samedi 19 septembre 2020
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Face à la recrudescence de cas de COVID-19, Monaco durcit ses mesures sanitaires

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L’apparition de nouveaux cas de coronavirus en principauté a poussé le gouvernement princier à adopter de nouvelles mesures sanitaires. Le conseiller-ministre aux affaires sociales et à la santé, Didier Gamerdinger, les a présentées à la presse jeudi 30 juillet 2020.

Dix-sept nouveaux cas de Covid-19 ont été enregistrés au cours du mois de juillet 2020 en principauté. Parmi eux, onze l’ont été sur la seule période du 21 au 31 juillet, portant à 120 le nombre de personnes touchées depuis le début de la crise sanitaire. Même s’il s’agit majoritairement de cas importés, souvent peu ou pas symptomatiques, comme le souligne Didier Gamerdinger, cette recrudescence du nombre de cas alerte sur une possible reprise épidémique à Monaco. Elle rappelle aussi à celles et ceux qui l’avaient oublié que le virus continue de circuler.

Port du masque obligatoire dans les files d’attente

Non, la bataille contre le Covid-19 n’est pas terminée et il convient, plus que jamais, de ne pas se relâcher dans le respect des gestes barrières afin d’éviter un rebond de l’épidémie. C’est d’ailleurs l’un des messages que le ministre aux affaires sociales et à la santé a martelé tout au long de la conférence de presse du 30 juillet 2020. « Il est nécessaire de rappeler sans cesse l’importance des mesures barrières : le port du masque même s’il fait chaud, l’hygiène des mains, le respect des distances sociales. […] Oui, c’est contraignant mais nous nous rendons compte que d’autres États voisins, qui avaient peut-être perdu de vue ces mesures de base, y reviennent », a déclaré Didier Gamerdinger, glissant au passage un petit tacle à la France qui a rendu obligatoire le port du masque obligatoire dans les lieux publics clos le 20 juillet dernier, mais aussi dans les lieux publics ouverts, sur décision préfectorale, depuis vendredi 31 juillet 2020. Outre cet appel à la prudence et au respect des gestes barrières, Didier Gamerdinger accompagné du médecin inspecteur de santé publique, le docteur Éric Voiglio, a également présenté les nouvelles mesures sanitaires adoptées par le gouvernement pour répondre à la recrudescence de cas. Suivant les préconisations émises par le groupe « santé et science », les autorités ont notamment décidé de rendre obligatoire le port du masque dans les files d’attente. « Lors d’un contrôle sur le port Hercule, on a constaté que les clients qui attendaient dehors, souvent des jeunes, étaient proches les uns des autres et ne portaient pas de masques. Nous considérons qu’il faut porter un masque quand on est dans une file d’attente, parce qu’il y a un petit facteur risque », a justifié Didier Gamerdinger. Cette décision, signée par le ministre d’État et validée par le palais princier, est entrée en vigueur cette semaine. Elle est appliquée pour rentrer dans un restaurant ou un bar par exemple, mais aussi pour rentrer dans le stade Louis II lors du meeting Herculis prévu le 14 août 2020 ou lors de la reprise du championnat de Ligue 1 (L1) le week-end du 22-23 août 2020.

