mardi 27 octobre 2020
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Transition énergétique Des initiatives vertes présentées au One Monte-Carlo

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Jeudi 9 juillet s’est tenue la quatrième rencontre pour la transition énergétique au One Monte-Carlo. L’occasion pour le gouvernement de présenter des projets en cours et de vanter son action en la matière.

Le salon Jean Cocteau du One Monte-Carlo accueillait les tenanciers de la transition énergétique ce jeudi 9 juillet 2020 pour la quatrième rencontre du nom. Au programme, quatre interventions. Chacune des présentations s’est faite sur un thème différent, lié à la transition énergétique en principauté. En introduction, Marie-Pierre Gramaglia, conseillère-ministre pour l’environnement, l’urbanisme et l’équipement, a rappelé l’objectif pour Monaco d’une réduction de 50 % des gaz à effet de serre d’ici 2030 et d’atteindre la neutralité carbone d’ici 2050. Un double objectif que le gouvernement estime pouvoir atteindre grâce au Pacte national pour la transition énergétique. Celui-ci a été signé par 1 200 personnes dont une centaine d’entreprises, institutions ou associations. Les trois axes majeurs sur lesquels repose cette mission sont les suivants : la mobilité, les déchets et l’énergie. « Un peu partout, l’histoire semble s’accélérer autour de l’écologie et du développement durable », s’est félicitée Marie-Pierre Gramaglia faisant allusion aux résultats des dernières élections municipales en France, qui ont été marquées par une percée des Verts. La ministre de l’environnement espère que cette sensibilité croissante à la cause environnementale fera aussi des émules en principauté. D’ailleurs, malgré la crise sanitaire qui a impacté « toutes les sphères de la vie quotidienne », « la transition énergétique reste et est restée une priorité pour le gouvernement » a assuré la ministre. Preuve en est, deux des quatre initiatives présentées jeudi dernier au One Monte-Carlo étaient en lien direct avec le Covid-19.

Frédéric Genta © Photo Manuel Vitali / Direction de la Communication

« Le modèle « tout télétravail » n’est pas optimal. Et l’absence de télétravail dans le futur n’est pas audible » Frédéric Genta. Délégué interministériel en charge de la transition numérique

TÉLÉTRAVAIL « Faire un numérique responsable »

«Le Covid et la période de confinement a eu quelques impacts positifs dont on peut se réjouir. Elle nous a fait faire des pas de géant sur le télétravail et la dématérialisation », a déclaré en préambule Annabelle Jaeger-Seydoux qui estime qu’il s’agit là d’« un gain important pour l’environnement ». Car, selon la directrice de la mission pour la transition énergétique (MTE), « deux jours de télétravail, c’est 10 % en moins de son impact carbone individuel ». Moins de pollution donc mais aussi « un mieux-être » pour tous les salariés confrontés chaque jour aux trajets et aux embouteillages à l’entrée de la principauté. Invité à évoquer les liens entre numérique et environnement, « deux transitions essentielles pour l’avenir de notre planète », Frédéric Genta a déclaré vouloir « faire à Monaco un numérique responsable ». « Souvent, on pense que le numérique et l’écologie ne font pas bon ménage. À Monaco, on a une conviction inverse », a martelé le délégué interministériel en charge de la transition numérique. « Le numérique n’est ni bien, ni mal. C’est un outil extrêmement puissant qui peut faire des choses fantastiques comme permettre à une société de continuer de vivre lorsque les flux physiques ne sont plus permis, qui peut donner l’accès à l’éducation dans le monde entier, de mieux soigner, de trouver des emplois… », a énuméré Frédéric Genta rappelant que plus de 1 300 fonctionnaires et agents de l’État ont télétravaillé pendant le confinement alors qu’ils n’étaient que 22 à 25 à le tester en 2019. Le délégué interministériel en charge de la transition numérique a ensuite développé son concept de « numérique responsable ». « Lorsqu’on prend une décision pour un cloud, on doit s’assurer que la technologie utilisée, retenue soit parmi celles qui consomment le moins. Lorsqu’on met en place le télétravail, on s’assure aussi de mesurer l’impact sur l’environnement. On réfléchit aussi à des outils d’économie circulaire grâce au numérique… ». Interrogé sur l’impact du télétravail sur l’environnement durant le confinement (échanges de mails, utilisation des clouds, stockage des données, recours massif aux visioconférences…), Frédéric Genta a reconnu que tous ces outils avaient une empreinte carbone avant de promettre que la principauté utiliserait « des technologies qui consomment le moins possible » pour son projet de « numérique responsable ». Le télétravail devrait donc continuer à se développer dans l’administration mais « pas dans des conditions aussi larges » que pendant la crise sanitaire a affirmé Marie-Pierre Gramaglia. Le délégué interministériel en charge de la transition numérique a abondé dans son sens : « Le modèle « tout télétravail » n’est pas optimal. Et l’absence de télétravail dans le futur n’est pas audible », a déclaré Frédéric Genta. Reste selon lui à trouver le bon équilibre entre les deux.

