mardi 27 juillet 2021
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Coup d’accélérateur dans le déploiement de l’identité numérique

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La carte d’identité numérique est attendue au premier semestre 2021.

Elle permettra, à ceux qui souhaitent y adhérer, de s’authentifier sur les sites Internet de services publics, avec une identité officielle.

C’est un nouveau pas qui vient d’être franchi dans le programme de transition numérique, Extended Monaco. Jeudi 15 octobre 2020, le gouvernement a en effet profité des Assises de la sécurité pour dévoiler les contours de la future identité numérique monégasque. Celle-ci est attendue pour le premier semestre 2021.

Accéder aux services publics

Après le vote de la loi n° 1483 relative à l’identité numérique en décembre 2019 qui a permis de « mettre les garde-fous nécessaires pour éviter les potentielles dérives », la théorie laisse donc place à la pratique. « Chaque Monégasque et résident pourra disposer d’une identité numérique associée à son nouveau titre d’identité selon un calendrier prévisionnel de déploiement initialisé sur le premier semestre 2021 », nous apprennent les autorités. Avant d’en expliquer le principe : « Cette identité numérique permettra une authentification à la fois hautement sécurisée, simple, sans nécessité de justificatifs additionnels, donnant un accès fluide aux différentes procédures qu’on souhaite engager avec les services de l’État ». En d’autres termes, la carte d’identité numérique vous permettra d’accéder à des services publics exigeant une identification robuste : inscrire ses enfants à l’école, percevoir des aides de l’État, signer des contrats dématérialisés, obtenir des documents officiels comme des actes d’état civil, constituer des déclarations sur l’honneur en ligne, accéder à des e-services avec une identification unique… Le déploiement de l’identité numérique est devenu un enjeu majeur pour la principauté qui ne souhaite pas être dépossédée dans le monde numérique du rôle de garant de l’identité qu’elle joue dans le monde physique. Car aujourd’hui, les Gafam (Google, Apple, Facebook, Amazon et Microsoft) empiètent de plus en plus sur ce terrain, en proposant aux internautes d’utiliser leurs identifiants pour avoir accès à certains services. Concrètement, le système d’authentification mis en place par Monaco se présentera sous forme digitale via une application puisque, comme le rappelle Julien Dejanovic, directeur des services numériques du gouvernement, « l’identité numérique sera déclinable sur mobile ». Il sera également encodé sur la carte d’identité, l’idée étant d’appliquer le principe du « Tell us once » (dites-le nous une seule fois), c’est-à-dire « ne pas solliciter une information qui a déjà été transmise à l’administration ».

La sécurité et protection des données au centre de l’attention

Parmi les préoccupations du gouvernement figurent bien évidemment la protection des données et le respect de la vie privée. À ce sujet, le directeur des services numériques du gouvernement s’est voulu clair : « On travaille en conformité avec le règlement général sur la protection des données (RGPD) et tous les usages qui vont découler de cette identité ne pourront se faire qu’avec le consentement de l’usager ». D’ailleurs, cette identité numérique ne sera en aucun cas obligatoire. En tout cas, pour le moment : « Il faut bien comprendre qu’il s’agit de faciliter la vie des usagers et d’apporter un plus. Ce ne sera absolument pas obligatoire », a assuré Julien Dejanovic. Des propos confirmés par le gouvernement princier : « La principauté de Monaco et son prince souverain ont fait de la protection des données et du respect de la vie privée, une priorité. Ainsi et conformément au RGPD, la déclinaison de l’identité régalienne en identité numérique se fera uniquement à la suite d’un accord explicite de la personne concernée ». De quoi rassurer les plus sceptiques ? Pour garantir une sécurité optimale, les autorités ont en tout cas décidé de faire confiance à un expert en la matière, en l’occurrence IN Groupe. Preuve de leur savoir-faire, l’entité commerciale de l’imprimerie française fait valoir sa collaboration avec 28 gouvernements. Elle est notamment en charge des pièces d’identité en France. « Cette carte d’identité numérique permettra à la fois une identification physique mais elle sera aussi un document de transport. Elle respectera les obligations standards internationales pour les documents de voyage, à l’identique de ce qui pourrait être fait pour un passeport. Et ce sera aussi la fourniture, à travers ce système, d’une identité numérique qui sera compatible et conforme à un ensemble de normes et de standards en particulier européens », explique Yann Haguet, vice-président exécutif d’IN Groupe. De son côté, la mairie, par la voix de Nicolas Croesi adjoint au maire, s’est d’ores et déjà engagée à « accompagner les personnes qui ne sont pas encore très familières sur le sujet, notamment les personnes âgées, pour les aider à utiliser ces outils technologiques. Tout en gardant l’administration physique de proximité ». Après le déploiement de la 5G en juillet 2019, et en attendant le cloud souverain, dont le lancement est lui aussi prévu en 2021, Monaco poursuit donc sa mue numérique entamée il y a un peu plus d’un an. Si l’application de l’identité numérique aux services publics s’avère efficace, celle-ci pourrait être déployée dans le domaine médical, dans les entreprises privées ou les banques après examen par les autorités. Elle fera alors de Monaco, l’un des pays les plus avancés au monde dans ce domaine.

© Photo Michael Alesi / Direction de la Communication

Monaco partage son expérience avec la France

Entamé il y a un peu plus d’un an, le programme Extended Monaco, dont l’objectif est rappelons-le de faire de la principauté l’un des pays les plus digitalisés au monde, continue son développement. Il devrait même connaître un grand coup d’accélérateur en 2021 avec le déploiement du cloud souverain (lire Monaco Hebdo n° 1165) et de l’identité numérique (lire par ailleurs), confirmant ainsi que la principauté compte bien s’appuyer sur le numérique pour sa relance économique. Fière de son programme et de ses avancées en matière de transition numérique, Monaco n’hésite d’ailleurs pas à partager son expérience avec les pays voisins. Vendredi 16 octobre 2020, un groupe de parlementaires français a ainsi été reçu au ministère d’État par le délégué interministériel en charge de la transition numérique, Frédéric Genta. Au cours de cette rencontre, qui s’est inscrite dans le cadre des Assises de la sécurité, les autorités monégasques ont présenté à leurs homologues français le travail effectué pour faire du numérique le socle de toutes les politiques publiques en irriguant toutes les composantes de la société, en termes de santé, d’éducation ou de services publics. « Nous apprenons tous en marchant, donc nous nous aidons les uns les autres, dans le but que chacun puisse apprendre de l’autre et Monaco s’inscrit dans cette logique de partage, d’apprentissage et de croissance pour réussir dans un monde numérique », a indiqué Frédéric Genta, au sortir de la réunion au cours de laquelle il a notamment été question d’identité numérique, de 5G, ou encore de blockchain. Des sujets qui suscitent actuellement de vifs débats de l’autre côté de la frontière. Les parlementaires français, membres de la nouvelle mission d’information créée cet été au sein de l’Assemblée nationale pour « Bâtir et promouvoir une souveraineté numérique nationale et européenne » sont ainsi repartis de Monaco avec les meilleurs enseignements de la politique menée dans ce domaine par la principauté. Un retour d’expérience apprécié à sa juste valeur par Jean-Michel Mis, député La République en Marche (LREM) de la Loire, et vice-président de cette mission d’information parlementaire. « La principale leçon que l’on peut tirer, c’est la capacité à mettre en transversalité des sujets qui souvent sont traités en silo dans chaque direction. L’intérêt d’avoir une tour de contrôle avec une vision transversale et un caractère opérationnel et concret. Monaco est un modèle pertinent à mettre au cœur de la mission que l’on va conduire ».

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