jeudi 15 avril 2021
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Conseil national des jeunes : un regard frais sur la principauté

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Le Conseil national des jeunes, qui vient de voir le jour, s’est réuni pour sa toute première session dans l’hémicycle lundi 29 mars 2021.

Les douze conseillers juniors ont présenté leurs idées et leur vision de l’avenir, qui pourraient déboucher sur du concret en mars 2022.

«Vous devez être le changement que vous voulez voir dans ce monde. » Cette citation de Gandhi (1869-1948), reprise par Stéphane Valeri, président du Conseil national, a bien illustré l’esprit de cette première réunion du Conseil national des jeunes, ce lundi 29 mars, dans son hémicycle. Jamais une initiative de ce type n’avait encore vu le jour en principauté. Douze jeunes, des classes de Cinquième à celles de Seconde, ont été sélectionnés pour représenter la jeunesse monégasque au Conseil national. Ensemble, ils se réuniront en sessions, une fois tous les deux mois environ, pour travailler sur diverses thématiques en commissions, comme l’a expliqué, en début de séance, Marc Mourou, président de la commission de l’éducation, de la jeunesse et des sports au Conseil national. « L’idée a germé depuis plusieurs années. Elle a maintenant mûri », a ajouté Stéphane Valeri. Et pas question de la reporter à plus tard sous prétexte de crise sanitaire, « il ne faut pas sacrifier la jeunesse sur l’autel de la pandémie ».

© Photo Conseil National.

Une trentaine de candidatures ont été écartées pour ce Conseil national des jeunes, selon Stéphane Valeri, qui assure qu’ils pourront se représenter l’an prochain, pour la prochaine session

Aboutir sur du concret

Les conseillers juniors se pencheront, le temps d’une année, sur plusieurs sujets où ils estiment que la principauté pourrait faire des progrès : la protection de l’environnement, la solidarité, la transition numérique, l’accès au sport de haut niveau et à la culture. Ce sont, parmi toutes les propositions, les thèmes qui sont en effet revenus le plus souvent lors des candidatures. Tous les postulants n’ont d’ailleurs pas été retenus. Une trentaine de candidatures ont en effet été écartées, selon Stéphane Valeri, qui assure qu’ils pourront se représenter l’an prochain, pour la prochaine session. Ces douze jeunes travailleront par trois groupes de quatre dès le mercredi 21 avril 2021. Pour avancer, ils pourront s’appuyer sur les élus du Conseil national. Chaque groupe aura en effet un référent parmi les élus permanents, pour les aider sur les différents thèmes qu’ils aborderont, comme l’environnement, l’éducation, le sport et la culture. Tout ce travail devrait aboutir en mars 2022 sur une proposition d’envergure, au moins : « Ils commenceront par un grand “brainstorming” [une réflexion — NDLR], d’abord pour développer toutes leurs idées, ensuite vers des résolutions, des mesures concrètes, et pourquoi pas, une proposition de loi », précise Marc Mourou. « On dit parfois que les jeunes se détournent de l’action publique. Vous êtes la preuve du contraire, s’est réjoui Stéphane Valeri. Vous renversez la proportion entre hommes et femmes, puisque vous êtes trois garçons pour neuf filles. C’est une avancée des mentalités. L’engagement au féminin est bien présent dans votre génération, il laisse entrevoir un rééquilibrage intelligent de la représentation des femmes et des hommes en politique pour l’avenir, et je m’en réjouis. Cela peut nous laisser penser, comme nous le souhaitons, que la parité sera bientôt de mise dans les futures mandatures de cette assemblée. »

© Photo Conseil National.

« L’engagement au féminin est bien présent dans votre génération, il laisse entrevoir un rééquilibrage intelligent de la représentation des femmes et des hommes en politique pour l’avenir, et je m’en réjouis » Stéphane Valeri. Président du Conseil national

Les premières déclarations des conseillers juniors

Antognelli Julien ©Conseil National des Jeunes

Jules Antognelli

(élève de troisième au collège Charles III) :

« Il est important que la voix des jeunes soit prise en compte à Monaco. Passionné d’informatique, notamment de programmation et de sécurité, je trouve ces sujets importants en matière d’éducation. J’espère pouvoir, peut-être, faire avancer l’avenir du pays, avec le Conseil national des jeunes. »

Aquilina Jolene ©Conseil National des Jeunes

Jolene Aquilina

(élève de troisième au collège Charles III) :

« Je suis particulièrement sensible à l’écologie et l’environnement. Le plastique c’est fantastique, mais pas pour la planète : il y aura bientôt plus de plastique que de poissons en mer. Pour limiter son usage, plein d’initiatives sont possibles, comme multiplier les fontaines à eau, pourquoi pas gazeuse, comme cela se fait ailleurs. Ou encore, mettre en place un système de consigne. »

