mercredi 20 octobre 2021
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Horizon Monaco hausse le ton

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Jean Michel-Cucchi à la tribune
Jean Michel-Cucchi © Photo EdWrightImages

Horizon Monaco occupe le terrain. Avec un meeting organisé salle Gaston Médecin, traditionnelle enceinte des réunions politiques des derniers jours de la campagne.

La vie politique est faite de symboles. Et ce n’est certainement pas un hasard si, pour son dernier meeting, le 22 novembre, la liste Horizon Monaco a choisi, à 80 jours du 10 février 2013, d’investir la salle Gaston Médecin du stade Louis II, habituellement réservée aux réunions préélectorales organisées à quelques jours du scrutin. Devant près de 600 personnes, les candidats se sont succédés à la tribune. Défendant ici leur union (« la plus large possible » dixit Boisson) et l’osmose des candidats (« la mayonnaise prend » selon Cucchi). Défendant là certaines propositions comme la refonte complète du fonds de réserve constitutionnelle, un planning de nuit des médecins de ville en semaine et une politique incitative pour la consommation. Multipliant surtout les tacles à la majorité parlementaire. Extraits. Pierre Svara : « Sous couvert d’une campagne digne, la majorité UDM se contente de répandre sur nous des propos délétères. » Béatrice Fresko-Rolfo : « Pendant trois ans, c’est-à-dire depuis que M. Robillon occupe le poste de président, rien ne s’est passé au conseil national. Rien ou presque. A l’actif des sortants, deux communiqués de la plus haute autorité : un recadrage sur les retraites et un autre sur la mise en cause de la légitimité du directeur des services judiciaires. » Pour Daniel Boéri, c’est la culture qui a pâti d’une telle gestion : « Tel un conseil général, on a coupé la culture. Plus qu’une erreur, c’est une faute. La culture n’est pas une dépense mais un investissement ! » Philippe Clérissi, lui, a préféré adopter le ton de la dérision, pour moquer les déclarations de Jean-François Robillon. On accuse les élus candidats HM de n’avoir rien fait ? « Faux, j’ai appris à jouer au bilboquet pour gaucher, car je suis gaucher ; Anne (Poyard), Marc (Burini) et Christophe (Steiner) sont devenus de véritables experts dans l’art floral, Pierre et Laurent se sont plongés dans les manuels de cuisine en vue d’une prochaine inscription à Top Chef ! », a déclaré l’ancien Unam, déclenchant des rires dans la salle.

L’Europe en fil rouge
Mais au-delà du jeu des petites phrases, c’est bien la gestion du dossier européen qui a été le fil rouge des attaques des candidats Horizon Monaco (voir interview de Laurent Nouvion p. 12). « Les « gamins qui se prennent des gifles sans savoir pourquoi », les Monégasques n’en veulent plus Monsieur Robillon ! Le conseil national n’est pas une cour de récré !, a ainsi clamé Jean-Michel Cucchi. La décision prise le 2 octobre par la commission de suivi du Conseil de l’Europe de saisir la commission de Venise, et confirmée le 13 novembre, est hélas emblématique des conséquences désastreuses de l’incapacité de la majorité actuelle à prendre en mains les grands dossiers du pays. » Jean-Charles Allavena est même allé plus loin, en visant Jean-Charles Gardetto et Bernard Marquet : « Est-il possible, lorsque l’honneur et l’intérêt de son pays sont en cause, de prétendre être tenu par le secret d’une délibération ? N’est-ce pas ça que l’on appelle la haute trahison ? On peut tolérer l’incompétence, mais pas la trahison. Alors puisqu’ils n’ont pas eu la décence de présenter leur démission, c’est à vous, électeurs monégasques, qu’il reviendra le 10 février prochain de les éconduire de ce conseil national dont ils ne sont pas dignes. »
Une accusation qui n’est pas restée sans réponse. Dès le lendemain, Union monégasque répliquait par communiqué pour dénoncer des « propos ouvertement indignes et diffamatoires à l’encontre de M. Robillon et d’autres élus de la majorité. » Si désormais les Monégasques connaissent la commission de Venise sur le bout des doigts — ils doivent d’ailleurs être les seuls en Europe, vu la médiatisation de cette instance —, une question reste pendante. Conformément à la procédure européenne, le carnet de bord de la fameuse réunion de la commission de suivi du conseil de l’Europe —décidant la saisine des experts constitutionnalistes de Venise —, est public depuis le 5 octobre et a été transmis aux représentants permanents des Etats membres à Strasbourg. Comment se fait-il alors que le gouvernement monégasque n’ait pas été informé depuis cette date par ses propres canaux ?

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