samedi 4 décembre 2021
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Numérique à Monaco « Une estimation proche du milliard d’euros de chiffre d’affaires »

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Alors que, depuis mars 2020, la pandémie de Covid-19 a permis d’accroître encore la présence du numérique dans notre quotidien, Frédéric Genta, délégué interministériel chargé de la transition numérique pour le gouvernement monégasque, dresse pour Monaco Hebdo un premier bilan de son activité, qui concerne la période 2018-2021. Interview.

Vous avez été nommé en février 2018 délégué interministériel à la transition numérique : pourquoi avoir quitté Google et le secteur privé pour accepter cette mission ?

C’est avant tout un grand honneur pour moi, en tant que Monégasque, d’avoir été nommé par notre prince souverain, pour réussir cette transformation incontournable et stratégique pour la principauté. Je suis très heureux de pouvoir rendre à la principauté un peu de ce qu’elle m’a apporté. Après une vingtaine d’années d’expérience professionnelle entre Paris, Londres, Boston et la Californie dans des secteurs aussi variés que la banque, les grandes entreprises et les Google, Apple, Facebook et Amazon (GAFA), il m’est apparu évident que nous vivions une révolution industrielle unique dans l’histoire, de par sa profondeur et son ampleur, avec la transformation numérique. Je pense qu’une expérience forte du secteur privé à l’international, si elle est couplée à une compréhension de la principauté, de ses institutions et de son modèle économique, est un atout pour réussir ce défi essentiel pour notre pays.

Pourquoi le numérique est-il devenu une priorité, et même une urgence pour Monaco ?

Parce que le monde a profondément changé. Parce que les besoins et attentes des Monégasques, de nos résidents présents et futurs ont changé tout comme ceux des entrepreneurs et entreprises de la principauté. La technologie et l’innovation modifient profondément l’économie mondiale. Aujourd’hui, à elle seule, l’entreprise Amazon est valorisée plus que l’ensemble du CAC 40. Cette transformation est une opportunité exceptionnelle pour le modèle économique monégasque, car le numérique, comme la finance, demande peu d’espaces, et crée énormément de valeur ajoutée. De plus, notre attractivité dépend de plus en plus de notre capacité à adapter nos services à un monde devenu numérique.

« Il y avait un vrai manque d’infrastructures numériques. Cela pouvait pénaliser le pays, tant sur les sujets de souveraineté technologique, que de sécurité et de développement économique »

Quelle étaient le contexte et la situation sur le dossier du numérique, à votre arrivée, en février 2018 ?

Il y avait un vrai manque d’infrastructures numériques. Cela pouvait pénaliser le pays, tant sur les sujets de souveraineté technologique, que de sécurité et de développement économique. L’administration souhaitait accélérer sa modernisation. C’était une nécessité. Les entreprises privées étaient peu exposées au numérique, et l’écosystème de l’activité numérique en principauté débutait, grâce à MonacoTech notamment.

Vous vous êtes retrouvé à la tête d’une équipe de 120 personnes : quelles ont été vos premières décisions ?

Tout d’abord rencontrer les équipes, connaître chacune et chacun, et créer une dynamique et une envie commune. Rien ne peut se faire sans une confiance humaine forte. Ensuite, bâtir un plan d’action et une organisation efficace, pour répondre à l’objectif rappelé par le prince souverain le 25 octobre 2021, lors de notre restitution annuelle du programme Extended Monaco : « Renforcer l’attractivité et développer davantage encore la compétitivité de notre économie ». Pour cela, il fallait mettre en place un véritable programme qui touche l’ensemble des thématiques de la principauté. Le numérique est partout, il faut donc que l’approche soit globale et holistique, sinon elle est vouée à l’échec.

« Le numérique, comme la finance, demande peu d’espaces, et crée énormément de valeur ajoutée. De plus, notre attractivité dépend de plus en plus de notre capacité à adapter nos services à un monde devenu numérique. » Frédéric Genta. Délégué interministériel chargé de la transition numérique. © Photo Michael Alesi / Direction de la Communication

Comment avez-vous structuré ce programme ?

Ce programme a été décliné autour de trois priorités : un cycle de 3 ans (2018-2021) pour créer les infrastructures dont Monaco a besoin : 5G, fibre, cloud souverain, identité numérique, et guichet unique. Car on ne peut construire que sur des fondations solides, et ce temps-là était indispensable. Egalement, une action forte pour permettre à nos politiques publiques et à notre administration de tirer tout le potentiel du numérique, afin d’augmenter sans cesse notre niveau d’attractivité. Enfin, une stratégie pour faire bénéficier l’économie monégasque de tout l’apport du numérique, tout en développant une nouvelle économie de l’innovation et de la technologie en principauté. Chaque élément de ce plan a été validé par le gouvernement princier, et chaque priorité est réalisée en symbiose avec les départements concernés. C’est une approche collective et transverse. Bien sûr, il a fallu adapter les moyens humains et financiers pour les mettre en phase avec ces ambitions. C’est un investissement qui correspond, à moyen terme, à de la création de richesse, d’emplois, et donc de développement économique, ainsi que de recettes pour l’État.

