jeudi 9 décembre 2021
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Covid-19 Bisbille autour des vacances anticipées

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Alors que la circulation du virus tend à ralentir en principauté, le gouvernement a décidé d’alléger un peu son dispositif sanitaire, en décalant le couvre-feu à 20 heures.

Autre mesure, et non des moindres : les vacances scolaires de printemps ont été avancées de deux semaines. Une décision qui ne fait pas l’unanimité auprès des élus du Conseil national.

Après avoir prolongé les restrictions sanitaires en vigueur pour deux semaines le 17 mars 2021, l’exécutif a décidé, jeudi 1er avril 2021, de lâcher un peu de lest face à une situation sanitaire en légère amélioration à Monaco. « Évolution sanitaire encourageante mais pas suffisante », indique ainsi le gouvernement dans un communiqué précisant que le taux d’incidence a été divisé par deux en deux mois. De 436,84 le 4 février 2021, cet indicateur clé de suivi de l’épidémie a en effet chuté de manière spectaculaire pour s’élever désormais à 184,21 cas pour 100 000 habitants. Du côté de l’hôpital aussi, la situation évolue favorablement puisqu’à l’heure où Monaco Hebdo bouclait ce numéro, mardi 6 avril 2021, 28 personnes étaient prises en charge au centre hospitalier princesse Grace (CHPG), dont 6 en réanimation. Alors qu’ils étaient encore 11 à être soignés dans ce service il y a deux semaines, le 23 mars 2021.

Le 1er avril 2021 au soir, 11 715 personnes avaient été vaccinées, soit plus de 30 % de la population résidant en principauté

Couvre-feu retardé à 20 heures

Selon les autorités, deux raisons expliquent le ralentissement de la circulation du virus à Monaco. D’une part, les efforts consentis par la population qui s’est montrée respectueuse des mesures mises en place tout au long de ces dernières semaines. Et d’autre part, la progression de la vaccination. Car le 1er avril 2021 au soir, 11 715 personnes avaient été vaccinées, soit plus de 30 % de la population résidant en principauté. Par conséquent, le prince Albert II sur proposition de son gouvernement a décidé d’alléger un peu les restrictions sanitaires en reculant d’une heure le début du couvre-feu. Il s’établit donc désormais à 20 heures au lieu de 19 heures. Les autres mesures en vigueur, elles, sont prolongées jusqu’au 18 avril 2021 inclus. Cela signifie concrètement que les règles relatives à la consommation dans les établissements de restauration à midi ne changent pas. « Leur accès reste réservé aux résidents, salariés et scolaires de la principauté, la réservation est obligatoire, le nombre de convives est limité à six par table, le service ne peut avoir lieu qu’entre 11 heures et 15 heures », rappelle le gouvernement dans son communiqué. Enfin, le télétravail demeure obligatoire dans les secteurs privé et public dès lors qu’il est applicable. 

« 67 % des enseignants sont détachés de l’administration française et une majorité du personnel non-enseignant de l’éducation nationale demeurent en France. Le risque de défaillance des personnels est réel » Le gouvernement princier

Vacances scolaires anticipées

Restait alors pour le gouvernement princier à trancher l’épineuse question des vacances scolaires. Alors que la France – soumise à un troisième confinement depuis samedi — avait décidé, mercredi 31 mars 2021, de fixer les vacances de printemps au 12 avril pour toutes les zones afin de faire face à la flambée des cas de Covid-19 dans les établissements, quelle position allait choisir la principauté qui, rappelons-le, est rattachée à l’académie de Nice ? Plusieurs options se trouvaient sur la table du gouvernement jeudi soir. Soit maintenir les vacances telles que programmées, c’est-à-dire du 22 avril au 10 mai 2021, ce qui impliquait un fonctionnement des établissements en présentiel jusqu’au 22 avril 2021. Soit se calquer sur la France et avancer les vacances du 9 au 26 avril 2021, ce qui impliquait une rentrée des classes en présentiel à cette date. Après une journée de concertation avec les responsables d’établissements, les enseignants et les associations de parents d’élèves, c’est finalement la deuxième option qui a été retenue par l’exécutif. « L’avancée des vacances permet de garantir tant la qualité de l’enseignement que la sécurité sanitaire au sein des écoles. En effet, 67 % des enseignants sont détachés de l’administration française et une majorité du personnel non-enseignant de l’éducation nationale demeurent en France. Le risque de défaillance des personnels est réel. Il impacterait fortement la régularité des cours enseignés et l’encadrement nécessaire pour accueillir les élèves dans les meilleures conditions sanitaires », justifie le gouvernement, qui met également en avant l’impossibilité d’assurer la garde des enfants du personnel enseignant. Le centre Albert II à La Turbie, « seule structure d’accueil en mesure d’héberger un nombre important d’enfants », étant fermé en raison des mesures sanitaires. Enfin, toujours selon les autorités, les équipes pédagogiques étaient favorables à cette option en raison notamment de « l’état de fatigue des personnels et des élèves du fait de l’ensemble des contraintes qui pèsent sur le fonctionnement quotidien des écoles ».

