dimanche 25 octobre 2020
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Le coronavirus, accélérateur de la transition numérique

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En présence du prince Albert II et devant un parterre de personnalités de la principauté, le gouvernement princier a présenté, mercredi 9 septembre 2020, son plan numérique censé relancer l’économie locale.

Monaco Hebdo fait le point sur les différentes mesures, qui s’inscrivent dans le programme Extended Monaco lancé il y a un peu plus d’un an.

Alors que la crise sanitaire du Covid-19 continue de faire des dégâts sur l’économie monégasque, le gouvernement princier a décidé de miser sur le numérique pour soutenir son plan de relance. Un choix somme toute logique pour un pays qui s’est lancé depuis un peu plus d’un an dans une révolution numérique avec son programme Extended Monaco.

« Amplifier le programme Extended Monaco »

« Le programme Extended Monaco représentait une ambition forte pour la principauté. Cette ambition reposait sur la conviction que Monaco devait inscrire son modèle économique et social dans le monde numérique. La pandémie de la Covid-19 a transformé cette conviction en certitude », a déclaré le prince Albert II en préambule de la présentation du plan numérique mercredi 9 septembre 2020. Avant de souligner l’apport du numérique en principauté depuis le début de l’épidémie de Covid-19 : « Au travers du développement du télétravail, de la mise en place de solutions numériques dans le domaine de l’éducation, de la santé ou encore du soutien digital de l’État envers les acteurs économiques, ces mesures ont contribué à limiter l’impact de cette crise sur notre pays ». Par conséquent, fort de ce constat, le prince Albert  II a demandé à son gouvernement « d’amplifier le programme Extended Monaco ». Le numérique étant devenu selon lui « un atout pour permettre à la principauté de conserver son niveau d’excellence et d’attractivité dans un monde en pleine mutation ». Cette accélération de la mise en œuvre du programme doit par ailleurs répondre à deux objectifs fixés par le souverain. À savoir « premièrement, la mise en place des dispositions nécessaires pour que le numérique permette à Monaco de fonctionner dans des meilleures conditions possibles en cas de nouvelle crise. Deuxièmement, le numérique doit être un des vecteurs de la relance économique ».

Lancement du cloud souverain en 2021

À partir de cette feuille de route, le gouvernement a donc élaboré un plan qu’il a présenté aux acteurs économiques du pays, mercredi 9 septembre, au théâtre princesse Grace (TPG). Parmi les mesures annoncées, figure notamment le lancement du cloud souverain, Monaco Cloud, en 2021. Initialement prévu cette année, le cloud souverain, premier du nom en Europe d’après le gouvernement, devrait enfin voir le jour l’année prochaine. Il servira de socle pour le développement du numérique en principauté comme l’a expliqué le prince Albert au cours de son intervention : « Il représentera un relais de croissance pour notre tissu économique permettant à nos entreprises de mettre à leur disposition des solutions les plus modernes, la puissance de calcul nécessaire et un accès à l’intelligence artificielle ». Ce cloud utilisera la technologie d’Amazon Web Services, « leader mondial du secteur », a rappelé le souverain et sera bien évidemment sécurisé. Les données seront en effet stockées en principauté donc soumises aux lois monégasques. Une assurance supplémentaire pour l’Agence monégasque de sécurité numérique (AMSN), chargée de garantir la sécurité numérique (lire Monaco Hebdo n° 1163). Pour Frédéric Genta, le lancement de Monaco Cloud en 2021, élément fondateur de l’infrastructure numérique souhaitée par la principauté, marque un tournant majeur dans le programme Extended Monaco. « Le cloud souverain offrira les meilleurs outils numériques, les meilleurs logiciels de manière sécurisée et souveraine. Et lorsque l’intelligence artificielle, dans un futur très proche, sera centrale pour l’économie, nous pourrons en bénéficier », a notamment indiqué le délégué interministériel chargé de la transition numérique.

Frédéric Genta. Délégué interministériel chargé de la transition numérique © Photo Manuel Vitali / Direction de la Communication

« En 2020, le numérique est un aspect essentiel de l’économie et un levier de croissance pour toutes les entreprises. Or, notre économie, nos entreprises ne bénéficient pas assez du potentiel du numérique » Frédéric Genta. Délégué interministériel chargé de la transition numérique

20 millions d’euros pour les entreprises

Autre mesure phare du plan gouvernemental, la création d’un fonds numérique de 20 millions d’euros. Baptisé « Fonds bleu », il est destiné à accompagner les entreprises monégasques dans leur transformation numérique et à créer une économie numérique en principauté. « En 2020, le numérique est un aspect essentiel de l’économie et un levier de croissance pour toutes les entreprises. Or, notre économie, nos entreprises ne bénéficient pas assez du potentiel du numérique », constate Frédéric Genta. Ce soutien financier de l’État doit leur permettre d’y parvenir à travers des formations mais aussi à travers la fourniture d’outils et d’infrastructures numériques. Comme par exemple, la mise en service d’un site Internet pour développer l’e-commerce et accroître la surface commerciale. « Nous allons donner à nos entreprises, les moyens de se transformer et de bénéficier de l’économie numérique », promet le délégué interministériel chargé de la transition numérique qui compte aussi utiliser une partie de ces 20 millions d’euros pour créer des services sur le cloud souverain.