« Afin de réduire le nombre de voitures à Monaco et d’atteindre l’objectif de – 20 % de voitures d’ici 2030, nous souhaitons faciliter le covoiturage depuis les communes voisines, et les mobilités douces via les applications Klaxit et Monapass »

Des lois importantes ont été votées pour doper le numérique, comme l’identité numérique : pourtant, l’identité numérique reste un sujet sensible, qui fait débat ?

Ces lois étaient essentielles pour remettre à niveau notre cadre juridique. Je remercie le Conseil national, et notamment la commission pour le développement du numérique pour son travail en concertation constante avec le gouvernement princier sur tous ces sujets. L’élaboration de ces lois est toujours sensible et technique, mais nous intégrons à chaque étape les recommandations de l’Agence Monégasque de Sécurité Numérique (AMSN), et de la Commission de Contrôle des Informations Nominatives (CCIN), car à Monaco, la sécurité et la souveraineté en la matière ne sont pas des options mais, encore plus qu’ailleurs, des obligations.

La pandémie de Covid-19 a-t-elle été un accélérateur de la transition numérique à Monaco ?

C’est malheureusement une évidence. Je suis de ceux qui pensent que dans chaque crise, il faut savoir distinguer une part d’opportunité. Nous estimons que nous avons vécu en un an, l’évolution qui était prévue sur cinq ans. Sur les sujets d’éducation, de commerce, de travail ou de santé, les habitudes et les usages ont profondément changé. L’apport du numérique a été intégré dans chaque foyer, et pour chaque génération. Cela crée par rebond une urgence pour les États et les entreprises, qui doivent répondre au mieux aux besoins de leurs administrés et de leurs clients. C’est aussi une formidable opportunité de développer une économie nouvelle, avec des populations qui aujourd’hui sont prêtes. La technologie était une réalité, maintenant elle va devenir une habitude.

Lors d’un point d’étape, sur Extended Monaco, le 25 octobre 2021 au théâtre Princesse-Grace, Frédéric Genta a pu exposer son travail devant le prince Albert II, le ministre d’Etat, Pierre Dartout, et la directrice des affaires culturelles, Françoise Gamerdinger. © Photo Michael Alesi / Direction de la Communication

La smart city, qui doit améliorer le quotidien des habitants de la principauté grâce aux technologies connectées, en est où aujourd’hui ?

La smart city comporte aujourd’hui deux volets indispensables. Le premier est la mobilité, qui est un sujet vital en principauté. Afin de réduire le nombre de voitures à Monaco et d’atteindre l’objectif de – 20 % de voitures d’ici 2030, nous souhaitons faciliter le covoiturage depuis les communes voisines, et les mobilités douces via les applications Klaxit et Monapass. Je suis conscient que ces possibilités techniques doivent être intégrées par les comportements des usagers, par la culture du déplacement. Cela prendra du temps. Nous participons à une démarche globale.

Et ça marche ?

C’est aujourd’hui un succès, car plus de 5 000 personnes utilisent quotidiennement Monapass. Nous souhaitons aller plus loin avec les objets connectés qui permettront d’offrir le feu vert aux véhicules prioritaires (bus, pompiers, police…), et de réserver les places de livraison pour fluidifier le trafic. Le deuxième volet, c’est l’urbanisme et la capacité de modéliser en amont, grâce au jumeau numérique, les conséquences en termes de circulation, de volume sonore, ou d’impact sur l’environnement de chaque décision de construction, ou de voirie. C’est un outil pour augmenter notre niveau de performance en la matière, et donc pour participer à la préservation de notre qualité de vie.

« Le numérique est partout, il faut donc que l’approche soit globale et holistique, sinon elle est vouée à l’échec »

La smart city implique une explosion des flux de données : la CCIN risque d’être rapidement dépassée ?

Nous avons un processus de travail rigoureux pour le contrôle des données nominatives avec la CCIN pour chaque nouveau service. Nos équipes respectives travaillent en parfaite complémentarité. De plus, avec l’adoption prochaine du Règlement Général sur la Protection des Données (RGPD) dans les mois qui viennent, et le fait que les outils utilisés y soient conformes dès leur conception, la protection des données sera facilitée.

