lundi 27 septembre 2021
AccueilPolitiqueJean-Philippe Gispalou : « La Turbie a besoin de changement »

Jean-Philippe Gispalou : « La Turbie
a besoin de changement »

Publié le

A La Turbie, Jean-Philippe Gispalou affrontera le maire sortant, Jean-Jacques Raffaele. Et il estime avoir de bonnes chances de l’emporter. Interview.

Pourquoi vous présenter face à Jean-Jacques Raffaele ?

Je souhaite redonner sa valeur à La Turbie. C’est quelque chose qu’elle a perdu depuis des années. J’ai toujours eu à cœur le bien des Turbiasques et le bien de notre commune.

Politiquement, vous êtes plutôt à droite ?

Je suis sans étiquette. Sur ma liste, il y a des gens de tous horizons. Notre seul parti, c’est La Turbie.

Comment jugez-vous le bilan de Jean-Jacques Raffaele ?

Le bilan de Jean-Jacques Raffaele est très insuffisant, et il ne correspond pas aux besoins et à l’avenir de La Turbie. Sur les problèmes de circulation, il y a eu peu de travail. La réouverture de la bretelle d’autoroute de Beausoleil n’est pas suffisante. Il y a d’autres points à prendre en considération. Pour le reste, il n’y a pas eu beaucoup d’investissements, notamment des investissements qui permettent d’avoir ensuite des rentrées financières. Il faudrait une vision à moyen et long terme qui manque aujourd’hui.

Quels sont vos principaux projets pour La Turbie ?

Pour fluidifier la circulation, à court terme, on souhaite mettre les abords de la mairie en sens unique. Ensuite, à la sortie du tunnel de l’A500, on veut faire des voies alternées en fonction du moment de la journée. Par exemple, le matin, au lieu d’avoir une seule file qui rejoint Monaco, il en faudrait deux. En même temps, il faudrait diminuer le nombre de fermetures du tunnel de l’A500. Il faudra travailler sur ce sujet avec le département des Alpes-Maritimes et Escota. Enfin, à plus long terme, on souhaite lancer des navettes souterraines entre La Turbie et Monaco. Elles partiraient de la Cruella, quand cette carrière sera déclassée. Les gens pourront se garer à proximité.

Mais c’est un projet très coûteux : qui va payer ?

Ce n’est pas la municipalité de La Turbie qui paiera. Le budget de la commune est très faible, autour de 6 millions d’euros par an. La Région Provence-Alpes-Côte-d’Azur (Paca), Monaco, l’Etat français et le département des Alpes-Maritimes.

Quel regard vous portez sur l’ouverture de la bretelle de Beausoleil, qui est un projet du maire en place, Jean-Jacques Raffaele ?

Ce sera insuffisant. Car les gens ne vont pas faire 10 kilomètres de plus, et payer 1,20 euros de plus. Pour que ce soit efficace, il aurait fallu négocier avec Escota pour éviter ce surcoût.

Que souhaitez-vous faire avec le site de la Cruella ?

On aimerait installer sur ce site des laboratoires de recherche, des entreprises de nouvelles technologies, un centre culturel qui manque beaucoup à La Turbie, un parking… On aimerait faire de ce site un pôle énergétique qui soit le plus autonome possible. C’est important, car on souhaite que nos actions soient menées dans l’esprit de la COP21.

Sur le plan économique, quels sont vos projets ?

Pour augmenter notre fréquentation touristique, on souhaite demander le classement du Trophée d’Auguste au patrimoine mondial de l’Unesco. Le patrimoine mondial de l’Unesco est une superbe vitrine. Il y avait 7 trophées dans le monde, il n’en reste plus qu’un, et il est chez nous. Quand je suis allé à Rome, j’ai demandé quel était le monument le plus important. Sans savoir que j’étais de La Turbie, les Romains m’ont répondu : « Le trophée de La Turbie ».

Et au niveau social, que comptez-vous faire ?

On veut créer une crèche qui manque depuis des années. La municipalité l’avait promis lors des dernières élections. Le local a été créé. Mais le maire dit qu’on n’a pas les moyens. Sauf qu’il n’y a pas que des moyens publics pour lancer une crèche. On peut aussi avoir une crèche privée qui ne coûterait rien à la commune.

Vous parlez aussi de sécurité dans votre programme : La Turbie est une ville dangereuse ?

Non, La Turbie n’est pas une ville dangereuse. Mais il faut tuer la montée de la délinquance dans l’œuf. Cet été, à l’occasion du bal des pompiers, une voiture a été brûlée. Depuis, certains n’osent plus sortir le soir, parce qu’elles se font interpeller vivement par des personnes agressives. Il faut arrêter ça, en réorganisant les services de la police municipale. En cas de besoin, il faut travailler avec les autres polices municipales. Pour cela, il faudra discuter avec les autres villes de la Communauté d’agglomération de la Riviera française (Carf). Le point clé, c’est d’avoir un fonctionnaire de police qui sera adjoint dédié à la sécurité.

Vous avez d’autres projets ?

On souhaite créer un centre médico-social. Des médecins et des para-médicaux sont partis. Il faut pérenniser le personnel médical et paramédical à La Turbie. On a des investisseurs qui sont intéressés. Donc, là encore, on peut se lancer sans dépenser l’argent de la commune. De plus, on veut augmenter la présence de l’assistante sociale : une demi-journée par semaine, c’est trop peu.

Comment financer vos projets ?

Certaines de nos idées ne coûtent pas forcément cher. Ensuite, il y a aussi des économies à faire. Quand la mairie paie des entreprises extérieures pour savoir ce qui doit être décidé, c’est un peu gênant. Nous, on assumera nos responsabilités, ce qui fera un coût en moins. Autre source d’économies : le débroussaillage de la Tête de Chien est payant et il est fait mécaniquement. Nous proposons de confier cette tâche à un berger turbiasque qui le fera gratuitement. Pour les rentrées d’argent, il faudra développer notre zone économique et le tourisme.

Certains de vos projets sont liés à Monaco ?

On voudrait installer à la Cruella des bureaux de télétravail pour Monaco. Ce qui permettrait de diminuer les bouchons sur les routes et d’avoir des rentrées financières pour la commune.

Vous pensez vraiment pouvoir battre Jean-Jacques Raffaele ?

Vu la campagne que nous faisons, il y a de fortes probabilités que l’on gagne cette élection. On pense qu’il y a un besoin de changement à La Turbie, un besoin que l’on ressent quand on parle à la population. D’ailleurs, notre liste ne comporte pas les 23 noms minimum, on est 25. Et on aurait pu être encore plus nombreux. Les signaux sont favorables.

Publié le

Monaco Hebdo