mercredi 20 octobre 2021
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Robillon-Nouvion
Le match a commencé

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Nouvion-Vs-Robillon-slider
© Photo Monaco Hebdo - EdWimages

En présentant leur liste entière ou quasi-complète, Jean-François Robillon et Laurent Nouvion s’affichent comme les deux têtes de liste de ces élections. Un match prometteur en rebondissements.

Le 27 septembre, les Monégasques n’ont pas pu se dédoubler. Seuls certains amoureux de la politique monégasque ont assisté aux primaires de l’UDM au Monte Carlo Bay — où, rappelons-le, seuls les adhérents étaient invités — et au meeting de présentation de la liste Horizon Monaco à la salle du Canton — où tous les Monégasques étaient conviés. Cette soirée a en tout cas sonné le lancement de la campagne pour les élections nationales de 2013. En donnant la composition entière de sa liste, Laurent Nouvion a sans aucun doute marqué des points dans le match qui l’opposait à distance à Jean-François Robillon. Le président de l’assemblée UDM se donne en effet encore un mois pour annoncer sa liste entière et son programme le 23 octobre. Mais ce n’est que le début des rencontres politiques qui vont ponctuer les soirées d’automne et d’hiver d’ici le 10 février prochain. Sur le terrain d’abord?: les deux listes concurrentes vont se marquer à la culotte. Cafés citoyens contre réunions de quartier, au cours desquels les candidats vont partir à la rencontre de leurs électeurs et devoir s’expliquer. Expliquer leurs alliances, parfois improbables, leurs volte-faces, souvent incompréhensibles, mais aussi leur positionnement sur les différents dossiers.

Explications
Dans un premier temps, les Monégasques chercheront en effet à comprendre surtout comment les ennemis d’hier partent ensemble à la conquête du conseil national. Vendredi, beaucoup ne se se sont pas remis de voir Jean-Michel Cucchi, Anne Poyard-Vatrican ou Jacques Rit aux côté de Laurent Nouvion. « On n’arrête pas de m’appeler, souffle une ancienne candidate R&E de 2008. Leurs portables doivent être saturés?! » Quant à la majorité, elle est scotchée?: « L’Union des Monégasques a découvert l’alliance de l’UP et de R&E pour les prochaines élections nationales. Quelques individus dits « indépendants » esseulés tentent aussi de participer tant bien que mal à la noce autour d’un mot d’ordre?: l’union nationale… à tout prix?! L’UDM hésite entre amusement et consternation… » De son côté, l’UDM a cherché elle aussi à rassembler au-delà de son bassin naturel. Sur la liste de Robillon ou aux primaires, on a vu ainsi apparaître des anciens candidats proches de Nouvion ou du RPM en 2008 (Bernard Pasquier, Alberte Escande et Raphaël Rigoli). Et il n’est pas exclu de recruter pour les dernières places à pourvoir des personnalités de l’ancien RPM.
Pour cette campagne, dont la partie officielle a démarré le 3 octobre — avec contrôle des comptes de campagne —, on a en tout cas une certitude?: la communication aura un rôle prédominant. Sur le fond mais aussi sur la forme. Un aperçu a été donné à la salle du Canton, avec un meeting high tech utilisant un grand écran avec incrustations, jeux de lumière et morceaux de Coldplay en fond sonore. Un show professionnel et moderne qui ne peut que monter en puissance lors des prochains meetings électoraux. A quand le prochain??

Meeting Horizon-Monaco du 27 septembre
© Photo EdWrightImages

L’Horizon qui vient de loin

Pour sa liste Horizon Monaco présentée le 27 septembre à la salle du Canton, Laurent Nouvion a recruté 24 candidats venant de tous les horizons. Pari audacieux ou risqué??

«L’union nationale, nous n’avons pas fait qu’en parler. Nous, nous l’avons faite. » Le 27 septembre, plus de 500 personnes, Laurent Nouvion a expliqué la démarche de sa liste Horizon Monaco. Rassembler 24 candidats R&E, UP, Synergie monégasque et indépendants. Autant de candidats « issus des 3 listes en lice aux élections de 2008 ». L’exercice n’était pas aisé. Comment en effet expliquer aux militants et sympathisants des partis politiques aujourd’hui alliés, présents dans la salle, qu’il faut désormais aller aux élections ensemble?? Comment les convaincre que « bien plus de choses (les) rassemblent que de choses qui (les) divisent. » Et ce alors que l’UP se bat depuis 10 ans contre le RPM hier puis son descendant R&E aujourd’hui (voir encadré). A la tribune, les mots sont lâchés?: « rassemblement », « complémentarité », « pas d’incompatibilité fondamentale »… Les 16 candidats qui sont intervenus assènent le même discours justifiant leur alliance, quelle que soit leur étiquette politique. Conscient que le message a du mal à passer auprès des militants purs et durs des deux camps, Jean-Charles Allavena, candidat et vice-président de R&E, persiste et signe, défendant sa « dream list »?: « Certains électeurs risquent de se détourner, de rayer des noms. Mais nous faisons le pari que notre choix est le meilleur. » L’ancien RPM Alain Ficini, part lui aussi au charbon?: « Vous devez avoir confiance dans cette union, faire fi du passé. Cela peut paraître difficile mais je l’ai fait. » Alors…

