jeudi 5 août 2021
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Transition énergétique
Quatre initiatives locales décryptées

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Comment le développement durable se met-il progressivement et concrètement en place à Monaco ?

Le département de l’environnement, dirigé par Marie-Pierre Gramaglia, et la mission pour la transition énergétique, pilotée par Annabelle Jaeger-Seydoux, ont présenté le 22 octobre 2020 quatre initiatives locales.

Ports de Monaco

de l’électricité pour moins polluer

Le sujet a déjà été abordé par le gouvernement et le Conseil national. Comment faire pour que les bateaux qui passent par la principauté polluent moins, voire ne polluent plus du tout ? On se souvient qu’en juin 2019 (lire Monaco Hebdo n° 1121), l’ONG Transport & Environment a publié une étude dans laquelle elle a mesuré la quantité d’oxydes de soufre émis par les paquebots de croisière qui font escale dans les ports européens. Marseille, Le Havre, Nice, Cannes et La Seyne-Sur-Mer font partie des cinquante plus touchés d’Europe et Monaco se classait 48ème. Une partie de la solution passe donc par l’électrification des quais estiment la direction des affaires maritimes et la société d’exploitation des ports de Monaco (SEPM). La directrice des affaires maritimes, Armelle Roudaut-Lafon et le directeur général adjoint des ports de Monaco, Olivier Lavagna. Un programme a été lancé pour que d’ici « 2022 ou 2023 », tous les navires de plaisance et de grande plaisance puissent se connecter électriquement aux quais, a indiqué Armelle Roudaut-Lafon. En 2002, le nombre d’anneaux du port a pu être multiplié par deux grâce à la mise en place d’une digue flottante. Peu à peu, des branchements électriques ont été installés. Désormais, il reste à équiper le quai Jules Soccal, ce qui devrait donc être fait d’ici deux ou trois ans. En 2019, dans le cadre d’un plan pour des escales avec « zéro fumée », la région Sud Provence-Alpes-Côte d’Azur (Paca) a débloqué 30 millions d’euros pour électrifier les quais des ports de Marseille, Nice et Toulon d’ici 2025. Pour suivre ce mouvement et étendre cette zone, un groupe de travail a été créé par le gouvernement monégasque dès 2019. Piloté par la Société monégasque de l’électricité et du gaz (Smeg), ce groupe de travail intègre aussi la direction des travaux publics, la direction des affaires maritimes et la SEPM. Deux études ont été lancées, dont les résultats devraient être révélés en novembre 2020. Une première étude porte sur les conditions de l’électrification des quais assurée par la société Tractebel. Quant à la deuxième étude, elle traite la question des conditions de branchements électriques à bord des navires de croisière réalisé par la société V-Ship. « Le branchement électrique est une piste pour limiter la pollution atmosphérique. Mais il en existe d’autres, comme les bateaux à hydrogène, par exemple. Sans oublier les navires qui fonctionnent au gaz naturel liquéfié (GNL) ou d’autres sources d’énergie », a souligné Armelle Roudaut-Lafon. « Dans le domaine de la croisière, le Covid-19 est un phénomène accélérateur, a ajouté Olivier Lavagna. La tendance est à la réduction des tailles de bateaux, tout en les rendant plus vertueux. Et c’est aussi vrai pour les bateaux de plaisance, qui sont aussi un moyen de s’isoler, tout en continuant à vivre. Pour cela, il faut des bateaux moins énergivores et plus performants. Il y aura un avant et un après Covid-19, c’est certain. »

Fonds d’investissements

La tendance verte

« Dans notre domaine, il n’y aura plus de retour en arrière. » Jérémy Genin, le patron de Monaco Asset Management l’affirme : peu à peu, le développement durable s’impose comme un moyen efficace dans lequel investir son argent. Du coup, Monaco Asset Management propose aujourd’hui 45 fonds Environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG), c’est-à-dire des fonds d’investissements socialement responsables. Et 120 entreprises spécialisées dans l’hydrogène sont cotées en bourse. Ce sont surtout les 35-55 ans qui se laissent tenter par ce type de placement. « Il faut lutter contre une perception qui est fausse : on entend parfois dire qu’un fonds ESG est moins performant, alors que c’est faux », ajoute Jérémy Genin. Aujourd’hui, sur 3 milliards investis, 50 millions sont tournés vers du 100 % durable. Il reste donc beaucoup à faire, la marge étant énorme. Le patron de Monaco Asset Management, qui emploie 25 salariés en principauté, a aussi décidé de s’engager dans le développement durable. Depuis 2014, un contrat 100 % énergie renouvelable a été signé avec la Société monégasque de l’électricité et du gaz (Smeg), les bouteilles d’eau ont été remplacées par des fontaines à eau et les impressions sur papier sont limitées à leur minimum.

