vendredi 22 octobre 2021
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Covid-19 Monaco ouvre la vaccination aux plus de 55 ans

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À l’occasion d’une séance extraordinaire le 10 mars 2021, le Conseil national a voté une résolution pour « accompagner l’État monégasque vers un modèle de sortie de crise Covid-19 ».

Le ministre d’État, Pierre Dartout, en a profité pour annoncer l’arrivée de 5 850 doses de vaccins Pfizer et le lancement des tests salivaires à partir du 15 mars 2021.

Sur le fond, il n’y a pas eu de débat. À l’heure de voter une résolution destinée à « accompagner l’État monégasque vers un modèle de sortie de crise Covid-19 sur les plans sanitaire, économique et social », comme l’a indiqué l’élu Horizon Monaco (HM), Jacques Rit, lors de la lecture de ce texte signé par les 24 conseillers nationaux, c’était le calme plat dans l’hémicycle. Mais la « sortie de crise » semble encore bien loin, et surtout, incertaine. À l’heure où tout le monde se plaint de manquer de visibilité, la Société des bains de mer (SBM) la première, le seul horizon qui se présente passe par la vaccination. Sur ce point aussi, il n’y a pas eu de débat. Dans la soirée du 10 mars 2021, l’hémicycle du Conseil national est donc resté très calme, tout le monde s’accordant à dire que, crise sanitaire oblige, l’union nationale devait continuer de prévaloir. Pas de voix discordante donc, alors que quelques annonces du ministre d’État, Pierre Dartout, ont rythmé cette soirée.

« Parmi les mesures les plus attendues par les résidents figurent la réouverture des restaurants le soir, ainsi que la possibilité de pratiquer tous les sports, dans le respect de protocoles sanitaires stricts. Nous y reviendrons en comité mixte de suivi, dès que possible. » Stéphane Valeri. Président du Conseil national. © Conseil national

Pénurie de vaccins

Le ministre a ainsi indiqué que la principauté avait bénéficié le 10 mars 2021 de la livraison de 5 850 doses de vaccins Pfizer supplémentaires. Du coup, la vaccination des Monégasques et des résidents âgés de 55 à 64 ans, qui le désirent, est lancée. Le prochain objectif fixé par le gouvernement est d’atteindre environ 30 % de la population vaccinée, soit 11 500 personnes. Pour atteindre ce chiffre, le gouvernement compte bien sûr sur son centre de vaccination installé au cœur du Grimaldi Forum. « Le taux d’adhésion au vaccin est très élevé : 70 % de la tranche d’âge des plus de 75 ans a accepté d’être vacciné. Et 50 % pour les plus de 65 ans », a précisé le ministre d’État. En ce qui concerne la vaccination des professionnels de santé, et alors que ce sujet fait débat en France (1), Pierre Dartout a indiqué que 1 330 personnes avaient été vaccinées, que ce soit au centre hospitalier princesse Grace (CHPG), dans les établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad), dans les établissements de santé privés, ou chez les professionnels de santé libéraux. « Ce n’est pas encore suffisant, a reconnu Pierre Dartout. Mais cela montre que nous avons fait un effort, qui n’est pas négligeable. » Pour la suite, Monaco doit faire face, comme les autres pays européens, à la pénurie de vaccins. Les conseillers nationaux ont pris la parole à tour de rôle pour demander au gouvernement d’agir. Après Christophe Robino, Nathalie Amoratti-Blanc n’a évidemment pas nié la difficulté de la tâche, mais elle a souligné les bénéfices : « Je suis bien sûr consciente de la dimension diplomatique et des relations bilatérales en jeu. Cet enjeu est double : diversifier nos sources d’approvisionnement, afin de disposer davantage de doses de vaccins. Et ce, dans le but de vacciner non seulement la population résidente, mais également les salariés qui le souhaitent. Ainsi, l’intégralité de la population monégasque, qu’il s’agisse des résidents ou des pendulaires, pourrait être vaccinée. Les salariés pendulaires vaccinés en principauté seront autant de personnes en moins à vacciner pour la France. Je reste convaincue que Monaco a les moyens de ses ambitions en la matière, et que nous devons en être à la hauteur. En faisant preuve d’autonomie, nos relations bilatérales et internationales n’en seront ainsi que renforcées. » Ce à quoi le ministre d’État a répondu que les élus pouvaient compter sur « l’engagement du gouvernement et de l’énergie qu’il met » afin d’évaluer « toutes les solutions possibles ». Avant d’ajouter : « Mais il faut être conscient que les solutions possibles se heurtent à des contraintes. Du fait des accords passés par Monaco, les vaccins doivent être autorisés par la France et par l’Union européenne (UE). Cela rend les choses complexes. Car nous sommes dans un contexte difficile, de très fortes tensions, avec une grande demande de vaccins qui s’opère. » L’approvisionnement en vaccins a été ciblé comme « la priorité la plus forte » par Pierre Dartout, qui a répété vouloir « tout mettre en œuvre » pour atteindre les objectifs de Monaco dans ce dossier.