Cucchi simple conseiller
Du côté de l’UP, l’intervention de l’ancien président de l’UP, Jean-Michel Cucchi était très attendue. Celui qui a attendu des mois durant avant d’annoncer sa candidature explique la raison de son engagement pour 2013. C’est « la colère » de voir le comportement de ses anciens amis de la majorité et « ses dérives parlementaristes » sur de nombreux dossier (direction des services judiciaires, retraite) qui aurait guidé ses pas. Le leader naturel de l’UP sait qu’il doit donner des garanties. En coulisses, du côté de l’UDM, on accuse le fils spirituel de Stéphane Valeri d’opportunisme et de vouloir secrètement prendre la place de Laurent Nouvion au lendemain des élections?? Le tribun s’engage?: « Je ne brigue aucun honneur, aucun poste. Je serai simple conseiller en 2013. »

Créer un fonds souverain monégasque
Après les justifications, il était temps de passer aux idées. Car pour Nouvion, « l’Union nationale n’est pas un objectif en soi, c’est un levier, une condition, un moyen pour réussir le projet de mandature que nous allons vous proposer tout au long de cette campagne. » Quel projet?? Avant tout, il s’agit de changer de majorité au conseil national (« La majorité sortante est usée, elle est dépassée par les dossiers qui comptent pour les Monégasques ») comme de mode de gouvernance?: « A la logique du troc, je vous propose la coopération?! » Taxée de dérives parlementaristes, l’UDM est en effet aussi accusée de « consensus préalable » avec le gouvernement. C’est tout le paradoxe…
Côté propositions, Laurent Nouvion a listé pèle-mêle certains fondamentaux?: revenir à 3 années de budget liquide en réserve, créer un fonds souverain monégasque, géré de Monaco par une équipe dédiée, atteindre 1 milliard d’euros de recettes au budget 2015, instituer une foncière d’Etat regroupant tous les immeubles de l’Etat (détenus par le budget national et le Fond de réserve constitutionnel), lancer une comptabilité nationale et publique. « Pour pouvoir autofinancer une future extension en mer au Larvotto, ces réserves nous serons nécessaires. C’est cela l’indépendance nationale, car personne ne viendra nous aider et nous ne voulons pas de certains investisseurs et de leurs capitaux?: Monaco doit garder le contrôle de son extension territoriale comme cela a été le cas pour Fontvieille », explique Laurent Nouvion qui veut également « transformer Monaco Telecom d’un opérateur moyen et peu innovant en véritable pépite et en laboratoire des technologies telécom ». Ou encore en finir avec la mauvaise gestion de la Société des bains de mer. Christophe Spiliotis-Saquet lui, propose de créer une commission de contrôle de la priorité nationale et de lutter une bonne fois pour toutes contre les opérations immobilières qui se passent au détriment de l’Etat?: « Le gouvernement vient d’accorder 4 étages supplémentaires dans un programme privé (le Méridien 2). Dans cet échange, c’est le promoteur qui récupère les étages dits nobles et l’Etat l’entresol… »
On attend encore de savoir ce que dira Horizon Monaco du secteur intermédiaire et du secteur protégé, sujets de divisions de l’UP et de R&E jusqu’à présent. Les Monégasques pourront en parler avec les candidats dès la prochaine réunion de quartier à la Condamine le 4 octobre. Ils pourront aussi observer le renforcement de l’opposition au sein du conseil national. Les 3 élus de R&E et Christophe Spiliotis-Saqets sont rejoints par Pierre Svara, Philippe Clérissi, Anne Poyard-Vatrican et a priori par Brigitte Boccone-Pagès et Eric Guazzonne, présent au meeting. Ce qui promet des débats budgétaires animés…