© Photo DR

Tests de dépistage obligatoires pour les voyageurs

Par ailleurs, le gouvernement princier a décidé de tester systématiquement les visiteurs et résidents monégasques en provenance de zones extra-européennes et intra-européennes à risque. Peu importe l’aéroport où elles atterrissent, les personnes concernées souhaitant séjourner dans un hôtel de la principauté devront présenter un test PCR négatif datant de moins de 72 heures. Dans le cas contraire, elles devront se soumettre à ce test (prélèvement rhino-pharyngé) dès leur arrivée et seront placées en quatorzaine dans leur chambre d’hôtel dans l’attente des résultats, qui devraient être communiqués sous 24 à 48 heures. Si le test s’avère positif, « la personne sera confinée et soignée chez nous comme elle le serait dans un autre pays. Selon son état de santé, ce sera soit au centre hospitalier princesse Grace (CHPG), soit par le centre de suivi des patients à domicile », a indiqué le conseiller-ministre. « Ce n’est pas une approche extrêmement novatrice, en ce sens où d’autres États en Europe et dans le monde appliquent déjà cette démarche. Mais nous la mettons en œuvre pour protéger la principauté », a par la suite justifié Didier Gamerdinger. Avec cette mesure, Monaco suit en effet l’exemple de la France, qui a décidé le 24 juillet dernier de soumettre à un test de dépistage, tous les voyageurs en provenance de 16 pays, où le virus est très actif (États-Unis, Algérie, Serbie, Brésil, Émirats arabes unis…). Mais à la différence de la France qui a établi une « liste rouge », les autorités monégasques ont décidé de se fier aux données de l’European Centre for Disease Prevention and Control (ECDC), une agence de l’Union européenne (UE) qui suit l’évolution de l’épidémie et détermine les zones à risque. « Nous conseillons à nos résidents de consulter le site de l’ECDC (https://www.ecdc.europa.eu/en) avant de se déplacer. Et s’ils ont prévu de se déplacer dans des zones à risque, nous leur recommandons d’éviter de le faire. […] N’allez pas dans une zone exposée ! », a prévenu le conseiller-ministre des affaires sociales et de la santé. « Ce n’est pas parce que les conditions sont plus dures à Monaco qu’il faut aller autre part et ramener le virus », a abondé le docteur Éric Voiglio. Et si, malgré tout, des résidents monégasques doivent se rendre dans une zone à risque, ceux-ci devront présenter à leur retour en principauté une attestation de test PCR négatif de moins de 72 heures ou faire le test à leur arrivée. Une règle à laquelle n’échapperont pas non plus les athlètes étrangers, qui participeront au meeting Herculis le 14 août 2020. « Le système repose sur l’adhésion. Cette épidémie repose sur la notion de solidarité et de solidarité collective », a insisté Didier Gamerdinger.

Limites

Cette mesure se heurte toutefois à certaines limites. Elle interroge en effet sur le sort réservé aux voyageurs qui se rendent à Monaco en voiture. Pour eux, aucun test de dépistage ne sera demandé. Un paradoxe, que Didier Gamerdinger a justifié en conférence de presse : « Pour cette catégorie de touristes, c’est extrêmement difficile, parce qu’il n’y a pas de frontières. Nous ne pouvons pas physiquement contrôler les entrées des véhicules. Le système est beaucoup plus solide sur les venues en avion et en jet privé ». L’autre question soulevée par la mise en place de tests obligatoires pour les voyageurs concerne bien évidemment son impact sur le tourisme. Alors que le gouvernement a lancé son label Monaco Safe pour rassurer et attirer les touristes étrangers en principauté, leur imposer un test de dépistage avant leur séjour ne va-t-il pas s’avérer contre-productif ? « Non », assure Didier Gamerdinger. « Les hôteliers nous ont signalé non seulement que la clientèle acceptait très bien les mesures, mais, de surcroît, qu’elle était à la recherche de ces mesures de protection. Donc nous pensons que c’est accepté, et même maintenant souhaité », a conclu le ministre aux affaires sociales et à la santé, qui reste ainsi fidèle à sa ligne de conduite. À savoir « faire des règles et protocoles imposés par le gouvernement, un argument d’attractivité ».

Toujours pas de date de réouverture pour les boîtes de nuit

Fermées depuis le 14 mars 2020 pour cause du coronavirus, les boîtes de nuit de la principauté ne rouvriront pas cet été. C’est en effet ce qu’a indiqué le conseiller-ministre aux affaires sociales et à la santé, Didier Gamerdinger, en conférence de presse jeudi 30 juillet. « Il n’y aura pas de réouverture des boîtes de nuit. Car, dans ces établissements de nuit, on ne porte pas de masque, parce qu’on consomme. On a envie de danser, donc on est debout et à proximité les uns des autres. Et la consommation de l’alcool nous rend moins attentifs. La conjonction de ces facteurs nous pousse à considérer que donner un accord pour une réouverture serait prématuré. Et ce serait exposer à la fois la clientèle, mais aussi l’ensemble de la population à des risques », a expliqué le ministre pour justifier la fermeture prolongée de ces établissements. Les noctambules vont donc devoir attendre encore un peu avant de pouvoir se déhancher sur les pistes de danse.

