mardi 28 septembre 2021
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Thierry Poyet : « La fracture est consommée »

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Dans une interview choc, le président Horizon Monaco de la commission des intérêts sociaux et des affaires diverses, Thierry Poyet, dénonce la méthode de travail du président du Conseil national, Laurent Nouvion. Cette fois, la majorité HM a définitivement volé en éclats.

 

Quels sont les textes actuellement à l’étude à la commission des intérêts sociaux et des affaires diverses (Cisad) ?

Il y a beaucoup de sujets. On peut citer la vente de médicaments sur internet pour les pharmacies, la création d’un ordre des dentistes, le télétravail, l’accessibilité des bâtiments pour les handicapés et la réforme du statut de la fonction publique.

 

Quelles sont pour vous les priorités au sein de votre commission ?

Le télétravail reste le dossier le plus urgent. Ensuite, il y a l’accessibilité des bâtiments. Et puis, le fil rouge doit être la réforme du statut de la fonction publique. Car réformer un statut qui a plus de 40 ans, ce n’est pas simple. Cela demande du temps et de la méthode.

 

Sur le télétravail, en France, l’Assemblée nationale a adopté un projet de loi le 28 janvier qui a été transmis au Sénat : où en est-on côté monégasque ?

La commission a étudié le texte. Du coup, on sait ce qui fonctionne et ce qu’il faut encore travailler. On va commencer à faire des propositions pour amender ce texte. On n’est pas loin du but. C’est un sujet important car le télétravail est un moyen de continuer à développer l’emploi à Monaco, dans le respect de la politique environnementale souhaitée par le Prince Albert. Or, l’emploi est nécessaire pour pérenniser notre système de retraite. J’estime donc que c’est un sujet prioritaire. C’est au président Laurent Nouvion de décider s’il met ou non ce texte à l’ordre du jour de la séance de printemps du Conseil national.

 

Qu’est-ce qui vous inquiète encore dans ce texte ?

Le droit du travail diffère entre la France et Monaco. Or, le fait d’exercer une activité salariée de façon régulière sur le territoire français présente le risque qu’un juge puisse estimer que le droit du travail français s’applique au télétravailleur monégasque.

 

Les conséquences ?

Après la 36ème heure de travail, il se pourrait que le salarié soit considéré comme étant en heures supplémentaires majorées. Ce risque existe. Mais cela ne doit pas nous interdire d’avancer. Il faut étudier comment contenir au maximum celui-ci. Je pense qu’il faut en tout cas voter ce texte avant la France car c’est pour moi un sujet prioritaire.

 

Et sur le handicap ?

Ce texte est aussi à l’étude. Le projet de loi déposé en 2013 n’était pas abouti sur la partie concernant le bâti. En accord avec le gouvernement, nous avons voté la première partie de la loi, limitée au domaine social. Et nous avons souhaité que le gouvernement dépose dans un délai d’un an un nouveau projet de loi, spécifique à l’accessibilité.

 

Le gouvernement a tenu parole ?

Oui. Il a déposé un projet de loi sur l’accessibilité. Ce texte est beaucoup plus pratique et réaliste que le précédent. Il reste des choses à aménager dans ce texte, mais à la marge. Donc j’aimerais que ce texte soit voté avant la fin de l’année. Ce qui nous permettrait d’avoir traité l’ensemble des volets de la loi sur la protection des personnes handicapées.

 

Et le texte sur l’inaptitude au travail ?

Nous étions en attente d’un texte par le gouvernement depuis un bon moment déjà. Actuellement, c’est l’inspection du travail qui décide de l’inaptitude d’un salarié. Une fois cette décision prise, l’employeur n’a aucun recours. Or, il faut donner au patron la possibilité d’avoir une voie de recours pour éviter certains abus par des salariés indélicats. Un projet de loi sur la modification de certaines dispositions relatives à la médecine du travail a été déposée au Conseil national en décembre dernier. Ce texte doit être maintenant renvoyé auprès d’une commission.

 

D’autres sujets vous semblent importants actuellement ?

Oui, la circulation, la dépendance, le logement et le traitement des déchets.

 

Quelle est votre position concernant le traitement des déchets ?

C’est un sujet majeur, parce que le choix à venir va nous engager pour les 50 prochaines années. Je ne suis pas dogmatique. Mais impossible de prendre la bonne décision tant qu’on n’aura pas défini le problème dans sa globalité.