Quel est l’apport du numérique dans le domaine de la santé ?

Aujourd’hui, le numérique est utilisé dans le cadre de la prise d’informations et de rendez-vous via le portail Monaco Santé. Ce portail centralise l’ensemble des informations de santé, l’annuaire des professionnels de Monaco, et permet la prise de rendez-vous. Je souhaite remercier les nombreux professionnels de santé, qu’ils travaillent dans les établissements de santé ou en médecine de ville, qui ont adopté les plateformes mises à leur disposition. Il y a déjà eu plus de 30 000 rendez-vous sur Monaco Santé. D’ici la fin de l’année 2021, la téléconsultation, et la messagerie sécurisée médicale seront ajoutées. Là encore, il fallait donner une impulsion. L’appropriation du numérique pour le patient, comme pour le médecin, se fait progressivement.

Certains, comme la docteure Julie Cosserat dans une tribune publiée par Le Monde en février 2020, craignent que « l’écran détourne du patient et déshumanise le soin » : aujourd’hui, c’est un risque qu’il faut prendre ?

Il ne faut pas penser le numérique comme une opposition à l’humain. Cela serait une grave erreur, car le numérique est, et restera, un support pour l’homme. Quand une intelligence artificielle analyse des radios et donne un premier diagnostic, c’est un outil de plus pour le professionnel de santé, qui est libre de suivre, ou pas, cette appréciation. Quand, dans l’administration, les outils et les processus sont automatisés, cela permet aux fonctionnaires et aux agents de passer plus de temps au contact des administrés. Je pense qu’il est très important que le temps humain soit utilisé au contact d’un autre humain, plutôt que dans des tâches de collectes de données et de remplissage de documents.

À combien est estimé le chiffre d’affaires supplémentaire généré chaque année grâce au numérique ?

En 2019, d’après l’Institut monégasque de la statistique et des études économiques (IMSEE), le secteur du numérique représente quasiment 800 millions d’euros de chiffre d’affaires. Ce secteur comporte 830 entreprises à Monaco. Il faut ajouter à cela la partie numérique des activités traditionnelles, comme l’e-commerce, qui sont en fort développement, et qui pourraient nous permettre une estimation totale proche du milliard d’euros.

« Je suis de ceux qui pensent que dans chaque crise, il faut savoir distinguer une part d’opportunité. Nous estimons que [avec la pandémie de Covid-19 — NDLR] nous avons vécu en un an, l’évolution qui était prévue sur cinq ans »

Quel bilan faites-vous du déploiement du fonds bleu voulu par l’État pour aider les entreprises monégasques à prendre le virage du numérique ?

Le bilan est très bon. Après dix mois d’existence, les résultats sont plus que positifs. Les 300 entreprises ayant déjà bénéficié du fonds bleu vont créer plus de 250 emplois. Et surtout, pour chaque euro de fonds bleu investi, les entreprises projettent 8 euros de chiffre d’affaires supplémentaire. Autre effet bénéfique pour notre économie : plus de 85 % des projets sont confiés à des entreprises numériques monégasques. En ayant accéléré la dynamique de transition numérique d’une partie de notre économie, le fonds bleu est donc d’ores et déjà un succès. Ce mécanisme vertueux d’incitation va perdurer dans les mois à venir. Une part importante du fonds bleu a notamment été réservée pour accompagner celles qui le souhaitent à « passer » au cloud souverain.

Combien d’emplois pourraient être créés à Monaco grâce au numérique ?

Il est difficile d’estimer le chiffre exact, mais ce qui est sûr, c’est que si le fonds bleu, qui ne constitue qu’une partie de la transformation numérique du tissu économique monégasque, permet de créer 250 emplois en dix mois d’après les entreprises, le chiffre devrait dépasser les 1 000 emplois supplémentaires dans les deux ou trois prochaines années.

« Après une vingtaine d’années d’expérience professionnelle entre Paris, Londres, Boston et la Californie dans des secteurs aussi variés que la banque, les grandes entreprises et les Google, Apple, Facebook et Amazon (GAFA), il m’est apparu évident que nous vivions une révolution industrielle unique dans l’histoire, de par sa profondeur et son ampleur, avec la transformation numérique. » Frédéric Genta. Délégué interministériel chargé de la transition numérique. © Photo Michael Alesi / Direction de la Communication

En juillet 2019, la 5G a été officiellement lancée à Monaco : plus de deux ans après, quel bilan en faites-vous ?