« Il existe d’autres périodes comme les vacances d’été où la différenciation de notre calendrier n’avait jusqu’ici pas créé de problèmes ou fait débat » Le Conseil national

Les élus en désaccord avec le gouvernement

La décision d’avancer les vacances scolaires n’a en tout cas pas manqué de faire réagir. Notamment le Conseil national, qui a fait part de son incompréhension par la voix de son président, Stéphane Valeri, et de Marc Mourou, président de la commission de l’éducation, de la jeunesse et des sports : « Nous regrettons que notre demande de maintenir le calendrier scolaire comme prévu, n’ait pas été entendue. Lors de la concertation qui a mené à cette décision, nous avons bien sûr indiqué notre position qui était celle de faire passer l’organisation des familles de Monégasques et de résidents, avant les éventuelles difficultés d’organisation de la part des professionnels de l’enseignement français résidant en France et qui exercent en principauté. Ce sont donc les familles de Monaco qui se retrouvent à l’inverse en difficulté, alors que beaucoup ont posé des congés, organisé leurs systèmes de garde ou bien encore vont travailler alors que leurs enfants seront à la maison ». Les élus pointent par ailleurs l’incapacité du gouvernement à trouver une solution pour la garde des enfants des enseignants français. « S’agissant de la difficulté d’organiser une garde collective très temporaire en France pour les enfants de ces personnels, il aurait été opportun de réfléchir à une solution à Monaco, dans des espaces momentanément aménagés à cette fin et animés le cas échéant par des associations monégasques », avance la représentation nationale qui cite en exemple l’espace Diaghilev du Grimaldi Forum, le chapiteau de Fontvieille ou encore certaines salles d’hôtels comme potentielle solution de repli. « Il existe d’autres périodes comme les vacances d’été où la différenciation de notre calendrier n’avait jusqu’ici pas créé de problèmes ou fait débat », conclut le communiqué des élus, qui n’auront donc finalement pas été entendus. Les vacances scolaires auront bien lieu du 9 au 26 avril 2021. En revanche, à la différence du pays voisin qui a opté pour du distanciel, les cours de la semaine du 6 au 9 avril 2021 sont dispensés en présentiel dans tous les établissements scolaires de la principauté.

chpg covid19
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Covid-19 : Deux nouvelles victimes à Monaco

Le gouvernement princier a annoncé, lundi 5 avril 2021, le décès d’une personne résidente de 68 ans des suites du Covid-19. Il s’agit de la 30ème victime à Monaco depuis le début de la pandémie, la 27ème en 2021. Sans oublier les personnes non-résidentes décédées au centre hospitalier princesse Grace (CHPG), qui ne sont pas comptabilisées dans les chiffres officiels du gouvernement. Quelques jours auparavant, c’est une résidente de 95 ans qui avait succombé après avoir été testée positive au coronavirus. À l’heure où Monaco Hebdo bouclait ce numéro, le 6 avril 2021, 28 patients étaient toujours pris en charge à l’hôpital, dont 6 en réanimation. Enfin, 64 personnes étaient suivies par le centre de suivi à domicile, en charge des malades qui présentent des symptômes suffisamment légers pour rester confinés chez eux.

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