samedi 22 janvier 2022
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Environnement et qualité de vie :
« Il faut agir vite »

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Union Monégasque continue de balayer ses thèmes de campagne. Cette fois, la tête de liste UM, Jean-Louis Grinda, a évoqué la problématique de la qualité de vie et de l’environnement.

On est en pré-campagne pour les élections nationales du 11 février 2018. Histoire de ne pas l’oublier, c’est par un long préambule tourné vers l’un de ses adversaires, Stéphane Valeri, que Jean-Louis Grinda a débuté sa conférence de presse, le 24 octobre 2017. Refusant de commenter les positions sur l’Europe (lire notre article publié dans Monaco Hebdo n° 1034) de la liste de Valeri, Priorité Monaco (Primo !), estimant qu’ils ne disent « absolument rien », Grinda a longuement traité de la question du logement. Un thème central dans la pré-campagne de Stéphane Valeri, sur lequel Primo ! a d’ailleurs débuté la première de ses 12 rencontres (lire notre article dans ce numéro) le 23 octobre, avec ses Pôles d’Écoute et de Proposition (Pep’s). Tout sauf un hasard, bien sûr.

Extension

Jugeant que « la campagne électorale ne doit pas rendre amnésique », Jean-Louis Grinda a rappelé que Stéphane Valeri était membre du gouvernement lorsque le projet d’extension en mer a été validé et signé. Un projet qui prévoit plus de 5 hectares bâtis sur la mer, mais « sur lequel il n’y aura pas un mètre carré pour le logement des Monégasques », a rappelé la tête de liste Union Monégasque (UM). Stéphane Valeri était alors conseiller-ministre pour les affaires sociales et la santé, c’est-à-dire installé à un poste qui n’est pas en prise directe avec un dossier comme celui de l’extension en mer. Un argument balayé du revers de la main par Jean-Louis Grinda : « Les décisions se prennent au nom collectif du gouvernement et personne n’a entendu de voix dissonante. Si Monsieur Valeri n’était pas d’accord, l’a-t-il dit ? Ou bien, poussé par une fibre domaniale légitime, pourquoi n’a-t-il pas démissionné s’il y était opposé ? Il est vrai que la date de signature était un peu trop éloignée de celle des futures élections… » La signature du traité de concession du projet d’urbanisation en mer à l’anse du Portier remonte au 30 juillet 2015.

Tamaris

Autre reproche fait par Jean-Louis Grinda à l’ex-conseiller pour les affaires sociales et la santé : la perte de 20 appartements situés dans le bloc C de l’immeuble les Tamaris « pour satisfaire avec diligence aux demandes des responsables » du centre hospitalier Princesse Grace (CHPG). Et là, la tête de liste UM est catégorique : « C’était bien Monsieur Valéri qui était aux commandes, appuyé au Conseil national par le président de la commission logement. Seul le groupe UM s’est publiquement élevé contre cette confiscation inadmissible et, il faut bien le dire, inexcusable qui restera comme une tache indélébile sur ceux qui l’ont initiée. Aujourd’hui, 20 familles monégasques ne sont pas logées suite à cette décision de Monsieur Valeri. C’est un fait implacablement gênant. » Fermez le ban.

« Phasage »

Pour le reste, c’est la problématique de la qualité de vie et de l’environnement qui a occupé les interventions lors de cette conférence de presse qui s’est déroulée en présence des deux derniers candidats déclarés, Anabela Crovetto et Jean Billon. Un thème qui préoccupe les Monégasques, estime Grinda : « Aujourd’hui, la qualité de vie est sérieusement remise en cause : multiplication des chantiers, mobilité difficile, augmentation du taux de pollution, bruit et problèmes de santé publique. » Estimant qu’il faut « agir vite », UM réclame un « véritable phasage » des chantiers, tout en demandant que soit étudié un « droit à la tranquillité par quartier ». Pour lutter contre les nuisances sonores, la liste de Jean-Louis Grinda souhaite que des contrôles « extrêmement stricts » des volumes sonores soient réalisés « dans tous les lieux de nuit ». Mais aussi que la police monégasque soit équipée de matériel de mesure portable pour vérifier que les véhicules ne sont pas trop bruyants. Refusant « catégoriquement » que soit ajouté le moindre parking en ville, à l’exception des parkings de dissuasion, Grinda juge qu’il est urgent de lancer une véritable réflexion sur la place de la voiture en Principauté.

Axes

Pour coller aux engagements environnementaux pris par Monaco suite à la signature de l’accord de Paris suite aux travaux de la COP21, la Principauté a prévu de se lancer dans une transition énergétique. Approuvé par 195 pays le 12 décembre 2015 (lire notre dossier complet publié dans Monaco Hebdo n° 948), il est officiellement entré en vigueur le 4 novembre 2016. « Ceux qui parlent d’écologie punitive sont dans l’erreur, la caricature et le déni. Ils sont déjà condamnés par l’Histoire et ne le comprennent pas », estime Grinda. Il faut en tout cas engager des moyens budgétaires à la hauteur des objectifs fixés par le Prince Albert II. Le Conseil national aura sont mot à dire et UM a déjà identifié quelques axes qui lui semble prioritaires : adapter le cadre bâti jugé « responsable aujourd’hui pour 1/3 de la production de gaz à effet de serre à Monaco » et lancer une « réflexion continue » sur la mobilité « sans nous interdire a priori une réflexion sur la circulation alternée quant aux véhicules entrants ».

« Révolution »

Plus complexe : pointée du doigt comme étant responsable de 1/3 des gaz à effet de serre, « l’incinération en ville n’est tout simplement plus admissible », juge UM. Prenant acte que la nouvelle usine d’incinération sera reconstruite à Fontvieille, ce groupe politique demande au gouvernement de « lancer une vraie révolution technologique du traitement des déchets en finançant largement une recherche scientifique dédiée permettant, à terme, d’abandonner l’incinération au profit de méthodes moins impactantes en terme environnemental. » Et pour achever de transformer le Monaco de demain en un « modèle de développement écoresponsable », UM souhaite ajouter un préambule à la constitution monégasque pour graver « la nécessité de vivre dans un environnement sain, de bénéficier d’un enseignement de qualité et d’un accès à une culture diversifiée pour tous. »

 

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