dimanche 17 octobre 2021
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Aménagement du temps de travail : « Une nouvelle attaque en règle destinée à saborder le droit du travail »

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L’Union des syndicats de Monaco et son secrétaire général, Olivier Cardot, font état de leur colère, suite au vote de la loi sur l’aménagement du temps de travail. Tout en expliquant que le maintien de la « paix sociale » est désormais compromis.

« Lorsqu’en 1998 la loi Aubry, en France, sur les 35 heures et l’aménagement (l’annualisation) du temps de travail, a été mise en place, le gouvernement monégasque avait invité l’Union des syndicats de Monaco (USM) à participer à la négociation d’un texte législatif monégasque sur l’aménagement (l’annualisation), tout en maintenant la semaine de 39 heures. Les travailleurs, avec leurs 40 syndicats professionnels de l’USM avaient fortement réagi, le 1er décembre 1999, par la plus importante manifestation d’après-guerre, où près de 5 000 d’entre eux avaient fait grève et manifesté dans les rues de Monaco, pour les 35 heures et contre l’annualisation du temps de travail. Ils avaient remis ça, à deux reprises, en 2000. Le texte n’avait, alors, jamais vu le jour, malgré plusieurs tentatives. Aujourd’hui, se servant du contexte de la crise sanitaire, les autorités monégasques ont fait voter cette loi, dont le patronat monégasque rêvait tant. Cette loi votée le 17 juin 2021 présente de nombreux risques pour les salariés : une remise en cause de la capacité des syndicats à contracter, l’amputation du droit des conventions collectives, l’inversion de la hiérarchie des normes, et la destruction de la durée du travail hebdomadaire et des conditions de travail. De notre point de vue, cette nouvelle attaque en règle destinée à saborder le droit du travail ne va pas favoriser le maintien de la paix sociale tant réclamée par le Conseil national. Un avertissement avait été donné lors de la première tentative de mise en place de ce texte il y a quelques mois, avec une manifestation devant le ministère d’État, où plus de 200 responsables syndicaux étaient rassemblés en signe de protestation. Force est de constater qu’aujourd’hui, les autorités du pays maintiennent une position de mépris et de défiance vis-à-vis de ces responsables syndicaux, en faisant voter à la hâte ce texte sensible et controversé. Partant de ce constat, Il ne reste donc plus aux travailleurs de Monaco qu’à reprendre, avec l’USM, leur organisation de lutte syndicale, l’action pour faire échec à la mise en place de cette loi rétrograde dans les entreprises. Et ainsi, faire supprimer, comme en 1994, un texte qui remettait en cause les remboursements des médicaments, ou, comme en 1982, remettre en cause la loi anti-grève. Ce sera tout l’enjeu du comité général extraordinaire qui se tiendra jeudi 24 juin 2021 au sein des locaux de l’USM. »

Loi sur l’aménagement du temps de travail. Pour lire la réaction de la F2SM, cliquez ici.

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Monaco Hebdo