« Je suis convaincue que Monaco a les moyens de faire mieux que d’autres. Notre pays a été exemplaire en de nombreux points. Nous avons encore la possibilité d’être un modèle en matière de vaccination et de relance. » Nathalie Amoratti-Blanc. Élue Primo ! © Conseil national

« Le confinement a inévitablement été un révélateur, un accélérateur et un facteur aggravant de ces violences [faites aux femmes — NDLR]. Aujourd’hui, il est plus que nécessaire de renforcer les moyens alloués à l’association d’aide aux victimes d’infractions pénales (Avip) » Nathalie Amoratti-Blanc. Élue Primo !

Tests salivaires

L’autre annonce de cette soirée, c’est l’arrivée des tests salivaires. Depuis plusieurs semaines, le gouvernement travaille sur ce sujet et réfléchit à la mise en œuvre de ce type de tests, pour notamment en faire bénéficier les élèves scolarisés en principauté. Ces tests ont débuté lundi 15 mars 2021 au centre national de dépistage. « Il était du devoir du gouvernement de mettre en œuvre cette politique de tests salivaires après s’être assuré de leur efficacité. Il a donc fallu procéder à un certain nombre d’expériences, de vérifications, d’évaluations pour être bien sûr que les choses se présentent le mieux possible. Ces expériences ont eu lieu et des conclusions en ont été tirées », a expliqué le ministre d’État, tout en « formant désormais des vœux pour que cela augmente encore plus notre capacité de tests ». En France, le collège de la Haute Autorité de Santé (HAS) a rendu un avis positif sur les tests salivaires le 22 janvier 2021, rendant donc possible la détection du génome du virus SARS-CoV-2 par « technique de transcription inverse suivie d’une amplification (RT-PCR) sur prélèvement salivaire ». Ces tests se font par un simple prélèvement de salive, rendant le test PCR et son écouvillon inséré dans le nez plus forcément nécessaire. Plus faciles d’utilisation, moins douloureux, la sensibilité des tests salivaires était au départ estimée à 85 % contre 90 % pour les prélèvements nasopharyngés. Selon une étude publiée dans le Journal of Clinical Virology, « les écouvillons des tests salivaires ont détecté 82,2 % des patients positifs », soit un résultat supérieur à ce que proposent les tests antigéniques. Dans la mesure où la charge virale est parfois faible, une détection de 100 % est très compliquée à obtenir, voire impossible. Pierre Dartout en a d’ailleurs profité pour rappeler que les Monégasques qui reviennent de vacances doivent obligatoirement se faire tester. Après un an de crise sanitaire, l’impact psychologique du Covid-19 a aussi été abordé lors de cette séance publique. Comme d’autres conseillers nationaux, Nathalie Amoratti-Blanc a évoqué les dégâts psychologiques que peut provoquer ce virus : « Comme mes collègues, je suis particulièrement préoccupée par les conséquences psychologiques engendrées par la crise, en particulier sur les personnes les plus vulnérables. Mon collègue Marc Mourou s’en est ému concernant les plus jeunes, ma collègue Corinne Bertani concernant les commerçants, et je sais que ma collègue, Marie-Noëlle Gibelli, se soucie, comme moi, vous le savez, tout particulièrement des personnes âgées. Pour ma part, j’évoquerai ce soir la problématique des femmes victimes de violences conjugales. » Cette pandémie dure depuis plus de 12 mois déj, et certains parcours de vie ont en effet pu laisser des traces. « Nous n’avons pas encore conscience de toutes les conséquences sur la psychologie des personnes que cette pandémie peut entraîner. Il peut y avoir aussi des marques beaucoup plus durables. Il faut donc porter une attention toute particulière à l’ensemble de ces personnes », a reconnu Pierre Dartout. De son côté, le président du Conseil national, Stéphane Valeri, a rappelé que la jeunesse de la principauté souffre de cette crise sanitaire avec, notamment, une « limitation de la vie sociale qui les touche plus particulièrement : je pense aux sorties et aux voyages par exemple. Cette situation n’est pas sans conséquence sur leur psychologie et leur moral. Comme l’État monégasque a su le mettre en place pour des causes prioritaires telles que les droits des femmes ou la transition numérique, la question de la création d’un poste de délégué à la jeunesse se pose aujourd’hui. Elle permettrait une action transverse, et donc efficace, en lien avec de nombreux services du gouvernement ».