Monaco Safe : 78 établissements labellisés

Le conseiller-ministre aux affaires sociales et à la santé, Didier Gamerdinger, a profité de la conférence de presse du jeudi 30 juillet 2020 pour dresser un premier bilan de la labellisation « Monaco Safe ». Au vendredi 24 juillet 2020, 78 établissements (cafés, restaurants, commerces…) avaient obtenu le label. « Cela signifie qu’il y a une forte adhésion des opérateurs par rapport à ce label, qui est devenu un argument vis-à-vis de la clientèle », s’est félicité Didier Gamerdinger. Des contrôles sont régulièrement opérés, de jour comme de nuit, par les équipes de la division de sécurité sanitaire de l’action sanitaire, de l’inspection du travail et de la sûreté publique pour s’assurer du respect des procédures mises en place. Si « globalement tout se passe bien, les règles sont bien respectées » constate le conseiller-ministre, deux établissements de la principauté ont toutefois été épinglés ces dernières semaines en raison d’une sonorisation un peu trop forte, au-delà des 74 décibels autorisés. « Le Blue Gin et le Twiga n’ont pas joué le jeu et nous en avons tiré les conséquences. Le ministre d’État a décidé de leur interdire les animations musicales pendant une semaine. Tout le monde doit être logé à la même enseigne. Et il faut que la puissance publique montre un visage protecteur, neutre et équitable », explique Didier Gamerdinger qui n’exclut pas d’autres sanctions en cas de récidive. « Tout dépend de la nature des infractions commises. À Monaco, nous y allons graduellement. En général, l’exploitant comprend vite ». À bon entendeur…

Un vaccin contre le Covid-19 pour début 2021 ?

Alors que la course mondiale au vaccin contre le Covid-19 fait rage, le gouvernement princier a décidé de prendre les devants en se positionnant sur plusieurs projets. Trois pistes de vaccin ont retenu l’attention des autorités monégasques. La première est menée conjointement par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et l’Alliance de vaccination (GAVI). Le 10 juillet dernier, le gouvernement a ainsi répondu favorablement à l’invitation de l’OMS à se joindre au tour de table et être informé des avancées du projet. Le deuxième projet de vaccin anti-Covid-19 étudié est celui du laboratoire pharmaceutique AstraZeneca. Dans le cadre de la convention d’assistance sanitaire entre Monaco et la France, le ministre d’État, Serge Telle, a demandé au ministre français de la santé, Olivier Véran, que la principauté soit « partie prenante » dans le projet de vaccin AstraZeneca. Quatre pays, la France, l’Allemagne, l’Italie et les Pays-Bas, ont conclu un accord avec le laboratoire pharmaceutique en juin afin de garantir l’approvisionnement de l’Union européenne (UE) en vaccins contre le coronavirus. Ce dernier, par la voix de son directeur général Pascal Soriot, s’est par ailleurs engagé à le vendre « à prix coûtant », soit « à peu près 2,50 euros l’unité », partout dans le monde. Enfin, la troisième et dernière piste creusée par le gouvernement princier mène au projet développé par l’Américain Moderna. À ce sujet, Didier Gamerdinger a indiqué que le PDG de cette entreprise de biotechnologie avait été reçu, récemment, par le prince Albert II. « Le projet est assez avancé, puisque la phase 1 de l’essai est terminée, avec des publications effectuées. La phase 2 de l’essai clinique est terminée, mais les publications n’ont pas encore été effectuées. Toutefois, nous y avons eu accès à titre confidentiel. Enfin, la phase 3 de l’essai clinique du vaccin Moderna a commencé lundi 20 juillet 2020, avec une expérimentation également sur les animaux. Ça paraît assez prometteur », a révélé le conseiller-ministre aux affaires sociales et à la santé. Les médecins et scientifiques du groupe « santé et science » sont chargés par le gouvernement d’expertiser ces différentes pistes. Les professeurs Arnaud Fontanet (épidémiologiste à l’Institut Pasteur) et Jean-Claude Weill (virologue) ont également été missionnés par l’État pour l’« informer sur les différentes techniques vaccinales, les progrès, les avancées, les préoccupations, les perspectives » et ainsi l’aider à prendre les bonnes décisions. « Nous nous tenons au courant de très près de façon à être en mesure de nous positionner dès que possible », a indiqué le conseiller-ministre qui espère pouvoir disposer d’un vaccin, au mieux, au premier trimestre 2021

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