dimanche 28 février 2021
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Règle des 30 kilomètres Monaco riposte

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Alors que la France a décidé d’assouplir les mesures limitant le déplacement des Monégasques et des résidents sur son territoire, Monaco a jugé cela « insuffisant » et a pris, à son tour, des décisions impactant les allées et venues de Français en principauté. Le bras de fer est engagé.

La France a fait un pas, mais ce pas a été jugé insuffisant par les autorités monégasques. Dans un communiqué publié le 13 février 2021, la préfecture des Alpes-Maritimes a en effet indiqué que la France allait assouplir son régime de contrôle sanitaire à la frontière monégasque « eu égard à la configuration et à l’interpénétration des bassins de vie de Monaco et du département des Alpes-Maritimes ». Depuis le 1er février 2021, afin de lutter contre la pandémie de Covid-19, le gouvernement français a imposé via un décret une limitation des déplacements des résidents de la principauté à un rayon de 30 kilomètres, à moins de justifier d’un motif impérieux ou d’un test PCR négatif de moins de 72 heures. Après de vives contestations du côté monégasque (lire Monaco Hebdo n° 1184), une dérogation à la réglementation française sur les déplacements internationaux a donc été obtenue par la principauté : « Tant que la situation sanitaire le permettra, les personnes résidant à Monaco [sont] exemptées de l’obligation de présenter un examen PCR lors de l’entrée sur le territoire français pour des déplacements inférieurs à 24 heures dans les limites du département des Alpes-Maritimes. Pour les séjours au-delà de 24 heures ou en dehors du territoire du département, l’obligation de présenter un test négatif demeure la règle pour les résidents monégasques qui se rendent en France. Les personnes résidentes dans le département des Alpes-Maritimes qui se rendent à Monaco se verront appliquer les mêmes dispositions. » Impossible, donc, de se déplacer dans les Alpes-Maritimes plus d’une journée sans test PCR. Pour les Monégasques et les résidents de la principauté qui souhaitent se rendre dans le département voisin le temps d’un week-end ou pendant les vacances scolaires, il faudra fournir un test PCR négatif.

« Pénalisantes »

La réaction monégasque n’a pas tardé. Jugé « insuffisant », le délai de 24 heures imposé par la France ne convient pas au gouvernement monégasque qui estime qu’il « ne répond pas aux besoins concrets des résidents monégasques qui, à l’approche d’une période de vacances scolaires, se voient entravés dans leurs déplacements dans la région voisine qui constitue le bassin de vie de Monaco ». Le gouvernement dirigé par Pierre Dartout a relevé trois arguments pour étayer son mécontentement : « Cette décision est en contradiction avec la convention franco-monégasque qui garantit la libre circulation des ressortissants des deux pays de part et d’autre de la frontière. Par ailleurs, elle pénalise les 9 000 ressortissants français résidant en principauté qui n’ont qu’un accès limité à leur pays d’origine. Enfin, dans son esprit, cette mesure revient à ne pas considérer l’enclavement géographique de la principauté dans le territoire français, alors que lors de précédentes mesures de restrictions de déplacements prises par les autorités françaises au printemps 2020 (déplacements limités à 100 kilomètres), cette réalité avait été prise en compte, en considérant de fait que les résidents de la principauté étaient assimilés à des résidents des Alpes-Maritimes. » Du côté du Conseil national, les élus avaient relayé le mécontentement de Monégasques et de résidents dès le 2 février 2021, mettant déjà en avant la fameuse convention de voisinage franco-monégasque du 19 août 1963. « Depuis le 30 janvier 2021, date de publication du décret français, la population monégasque est pénalisée au quotidien, face à des restrictions à sens unique et inappropriées, au regard des relations de bon voisinage entre nos deux pays », a ajouté le Conseil national dans un communiqué publié le 12 février 2021. Dans la foulée de la préfecture des Alpes-Maritimes, les élus ont exprimé, à leur tour, leur « satisfaction relative » dans un communiqué de presse daté du 13 février 2021, tout en regrettant que « cette mesure ne s’applique pas, à ce stade, au département du Var, avec lequel les relations sont également fortes. De même, les élus regrettent que cette levée de restriction dans les Alpes-Maritimes soit assortie d’une limitation de durée de 24 heures, empêchant, par exemple, le principe d’un séjour en week-end ou de vacances scolaires, sans test PCR. Ces mesures demeureront donc pénalisantes pour nos résidents, et sont contraires à la convention de voisinage franco-monégasque de 1963 ».