 

Ce n’est pas le cas ?

Quand on nous dit que la convention de Bâle nous interdit d’exporter nos déchets, alors comment se fait-il que nous arrivons à importer des déchets des communes limitrophes ? Autre question : un appel d’offres va être lancé. Mais est-ce que cet appel d’offres va concerner la technologie de traitement ou l’intégration de l’usine dans l’environnement urbain, avec la création de surfaces de bureaux, de commerce ? Parce qu’il y a des bureaux au dessus de notre usine d’incinération. Et pourquoi serait-il techniquement impossible de déplacer cette usine ? On a bien étudié cette option pour notre futur hôpital… Pourquoi ne pas envisager d’enfouir cette usine ?

 

Mais enfouir l’usine pourrait coûter beaucoup plus cher !

Enfouir l’usine permettrait aussi de libérer de la surface au sol. Or, ces m2 sont valorisés à combien ? Ces m2 ne peuvent-ils pas rapporter de l’argent à leur tour ? Etant donné que nos budgets sont excédentaires, ne faudrait-il pas accepter de dépenser un peu plus d’argent pour une usine qu’on va garder 50 ans ?

 

Quelle est votre position par rapport au mouvement politique Rassemblement & Enjeu (R&E) ?

Je suis l’un des membres fondateurs de R&E qui s’appelait à l’époque Valeurs & Enjeux (V&E). De 2008 à 2013, j’ai participé à l’animation politique et à la stratégie en support à nos trois élus, Laurent Nouvion, Marc Burini et Christophe Steiner. Comme j’ai été élu au Conseil national en 2013, je me suis totalement consacré à ce mandat et j’ai volontairement laissé la place de secrétaire général du mouvement. Aujourd’hui, je suis très éloigné de R&E, je n’ai aucune information sur la vie du mouvement, à part la communication publique. D’ailleurs, j’ai appris la nomination d’un nouveau président et d’un nouveau comité politique dans la presse.

 

Vraiment ?

Personne ne m’a téléphoné, ni prévenu. Il n’y a eu aucune discussion préalable. Je suis pourtant toujours officiellement membre de R&E et je porte l’étiquette R&E en siégeant au Conseil national. De plus, j’ai vraiment l’impression de continuer à respecter mon engagement de départ par rapport à ce mouvement politique. Je suis donc éloigné des dirigeants de R&E, mais pas du mouvement politique.

 

A ce point ?

Lorsque j’ai demandé à avoir des contacts avec le comité politique de R&E pour pouvoir discuter sur les sujets législatifs que l’on traite à la Cisad, je n’ai pas eu de réponse. Que pense R&E du télétravail ou de la fonction publique ? Je n’en sais rien.

 

Pourquoi ne pas être allé à l’assemblée générale de R&E, le 2 février ?

Parce que j’avais besoin de faire un break par rapport aux difficultés que rencontre notre majorité politique. J’avais besoin d’apaisement. Or, aujourd’hui, on n’est pas dans l’apaisement. Aujourd’hui, on est dans une crise. Il ne faut pas se voiler la face. Depuis octobre dernier et le vote du budget rectificatif 2015, la machine s’est grippée. D’ailleurs, seuls trois élus de R&E avaient jugé bon d’être là. Vous voyez bien que c’est profond. Le Conseil national travaille mal. Et on donne l’impression de naviguer à vue, avec des priorités mouvantes.

 

Un exemple ?

Cela ne vous a pas échappé, les dossiers Cisad ne faisaient pas partie des textes prioritaires cités par Laurent Nouvion lors de ses vœux à la presse, le 28 janvier. Il a fallu que le Prince Albert fixe la feuille de route du nouveau ministre d’Etat, Serge Telle, en soulignant l’importance du texte sur le télétravail, pour que ce texte redevienne une priorité chez nous aussi. On l’avait peut-être oublié ?

 

Un autre exemple ?

Lorsque le président de l’association des fonctionnaires monégasques (ADFM), Patrick Rinaldi, a exprimé sa déception dans un communiqué. Patrick Rinaldi a été déçu que la réforme du statut des fonctionnaires ne soit pas évoquée par Laurent Nouvion comme une priorité lors de ses vœux à la presse le 28 janvier. Comment est-il possible d’oublier un sujet pareil ?

 

Mais Patrick Rinaldi est aussi président de l’Union pour la Principauté (UP) ?