Un bilan positif, car la 5G rend déjà des services en principauté. Que cela soit sur le WiFi dans les abribus, qui nous évite des travaux de câblage et de fibre, ou sur les capacités des drones des pompiers, qui peuvent être utilisés avec des images en temps réel pendant les interventions. Aujourd’hui, ce sont 10 000 personnes qui utilisent quotidiennement le réseau 5G à Monaco, dont 5 200 abonnés Monaco Telecom. Pour autant, la 5G est encore largement sous-exploitée par rapport à son potentiel. Ses usages seront essentiels dans le cadre de la smart city, via les capteurs et notre cloud souverain. Les effets sur la mobilité et la qualité de vie seront visibles, et plus concrets, en 2023 pour les habitants de Monaco.

Malgré le lancement de la 5G, on entend encore des plaintes de clients mécontents de la qualité du réseau téléphonique en principauté ?

Le réseau de téléphonie est de très bonne qualité à Monaco. On peut compter sur une couverture dans des endroits fermés, les parkings, des tunnels, ou d’autres bâtiments, ce qui est rare dans le monde des télécoms. Le débit mesuré à Monaco fait partie des débits les plus élevés mesurés par les organismes internationaux. Il ne vous aura pas échappé que la topographie monégasque est particulière, et que l’ensemble de notre territoire se trouve en zone frontalière. Les passages de relais entre réseaux entraînent des difficultés et des déconnections. Il est maintenant de la responsabilité de Monaco Telecom de résoudre ces défis technologiques spécifiques. C’est l’une des priorités de nos discussions avec cette entreprise.

En ce qui concerne l’éducation, qu’apporte le numérique ?

Comme l’a dit le ministre d’État lors de la présentation de notre bilan et de nos perspectives le 25 octobre 2021, l’éducation est la clé pour permettre à nos jeunes générations de réussir dans ce nouveau monde. Par exemple, Monaco est devenu le premier pays en 2019 à enseigner la programmation à tous ses élèves, dès la maternelle. Non pas pour en faire des informaticiens, mais pour développer leurs capacités de logique et de raisonnement. Monaco est d’ailleurs premier pays au classement de la “European code week”.

« Le numérique est, et restera, un support pour l’homme. Quand une intelligence artificielle analyse des radios et donne un premier diagnostic, c’est un outil de plus pour le professionnel de santé, qui est libre de suivre, ou pas, cette appréciation »

Quoi d’autre ?

Depuis la rentrée 2021, l’ensemble des élèves du collège et de seconde est équipé en solutions numériques et n’a plus de manuels papiers, 100 % de ces derniers étant dématérialisés. Ce sera d’ailleurs aussi le cas pour les élèves de première et de terminale après les vacances de la Toussaint. Dans les mois à venir, toujours sous l’impulsion de la Direction de l’Éducation Nationale, de la Jeunesse et des Sports (DENJS) et d’Isabelle Bonnal, nous continuerons de développer des outils et des plateformes pour aider les professeurs à mettre le numérique au service de la pédagogie, et permettre aux parents de suivre encore mieux la scolarité de leurs enfants. Les élèves sont également sensibilisés aux risques du numérique, afin de favoriser une utilisation raisonnée et mesurée, sans oublier les problématiques d’exposition prolongée, ou les dangers des réseaux sociaux pour nos jeunes (1).

Le 30 septembre 2021, Monaco a officiellement lancé son cloud souverain : concrètement, qu’est-ce que cela change pour les résidents et les salariés de la principauté ?

Le cloud souverain est aujourd’hui un enjeu stratégique majeur pour l’économie et la souveraineté d’un État, ce besoin ayant été amplifié par la crise du Covid. Beaucoup d’États annoncent des projets de cloud souverain, mais à Monaco c’est une réalité concrète, qui arrive à un moment essentiel, la phase de relance post-Covid. Le cloud souverain présente trois avantages pour nos entreprises.

Lesquels ?

Tout d’abord, il permet d’accéder aux logiciels et outils informatiques les plus modernes. Qu’il s’agisse, par exemple, de solutions de ressources humaines, de comptabilité et même de l’intelligence artificielle, le cloud est nécessaire. En disposant de moyens et d’expertise supérieurs à chaque entreprise individuelle, le cloud permet d’obtenir un niveau de sécurité très élevé. Enfin, la mutualisation par le cloud des structures et des capacités, permet de diminuer le coût de l’informatique et le besoin d’espace.

Le directeur de Monaco Cloud, Pierre Puchois, a dit viser « la neutralité carbone dès l’ouverture et le zéro carbone à l’horizon 2025 » : comment y parvenir ?

