mercredi 20 octobre 2021
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R&E joue la carte jeune

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Lors de son assemblée générale, Rassemblement & Enjeux (R&E) a élu à sa tête Antoine Bellando de Castro, 27 ans seulement. Un rajeunissement planifié, alors que la majorité Horizon Monaco (HM) continue de tanguer.

 

Pour une première prise de parole dans le costume de président de Rassemblement & Enjeux (R&E), le message a été à la fois clair et ferme : « J’ai pour mission de veiller à ce que les élus de la majorité n’outrepassent pas leurs prérogatives et que leurs actions rentrent toutes dans le cadre du pacte majoritaire. Ce qui amènera inéluctablement notre mouvement à traiter sans ménagement les tentatives malveillantes de certains loups solitaires, pouvant porter préjudice à l’action collective de la majorité. » Antoine Bellando de Castro s’est bien évidemment gardé de donner le moindre nom. Mais tous les regards étaient tournés vers les grands absents de cette assemblée générale du 2 février dernier. Pas de Marc Burini, pas de Christophe Steiner, deux « poids lourds » de la majorité Horizon Monaco (HM). En fait, seulement trois élus R&E avaient fait le déplacement : le président du Conseil national, Laurent Nouvion, accompagné d’Alain Ficini et de Béatrice Fresko. « Christian Barilaro était excusé », nous a dit le nouveau président de R&E dans la longue interview qu’il nous a accordé dans les pages suivantes. En refusant d’expliquer dans le détail quels élus ont vraiment été victimes d’un empêchement de dernière minute. Et surtout, combien ont délibérément « séché » cette assemblée générale pas comme les autres, puisqu’elle a notamment permis de renouveler son comité politique pour la période 2016-2019. « Et cela n’arrive que tous les trois ans… », a insisté Bellando de Castro, histoire de souligner l’importance de cette soirée. Il faut dire que même en élargissant le zoom à la totalité des élus de la majorité HM, le bilan des présents est resté maigre : en effet, seulement deux élus de HM, Claude Boisson (Synergie Monégasque) et Jacques Rit (indépendant), ont répondu présent. Soit seulement 5 élus de la majorité HM sur un total de 20 élus, dont 12 qui portent l’étiquette R&E.

 

Fermeté

Si R&E a décidé de faire baisser sa moyenne d’âge, le message est un message de fermeté. Il faut que « tous nos représentants jouent collectifs », a insisté Antoine Bellando de Castro, en appelant de ses vœux un Conseil national qui « fasse la synthèse d’une pluralité d’opinions en toute cordialité, mais qui parle d’une voix unie lorsque les circonstances l’exigent pour obtenir du gouvernement les concessions qui s’imposent. » Un message à peine voilé à l’attention de l’Union pour la Principauté (UP), l’une des quatre composantes de la majorité HM avec Synergie Monégasque, R&E et les indépendants. Début janvier, l’UP a réclamé que des têtes tombent dans les instances dirigeantes de la Société des bains de mer (SBM), en estimant qu’il « est grand temps d’envisager l’avenir avec une nouvelle gouvernance. C’est notre demande et notre constat depuis la dernière campagne électorale. » Malgré son appartenance à la majorité HM, l’UP a toujours voté contre les lignes budgétaires qui concernent la SBM. Cette prise de position de l’UP n’a pas plu du côté de la direction R&E qui assimile ce communiqué à « un dérapage. »

 

« Mauvais génies »

Installé au premier rang, le président du Conseil national, Laurent Nouvion n’a pas raté l’assemblée générale du mouvement politique qu’il a contribué à créer. Devant une centaine de personnes, il a répété avoir « besoin » des Monégasques, non seulement pour appuyer le travail parlementaire « qui obtient des résultats », mais pour « réagir aux attaques dont a fait l’objet notre majorité, parfois celles-ci se sont transformées en chasse à l’homme ». En fin de discours, le président du Conseil national a estimé être victime d’une « campagne de “bashing” […] ces derniers mois », en évoquant « certains mauvais génies [qui] travaillent au quotidien pour leurs intérêts, afin de saboter, je dis bien de saboter, le travail et les avancées de toute une majorité. Leur démarche est perverse, minutieuse. » Nouvion en a profité pour saluer avec humour Jacques Rit, Sophie Lavagna, Claude Boisson et Pierre Svara : « Je veux les remercier de me supporter, ce qui, je l’avoue, allez, je le confesse, est un défi. » Attaqué pour ne pas être assez à l’écoute des élus de sa majorité, Laurent Nouvion a promis : « Je travaille à mieux les écouter et à optimiser notre mode de fonctionnement au Conseil national. Je m’y suis engagé, je le ferai. » Ce qui ne l’a pas empêché d’ironiser autour de l’opposition Union Monégasque (UM), accusée d’être « Docteur Jekyll et Mister Hyde, gentils et amicaux et commission, et oubliant tout devant la presse. » Avant d’insister sur sa priorité : les enjeux autour des négociations avec l’Union européenne (UE). Et son discours n’a pas changé : « Je ne crois pas à cette vision idéaliste de l’homme nomade, sans règles et bientôt sans culture, dans un monde sans barrière, dans lequel nous disait-on, il ne devrait plus y avoir de guerre, puisque la fin de l’histoire était arrivée […]. Nous ne voulons pas d’une Europe qui harmonise, qui dilue, qui, parfois, broie. » Avant de conclure : « Je vous appelle vous tous […] à être à mes côtés et à garder le cap. » Reste à savoir parmi les absents de cette soirée qui aura entendu cet appel.

 

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Monaco Hebdo