Philippe Prudhomme © Photo Manuel Vitali / Direction de la Communication

DÉCHETS : Bettina se lance dans le masque 100 % responsable

L’épidémie de coronavirus a fait apparaître un nouveau type de pollution, celle des gants, lingettes et autres masques chirurgicaux. Une catastrophe pour l’environnement comme l’explique Annabelle Jaeger-Seydoux : « Outre le fait que c’est un véritable danger sanitaire pour ceux qui les ramassent, ces masques jetés par terre sont aussi un danger pour la planète et pour les océans car ils vont mettre des centaines d’années à se décomposer ». Le gouvernement princier s’est d’ailleurs saisi de ce sujet de préoccupation majeure en annonçant, mi-juin, que tout abandon de masques ou gants sur la voie publique serait passible d’une amende d’un montant maximal de 300 euros. L’entreprise monégasque Bettina a elle aussi décidé de s’intéresser de près au problème. Il faut dire que l’entreprise spécialiste de la maille haute-couture a activement participé à la lutte contre le Covid-19, en créant un masque de protection dès le début du confinement. Devenue aujourd’hui l’un des principaux fournisseurs de la principauté, la société a vu sa fabrication exploser ces derniers mois : « Nous avons eu un peu de mal au départ à pouvoir produire de telles quantités. Mais nous sommes passés de 90 000 pièces par an à 30 000 pièces par semaine », confie Philippe Prudhomme, directeur général de Bettina. Les masques vendus par la société sont disponibles en neuf tailles différentes, de l’enfant à partir de 3 ans aux adultes. Et ils sont bien entendu validés par la direction générale de l’armement (DGA), chargée de vérifier l’efficacité et la conformité des masques de protection. Outre la quantité, Bettina a aussi beaucoup fait évoluer la qualité de ses masques depuis le début de la crise sanitaire. De 5 lavages possibles début avril, les masques de l’entreprise monégasque peuvent désormais être lavés 100 fois, « sans perdre leurs propriétés », insiste Philippe Prudhomme. Une capacité loin d’être inutile quand on sait que les masques chirurgicaux doivent être changés dès qu’ils deviennent humides et au moins toutes les quatre heures. Autre évolution majeure, Bettina est aussi parvenue à créer des masques beaucoup plus respirants. Jugé contraignant par de nombreux professionnels (carabiniers, restaurateurs, coiffeurs…), notamment en période de fortes chaleurs, le port du masque est pourtant une protection indispensable dans ce contexte d’épidémie mondiale. L’entreprise a donc réfléchi pour rendre ses masques beaucoup plus respirables comme l’explique Philippe Prudhomme : « Nous avons travaillé sur des textiles un peu plus fins et nous sommes arrivé à faire le Bettimask Plus qui est deux fois plus respirant qu’avant ». L’entreprise est même allée encore plus loin en développant un masque destiné aux personnes allergiques au pollen : « Il a une très grande respirabilité, sept fois supérieure aux masques classiques. Et il permet de filtrer les éléments du pollen », promet Philippe Prudhomme. Forte de ces différentes évolutions, Bettina a désormais décidé de s’attaquer à la pollution grandissante des masques chirurgicaux. Des masques qui ont une empreinte carbone considérable comme le souligne Philippe Prudhomme : « Outre le fait qu’on en trouve partout, dans les poubelles et dans la nature, c’est un produit qui est fait à partir d’énergies fossiles donc de pétrole. Il met entre 450 et 500 ans à se dégrader ». Pour limiter cet impact sur l’environnement, Bettina travaille actuellement sur un masque 100 % responsable, « 100 % vert », garantit le directeur de la société. Il sera élaboré à partir de ricin, et ne comportera pas d’élastique, et pour cause : « Les élastiques des masques chirurgicaux sont faits en polyuréthane. Un élément qui n’est absolument pas recyclable et pas biodégradable dans le temps ». Reste désormais à passer différentes barrières, notamment « celles du bactérien et du corps médical », afin de pouvoir tester et commercialiser ce masque 100 % green.