Notre cloud souverain est neutre en carbone dès son lancement, avec un objectif de zéro émission net en 2025. Cela est possible grâce aux efforts combinés de Monaco Telecom pour l’alimentation de ces “data centers” [centres de données – NDLR] en énergie verte, et de Monaco Cloud pour la qualité de la technologie employée. Comme beaucoup d’opérateurs cloud, comme Amazon ou Google, Monaco Cloud prend le chemin du « zéro carbone », en alliant électricité verte et technologie à faible consommation.

« En 2019, […] le secteur du numérique représente quasiment 800 millions d’euros de chiffre d’affaires. Ce secteur comporte 830 entreprises à Monaco. Il faut ajouter à cela la partie numérique des activités traditionnelles, comme l’e-commerce, qui sont en fort développement, et qui pourraient nous permettre une estimation totale proche du milliard d’euros »

Quels sont les dossiers prioritaires pour 2022 ?

Après trois ans de mise en place des infrastructures et des services essentiels, nous souhaitons encore plus nous concentrer sur le bénéfice réel effectivement ressenti par les usagers et par les acteurs économiques. Notre ambition est que l’ensemble des démarches courantes des habitants de la principauté soient numérisées d’ici fin 2022. Ces services concerneront notamment la gestion et l’attribution des appartements domaniaux, les inscriptions à l’école et les bourses, ou encore les titres de circulation et immatriculation.

Vous avez d’autres projets ?

Nous souhaitons également que notre guichet unique numérique soit la plateforme de base d’une relation simplifiée avec les habitants de Monaco. Ce guichet unique sera le point d’accès à l’ensemble des téléservices de l’administration, permettant de suivre l’avancement de ces démarches. Ce guichet unique évoluera progressivement dans les mois à venir : il sera naturellement enrichi par les nouveaux téléservices qui verront le jour, mais aussi par un coffre-fort stockant les documents électroniques échangés avec l’administration. Nous allons également œuvrer pour créer un service de « dites-le nous une fois » pour les grands événements de vie. Autrement dit, vous n’aurez, par exemple, qu’à déclarer une seule fois un déménagement, un mariage, ou une naissance pour que cela soit pris en considération dans toute l’administration.

Vous avez d’autres ambitions ?

L’ambition et les succès du numérique à Monaco doivent également être un axe de notoriété pour la principauté. Nos réalisations dans ce domaine sont reprises par la presse internationale : Financial Times, Sky News… Et cela nous permet de nous positionner sur la carte mondiale des pays les plus modernes. C’est un axe d’attractivité fort.

« Si le fonds bleu […] permet de créer 250 emplois en dix mois d’après les entreprises, le chiffre devrait dépasser les 1 000 emplois supplémentaires dans les deux ou trois prochaines années »

Sur le plan économique, que peut apporter le numérique à l’avenir ?

La croissance économique via le numérique est un point très important. Outre la transformation de notre économie traditionnelle évoquée précédemment, il est tout aussi essentiel de veiller à développer une économie de l’innovation à Monaco. Car, pour devenir le « Singapour de l’Europe », la principauté ne peut pas passer à côté de la nouvelle économie. Celle-ci peut déjà s’appuyer sur les sociétés de services numériques qui sont devenues en deux ou trois ans un pan important de notre économie. Ce sont en effet 150 entreprises monégasques qui, quotidiennement, nous permettent de transformer la principauté, sans dépendre de talents extérieurs.

Vous comptez accélérer encore en 2022 ?

Nous allons devoir aller plus loin dans les mois à venir. Pour favoriser l’essor d’une véritable nouvelle économie cohérente avec ce qu’est Monaco, nous accompagnons le développement de filières d’excellence numérique sur les secteurs d’activités qui font l’ADN de la principauté : l’immobilier, la finance, le yachting, le sport et le tourisme. Avec l’initiative Smart Yachting lors du dernier Monaco Yacht Show, ou encore l’évènement Smart Immobilier en décembre 2021, cette dynamique est lancée. La vision de notre souverain, et sa mise en œuvre par le gouvernement conduit par le ministre d’État, vont permettre, avec notre délégation interministérielle, de faire du numérique un levier fondamental pour le développement économique monégasque, et pour le renforcement permanent de notre modèle économique et de notre attractivité.

1) Selon une enquête de l’European School Survey Project on Alcohol and Other Drugs (ESPAD), la principauté est le pays où la part des jeunes de 16 ans passant au moins une demi-heure par jour sur les réseaux sociaux est la plus élevée. La durée quotidienne est de 2 à 3 heures pour une journée-type d’école, et de 6 heures ou plus par jour le week-end ou en vacances. À ce sujet, lire notre article Alcool, cannabis, réseaux sociaux : la jeunesse de Monaco est-elle accro ?

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