vendredi 23 juillet 2021
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Hôpital?: Valeri préfère les délaissés

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Stephane Valeri
Stéphane Valeri : “L'hôpital ne peut avoir de budget à l'équilibre. C'est un choix politique et Monaco l'assumera” © Photo Christophe Giraudeau /Monaco Hebdo.

Maintenant que le projet d’hôpital est abandonné, tout le monde se demande dans quel quartier sera implanté le nouveau centre hospitalier. Le conseiller pour les affaires sociales avoue, lui, dès maintenant sa préférence?: l’ouest des délaissés SNCF.

Pour Stéphane Valeri, pas d’hésitation. Tout le monde gagnerait à ce que le nouvel hôpital soit construit sur la partie ouest des délaissés SNCF. «?Mon cœur est avec les gens de l’hôpital. Ma préférence va à la proximité géographique. Il est logique d’avoir une synergie avec le centre de gérontologie clinique.?» Invité par la Jeune chambre économique pour exposer la nouvelle politique de santé, le 8?juillet dernier, le conseiller a clairement indiqué ses préférences quant à l’emplacement idéal du prochain hôpital. Titillé par le docteur Jacques Rit qui lui demandait si le gouvernement avait vraiment le choix, le centre de gérontologie clinique ayant été conçu pour fonctionner avec un hôpital tout proche, Stéphane Valeri a indiqué que cette solution ne faisait pas l’unanimité au sein de l’exécutif?: «?Je vous promets qu’il y a un débat. Nous ne partageons pas les mêmes conclusions avec mes collègues sensibles aux questions d’économie et de construction.?» En clair, avec Sophie Thévenoux et Gilles Tonelli.

“L’Annonciade nous ferait perdre 2 à 3 ans”

Car depuis le 14?juin, tout est permis. Chacun y va de sa petite idée. Lorsque le gouvernement a annoncé la remise en cause du projet Vasconi/Iosis/Raymond — projet qui avait remporté le concours d’architectes en 2008 —, il a également ouvert les vannes quant à l’emplacement du futur hôpital. La reconstruction in situ, la seule option retenue durant 15 ans, semble de plus en plus écartée?: «?Si on peut l’éviter, on va essayer de ne pas construire sur le site du CHPG. C’est la demande des personnels qui craignent les nuisances de la construction durant 8 ans.?» Et d’énumérer le bruit permanent, l’occultation des fenêtres de l’hôpital, les problèmes d’accès pour les fournisseurs, le nombre incalculable de camions,?etc. «?Ces nuisances pourraient nous faire perdre de la clientèle, souffle Valeri. Sans compter qu’une telle opération nécessitera de construire un bâtiment transitoire, ce qui coûte très cher.?»

1?milliard d’économies

Du coup, aujourd’hui, 3 pistes sont officiellement examinées. «?Il y a plusieurs hypothèses, rappelle Valeri, listant Testimonio, l’Annonciade ou l’ouest des délaissés SNCF. Et aucun site n’est parfait?». Chaque terrain a ses défauts?: «?Testimonio pourrait attirer de riches résidents, l’Annonciade II est un peu excentré et nous ferait perdre deux à trois ans car on ne peut libérer le terrain qu’après avoir livré le collège à la Condamine. Quant aux délaissés, la partie concernée n’est pas très large.?» Ce qui n’empêche pas l’ancienne voie ferrée de présenter un avantage de situation indéniable pour Stéphane Valeri…
Reste que quel que soit le site choisi au printemps 2011, voire plus tôt, à la fin 2010, un nouvel emplacement permettra de gagner une réserve foncière de 150?000?m2. Tandis que l’abandon du projet Vasconi ne devrait pas générer de perte de temps, assure le conseiller pour les Affaires sociales. Au contraire même?: «?On va gagner deux à trois ans en construisant un hôpital plus petit de 400 lits au lieu de 500.?» Gagner du temps peut-être mais surtout de l’argent?: «?Nous allons opérer une économie considérable. 200?millions d’euros sur la construction et 15 à 20?millions d’euros par an sur le fonctionnement de l’hôpital. Ce qui représente 1?milliard d’euros de dépenses en moins sur les 50 ans de durée de vie de l’hôpital?!?» Des économies qui ne doivent pas laisser penser que l’on sacrifie la politique de santé?: «?L’objectif est de maintenir une très haute qualité de soins dans le futur hôpital, avec un ratio de personnel supérieur aux pays voisins, une politique de médicaments et un plateau technique exceptionnels?», assure Stéphane Valeri. Avant d’ajouter?: «?L’hôpital ne peut donc avoir de budget à l’équilibre. La politique de santé a un coût (en 2009, la subvention d’équilibre était de 1,8?million d’euros et la subvention d’équipement de 8,6?millions d’euros). C’est un choix politique et Monaco l’assumera?». Monaco demandera d’ailleurs à la France une enveloppe globale compensatoire pérenne pour l’application de la tarification à l’activité (T2A) qui devrait coûter 30?millions d’euros par an au budget de l’hôpital.

Chasse au gaspi

N’empêche. Rationalisation des coûts oblige, la chasse au gaspi a tout de même commencé. Une lettre doit être envoyée à tous les chefs de service de l’hôpital pour «?améliorer l’utilisation de l’argent?» et éviter les examens à gogo. Quant aux urgences, elles ont une consigne de la tutelle?: priorité doit être donnée aux patients que Monaco a choisi de soigner. Soit le bassin d’environ 100?000 personnes, de Menton à Beaulieu. En clair, le message a été passé aux médecins?: plus question de draguer la “patientèle” de l’ouest des Alpes-Maritimes qui représente aujourd’hui 25?% des malades. Chacun devra rester sur ses platebandes. Quitte à refuser des patients?? L’avenir nous le dira.

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