© Photo Manuel Vitali / Direction de la Communication

« Pour le moment, on s’est plus tourné vers le biodiesel mais petit à petit, d’ici 10-15 ans, on va arriver à zéro CO2, zéro émission par juste de l’électricité » Philippe Ortelli,. Patron de l’entreprise monégasque de travaux (EMT)

CONSTRUCTION : Du béton bas carbone chez EMT

A Monaco, le bâtiment fait sa révolution verte. Deuxième plus gros émetteur de gaz à effet de serre du pays selon Annabelle Jaeger-Seydoux, le secteur tente de répondre comme il le peut aux exigences imposées par le gouvernement. C’est le cas notamment de l’entreprise monégasque de travaux (EMT), qui par la voix de son patron Philippe Ortelli, a présenté différentes innovations au cours de cette quatrième rencontre de la transition énergétique. La première d’entre elle est la production d’un béton bas carbone. Après avoir constaté que le ciment était un grand pourvoyeur de CO2, « produire une tonne de ciment émet 819 kg de CO2 », selon Philippe Ortelli, EMT a décidé de se tourner vers le laitier de hauts-fourneaux et les cendres de Gardanne. Autre changement majeur au sein d’EMT, depuis le 1er juillet, « plus aucune des 25 toupies de l’entreprise, qui livrent du béton ne roule au gasoil [émetteur de particules et de CO2 – N.D.L.R.] à Monaco ». Une vraie satisfaction pour Philippe Ortelli qui explique que ces toupies utilisent désormais un carburant au colza baptisé Oleo100. Enfin, Philippe Ortelli a annoncé qu’à partir du 15 juillet, l’entreprise aura à sa disposition deux camions-toupies à moteur électrique. « Au chargement et au déchargement sur le chantier, le moteur sera éteint. Nous n’aurons donc plus d’émissions de CO2 mais également plus de bruit », se félicite le patron d’EMT. Une bonne nouvelle pour les résidents monégasques qui se plaignent régulièrement des nuisances et des pollutions provenant des chantiers. D’ici la fin de l’année 2020, EMT espère avec tous ces changements économiser « 12 500 tonnes d’émissions de CO2, soit l’équivalent du retrait de 5 000 véhicules de la circulation ». Pour autant, Philippe Ortelli reconnaît que des progrès restent à faire notamment dans l’électrification des camions de chantiers. « Nous n’avons pas encore le stockage énergétique suffisant pour les camions-toupies, qui sont les plus difficiles à électrifier complètement. […] Nous sommes tout le temps à pleine charge et nous avons besoin d’une capacité énergétique que seuls des carburants traditionnels peuvent apporter », explique le patron d’EMT. « Pour le moment, on s’est plus tourné vers le biodiesel mais petit à petit, d’ici 10-15 ans, on va arriver à zéro CO2, zéro émission par juste de l’électricité », promet-il.

Elisa Alberto © Photo Manuel Vitali / Direction de la Communication

APPLICATION : Ecoslowasting, une plateforme anti-gaspi

«En France, dix millions de tonnes par an de produits alimentaires finissent dans nos poubelles pour une valeur commerciale de 16 milliards d’euros ». Pour Annabelle Jaeger-Seydoux, la lutte contre le gaspillage alimentaire est aujourd’hui devenue un enjeu majeur dans la transition énergétique. Et si de nombreuses applications anti-gaspillage comme Too Good To Go, Karma ou Olio ont fleuri ces dernières années, la directrice de la mission pour la transition énergétique a souhaité mettre à l’honneur une initiative locale. En l’occurrence Ecoslowasting, une plateforme en ligne lancée début 2019 par la Mentonnaise, Elisa Alberto, dont l’objectif est de mettre en relation des commerçants souhaitant écouler leurs produits destinés à être jetés (fin de séries, produits proches de la date de péremption, produits abîmés ou invendus…) et des consommateurs avides de petits prix ou sensibles à la cause environnementale. À la différence des autres applications, Ecoslowasting ne se limite pas aux produits alimentaires. La plateforme propose en effet des vêtements, des produits high-techs, des fleurs, des jouets ou encore des produits de beauté. « C’est le premier site d’e-commerce anti-gaspillage multisecteurs », se félicite Elisa Alberto dont « la mission est de stopper la surconsommation en donnant les moyens de consommer ce qui a déjà été produit ». Selon elle, le concept est gagnant-gagnant. D’une part, Ecoslowasting permet aux commerçants de vendre leurs produits voués à la destruction et fédérer une clientèle nouvelle. D’autre part, elle permet aux clients de faire des économies et de découvrir de nouveaux commerçants. Les deux luttant pour une même cause : l’anti-gaspillage. L’inscription à la plateforme est simple et rapide. À ce jour, Ecoslowasting revendique « 4 000 utilisateurs et 70 commerçants ». À Monaco, 10 commerces parmi lesquels La Maison des Pâtes ont d’ores et déjà adhéré au programme, principalement dans l’alimentaire. Outre le site Internet, une application mobile devrait voir le jour d’ici « fin août ou début septembre ».

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