« Les élus considèrent que Monaco a désormais les moyens de se tourner vers l’avenir en devenant un modèle de sortie de crise. » Jacques Rit. Elu HM. © Conseil national

Humoristique

Sur le plan économique, Pierre Dartout a annoncé que le chômage total temporaire renforcé (CTTR) serait prolongé jusqu’au 30 juin 2021. Tout sauf une surprise, quand on se souvient qu’en janvier 2021, interrogé par Monaco Hebdo, Pierre Dartout nous avait indiqué : « Le CTTR est prolongé jusqu’à fin mars 2021. Si c’est nécessaire sur le plan économique, nous n’excluons pas de le prolonger ». Le ministre d’État a rappelé l’importance de cette mesure, en précisant que cela représentait déjà 112 millions d’euros pour le budget de l’État en 2020. L’exonération des charges patronales est aussi prolongée. Il y a quelques semaines, la Commission d’accompagnement de la relance économique (Care) a revu ses critères. Le seuil d’éligibilité de perte de chiffre d’affaires a été abaissé à 40  % au lieu de 50  %. Quant à la part du loyer mensuel, hors charges, dont il est tenu compte dans le calcul de l’aide, elle est passée de 50 % à 80  %. Enfin, pour les secteurs les plus touchés par la crise sanitaire, le versement d’une « indemnité spéciale » de 2 500 euros par mois a été accordé pour le premier trimestre 2021. Les relations franco-monégasques ont aussi été évoquées, à travers le prisme de la confrontation qui a opposé le chroniqueur de CNEWS, Guillaume Bigot, et le gouvernement princier le 21 février 2021 « La France a le Covid c’est la faute à Monaco ! Bien sûr ! L’équipe de rugby de la France ne peut pas disputer son match du tournoi des six Nations car il y a trop de joueurs positifs, c’est la faute à Monaco ! Ils feraient mieux de faire des tests et des vaccins à la place des tests matchs… Bien sûr ! Dunkerque est confinée le week-end à 1 000 kilomètres d’ici, c’est la faute à Monaco ! L’opération Dynamo n’avait-elle pas fait évacuer la plage en avance ? Bien sûr ! Les Allemands ferment les frontières avec l’Alsace et la Lorraine, c’est la faute à Monaco ! Ils feraient mieux de lire le traité de Maastricht. Bien sûr ! » a lancé l’élu Fabrice Notari sur l’air de la chanson de Gavroche, l’un des personnages des Misérables de Victor Hugo (1802-1885). « Il ne faut pas confondre la France avec quelques détracteurs, quelques moqueurs, quelques critiques injustes et mal fondées, lui a répondu Pierre Dartout, tout en relevant la dimension humoristique de l’intervention de cet élu Priorité Monaco (Primo !). Jamais les autorités françaises, jamais le gouvernement français n’a accusé Monaco de quoi que ce soit. […] La principauté a besoin de la France. Mais la France aussi, a besoin de la principauté. Ne serait-ce que par les 45 000 emplois que la principauté offre à la France et qui sont occupés par des Français non résidents. »

« Nous qui maîtrisions tout, venons de comprendre que l’homme n’est pas au-dessus de la nature, mais plutôt qu’il est dans la nature. Nous qui avons réussi à la dominer, sommes aujourd’hui, en quelque sorte, victimes de nos victoires. Voilà le paradoxe » Jean-Louis Grinda. Elu UM

« Violences »

