mercredi 25 novembre 2020
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La “méthode” Michel Roger

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Michel Roger
« J'ai deux priorités : retrouver une croissance dynamique et continuer la modernisation de l'Etat. » Michel Roger. Ministre d'Etat. © Photo Monaco Hebdo

Deux mois après son arrivée, Michel Roger livre les clés de sa méthode. Ses premières décisions concerneront l’épineux dossier de l’hôpital.

Le sourire est amène, la poignée de main ferme. Devant l’auditoire du Monaco Press club, sous les boiseries de l’Automobile club, Michel Roger veut visiblement livrer un discours rassurant. L’homme dit ne pas être un « parachuté », ses fonctions passées au Tribunal suprême l’ayant mis au fait des réalités monégasques. La situation économique du pays ? Pas alarmante. « Il faut relativiser, esquisse le Ministre. Ici il n’y a pas de dette et rapporté au PIB, le déficit est de 1,39 % contre 8 dans les pays voisins. » Sa méthode ? Le dialogue. Ce juriste a le sens de la mesure. Logique : avocat puis magistrat, il est passé des deux côtés de la barre d’un tribunal. Du coup, Michel Roger veut privilégier l’écoute. Aussi bien celle des partenaires sociaux que des commerçants frappés récemment par un violent coup de mer. Ce jour de tempête, dans l’heure, il avait missionné ses conseillers de gouvernement Stéphane Valeri et Paul Masseron pour se rendre au Larvotto. Avant d’y aller lui-même plus tard. C’est bien simple, ces derniers temps, il n’aurait « pas passé deux journées consécutives assis à son bureau. »
Avec ce sens de la mesure, Michel Roger ménage également les egos, souligne les actions de ses principaux conseillers monégasques, Franck Biancheri pour son action internationale post liste grise G20, Stéphane Valeri pour sa « méthode ». Côté social d’ailleurs, selon le Ministre, optimiste, c’est une évidence : « Le mouvement est en marche. Le dialogue social est un état d’esprit, c’est de l’écoute, du respect de l’autre ajoutés à du temps. » Et le nouveau chef du gouvernement sait de quoi il parle. Son arrivée concordait presque avec la menace de grève planant sur la Société des bains de mer lors du grand prix de F1 de Monaco. Et Michel Roger avait dû, avec le soutien de Stéphane Valeri aux affaires sociales, immédiatement calmer le jeu et éteindre le feu au casino. « La table des négociations est aujourd’hui réouverte à la SBM », insiste le Ministre. Avant d’ajouter, histoire de ne pas remettre le feu aux poudres : « L’action du gouvernement est de faire primer l’intérêt général. Elle ne représente nullement un désaveu de la direction ou des syndicats. » Un intérêt général qui devra l’emporter dans la gestion du dossier de futur hôpital, très controversé et sur lequel le Ministre d’Etat prendra position le 14 juin. Mais aussi dans les différents dossiers abordés lors du Press Club et que Monaco Hebdo a listés pour vous.

Communication :

un cabinet d’experts désigné début juillet

Le gouvernement a décidé de lancer les grandes manoeuvres pour redorer son image à l’international. Après les études et les sondages menés par le trio d’experts français, Michel Roger a annoncé que les outils de communication seront dévoilés cet été. « Un appel d’offres a été lancé. Les plus grands cabinets d’experts mondiaux sont dans la course. Les jurys vont se réunir à la fin du mois de juin. Et début juillet, on connaîtra le cabinet qui va conduire cette politique de communication ». Une manière de répliquer « aux attaques injustes subies par Monaco au moment du G 20 », a encore souligné le ministre d’Etat. Et de tordre le cou aux poncifs. « Il y a une image distanciée. Cette idée que Monaco c’est beau, mais pas pour nous. Il faut combattre cela auprès des leaders d’opinion, hommes d’affaires et journalistes. » Une opération de communication budgétée 5 millions d’euros qui accompagnera l’effort de transparence fiscale engagée par le gouvernement. 26 accords fiscaux ont d’ores et déjà été signés, dont 15 avec des pays de l’OCDE.

