mardi 20 avril 2021
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Monaco contrôle ses drones

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En juin  2019, la principauté est devenue le premier pays à organiser l’espace aérien pour les appareils sans pilotes. Un premier pas technologique pour se tourner ensuite vers la livraison de colis par drones, ou le lancement d’une ligne de robots-taxis aériens entre Nice et Monaco.

Fini de rigoler. Depuis quatre mois, le trafic des aéronefs sans pilote est dans le collimateur du gouvernement monégasque. Même si les 2 km2 du territoire monégasque sont très loin d’être envahis par les drones, l’exécutif a décidé de penser à l’avenir. « Notre pays étant particulièrement attractif, nous enregistrons entre 200 et 250 demandes de survols, avec une progression de 20 % par an », explique à Monaco Hebdo Bruno Lassagne, le directeur de l’aviation civile monégasque (lire son interview par ailleurs). Pour organiser ce secteur, le gouvernement a décidé de faire appel au système FlySafe, proposé par l’entreprise Air Space Drone (ASD), une entreprise installée à Gardanne (Bouches-du-Rhône). Objectif : contrôler le trafic aérien à basse altitude, c’est-à-dire en dessous de 150 mètres. Le gouvernement a signé un contrat de 5 ans avec ASD, pour environ 100 000 euros par an.

« Verbalisation »

Le système FlySafe repose sur la bonne volonté des possesseurs de drones qui doivent acheter un boîtier, vendu une soixantaine d’euros. Ce transpondeur, qui fonctionne grâce à la 4G, permet d’identifier le drone et son propriétaire. L’usager doit donc déposer les informations nécessaires, qui permettent ensuite de délivrer, ou non, un agrément autorisant à faire voler son drone à Monaco, à savoir « méthodes d’exploitation, identité et qualifications des télépilotes, caractéristiques techniques de la flotte de drones, équipements de sécurité, etc. », détaille le directeur de l’aviation civile. Avant d’ajouter : « Pendant le vol, les services de l’aviation civile visualisent en direct les évolutions du drone, à savoir la vitesse, l’altitude, les trajectoires, indique Bruno Lassagne. Après le vol, les autorités ont à leur disposition toutes les données de tous les vols effectués (vitesse, altitude, trajectoires, etc.) stockées et archivées dans le “cloud” aux fins de vérification, d’enquête et de verbalisation, si besoin. » En cas d’infraction, le contrôle aérien monégasque enverra des SMS pour informer le télépilote et lui donner la marche à suivre.

5G

Si ces fonctions permettent de couvrir « 90 % des besoins » assure Bruno Lassagne, c’est un système évolutif pour lequel la principauté a opté. « L’objectif de la principauté est effectivement de disposer d’un outil complet, à savoir identification, détection et neutralisation. Consciente de cette volonté, l’entreprise ASD travaille déjà sur l’apport d’une fonction détection », révèle le directeur de l’aviation civile, tout en soulignant que l’entreprise monégasque MC Clic a déjà imaginé des solutions permettant de neutraliser des drones récalcitrants. « Un rapprochement de nos partenaires permettra à l’Etat de détenir d’ici un an un système global et performant, incluant les trois fonctions : identification, détection et neutralisation », glisse Bruno Lassagne. Avec l’apport de la 5G et de l’intelligence artificielle, on peut imaginer de nouvelles fonctionnalités permettant de communiquer en direct avec les drones et de leur imposer ce que l’on souhaite.

« Solutions »

Pas question pour autant d’imaginer La Poste de Monaco livrer ses colis grâce à des drones, malgré un test réalisé en mai 2019. « Son ambition n’est pas de livrer en milieu urbain et de porte à porte, mais de tester le dispositif, pour éventuellement envisager du pré-acheminement de colis », assure le directeur de l’aviation civile. En revanche, la création d’une ligne de robots-taxis aériens entre Nice et Monaco est très loin de relever de la science-fiction. En effet, des constructeurs, comme Airbus Helicopter, travaillent déjà sur ce sujet et Monaco suit les évolutions de ce dossier de très près, comme le confirme Bruno Lassagne : « Nous sommes attentifs au développement de ces nouvelles technologies qui pourraient apporter des solutions de mobilité alternatives aux dessertes routières de la principauté, et tout cela sans émission de CO2. »


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