Un président représente ses adhérents. Donc, à ce titre, il se doit de dire à ses adhérents ce qu’il a fait pour défendre un dossier. Comme il constate que ce dossier ne semble plus être une priorité du président de l’assemblée, il peut estimer qu’il n’a plus d’interlocuteur au Conseil national. C’est sans doute pour ça que le communiqué de l’ADFM parlait de « rupture ». Patrick Rinaldi est donc parfaitement dans son rôle lorsqu’il s’alarme et se plaint. Il a raison.

 

Pourtant, Laurent Nouvion estime que la majorité ne va pas si mal ?

On est face à un fan club qui entoure Laurent Nouvion. Il faut dire que tout va bien, qu’on a tenu 80 % de nos engagements de campagne. On fait de la méthode Coué. Et que si ça ne se passe pas bien, ce n’est bien sûr pas de notre faute. Je ne suis pas d’accord. Et si on avait réalisé 100 % de nos engagements de campagne, ce serait normal de se mettre en congés ? Je n’ai pas cette vision de l’engagement public.

 

Quelque chose s’est définitivement cassé dans la majorité HM lors du budget rectificatif 2015, en octobre ?

Ce budget rectificatif houleux a provoqué ma colère, car Laurent Nouvion a lâché ses élus en rase campagne, comme l’a affirmé l’opposition Union monégasque (UM). Pendant un mois, il nous a été dit qu’on allait voter contre ce budget rectificatif. Maintes fois, j’ai demandé de préparer un plan de secours, d’engager des négociations avec le gouvernement, très en amont. Rien. Mais c’est après avoir prononcé notre discours de politique générale que nous avons découvert que Laurent Nouvion avait secrètement rencontré et négocié avec le ministre d’Etat, Michel Roger. Ce qui a changé le contenu de son discours et de son vote. A notre grande surprise.

 

Après le budget rectificatif, Laurent Nouvion a tenté de ressouder sa majorité ?

Oui, par un un séminaire organisé fin janvier. On a laissé sécher au soleil une fracture ouverte, et trois mois après, on s’inquiète de la cohésion et de la motivation de l’équipe… Or, cette fracture est réelle. Et elle est consommée. Trois mois après, vous pensez vraiment que tout le monde va se faire des sourires et se serrer la main ? C’était trop tard. D’ailleurs seulement huit élus sur vingt étaient présents pour ce qui devait être la refondation. C’est un signe.

 

Vous avez parlé avec Laurent Nouvion ?

Depuis 2013 et le début de notre mandat, j’alerte Laurent Nouvion sur sa méthode de fonctionnement. Je lui répète qu’il doit associer les gens à ses prises de décisions, pour que lorsqu’il prend la parole, l’utilisation du « je » puisse signifier « nous ». Je lui ai déjà dit tout ce que j’exprime publiquement ici aujourd’hui.

 

Mais lors de l’assemblée générale de R&E, Laurent Nouvion a promis de faire des efforts et de changer ?

Il a fallu attendre près de trois ans pour arriver au constat qu’il y a un problème de méthode et de communication. A ce train-là, ce n’est pas des mandats de 5 ans qu’il faudrait, mais de 15 ans !

 

En fait, vous êtes en guerre contre Laurent Nouvion ?

Pas du tout. Je ne souhaite absolument pas salir l’homme qu’est Laurent Nouvion. Je respecte l’homme, mais là, on parle de méthode. On parle d’organisation du travail. On parle de politique. On ne parle pas d’individu. A un moment donné, c’est aussi respecter une personne que de lui dire que ça ne va pas.

 

Vraiment ?

Je n’ai pas le sentiment de trahir Laurent Nouvion, ni le pacte de la majorité et encore moins nos engagements de campagne. Parce que mes engagements n’ont pas changé. Quant à Laurent Nouvion, je le répète, je l’ai prévenu il y a très longtemps.

 

Le changement de ministre d’Etat et l’intérim de Gilles Tonelli peuvent justifier un Conseil national au ralenti ?

Non. Les réunions de la Cisad se sont poursuivies en décembre et en janvier, sur le même tempo que précédemment. On a donc continué à avancer. Et si, vu le contexte, le gouvernement tarde à nous répondre, rien ne nous empêchait de lancer d’autres études. Regardez, il m’a fallu un mois pour obtenir l’accord de Laurent Nouvion pour pouvoir consulter l’ordre des architectes pour le projet de loi sur l’accessibilité. Pourquoi ?