Fontvieille :

une “extension mesurée” à l’étude

Le prince l’avait annoncé en novembre 2009. Après l’abandon du projet d’extension en mer en face du Portier, celui de Fontvieille se concrétise. « Des études sont en cours et vont durer plusieurs mois. Il s’agirait d’une extension mesurée de 5 à 8 hectares en prolongement de Fontvieille », explique le ministre d’Etat qui dévoile même une échéance de 2 ans pour qu’une décision concrète soit prise. Un projet d’extension pour répondre au manque d’espace dont souffre inexorablement le pays. « Pour que le développement économique de Monaco se poursuive, le gouvernement estime qu’il faut à peu près créer 350 000 mètres carrés d’espace sur 10 ans. En terme d’offre de locaux, il y a de l’espace jusqu’en 2019. La question se pose donc pour l’après 2019. » A suivre.

Logement :

objectif 3 500 domaniaux en 2013

Après les aléas juridiques et l’interruption de travaux sur la partie française du chantier de la Tour Odéon, le ministre d’Etat s’est réjoui de la reprise des travaux depuis un mois à l’Annonciade. En rappelant qu’il s’agit « du plus gros chantier de la Côte d’azur jusqu’à ce que la Plaine du Var soit aménagée. Ce sont 1 500 000 heures de travail et 1 000 personnes qui vont y travailler pendant 4 ans. » Un projet qui selon le ministre d’Etat représente un véritable poumon économique pour Monaco. « En matière de recettes fiscales, c’est un projet qui rapporte chaque jour à l’Etat. Sans oublier, l’apport en logement domanial et en terme d’offres immobilières. » Dans la foulée, Michel Roger a également rappelé que 3 000 logements domaniaux ont été construits et que l’objectif est d’en atteindre 3 500 à l’horizon 2013.

Social :

40 000 retraités en 2030

Alors qu’une réforme du régime des retraites divise actuellement la France, le débat n’épargnera pas la Principauté. « Le ratio actifs/retraités se dégrade. Il y a 20 000 retraités aujourd’hui à Monaco. On en prévoit 40 000 en 2030. Tôt ou tard, il y aura des difficultés pour sauvegarder le système de retraites par répartition tel quel », a expliqué le ministre d’Etat. Une perspective plutôt alarmante qui oblige à une concertation imminente. « Les partenaires sociaux s’étaient mis d’accord sur un certain nombre de feux d’alertes notamment sur la question du déficit de la gestion de la caisse. A 40 % de déficit, les partenaires avaient décidé qu’il fallait engager une réforme. Aujourd’hui, on est à 37 %. Le sujet est donc devant nous. Le gouvernement ne laissera pas dériver le système. »

Budget :

un groupe d’études pour optimiser les recettes

Pas de discours alarmiste concernant le budget de l’Etat. Michel Roger a toutefois appelé à la prudence. « Le budget de l’Etat est marqué par un déficit depuis 2009. Il est de 1,39 %. On est donc loin des 3 % des accords budgétaires européens. Mais la situation ne peut pas durer au risque d’appauvrir notre bas de laine, le fonds de réserve ». Le ministre a clairement défini deux priorités : « Optimiser notre capacité à dégager des recettes et éviter les dérives de dépenses ». Pour cela, le gouvernement a décidé de missionner une jeune équipe de fonctionnaires qui doit étudier des pistes pour optimiser les recettes de l’Etat. Notamment grâce aux études menées par le Conseil national et son “Monaco 2029”. Sans oublier celles de la chambre de développement économique et du conseil économique et social. Un groupe de réflexion qui remettra une série de propositions fin juillet au gouvernement. Michel Roger a également fait une brève analyse sur le développement du marché onshore à Monaco. « La priorité est d’accueillir à Monaco des personnes qui y installent leur activité. L’offshore est très pénalisant pour le gouvernement puisque cela nous fait perdre des droits de mutation », a souligné le ministre d’Etat. Sollicité sur la question des zones franches, Michel Roger a clairement affiché son scepticisme. « Si les activités commerciales ou industrielles partent sur une zone franche, quel est l’intérêt fiscal pour Monaco en matière de TVA ? Je crois que ce n’est pas la panacée à notre manque d’espace. L’idée de garder uniquement les activités de service et de logement ne me semble pas optimale. »

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