vendredi 27 novembre 2020
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« Pour les patrons de salles de sport, il est difficile de comprendre cette décision gouvernementale »

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Face à la pandémie de Covid-19, le gouvernement a décidé de fermer les salles de sport de la principauté, provoquant l’incompréhension des professionnels et beaucoup d’inquiétude sur le plan économique.

Les élus du Conseil national Marc Mourou, Balthazar Seydoux et Christophe Robino (1) ont répondu aux questions de Monaco Hebdo.

Alors que Monaco Hebdo bouclait ce numéro, le 10 novembre 2020, il n’y avait eu aucun cluster dans les salles de sport de la principauté : comment justifier leur fermeture ?

Marc Mourou : Après un long confinement qui a impacté l’ensemble du monde sportif en début d’année, la réouverture des salles de sport de la principauté connaissait une dynamique positive, qui se voit malheureusement cassée en raison de cette nouvelle interdiction pour le monde amateur. Pourtant, depuis leur réouverture, pas un cas de cluster n’y a été repéré. Les structures avaient réussi à se plier aux nouvelles normes et à mettre en place des protocoles sécurisant la pratique du sport, ce qui a permis une non-circulation du virus dans les salles. Pour les dirigeants, il est donc difficile de comprendre cette décision gouvernementale, car au-delà des lourdes conséquences économiques que cela va engendrer, l’activité physique et sportive reste un outil majeur pour rester en bonne santé et s’aérer l’esprit dans cette période compliquée.

Marc Mourou © Photo Conseil National.

L’exercice physique est-il bon contre le Covid-19, comme l’affirment certaines salles de sport ?

Christophe Robino : La pratique d’une activité physique présente, de manière générale, un intérêt pour la santé, en permettant par exemple, de mieux contrôler la surcharge pondérale et d’aider à améliorer les profils de risque cardiovasculaire. A contrario, rien ne permet de penser que l’activité physique pourrait avoir une action préventive sur l’infection à Covid-19. En cas de pratique excessive, elle pourrait même dans une certaine mesure amoindrir les défenses immunitaires. Par contre, pour un patient qui serait porteur du virus et contaminant, la pratique du sport en milieu clos, pourrait favoriser l’aérosolisation du virus et la transmission à d’autres personnes.

Christophe Robino © Photo Conseil National

Les coaches sportifs ne peuvent pas travailler au domicile de leurs clients, ni en extérieur : leur activité est donc condamnée ?

M.M. : Si la situation reste comme elle est, il y aura un risque économique majeur d’ici à la fin de l’année pour les coaches sportifs. Il faudra donc les aider et que l’État puisse proposer des aides, afin d’assurer la survie de leur activité. La tendance n’est actuellement pas pour l’assouplissement des mesures, mais il apparaît primordial de trouver un équilibre, et de leur permettre de proposer de nouveaux formats avec moins de monde, une seule personne par leçon par exemple. Et avec le masque au maximum, toujours dans le respect des gestes barrières. Les espaces avec distanciation et aération doivent être privilégiés, bien sûr, en plus de la créativité dont certains ont déjà fait preuve, en proposant du coaching vidéo en ligne. Cela a permis de prendre le relais et de compenser l’offre sportive habituelle. Mais c’est bel et bien le contact réel et l’interaction qui restent les plus appréciés chez leurs adeptes.

Certains patrons de salles de sport redoutent la faillite : que faire ?

Balthazar Seydoux : Les patrons de salles de sport ont été contraints de fermer administrativement pour des raisons sanitaires. Ils peuvent donc avoir recours au chômage total temporaire renforcé (CTTR) pour leurs employés, les salaires étant dans ce cas pris en charge à 100 % par l’Etat, et à la commission d’accompagnement de la relance économique (Care) pour percevoir une aide qui est liée à leurs charges locatives. Selon le Conseil national, les patrons de salles de sport ne percevant plus de chiffre d’affaires devraient également pouvoir percevoir une sorte de revenu minimum extraordinaire (RME), probablement sous la forme d’un forfait mensuel, restant à définir.

Balthazar Seydoux © Photo Conseil National.

Les professionnels du sport à Monaco, patrons de salles de sport et coaches sportifs, réclament des aides sans minimum de chiffre d’affaires : est-ce justifié et possible ?

B.S. : Tout d’abord, cette aide, non automatique, devrait être sollicitée. Par ailleurs, cette aide doit rester raisonnable, et ne pas provoquer d’effet d’aubaine.

La problématique du paiement des loyers des salles de sport reste souvent centrale ?

B.S. : Le rôle de la Care est d’attribuer une aide qui correspond à la prise en compte d’une partie importante des charges, notamment locatives. Il faut y ajouter une sorte de RME, de manière à dégager une rémunération solidaire pour les exploitants.

Certains estiment qu’il faudra plus d’un an au secteur sportif pour renouer avec le niveau d’activité d’avant le Covid-19 : les aides de l’Etat peuvent-elles se poursuivre sur une telle durée ?

B.S. : Depuis le début de la crise, le Conseil national est dans une approche pragmatique. La situation évolue et, gouvernement et Conseil national ont adapté leurs réponses à chaque étape. Pendant la première vague, des aides directes ont été débloquées pour aider les entreprises à faire face à cette crise. Les coaches sportifs qui répondaient aux critères, ont pu en bénéficier. La priorité est aujourd’hui de les accompagner à nouveau. En tout état de cause, tant que durera la crise, et autant que de besoin, le Conseil national sera attentif à ce que les mesures les plus justes et les plus appropriées soient mises en œuvre pour leur permettre de surmonter au mieux cette épreuve. Le Conseil national, à sa place, y veillera, aussi longtemps que nécessaire.

1) Marc Mourou, est président de la commission de l’éducation, de la jeunesse et des sports, Balthazar Seydoux, président de la commission des finances et de l’économie nationale et Christophe Robino, président de la commission des intérêts sociaux et des affaires diverses.

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