Attirer de nouvelles entreprises grâce à la blockchain

Enfin, dernière mesure du plan numérique, le gouvernement princier a annoncé le lancement de la plateforme STO (Security Token Offering). Ce dispositif de levée de fonds par la blockchain a pour vocation d’attirer de nouvelles entreprises, notamment numériques, à Monaco. « Le texte de loi voté par le Conseil national en juin dernier [lire Monaco Hebdo n° 1158 – N.D.L.R.] nous permet aujourd’hui, en partenariat avec Euronext [principale place boursière de la zone euro – N.D.L.R.], d’attirer de nouvelles entreprises et de créer chaque année un certain nombre d’emplois et de la valeur ajoutée pour la principauté », s’est félicité Jean Castellini, conseiller-ministre pour l’économie et les finances. Selon les estimations du gouvernement, « 100 à 200 emplois par an » devraient en effet être créés grâce à ce dispositif, qui devrait aussi rapporter « 150 millions d’euros » à l’économie monégasque. « L’ambition est que ces entreprises, ces créations d’emplois se fassent avant tout dans les secteurs emblématiques des engagements du prince souverain, pour son pays et pour la planète. Et bien évidemment, nous privilégierons les projets avec une composante environnementale et développement durable forte en adéquation avec les valeurs que porte Monaco », a précisé Jean Castellini. Au fonds bleu, le gouvernement vient donc apporter une teinte de vert comme pour rappeler que transition numérique et environnement n’était pas inconciliable (lire notre dossier « Écologie et numérique peuvent-ils faire bon ménage ? » dans Monaco Hebdo n° 1163). Frédéric Genta avait d’ailleurs réaffirmé sa volonté de « faire à Monaco un numérique responsable », à l’occasion de la quatrième rencontre pour la transition énergétique le 9 juillet dernier.

Pierre Dartout. Ministre d’État © Photo Manuel Vitali / Direction de la Communication

« Le gouvernement est déterminé à faire de Monaco un acteur qui compte dans le monde numérique » Pierre Dartout. Ministre d’État

Un plan de relance par le numérique ?

Alors que le conseiller-ministre pour l’économie et les finances, Jean Castellini, avait annoncé dans nos colonnes être à « la recherche de nouvelles recettes non impactées par le Covid-19 » (lire Monaco Hebdo n° 1164), la présentation du plan numérique était particulièrement attendue par les acteurs économiques du pays. S’ils ont sans doute apprécié la création du fonds bleu et le lancement du dispositif de levée de fond par la blockchain, les annonces faites par le gouvernement princier correspondent davantage à la phase II du programme Extended Monaco, entamé en 2019, qu’à un véritable plan de relance par le numérique. Le cloud souverain, la blockchain, les lois numériques, la dématérialisation des services publics, l’école numérique ou encore l’identité numérique… figuraient en effet déjà dans le programme Extended Monaco, bien avant la crise du Covid-19. Quoi qu’il en soit, le gouvernement montre en tout cas, avec ce plan, sa détermination à accélérer sa transition numérique. Une révolution que la crise sanitaire a rendu encore plus nécessaire. « Nous souhaitons que ce plan soit une réussite collective et monégasque. Il doit permettre aux entreprises et à l’économie de réussir dans ce monde post-Covid. C’est un super challenge que nous réussirons tous ensemble », a assuré Frédéric Genta. De son côté, le nouveau ministre d’État, Pierre Dartout, qui prenait publiquement la parole pour la première fois depuis sa prise de fonction, a lui aussi témoigné de sa détermination à mener à bien ce projet. « Nous préparons ensemble l’avenir de Monaco. Un avenir qui s’inscrit dans un monde incertain, toujours frappé par l’épidémie de Covid-19 mais un avenir qui s’inscrit aussi dans un monde numérique et pour lequel le gouvernement princier a quelques certitudes tirées des mois écoulés et des solides ambitions », a déclaré Pierre Dartout. Avant de conclure : « Le gouvernement est déterminé à faire de Monaco un acteur qui compte dans le monde numérique. Grâce à notre détermination à développer le numérique, nous saurons affronter l’avenir avec confiance quelles que soient les épreuves qui nous attendent. Enfin, grâce à elle, nous saurons surtout renforcer le modèle monégasque pour les années et les décennies qui viennent ».

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