Petites phrases
Pour fustiger l’alliance UP-R&E, l’UDM a lancé le jeu de la recherche des petites phrases. Dans sa dernière Tribune, le parti consacre une page à un florilège. Extraits choisis?:
« En 2013, ce n’est pas Jean-François Robillon […] que nous aurons face à nous, c’est Laurent Nouvion, avec ses idées qui appartiennent au passé » (Jean-Michel Cucchi, Assemblée Générale de l’UP, 26 mars 2011). « Pour moi, un parti politique est formé par des gens qui partagent des valeurs communes. […] L’UP ne va pas renier ses valeurs pour être élue à tout prix?! Ce serait trahir nos adhérents de toujours » (Anne Poyard-Vatrican, Monaco Hebdo, n° 786, du 13 avril 2012). « Voulez-vous le retour du clanisme?? […] Voulez-vous le retour à l’hyper libéralisme?? A les entendre, il faudrait imaginer un Monaco réservé aux grosses fortunes […] Il ne suffit pas de côtoyer les salons dorés pour comprendre la réalité des familles monégasques et où se situe la stabilité d’un pays » (Anne Poyard-Vatrican au sujet de R&E, Monaco Hebdo, n° 736, du 31 mars 2011). Sur Facebook, Allavena a déjà répondu que plutôt de s’attacher au passé, Horizon Monaco construisait l’avenir.
24 candidats, 4 étiquettes
• R&E?: Laurent Nouvion, Jean-Charles Allavena, Marc Burini, Béatrice Fresko-Rolfo, Christophe Steiner, Caroline Rougaignon-Vernin, Christian Barilaro, Alain Ficini, Thierry Poyet, Valérie Rossi, Dylian Antonioli-Peyronnel.
• Union pour la Principauté?: Jean-Michel Cucchi, Anne Poyard-Vatrican, Thierry Crovetto, Christophe Robino, Sophie Lavagna.
• Synergie monégasque?: Yves Chaki, Claude Boisson.
• Indépendants?: Christophe Spiliotis-Saquet, Daniel Boéri, Philippe Clérissi, Pierre Svara, Nathalie Amoratti-Blanc, Jacques Rit.
Campagne 2.0
La liste a lancé son site internet www.horizonmonaco.com ainsi qu’un compte Facebook et Twitter.
Contrôle des comptes
C’est Bernard Prat qui est désigné mandataire des comptes de Horizon Monaco. Tandis qu’Alexandre Bordero sera le référent des finances de la liste UDM auprès de la commission de vérification des comptes de campagne.

l'Union des Monégasques
De gauche à droite, les 16 candidats UDM: Claude Cottalorda, Valérie Bernard, Pascale Olivié-Dastakian, Jean-François Robillon, Nicole Manzone-Saquet, Gilles Pagès, Gérard Bertrand, Roland Marquet, Fabrice Notari, Jean-Charles Gardetto, Jocelyne Beraudo, Raphaël Rigoli, Bernard Marquet, Perre Lorenzi, Alberte Escande et Guillaume Rose. © Photo Monaco Hebdo.

UDM?: A voté

Après ses primaires du 27 septembre dernier, l’Union des Monégasques, qui mise sur la continuité, possède désormais l’essentiel de sa liste.

«Que les politiciens et combinards passent leur chemin, le conseil national appartient aux Monégasques?! » Lors des primaires de l’Union des Monégasques, jeudi dernier au Monte-Carlo Bay, le président du conseil national et tête de liste UDM pour les élections de février 2013 Jean-François Robillon a sonné l’heure du rassemblement devant près de 350 personnes, essentiellement des adhérents du parti et alliés de l’Union nationale pour l’avenir de Monaco (UNAM)*. Les militants étaient invités à choisir 16 candidats pour la liste et à en laisser quatre de côté, Didier Garofalo ayant retiré sa candidature au dernier moment. Sont donc restés à quai, l’ex-UP Eric Battaglia, Pascal Agliardi, l’ancien candidat UPM en 2003 Hervé Gaziello et Jean-Michel Cavallari, l’ex-colistier d’Enjeux Monégasques en 2008, évincé après le rapprochement entre Valeurs et Enjeux et le RPM. Exception faite d’Alexandre Bordero, qui ne se représentait pas pour raisons familiales, les élus actuels (Jean-François Robillon, Gérard Bertrand, Bernard et Roland Marquet, Jean-Charles Gardetto, Pierre Lorenzi, Guillaume Rose, Nicole Manzone-Saquet et Fabrice Notari) ont été reconduits sur la liste. La secrétaire générale du mouvement Pascale Olivié-Dastakian, le trésorier Claude Cottalorda, la présidente de l’association des industries hôtelières de Monaco Alberte Escande et le dentiste Raphaël Rigoli l’intègrent eux aussi. Parmi les nouveaux visages figurent l’ancien judoka aux jeux olympiques de Séoul et scientifique Gilles Pagès, le médecin Valérie Bernard et l’enseignante à la retraite Jocelyne Beraudo. « Je suis très fière d’avoir été plébiscitée. Je vois la campagne de manière sereine. Nous avons toujours été intègres, nous ne nous sommes jamais éparpillés vers d’autres idéaux », confiait cette dernière.