Au moment de dresser un premier bilan, alors que le 17 mars 2020, il y a donc un an, Monaco plongeait dans un premier confinement, l’élu Union Monégasque (UM), Jean-Louis Grinda a résumé les choses ainsi : « Avec cette crise sanitaire, sociale et économique, les paradoxes de notre existence se révèlent plus que jamais au grand jour. Nous qui maîtrisions tout, venons de comprendre que l’homme n’est pas au-dessus de la nature, mais plutôt qu’il est dans la nature. Nous qui avons réussi à la dominer, sommes aujourd’hui, en quelque sorte, victimes de nos victoires. Voilà le paradoxe. » Mais la situation d’aujourd’hui exige aussi de nouvelles mesures, notamment pour les femmes victimes de violences conjugales [lire notre grand dossier consacré aux violences faites aux femmes, publié dans Monaco Hebdo n°1186 — NDLR], a estimé Nathalie Amoratti-Blanc : « Le confinement a inévitablement été un révélateur, un accélérateur et un facteur aggravant de ces violences. Aujourd’hui, il est plus que nécessaire de renforcer les moyens alloués à l’association d’aide aux victimes d’infractions pénales (Avip) et d’accélérer sur les dispositifs d’accompagnement et de soutien, qui devraient être déjà mis en place depuis longtemps. » Stéphane Valeri a aussi évoqué pour sa part « la levée attendue des restrictions imposées à ce stade par la situation sanitaire », expliquant que les élus souhaitent « tous que le couvre-feu soit levé à brève échéance, en fonction de l’amélioration de certains indicateurs. Parmi les mesures les plus attendues par les résidents figurent la réouverture des restaurants le soir, ainsi que la possibilité de pratiquer tous les sports, dans le respect de protocoles sanitaires stricts. Nous y reviendrons en comité mixte de suivi, dès que possible ». En revanche, en France et en Italie, la situation sanitaire reste tendue. Le 14 mars 2021, le directeur général de la santé, Jérôme Salomon, a indiqué qu’un reconfinement généralisé en France était un scénario qui pouvait être envisagé. Il faut dire que le contexte est délicat : en effet, le 15 mars 2021, la région francilienne se préparait à évacuer des patients pour tenter de soulager ses hôpitaux, mis sous pression. Interrogé sur le plateau de BFMTV le 14 mars 2021, Jérôme Salomon a jugé que la situation sanitaire était « inquiétante », et même « préoccupante ». Avant d’ajouter : « Tous les outils sont en permanence sur la table. Le confinement est utilisable, si la situation l’exige. » De son côté, l’Italie a reconfiné la majeure partie de son territoire depuis le 15 mars 2021. Pour justifier cette décision, le premier ministre, Mario Draghi, a évoqué une « nouvelle vague de contagions », indiquant qu’ « au cours de la dernière semaine, 150 175 nouvelles contagions ont été enregistrées, contre 130 816 la semaine précédente, soit une augmentation de presque 15 % ». Bref, on le voit bien, la crise sanitaire est loin d’être terminée, et il faudra sans doute s’armer de patience avant de pouvoir constater une réelle amélioration. Stéphane Valeri l’a d’ailleurs admis devant le gouvernement et les élus : « Comme l’a justement souligné ce soir notre collègue Jean-Louis Grinda, la situation générale nous invite à prendre de la hauteur et à constater avec modestie que cette pandémie nous rappelle que les êtres humains ne peuvent pas totalement maîtriser et contrôler l’avenir du monde. Il nous faudra désormais composer avec une nouvelle notion, celle de l’incertitude. Face à elle, nous avons le devoir de réussir collectivement cette sortie de crise. J’ai confiance en la capacité de notre pays et de nos institutions, sous l’autorité de notre prince souverain. Tous ensemble, nous y parviendrons. »

1) Début mars 2021, en France, l’Elysée a entamé une réflexion autour de la vaccination obligatoire des soignants. Le manque d’entrain autour de la vaccination des professionnels de santé à se faire vacciner contre le Covid-19, en particulier avec le vaccin d’AstraZeneca, a agacé les autorités françaises, comme l’ont rapporté Les Échos et  Le Monde le 4 mars 2021.

« Nous sommes confrontés à une série de contraintes, et nous ne savons pas encore de façon très précise quelles mesures doivent être mises en place dans les semaines à venir. Mais il faut que ces Grands Prix aient lieu. Et ils auront lieu. » Pierre Dartout. Ministre d’État. © Conseil national

« La principauté a besoin de la France. Mais la France aussi, a besoin de la principauté. Ne serait-ce que par les 45 000 emplois que la principauté offre à la France et qui sont occupés par des Français non résidents » Pierre Dartout. Ministre d’État

Pierre Dartout : « Il faut que ces Grands Prix aient lieu »

Sur le plan économique, on le sait, le Grand Prix de Monaco pèse lourd sur les finances de la principauté. Du coup, tous les regards sont tournés actuellement vers le montage du circuit, et surtout des tribunes supposées accueillir du public, après une édition 2020 qui a été annulée. L’an dernier, le montage du circuit avait aussi été lancé, ce qui n’avait pas empêché une annulation annoncée le 19 mars 2020 par l’Automobile Club de Monaco (ACM). Cette année, tout le monde espère donc que le scénario sera différent. Mais, pour le moment, aucune information ne circule quant à la jauge qui pourrait être mise en œuvre dans les tribunes pour le Grand Prix historique du 23 au 25 avril 2021, le Grand Prix électrique le 8 mai 2021, et enfin pour le Grand Prix du 20 au 23 mai 2021. « Nous sommes en train d’étudier les conditions dans lesquelles pourront se dérouler les Grands Prix, a indiqué le ministre d’État, Pierre Dartout. Nous ne pouvons pas en dire plus ce soir [le 10 mars 2021 — NDLR]. Nous sommes confrontés à une série de contraintes, et nous ne savons pas encore de façon très précise quelles mesures doivent être mises en place dans les semaines à venir. Mais il faut que ces Grands Prix aient lieu. Et ils auront lieu. Avec quelles modalités de spectateurs ? Cela reste encore à voir, entre nous, de façon à trouver un équilibre entre la protection sanitaire de la population et la préservation des intérêts économiques, comme le souhaite le prince Albert II. »

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Monaco Hebdo