« Dans le domaine de la croisière, le Covid-19 est un phénomène accélérateur. La tendance est à la réduction des tailles de bateaux, tout en les rendant plus vertueux » Olivier Lavagna. Directeur général adjoint des ports de Monaco

Recyclage des eaux grises

Le pari de FGWRS

On sait que l’eau est un bien extrêmement précieux. D’ici 2030, environ 25 % de la population mondiale se trouvera en manque d’eau potable. Voilà pourquoi la start-up de MonacoTech Full/Firmus Grey Water Recycling System (FGWRS) a décidé de miser sur le recyclage des eaux grises, à savoir toutes les sources d’eau domestiques souillées, à l’exclusion de la chasse d’eau des toilettes. « Recycler les eaux grises qui représentent, en moyenne, plus de 50 % de la consommation journalière, représente donc un véritable enjeu pour la préservation des ressources », rappelle cette entreprise sur son site Internet. Du coup, depuis 2017, FGWRS vend sa Grey Water Recycling Station qui permet de recycler 80 % des eaux grises. Ce qui est suffisant pour réutiliser l’eau recyclée vers « tous les usages de l’habitation hors boisson (1 % des besoins journaliers) », assure cette start-up. De plus, il est également possible de réaliser de la valorisation énergétique en répondant aux besoins thermiques des bâtiments où sont installées les Grey Water Recycling Stations. « On a associé à notre produit de la récupération d’énergie pour le préchauffage, car l’eau grise est à 27 ° », a indiqué le biologiste de cette entreprise, Pierre Magne. Cette technologie n’est pas nouvelle, puisqu’elle fonctionne depuis 2005 sur la station antarctique franco-italienne Concordia. En 15 ans, FGWRS assure que plus de 1 200 utilisateurs se sont laissés séduire par ce produit, « sans aucun incident technique ou sanitaire ». Le biologiste Pierre Magne et sa collègue, Alexia Fabiani ont détaillé leur opération menée à Roland-Garros, du 20 septembre au 8 octobre 2020. C’est là qu’une station a été installée et reliée à 6 douches. Au total, 23 m3 ont été économisés, soit l’équivalent de 115 baignoires, a précisé Alexia Fabiani, pendant que 53 % de l’énergie se trouvant dans les eaux grises a pu être récupérée. Ce qui a permis le préchauffage de l’eau chaude sanitaire. Du coup, le partenariat avec la fédération française de tennis (FFT) sera reconduit, a indiqué Alexia Fabiani.

Transition énergétique

Les écoles de Saint-Charles et des Révoires s’impliquent aussi

« C’est en éduquant les enfants que l’on parvient à influencer indirectement les parents. » C’est ainsi que la directrice de l’école des Révoires, Isabelle Biancheri, a mis en avant l’importance du travail de sensibilisation entrepris dans son établissement. Même son de cloche chez sa collègue, Caroline Fuentes Van Klaveren, directrice de l’école de Saint-Charles : « Les enfants transmettent à la maison ce qu’on leur enseigne ici. » Ces deux responsables d’établissements ont passé en revue les multiples actions lancées en faveur de la transition énergétique : participation au challenge « bienveillant » inter-écoles Cliiink pour le tri sélectif, économies d’énergie, réduction des déchets, notamment à la cantine, recyclage des jeux et des jouets avec l’association les Enfants de Frankie en 2019, ateliers pour se former aux bons gestes, baisse de la consommation de papier… « Jusqu’en 2008, l’école Saint-Charles consommait autant qu’une ville de 2 000 habitants. Aujourd’hui, nous avons divisé notre consommation par deux », a indiqué Caroline Fuentes Van Klaveren. Et ça n’est pas fini.

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