 

Que pensez-vous du nouveau et jeune président de R&E, Antoine Bellando de Castro ?

J’ai découvert son discours dans la presse (1). J’ai été choqué par son ton rude et ses propos guerriers. En gros, chez R&E, dès qu’on sort du rang, on est stigmatisé. Le premier qui dit que tout ne va pas si bien que ça chez nous, devient l’homme ou la femme à abattre. Avant, on parlait d’ouverture d’esprit. Les temps changent…

 

Bellando de Castro a indiqué que R&E traiterait « sans ménagement les tentatives malveillantes de certains loups solitaires pouvant porter préjudice à la majorité » ?

A ce stade, il n’est pas face à un loup solitaire mais à une meute ! Et il n’y a rien de malveillant à tirer la sonnette d’alarme quand quelque chose ne va pas. De plus, je m’étonne de cette réaction assez brutale, alors que le nouveau président de R&E n’a pas consulté les élus pour prendre la température et savoir ce qu’ils ressentaient vraiment en interne. De plus, il n’a aucune légitimité pour donner des leçons aux élus.

 

Rajeunir R&E, c’est une bonne idée ?

Que de nouvelles têtes arrivent, jeunes ou pas, c’est une bonne chose. Car il faut que la population s’intéresse à la politique. Mais ce qui compte, ce n’est pas d’être jeune. Ce qui compte, c’est quelles idées on apporte. Est-ce qu’on veut créer une équipe de jeunes ? Ou est-ce qu’on veut rassembler la meilleure équipe possible ? S’ils sont jeunes et que leurs idées sont bonnes, alors c’est parfait.

 

Que pensez-vous du travail du Conseil national ?

Chacun avance comme il peut et comme il veut. Cela dépend des individualités à la tête de chacune des commissions du Conseil national. Au fond, il n’y a plus de message de groupe, mais une série d’actions individuelles.

 

Vous n’êtes donc vraiment pas en phase avec les priorités du Conseil national énoncées lors des vœux du président Laurent Nouvion à la presse ?

Comme je l’ai déjà évoqué précédemment, je ne suis pas en phase avec ces priorités. Même si, bien sûr, la défense du territoire, l’extension en mer ou les négociations avec l’UE sont des sujets très importants que Laurent Nouvion a cités. Mais est-ce que, par défaut, le télétravail et le statut des fonctionnaires sont des sujets sans importance ? Vous savez ce que j’en pense…

 

Il n’y a plus de débat de fond chez HM ?

Lorsqu’il a été question de débattre autour de la circulation à Monaco, on s’est écharpé pour savoir s’il fallait parler d’« états généraux » de la circulation ou bien de « table ronde »… Et qui avait proposé quelle appellation en amont. C’est pathétique.

 

Pourquoi ?

Parce que ce qui compte, c’est de régler ce problème de circulation. Et peu importe qui y parviendra, même si ce n’est pas le Conseil national qui résout cette problématique. On est dans une logique de course à celui ou celle qui parvient à mettre son nom en avant. C’est digne d’une cours d’école !

 

A la séance de printemps du Conseil national, les lois sur le prêt étudiant, sur les produits pharmaceutiques, sur le patrimoine et sur le code de l’environnement seront votées ?

Je l’ignore. Je demande depuis longtemps qu’avant que l’ordre du jour d’une séance publique ne soit fixé, les présidents de commission soient tous consultés. Parce qu’il me semble logique de demander à chaque président de commission où en sont les textes sur lesquels son groupe travaille.

 

Où en est la majorité HM aujourd’hui ?

HM est constitué de plusieurs groupes politiques qui ont toujours pu conserver leur liberté de parole. C’est l’ADN de notre majorité. Parce que c’est avec la remise en cause et la critique que l’on parvient à grandir. Mais aujourd’hui, certains veulent faire disparaitre cette critique. En estimant que celui ou celle qui critique a forcément tort.

 

Vous pensez à qui ?

A des gens qui sont très proches de Laurent Nouvion et qui prétendent que tout va parfaitement bien dans notre groupe majoritaire. Désormais, la question n’est plus de savoir ce que devient HM, mais ce que deviennent ses élus. Que deviennent leurs engagements et leurs convictions ? C’est à chaque élu de mener une introspection, en se posant ces questions essentielles : motivation, engagement, travail. Est-ce que j’ai été élu au Conseil national pour assister à ce genre de choses ? Moi, non.

 

Comment voyez-vous l’avenir au Conseil national ?