L’adversaire, « une coalition hétéroclite »
Dans la succession de discours, quelques thèmes sont souvent revenus?: la jeunesse, la sécurité pour les aînés, l’avenir économique du pays. Pour les tacles à la liste concurrente, ce sont les élus actuels qui s’en sont chargés. « Nous ne vous avons pas abandonné comme certains, pas changé notre cap comme d’autres », a notamment déclaré Bernard Marquet. Son frère, Roland Marquet, a vu en l’UDM « un idéal d’honnêteté et de patriotisme ». « J’espère que la campagne restera digne. Je ne suis pas persuadé qu’il y ait une telle dignité de l’autre côté », a lancé Jean-François Robillon. La campagne, justement, sera « très serrée », de l’aveu de conseillers de la majorité actuelle, même si l’un d’eux parie?: « La liste d’en face ne passera pas Noël?! »
Alexandre Bordero, conseiller national depuis dix ans, a, lui, reçu une ovation pour son travail effectué à la tête des commissions dont il a eu la charge (Intérêts sociaux et Affaires diverses de février 2003 à 2009, Finances et Economie nationale depuis 2009). L’élu s’est félicité du succès des primaires. « Nous sommes bien dans notre feuille de route. Nous faisons voter les militants. On continue notre vieux couple avec l’UNAM. Notre liste est composée d’un parti important, le plus gros parti de Monaco quoi qu’on en dise et d’un allié traditionnel », indique-t-il avant de gloser sur la liste concurrente. « La liste adverse forme une coalition hétéroclite d’intérêts particuliers. Philippe Clérissi et Pierre Svara, on ne sait pas où ils sont. Quant à l’UP, il est devenu le supplétif de son ancien rival. Ce n’est pas bien glorieux. Anne Poyard-Vatrican a fait exploser son ancien parti, Claude Boisson a déjà démissionné d’une alliance, Jean-Michel Cucchi aurait pu être président du conseil national mais il s’en est mordu les doigts de ne pas l’avoir été. Nous, notre ligne est claire, si l’UDM reste majoritaire, Jean-François Robillon reste président », charge Alexandre Bordero. L’ancien président de l’UDM s’appuie sur l’exemple du « chantier social ». « Il y a des questions importantes qui doivent être évoquées comme le contrat de travail et le salaire. Il faut qu’on m’explique comment on fait pour trouver un consensus quand on a sur sa liste des anti-syndicalistes primaires », dit-il.

Un indépendant et du teasing
Avec ses primaires, l’UDM a donc pioché en interne, ce qui renforce l’identité propre du groupe. Cela lui permet aussi de se détacher de l’ombre de l’ex-majorité UPM, victorieuse en 2003 et en 2008 et qui a bougé bien des lignes politiques depuis. « Les turbulences provoquées par le départ de Stéphane Valeri ont soudé notre groupe », affirmait à la tribune, Gérard Bertrand, le président du mouvement. Pour 2013, l’UDM tente, avec l’UNAM, de réinventer une alliance à la manière de l’UPM en s’appuyant sur Jean-François Robillon. Le leadership de ce dernier a été conforté lors du vote des adhérents, son nom n’ayant été barré qu’à une seule reprise sur l’ensemble des votes. Rappelons que le rapprochement entre l’UDM et l’UNAM n’était pas gagné d’avance, les seconds ayant reformé un temps l’UPM avec l’Union pour la Principauté courant 2011, lors de la scission UP/UDM. Côté UNAM, quatre candidats prendront place sur la liste menée par Jean-François Robillon. Outre Claude Cellario et Michèle Dittlot, qui siègent déjà dans l’hémicycle, l’allié présente deux nouveaux noms?: Philippe Orecchia et la propriétaire du Café Théâtre et metteur en scène Danièle Daumerie. Sur sa liste, l’UDM cherche à remplir son quota d’indépendants. Pour l’instant, seul le nom de Bernard Pasquier, l’ancien financier du groupe de la Banque Mondiale et ex-vice président du Parti Monégasque, a été révélé par le mouvement. Bernard Pasquier a officié comme attaché aux questions économiques et financières du conseil national au cours de la législature actuelle. Trois places restent à pourvoir. Rien ne filtre. « Pour les places restantes, on fait du teasing », s’amuse encore Alexandre Bordero. Avant la présentation définitive de la liste le 23 octobre prochain.

* 298 votants ont participé aux primaires. Le vote a également comptabilisé 43 procurations et 13 bulletins nuls.

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