« Stupide »

Jugeant qu’il est donc nécessaire de poursuivre les négociations avec la France, le Conseil national a aussi estimé que c’était le bon moment pour mettre un peu de pression sur les ressortissants français qui se rendent sur le territoire monégasque. « Il est temps sans doute également, conformément à cette convention de voisinage entre la France et Monaco, d’appliquer la réciprocité des mesures vis-à-vis de l’entrée des résidents français en principauté », ont ajouté les conseillers nationaux. Un positionnement partagé par le gouvernement monégasque qui a adapté son dispositif pour « appliquer la stricte réciprocité » des dispositions françaises. Résultat, depuis le 15 février 2021, toute personne venant de France à Monaco doit désormais avoir en sa possession un test PCR négatif de moins de 72 heures et une attestation de non-contagiosité. Seules exceptions : les salariés pendulaires, les étudiants, les scolaires et les résidents des Alpes-Maritimes qui se déplacent à Monaco pour moins de 24 heures. Les personnes qui réservent une chambre d’hôtel en principauté, quelles que soient leur provenance et la durée de leur séjour, doivent aussi présenter un test PCR négatif de moins de 72 heures, ainsi qu’une attestation de non-contagiosité. « Des contrôles renforcés auront lieu aux frontières de la principauté », promet le gouvernement princier, tout en expliquant être prêt à partir du 17 février 2021 à faire face à la hausse des demandes pour les tests PCR, suite aux restrictions imposées par la France, qui s’ajoutent à la délicate période des vacances scolaires. « Ce dépistage renforcé sera également effectif après les vacances pour permettre à un maximum de personnes de se faire tester au retour de villégiature », ajoute le gouvernement (1). Si les négociations ne sont pas rompues entre la France et Monaco, on peut désormais s’interroger sur la marge de manœuvre dont dispose la principauté dans ce dossier. Parmi les relais des opinions monégasques à Paris, on note le député Les Républicains (LR), Eric Ciotti. Dans un tweet publié le 14 février 2021, cet élu a estimé que « l’attitude vexatoire inutile de la part du gouvernement français a l’égard de Monaco est contraire à notre tradition d’unité et d’amitié. Je déplore profondément que les parlementaires français n’aient pas été écoutés et demande à E. Macron de revenir sur cette décision stupide ». Décision « stupide » ou non, on devrait savoir dans les jours qui viennent si les points de vue des uns et des autres peuvent encore se rapprocher. Ou si chacun campe définitivement sur ses positions.

1) Pour se faire dépister, il est obligatoire de prendre un rendez-vous auprès du centre d’appel Covid-19 en téléphonant au 92 05 55 00.

La Ligurie en zone orange : comment s’y rendre ?

En Italie, la région Ligure a basculé en zone orange, avec un risque considéré désormais comme « élevé ». Le passage en zone orange implique essentiellement deux mesures. D’abord l’« interdiction des déplacements à partir de et vers ces zones (sauf pour des raisons professionnelles, de santé ou de nécessité), ainsi que les déplacements entre les communes de ces zones », mais aussi l’ouverture uniquement pour la vente à emporter pour les services de restauration (bars, pubs, restaurants, glaciers,…). Un couvre-feu a été mis en place de 22 heures à 5 heures du matin, les salles accueillant du public sont fermées, le port du masque est obligatoire, les fêtes à l’intérieur ou à l’extérieur sont interdites, et il est recommandé de se limiter à l’accueil de seulement deux personnes à son domicile. Lorsque la Ligurie était en zone jaune, les Monégasques, les résidents de la principauté et les Français pouvaient s’y rendre pour leurs loisirs pour 24 heures maximum, en présentant un test PCR valide. Le passage de la Ligurie en zone orange conditionne l’accès uniquement pour un motif professionnel ou pour une raison « impérieuse », et à la présentation d’un test PCR négatif réalisé dans les 48 heures précédant le déplacement en Italie.

Les quatre zones en Italie au 15 février 2021 :

  • Zone rouge pour un risque maximal : aucune région
  • Zone orange pour un risque élevé : Abruzzes, Ligurie, Ombrie, Province autonome de Bolzano, Province autonome de Trente, Toscane, Sicile
  • Zone jaune pour un risque modéré : Basilicate, Calabre, Campanie, Émilie-Romagne, Frioul-Vénétie Julienne, Latium, Lombardie, Marches, Molise, Piémont, Pouilles, Sardaigne, Val d´Aoste, Vénétie
  • Zone blanche pour un risque réduit : aucune région

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