mardi 30 novembre 2021
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Pics de pollution
« Pas de raison d’identifier les véhicules diesels »

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Le conseiller pour l’équipement, Marie-Pierre Gramaglia, explique pourquoi Monaco n’interdira pas la circulation des véhicules les plus polluants.

 

Quels sont les organismes agréés par le gouvernement qui permettent de détecter un pic de pollution en Principauté ?

La surveillance de la qualité de l’air est assurée par la direction de l’Environnement au travers d’un réseau automatisé de 5 stations de surveillance de la qualité de l’air mis en place en 1991.

 

Où sont ces stations ?

Trois stations de « proximité » rue Grimaldi, place des Moulins et sur le boulevard Charles III sont proches des sources de pollution liées au trafic routier.

 

Les paramètres mesurés ?

Les paramètres mesurés sont ceux émis directement par les véhicules : monoxyde de carbone, le dioxyde d’azote et le dioxyde de soufre. Le plomb est également mesuré par les stations de la rue Grimaldi et de la place des Moulins.

 

Et les deux autres stations ?

Deux autres stations installées sur le quai Antoine 1er et à Fontvieille. Ce sont des stations dites « de fond. » Eloignées des sources de pollution directes, elles renseignent sur la qualité générale de l’air. Les paramètres mesurés sont l’ozone et les particules fines en suspension.

 

Comment fonctionnent les mesures ?

Pour chacune de ces stations, les concentrations en polluants, à l’exception du plomb, sont relevées par une mesure tous les quarts d’heure. Puis elles sont transférées vers un poste central pour être interprétées par la direction de l’Environnement. Pour le plomb, ces prélèvements sont envoyés à un laboratoire indépendant pour analyse.

 

Selon quels paramètres sont réalisés ces mesures ?

L’interprétation de la qualité de l’air est réalisée pour l’ensemble des polluants par rapport aux seuils et aux valeurs fixées par la directive européenne de 2008, concernant « la qualité de l’air ambiant et un air pur pour l’Europe », pour chacun des polluants suivant leur nature, leur toxicité et leurs variations journalières et saisonnières.

 

Les Alpes-Maritimes font partie des zones les plus polluées de France selon le Ministère de l’écologie français : Monaco aussi ?

Tout comme dans les Alpes-Maritimes, la pollution dans cette zone provient majoritairement des déplacements et du chauffage au fioul. Le principal polluant est le dioxyde d’azote dont les concentrations sont élevées, notamment sur les axes routiers à fort trafic. Il y aussi deux autres polluants majeurs : l’ozone et les particules fines.

 

Le principal problème ?

Le point noir de notre région concerne l’ozone, produit par l’effet combiné des rejets de transport et du rayonnement solaire.

 

Les derniers pics de pollution remontent à quand ?

En Principauté, les derniers pics remontent à juillet 2007 et à l’été 2003 lors de l’épisode de canicule. Le dernier pic de pollution sur les particules fines survenu à Nice en mars 2014 n’a pas eu lieu à Monaco.

 

Comment évolue la situation à Monaco sur les 10 dernières années ?

En Principauté, l’évolution annuelle de la qualité de l’air montre une amélioration continue des valeurs relevées par le réseau de surveillance de la qualité de l’air.

 

Comment expliquer cette situation étonnante ?

Cette situation favorable s’explique pour beaucoup par la politique de mobilité du gouvernement : un parc automobile plutôt récent et donc moins polluant, un nombre de véhicules électriques ou hybrides croissant, un réseau de transports urbains efficace, des incitations à utiliser les trains pour les salariés ou à covoiturer, une vitesse automobile limitée à 50 km/h en ville et une activité industrielle peu polluante.

 

Le gouvernement a mené d’autres actions ?

D’autres actions mises en place par le gouvernement ont aussi des effets positifs. Notamment la diminution de l’utilisation du fioul pour le chauffage : le fioul est interdit dans les constructions neuves depuis 2003. Or, c’est ce combustible qui émet le plus de particules fines.

 

Les mesures que le gouvernement prévoit en cas de pics de pollution ?

En Principauté, les polluants font l’objet de seuils d’information et de seuils d’alerte auprès de la population. Dans le cas de dépassement de seuils d’alerte, les messages sanitaires sont renforcés et concernent alors l’ensemble de la population de la zone concernée. L’ozone est le polluant pour lequel le risque de dépassement est le plus important sur la Principauté. Aussi, une procédure est mise en place en cas de dépassement des seuils d’information ou d’alerte.

 

Laquelle ?

Quand le réseau Air-PACA émet des prévisions de dépassements ou que les dispositifs préfectoraux d’information ou d’alerte sont lancés dans le département des Alpes-Maritimes, une vigilance accrue est mise en place. Si les seuils sont dépassés en Principauté, la procédure d’information de la population est déclenchée.

 

Cette procédure consiste en quoi ?

En un envoi de courriel aux entités administratives concernées. De plus, la population est informée, notamment les populations vulnérables ou sensibles. Cette procédure peut être également applicable aux autres polluants comme les particules en suspension (PM10) et les oxydes d’azote (NOx).

 

En France, en 2016, 10 % des véhicules seront interdits de circulation pendant les pics de pollution : Monaco va suivre ce mouvement ?

De prime abord il me paraît difficile de comparer deux Etats dont les dimensions sont très différentes. Sur un territoire de 2 km2 la Principauté compte 37 000 résidents et 55 000 salariés, dont plus de 40 000 sont domiciliés à l’extérieur de Monaco et seulement 25 % résident dans les communes limitrophes. Ces différentes populations se déplacent pour des raisons professionnelles ou personnelles. Ces déplacements quotidiens totalisent près de 386 000 mouvements, tous modes confondus : véhicules lourds, poids lourds, bus, deux-roues et marche piétonnière.

 

Et donc ?

En 2013, on a constaté un flux de 106 405 véhicules/jour ouvré, comprenant les véhicules des pendulaires, c’est-à-dire des salariés qui résident en dehors de la Principauté, des entreprises, des touristes et des résidents. Le week-end, le flux de circulation en Principauté est faible. Malgré tout, jusqu’à présent, Monaco a échappé aux pics de pollution, comme le confirment les analyses de l’air.

 

Vous êtes favorable à la création d’une vignette pour classer les voitures selon leur niveau de pollution ?

Le gouvernement mène une politique engagée en faveur des véhicules propres ou peu polluants. Par ailleurs, le parc automobile est dans l’ensemble récent, ce que l’on constate lorsque l’on se promène en ville. Enfin, je rappellerais que tous les véhicules immatriculés à Monaco sont soumis à un contrôle technique à partir de leur 4ème année d’immatriculation, puis contrôlés à intervalle régulier dans des délais maximum de 36 mois. Aujourd’hui, le gouvernement n’a donc pas de raison particulière de mettre en place un système de vignette ou d’identifier les véhicules diesels.

 

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Monaco Hebdo