien et sain, c’est le leitmotiv de Madeleine Badia. « C’est un premier geste pour notre organisme et pour la planète. Mais il nous faut adopter d’autres attitudes de consommation moins polluantes pour l’environnement », explique la gérante de Eat Me et Eat Juice. Avant de souligner : « Je ne parle que pour moi. Il y a 7 ans, j’ai pris conscience des choses. À mon retour à Monaco, j’ai voulu créer une alimentation éco-responsable en ouvrant mon restaurant. J’interpelle au niveau de l’alimentation. Je ne prône pas le végétalisme intégral. Je reste flexitarienne. » La démarche engagée de cette restauratrice se retrouve dans le service aux clients. Des contenants en amidon de maïs, pulpe ou kraft sont proposés aux consommateurs. « Je me suis acheté une bonne conscience. Je continue à faire une cuisine maison. Je propose une alimentation qui a du sens. Il faut que tout soit en adéquation avec les contenants », précise-t-elle. Avant de rappeler : « Comment convaincre les clients de venir avec sa propre bouteille ? Je sais que je vais rencontrer des problèmes. Ma clientèle est susceptible d’être perdue à hauteur de 4 %. Je pense qu’il ne faut pas bannir le plastique. C’est l’usage unique des contenants qu’il faut stopper. Le problème des plats à emporter doit aussi être pris en compte. » Ainsi, cette restauratrice propose des contenants consignés à travers des lunch box, des bouteilles à jus en verre, des couverts en inox et des sacs réutilisables. « Je propose les kits déjeuner et des bouteilles à l’unité. Quand le consommateur pousse, alors les initiatives arrivent. Il faut revenir à des pratiques de bon sens », soutient Madeleine Badia. Ses propos trouvent un écho auprès de la directrice de la mission pour la transition énergétique, Annabelle Jaeger-Seydoux : « Depuis 2015, les pratiques des commerçants ont évolué. Le 28 mars dernier, nous avons organisé un atelier avec les petits commerçants. À la rentrée, la direction de l’environnement devrait mettre en place un label restaurant engagé. »

Laureen Adele, une éco-citoyenne

Lors de la 1ère rencontre de la transition énergétique, un coup de projecteur a été donné sur les acteurs privés. Et Laureen Adele, salariée chez SBM Offshore à Fontvieille, se pose en sentinelle de la conscience écologique : « J’ai délaissé le moteur thermique pour la voiture électrique. J’ai troqué les cotons démaquillants pour des carrés éponges cousus main. J’ai éradiqué les cotons-tiges pour un cure-oreille écologique », souligne-t-elle. Avant d’ajouter : « J’ai remplacé les mouchoirs en papier par du tissu. J’ai banni les serviettes hygiéniques jetables en faveur des lavables. » En deux ans, cette Drapoise a considérablement modifié ses habitudes. « Je suis signataire du pacte national pour la transition écologique. Dans mon sillage, j’ai entraîné mon mari et ma petite fille. Désormais on a des brosses à dents recyclables. Je fabrique ma pâte dentifrice 100 % écologique. En hiver, j’utilise de l’huile de coco. L’été, je me sers d’un petit galet. Côté cuisine, je suis passée aux contenants en verre. J’achète toujours en vrac dans les magasins. »

Une exposition engagée à la bibliothèque Louis Notari

Le 16  juillet 2019, Adrien Rebaudo a présenté l’exposition Regards sur la transition énergétique. « C’est une exposition au milieu des livres entre la réalité et la science-fiction », a-t-il souligné. Jusqu’au 2 septembre, les élèves du cours de photographie de la médiathèque proposent un nouveau regard sur les enjeux écologiques. À l’initiative d’Adrien Rebaudo, leur professeur, et la mission pour la transition énergétique ont souhaité les associer à la cause environnementale. « Nous avons sélectionné des thèmes avec la mission pour la transition énergétique. Les élèves ont été totalement impliqués dans le projet. Une trentaine d’entre eux ont participé à l’élaboration des quarante panneaux photographiques. » Au milieu des rayonnages de livres de la bibliothèque, les panneaux abordent les thèmes du tri des déchets, du gaspillage et de la mobilité. Combinant visuels et phrases d’accroche, cette exposition invite à la prise de conscience du public.

À la médiathèque de Monaco, bibliothèque Louis Notari, 8 rue Louis Notari. Exposition Regards sur la transition énergétique, jusqu’au 2 septembre 2019. Entrée libre et gratuite. Tél. : (+377) 93 15 29 40. + d’infos sur www.mediatheque.mc.




Publié le

Monaco Hebdo