On ne peut plus travailler comme ça. Notre travail ne peut pas se résumer à un pourcentage d’engagements remplis. La vraie question, c’est : que veut-on vraiment apporter à la Principauté pour les deux ans de mandat qu’il nous reste ? Tant qu’on restera coincé autour de ce débat d’ego, on aura perdu. Monaco aura perdu.

 

Aujourd’hui, il reste quels soutiens à Laurent Nouvion ?

Peu. Je ne peux pas dire avec précision combien. Mais pour ma part, au fil du temps, je constate que ma patience est à bout. Je ne peux plus travailler comme ça. J’assumerai ma fonction de président de la Cisad jusqu’en avril.

 

Et après ?

Après, on verra. Mais je veux être très clair. Je ne suis pas en campagne. Je ne veux pas la peau de Laurent Nouvion et encore moins son fauteuil. Il a annoncé depuis longtemps qu’il sera candidat aux élections de 2018. De mon côté, je n’en sais rien, je n’ai pas encore pris de décision. Je ne suis donc absolument pas dans le calcul politique. Au fond, tout ça n’est pas un problème de personne, mais de méthode.

 

En défendant ce point de vue, vous êtes isolé ?

Non. De plus en plus d’élus sont usés par l’attitude de Laurent Nouvion. Parce qu’ils se rendent compte qu’à ce rythme-là, on n’ira pas bien loin. Et que, pour le bien de l’institution et de Monaco, il faut que ça change. Il faut faire quelque chose.

 

Vous êtes favorable à une ou plusieurs candidature(s) alternative(s) à celle de Laurent Nouvion à la présidence du Conseil national, lors de la séance publique de printemps ?

Bien sûr. Je suis un élu issu du suffrage. Donc il serait illogique à ce que je sois opposé à ce que ce même suffrage s’applique en interne. Mais j’attends un débat de méthodes et de principes, pas un débat de personnes. Si notre objectif c’est de ne rien faire pendant deux ans, alors on peut continuer comme ça et ne rien changer. Pour ma part, je suis ambitieux pour Monaco. Donc pour les deux ans de mandat qu’il nous reste, il faut vite changer de braquet. Je refuse de rester sans rien faire et de continuer à avaler des couleuvres. Je refuse de cautionner le système qui est en place.

 

Christophe Steiner ou Marc Burini seraient de bons candidats ?

Il y a beaucoup d’intelligence chez HM. Du coup, chez nous, il n’y a pas que des suiveurs. Après, bien sûr, il est plus facile de gérer des suiveurs que des gens de caractère. Les gens de caractère se reconnaitront. Mais je suis sûr que la responsabilité collective poussera le ou la meilleur(e) d’entre nous à présenter sa candidature à la présidence du Conseil national face à Laurent Nouvion.

 

Vous n’êtes pas un suiveur ?

Je ne suis pas un suiveur, mais je suis tout à fait capable de travailler en groupe. J’ai des convictions, je sais organiser et apporter ma pierre à l’édifice.

 

En donnant cette interview, vous êtes conscient des risques auxquels vous vous exposez ?

Avant d’accepter votre interview, j’ai pesé le pour et le contre. Je ne crains aucune conséquence. Professionnellement, je travaille à la Société des Bains de Mer (SBM) et j’ai toujours refusé d’intervenir avec ma casquette d’élu sur les questions liées de près ou de loin à cette entreprise. Je partage clairement ma vie professionnelle de mon engagement public.

 

Et si R&E vous exclut ?

Tous les mois, je verse volontairement une partie de mes indemnités d’élu à R&E. Si R&E me met dehors, je partirai. Et je demanderai donc le remboursement des sommes versées. De toute façon, au vu des rapports que j’entretiens avec R&E depuis des mois, être viré de ce groupe politique ne va pas changer ma vie…

 

Votre statut de fondateur historique de R&E vous protège ?

Je ne pense pas. De toute façon, je n’attends rien. Je suis honnête, intègre, je fais face à mes responsabilités, j’assume mes propos. Ma seule préoccupation au fond c’est l’intérêt de Monaco et des Monégasques. Ils ont besoin d’un Conseil national actif et respecté. Ce n’est plus le cas, ça doit le redevenir. C’est bien mon seul objectif.

 

 

1. Voir l’interview d’Antoine Bellando de Castro publiée dans Monaco Hebdo n° 958.

 

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Monaco Hebdo