De Brouwer Rose ©Conseil National des Jeunes

Rose de Brouwer 

(élève de cinquième au collège François d’Assise – Nicolas Barré) :

« Je compte parler avec le Conseil national des jeunes de sujets importants comme l’écologie. Je souhaite oeuvrer pour un mode de vie plus sain, et m’engager pour préserver la santé des gens, ainsi que la planète. Nous devons aussi apprendre à utiliser au mieux notre temps libre, apprendre à manger bon, bio, et à développer des attitudes éco-responsables. »

Druenne Théo ©Conseil National des Jeunes

Théo Druenne 

(élève de seconde au lycée Albert Ier) :

« J’aimerais aborder de grands sujets, faciliter la vie quotidienne des Monégasques, sur des questions sportives, par exemple. Je pense notamment à la mise en place d’un pôle d’excellence en principauté, un projet de performance nationale, pour permettre aux plus motivés d’atteindre le haut niveau. »

Granero Charlotte ©Conseil National des Jeunes

Charlotte Granero

(élève de cinquième au collège Charles III) :

« Donner la parole à la jeunesse est une bonne initiative. Je serai sensible à quatre sujets en particulier : la santé, l’environnement, le futur des Monégasques, et l’éducation, en intégrant mieux les hauts potentiels, par exemple. »

Konieczny Emma ©Conseil National des Jeunes

Emma Konieczny

(élève de cinquième au collège François d’Assise – Nicolas Barré) :

« Je souhaite m’investir dans la vie de mon pays,

sur des sujets relatifs à l’éducation, l’aménagement de la ville, l’art et la culture, mais aussi la solidarité. J’aimerais, par exemple, faire en sorte que nous ayons deux heures de sport à l’école, quatre fois par semaine, de 14 à 16 heures, du lundi au vendredi. »

Noghes Alexandrine ©Conseil National des Jeunes

Alexandrine Noghes

(élève de cinquième au collège Charles III) :

« J’aime l’idée de pouvoir changer les choses et le monde grâce à la politique. L’environnement me semble être le sujet le plus important. Il faut faire quelque chose contre la pollution. J’espère que nous pourrons aboutir sur un projet. »

Pastor Camille ©Conseil National des Jeunes

Camille Pastor

(élève de cinquième au collège François d’Assise – Nicolas Barré) :

« Nous vivons une époque cruciale pour l’avenir de la planète, mais je souhaite aussi aborder les problèmes liés aux réseaux sociaux. L’association Action Innocence intervient dans les établissements scolaires, mais les violences et les humiliations persistent malgré tout, y compris sur les réseaux sociaux. J’en ai moi-même été la victime, et j’ai pu compter sur le soutien des intervenants de l’association, et de mes parents pour en sortir. Désormais, mon implication sera la plus totale sur le sujet, aux côtés des autres élus du Conseil national des jeunes. »

Risani Mélissa ©Conseil National des Jeunes

Mélissa Risani

(élève de troisième au collège Charles III) :

« C’est une expérience unique, et une chance que de pouvoir développer notre capacité à créer, et à imaginer, pour élaborer une future loi avec mes camarades. J’aimerais réfléchir, et agir, sur des questions liées au sport, à l’éducation, la solidarité, et rendre plus accessible l’inscription au bénévolat. »

Seydoux inlé ©Conseil National des Jeunes

Inlé Seydoux

(élève de troisième au collège Charles III) :

« J’aimerais réfléchir à comment réorganiser les programmes scolaires, et comment trouver un meilleur équilibre entre les heures de cours et nos activités extérieures. Il faut aller plus loin et étudier ce qui est fait ailleurs. Condenser plus d’heures de cours et réduire, pourquoi pas, les devoirs à la maison. Je suis convaincue que c’est possible. Aux jeunes de se faire entendre et de partager ses attentes et ses solutions. »

Jules Tomatis ©Conseil National des Jeunes

Jules Tomatis

(élève de quatrième au collège François d’Assise – Nicolas Barré) :

« La fabrique des lois m’intrigue. Je voudrais réfléchir aux sujets concernant l’avenir et le rayonnement du pays, mais aussi la mobilité, l’environnement, le sport et le numérique. »

Van Klaveren Emma ©Conseil National des Jeunes

Emma Van Klaveren

(élève de seconde au lycée Albert Ier) :

« Le Conseil national des jeunes prouve la volonté certaine de mieux prendre en compte les générations de demain. C’est aussi mon cas. En amenant ma petite sœur au parc, par exemple, je vois que rien n’a changé, ce sont toujours les mêmes jeux que lorsque j’étais petite. Or, les jardins sont un formidable tremplin pour créer des réflexes basiques d’écologie. Un enfant sensibilisé est un enfant engagé. Nous pourrions proposer des jeux intelligents, et y inviter le numérique pour un meilleur accès à la culture, en imaginant des expositions temporaires et interactives. »

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