jeudi 28 janvier 2021
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Un budget primitif 2021 en déficit, voté à l’unanimité

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Crise sanitaire oblige, le budget primitif 2021 accuse un déficit de 114,5 millions d’euros. Il a été voté à l’unanimité des élus présents, le 17 décembre 2020.

Il n’y avait, bien sûr, aucun suspens. En pleine pandémie de Covid-19, gouvernement et Conseil national ont continué d’afficher leur union. Dans la soirée du 17 décembre 2020, l’ensemble des conseillers nationaux a voté en faveur du budget primitif 2021, qui affiche un déficit de 114,5 millions d’euros (voir encadré). À l’unanimité, les 23 élus présents, ont justifié un à un leur vote. Et, globalement, la tonalité est restée positive, avec une satisfaction affichée par beaucoup. À commencer par le président du Conseil national, Stéphane Valeri, qui a dressé une liste des points sur lesquels les attentes des élus ont été comblées. Dans le désordre, il s’est ainsi félicité du « dépistage massif et gratuit sur la base du volontariat, pour les enseignants et les personnels de la communauté éducative, ainsi que pour les élèves, et plus largement pour l’ensemble des résidents de la principauté ». L’effort de l’État pour accompagner les secteurs les plus touchés par la pandémie de Covid-19 a aussi été rangé au rayon « satisfaction » par le président du Conseil national. La mise en place du Chômage total temporaire renforcé (CTTR), une mesure phare pour tenter de sauver le maximum d’emplois en principauté, a également été citée. « Le Conseil national souhaite que le recours au CTTR soit possible aussi longtemps que nécessaire », a ajouté Stéphane Valeri, qui a aussi évoqué d’autres dispositifs d’urgence, notamment l’aide aux structures, le Revenu minimum extraordinaire (RME), ou la Commission d’accompagnement à la relance économique (Care). En ce qui concerne la relance de la consommation, l’accord donné par le gouvernement pour 4 heures de gratuité des parkings sous conditions d’achat, pendant les week-ends, et à partir du samedi 19 décembre 2020, a aussi été relevé comme une avancée positive. Autre point de satisfaction : la future mise en place de la commission d’indemnisation des victimes d’infractions pénales « Nous réclamions sa création depuis le début de la mandature [en février 2018 — NDLR], a souligné Stéphane Valeri. C’est un pas de plus pour aider les femmes victimes de violences domestiques, qui, très souvent, se heurtaient à l’insolvabilité de leur conjoint. » En ce qui concerne les comptes publics, le président du Conseil national s’est aussi félicité de la transformation par le gouvernement d’une proposition de loi du Conseil national en projet de loi. Ce texte a pour objectif la mise en place d’une loi de clôture budgétaire, « pour un meilleur suivi et une plus grande lisibilité de nos finances publiques », a rappelé Stéphane Valeri.

SBM

Concernant le plan social lancé en octobre 2020 par la Société des bains de mer (SBM), le président-délégué Jean-Luc Biamonti a officialisé le 11 décembre 2020 189 départs volontaires ((lire par ailleurs notre article, dans ce numéro) et « quelques petites dizaines » de licenciements contraints, dans les colonnes de Monaco-Matin. Estimant que les déclarations de Jean-Luc Biamonti permettent de donner des « perspectives » à la négociation engagée avec les syndicats, Stéphane Valeri a jugé qu’il fallait continuer de « rapprocher les positions concernant certains points qui concernent les conventions collectives […]. Nous devons nous placer aussi bien aux côtés des dirigeants, qui ont des décisions indispensables et difficiles à prendre pour assurer l’avenir de l’entreprise, qu’aux côtés des salariés, à qui on demande de faire des efforts importants. À ce sujet, tous les dirigeants, chacun à leur place, doivent être solidaires en montrant l’exemple. C’est sur cette base que la négociation pourra aboutir. Rien ne serait pire que de se résoudre à une lutte des uns contre les autres. Il faut tout faire pour éviter un grave conflit social qui serait préjudiciable pour Monaco, pour la SBM et pour l’ensemble de ses salariés. » De son côté, l’élu Primo !, Guillaume Rose s’est montré plus circonspect concernant l’approche des négociations entre les syndicats et la direction de la SBM : « J’appelle à ce que pendant cette nouvelle année 2021, dont les débuts vont être très difficiles, nous n’assistions pas à un retour de cette arrogance qui a fait tant de dégâts dans le passé. Je parle aujourd’hui pour la SBM, par exemple. Réunis tous ensemble comme rarement, les syndicats ont, semble-t-il, essuyé beaucoup de cette arrogance, qui a disparu de nos rapports depuis quelque temps. »

