samedi 19 septembre 2020
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« Notre approche, c’est le partage
de l’espace public »

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Alors que le gouvernement monégasque agrandit son parc de vélos avec son service Monabike, et que les engins de déplacement personnel se développent en principauté, comment garantir un maximum de sécurité sur un territoire de seulement 2 km2 ? La conseillère-ministre pour l’équipement, l’environnement et l’urbanisme, Marie-Pierre Gramaglia, et le conseiller-ministre pour l’intérieur, Patrice Cellario, ont répondu aux questions de Monaco Hebdo.

Sans rendre le casque obligatoire à Monaco, faudrait-il apporter davantage de sécurité en installant des infrastructures spéciales pour protéger les vélos et les engins de déplacement personnel ?

Marie-Pierre Gramaglia : Fin 2019, nous avons réuni une quarantaine de représentants des institutions et du milieu associatif monégasque pour aborder ensemble toutes les questions autour du vélo et des engins de déplacement personnel. La démarche du gouvernement est d’accompagner et d’encadrer cette nouvelle mobilité qui connaît un engouement de plus en plus grand, et qui apporte de nouvelles solutions pour se déplacer. En nous appuyant sur leur expertise, nous avons mis en place une nouvelle réglementation qui impose le port du casque jusqu’à 18 ans pour les cyclistes et les utilisateurs des engins de déplacement personnel. Récemment, nous avons matérialisé une piste cyclable sous le tunnel qui rejoint le quartier de Fontvieille et le port, suite à une demande forte.

Oui, mais cette piste cyclable s’arrête sous ce tunnel ?

M.-P.G. : Cette matérialisation s’arrête sous le tunnel, car la réglementation impose une largeur de voie cyclable de 1,50 mètre, ce qui n’est pas possible, ni en direction du boulevard Albert Ier, ni vers le quai Antoine Ier. En fin de piste, des panneaux encouragent les cyclistes à se diriger vers le quai Antoine Ier. Par ailleurs, les trottinettes électriques et les vélos sont autorisés à circuler dans les couloirs de bus.

Marie-Pierre Gramaglia © Photo Stephane Danna / Direction de la Communication

« Aujourd’hui pour vous déplacer, vous pouvez très bien prendre la voiture, pourquoi pas une Mobee, demain le vélo, et après-demain le bus. Mais vous pouvez également mixer tous ces modes dans la même journée. C’est la richesse de l’offre qu’il faut souligner sur un territoire comme le nôtre »

Souvent accusés de nuisances et même parfois d’accidents, les vélos et surtout les trottinettes doivent-ils être encore plus strictement encadrés ?

M.-P.G. : La nouvelle réglementation que j’évoquais précédemment encadre la pratique des vélos et des trottinettes. Ainsi, par exemple, les trottinettes électriques sont interdites sur les trottoirs. Comme pour les vélos, le port du casque est obligatoire jusqu’à 18 ans, et les utilisateurs doivent porter un vêtement ou un équipement rétroréfléchissant. Enfin, elles doivent être équipées de freins, avertisseurs sonores, feux et dispositifs réfléchissants. Toutes les catégories d’engins de déplacement personnel, motorisés ou pas, ainsi que les vélos et Monabike, ont ainsi vu leurs dispositifs règlementaires renforcés.

D’ici fin 2020, Monabike devrait afficher 43 stations, et environ 400 vélos : comment gérer une telle croissance, en apportant le maximum de sécurité possible dans un territoire de seulement 2 km2 ?

M.-P.G. : Notre approche, c’est le partage de l’espace public entre les différents modes de déplacement, dans une ville aux rues qui ne sont majoritairement pas larges. Cette cohabitation entre vélos à assistance électrique, transports en commun, et véhicules fonctionne grâce à l’intelligence de toutes et de tous. Aujourd’hui pour vous déplacer, vous pouvez très bien prendre la voiture, pourquoi pas une Mobee, demain le vélo, et après-demain le bus. Mais vous pouvez également mixer tous ces modes dans la même journée. C’est la richesse de l’offre qu’il faut souligner sur un territoire comme le nôtre. Par ailleurs, le succès de Monabike est réel, avec une fréquentation journalière moyenne de 1 200 trajets, et des pointes qui vont jusqu’à 1 600 utilisations par jour.

Avez-vous craint qu’en forçant les gens à porter un casque, cela ne rende la pratique du vélo moins attractive, et que cela ne conduise à une baisse du nombre d’usagers ?

M.-P.G. : Pour le gouvernement, privilégier la sécurité est prioritaire et l’emporte sur toute autre contingence. Porter un casque lorsque l’on est à vélo pour se protéger la tête en cas de chute est une évidence. Nous l’avons rendu obligatoire jusqu’à 18 ans, mais nous souhaitons qu’au-delà de cet âge, cette habitude perdure. Regardez aujourd’hui en montagne : sur les pistes, vous verrez un maximum de skieurs porter un casque, ce qui n’était pas le cas il y a encore quelques années. Gageons qu’il en soit de même pour les cyclistes amateurs à Monaco.

A ce jour [29 juillet 2020 — N.D.L.R.], combien de contrôles ont été effectués et combien de contraventions ont été dressées ?

Patrice Cellario : Le décompte spécifique du nombre de contrôles du port du casque n’est pas recensé. Pour l’heure, le gouvernement poursuit ses actions de prévention et de sensibilisation. Aucun avis de contravention n’a été dressé. Nous sommes toujours dans une phase d’accompagnement pédagogique.

Patrice Cellario © Photo Conseil National.

« Depuis le début de l’année 2020, 16 accidents de vélos ou d’engins de déplacement personnel ont été recensés […] Pour la même période de l’année 2019, il avait été recensé 8 accidents mettant en cause des cycles, et 2 accidents mettant en cause des trottinettes »

 

Comment a évolué le nombre d’accidents en vélos et en engins de déplacement personnel entre 2019 et 2020 ?

P.C. : Depuis le début de l’année 2020, 16 accidents de vélos ou d’engins de déplacement personnel ont été recensés : 15 mettant en cause des cycles, et un mettant en cause une trottinette. Pour la même période de l’année 2019, il avait été recensé 8 accidents mettant en cause des cycles, et 2 accidents mettant en cause des trottinettes.

Avez-vous le sentiment que ce message lié à la sécurité est désormais bien assimilé par les usagers des vélos et d’engins de déplacement personnel ?

P.C. : Le message lié à la sécurité est en cours d’assimilation par les usagers. Il semblerait que la campagne de prévention commence à porter ses fruits. Toutefois, il faut rester très vigilant et continuer à déployer beaucoup de pédagogie pour toucher le plus grand nombre, et permettre une réelle assimilation du message lié à la sécurité. La diffusion de ce message doit être soutenue, et doit s’envisager dans le temps pour être efficace.

Finalement, dissuasion, prévention ou répression : quelle est la meilleure politique ?

P.C. : L’appel à la responsabilité et la confiance dans les usagers permettent une adhésion par ces derniers aux mesures et renforcent leur respect. La répression, malheureusement dans un certain nombre de cas nécessaire, ne doit intervenir qu’en dernier recours. Ces phases apparaissent indissociables et participent à une politique efficace.

En décidant de ne pas imposer le port du casque à tous les usagers de vélos et d’engins de déplacement personnel, finalement, l’idée du gouvernement c’est que chacun prenne ses responsabilités ?

P.C. : L’appel à la responsabilité des résidents et des usagers est une reconnaissance de leur maturité. C’est sans doute le signe d’une société adulte.

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