« Revigorant »

Du côté de l’opposition, l’élu Union Monégasque (UM), Jean-Louis Grinda a donc voté ce budget, malgré quelques sujets qui fâchent, notamment, et c’est une habitude depuis de longues années déjà, sur les « imprécisions » des recettes et des dépenses du budget de l’État. La future usine d’incinération (lire notre article dans ce numéro) a gêné aussi Jean-Louis Grinda, et a fait naître chez lui quelques regrets :  « Je ne peux que reconnaître que demander de brûler nos poubelles ne puisse pas enthousiasmer les autorités françaises. Si nous leur avions proposé un véritable partenariat gagnant-gagnant, nous aurions pu avancer dans cette affaires. Mais je crains aujourd’hui qu’il n’en soit plus encore temps. » Enfin, la demande de Grinda de construire un immeuble de 30 appartements destinés aux enfants du pays (lire Monaco Hebdo n° 1178), fait aussi partie des sujets qui laissent un goût d’inachevé à cet élu UM : « J’ai regretté de la part du gouvernement un silence un peu pesant sur la situation des enfants du pays. Le président du Conseil national, Stéphane Valeri, m’a répondu. J’aurais aimé entendre des membres du gouvernement un soutien, mais je ne doute pas qu’il viendra… » Toujours du côté de l’opposition, l’élue Horizon Monaco (HM), Béatrice Fresko-Rolfo, a évoqué l’impact économique du Covid-19. Elle a fait part de sa « confiance » dans le gouvernement, afin qu’il fasse preuve d’une « approche humaine des situations et donc de soutenir autant que possible les entreprises qui essaient de garder leurs employés » notamment à travers le CTTR. Jacques Rit, élu HM, s’est attardé pour sa part sur le programme triennal d’équipement du gouvernement. Un programme qu’il a jugé très positif, grâce à trois lignes budgétaires qui dépassent les 400 millions d’euros : le nouveau centre hospitalier princesse Grace (CHPG), le plan numérique et les projets immobiliers Testimonio 2 et 2 bis. « En cette période de doutes et d’inquiétude, c’est particulièrement revigorant. Ce sont des ambitions qui traduisent la confiance de notre gouvernement dans un prochain retour de notre économie à sa vitesse de croisière », a jugé Jacques Rit.

2021

L’année 2021 sera fortement impactée par la pandémie de Covid-19, et l’heure sera à la vaccination pour tenter d’enrayer les contaminations. Au moment de motiver son vote en faveur de ce budget prévisionnel 2021, l’élu Primo ! et médecin, Christophe Robino, a jugé que la vaccination était « la seule arme efficace pour contrer la propagation du virus et mettre un terme à cette pandémie mondiale ». Désormais, la problématique consistera à vacciner au moins 75 % de la population afin de pouvoir atteindre une immunité de groupe. Un sacré pari, dont Christophe Robino mesure pleinement l’enjeu : « Nous devons poursuivre nos efforts pour convaincre les plus indécis, pour atteindre cet objectif prioritaire : celui d’une couverture vaccinale suffisante pour obtenir une immunité collective. » En conclusion de cette dernière séance de l’année 2020 au Conseil national, Stéphane Valeri a évoqué quelques uns des textes qui rythmeront 2021 : notamment la transmission de la nationalité monégasque par mariage, la modernisation du statut des fonctionnaires, certains textes pour le développement du numérique, un texte pour lutter contre le harcèlement scolaire et une loi pour la sauvegarde à long terme du secteur protégé d’habitation. L’année 2021 s’annonce chargée.

Un budget primitif 2021 en déficit de 114,5 millions d’euros

Recettes : En 2021, les recettes ont été estimées à 1,468 milliard d’euros. Elles sont en baisse de -2,7 % par rapport au budget primitif de 2020, soit -40,4 millions d’euros.

Dépenses : Les dépenses ont été estimées à 1,583 milliard d’euros. Dans le détail, 957,6 millions ont été affectés pour les dépenses ordinaires et 625,4 millions pour les dépenses d’équipements et d’investissements. Les dépenses enregistrent une hausse de 5,2 % (soit 78,9 millions) par rapport au budget primitif 2020.

Déficit : Le budget primitif pour l’année 2021 présente un excédent de dépenses de -114,5 millions d’euros.

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