mardi 25 janvier 2022
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Coronavirus : des sanctions en cas de non-respect du confinement

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Deux semaines après la mise en place du confinement en principauté, Patrice Cellario, conseiller-ministre pour l’intérieur, a dressé un nouveau bilan, mercredi 1er avril, au cours d’une conférence de presse téléphonique.

S’il estime que le confinement est globalement bien respecté à Monaco, il appelle la population à ne surtout pas relâcher ses efforts, et annonce des sanctions pour les plus réfractaires.

Bien, mais peut (encore) mieux faire. C’est sans doute l’appréciation qui serait apposée sur le bulletin des résidents de la principauté pour le respect du confinement. Le 1er avril 2020, au cours d’une conférence téléphonique avec la presse monégasque, Patrice Cellario, conseiller-ministre pour l’intérieur, a dressé un nouveau bilan quinze jours après la mise en place de la mesure.

Un confinement « globalement bien respecté »

« Le confinement est globalement respecté », s’est félicité le ministre de l’intérieur avant de saluer « la grande maîtrise et le sens civique de l’ensemble de la population ». Alors que les beaux jours arrivent, et après plus de deux semaines de confinement, l’enfermement devient pourtant de plus en plus difficile à vivre et la tentation de sortir est grande. D’ailleurs, Patrice Cellario le reconnaît volontiers : « Chaque jour qui passe est un défi ». Mais pas question de céder à l’appel du soleil pour autant, le ministre de l’intérieur veut prévenir tout relâchement dans les efforts et rappelle l’importance du confinement dans la lutte contre la propagation du coronavirus : « Avec les beaux jours, on peut avoir tendance à avoir un certain relâchement et une envie plus grande de s’aérer. Il faut vraiment lutter contre cela ! […] Le confinement est une voie importante dans la maîtrise de l’épidémie ». Tout le monde en principauté n’en a toutefois pas encore pris conscience comme cette personne contrôlée un dimanche par la sûreté publique alors qu’elle rejoignait des amis sur un bateau pour boire l’apéritif : « Globalement, le confinement est respecté. Mais cela ne veut pas dire qu’il n’y a pas des anomalies […] Il faut faire la chasse à chaque anomalie », confie Patrice Cellario. Et pour organiser cette « chasse », le ministre de l’intérieur peut compter sur les agents de la sûreté publique qui ont réalisé 14 879 contrôles depuis le début du confinement (entre le jeudi 19 mars et le vendredi 3 avril). Voitures, deux-roues, piétons et même donc les bateaux (635 contrôles depuis le 19 mars)… Des contrôles ont lieu de jour comme de nuit à Monaco : « Mercredi 1er avril, 211 véhicules ont été contrôlés le matin aux entrées de la principauté, deux d’entre eux n’étaient pas porteurs de l’attestation justifiant le déplacement vers la principauté. Ces véhicules ont été refoulés », a expliqué Patrice Cellario qui a annoncé un renforcement des contrôles dans les jours à venir.

© Photo Monaco Hebdo / Jessica Vannier

« On n’a pas mis en place le confinement pour sanctionner les gens. On a mis en place le confinement pour préserver la santé des gens. Le fait de mettre une amende, c’est plus le constat de l’échec de cette compréhension » Patrice Cellario. Conseiller-ministre pour l’intérieur

Des amendes de 70 à 200 euros

D’ailleurs, après avoir longtemps fait preuve de pédagogie, le gouvernement a décidé de durcir le ton envers ceux qui ne respecteraient pas le confinement. Depuis le 27 mars, « nous avons introduit la possibilité de sanctionner le non-respect des mesures qui étaient prescrites. Des sanctions pourront donc être appliquées », a annoncé Patrice Cellario. Avant de justifier cette mesure : « On n’a pas mis en place le confinement pour sanctionner les gens. On a mis en place le confinement pour préserver la santé des gens. Le fait de mettre une amende, c’est plus le constat de l’échec de cette compréhension ». Des amendes allant de 70 à 200 euros pourront donc désormais être adressées aux réfractaires du confinement mais « avec discernement et pertinence […] Il y a des circonstances qui peuvent justifier qu’on fasse encore preuve de pédagogie », a précisé le ministre de l’intérieur. En France, plus de 350 000 amendes ont été dressées en quinze jours. À Monaco, une trentaine de personnes ont été verbalisées le week-end dernier. Pour notre aficionado des apéritifs sur un bateau, en revanche, pas de sanction mais un « bon sermon » selon le ministre de l’intérieur. 

Respect des règles

Le ministre de l’intérieur a d’ailleurs profité de ce point presse pour rappeler les règles du confinement. Toute sortie est interdite sauf pour des raisons impérieuses a indiqué le conseiller de gouvernement-ministre : « On n’a pas le droit de sortir de chez soi sauf pour aller travailler si on ne peut pas télétravailler ou s’il y a une intervention impérieuse, dont le délai ne peut pas être reporté. Pour cela, on doit avoir un justificatif de ce travail […] Et pour des raisons impérieuses de santé, des consultations qui ne peuvent pas être différées, des médicaments qu’il faut impérativement acquérir… Mais c’est vraiment à chaque fois des raisons impérieuses », a insisté Patrice Cellario. Concernant les sorties pour faire des courses essentielles, le ministre a indiqué qu’elles devaient se faire à proximité du domicile. Pas question donc de traverser la ville pour acheter une baguette de pain… De même pour l’activité physique qui doit également se faire « en solitaire » et non pas en groupe. « C’est vraiment des sorties pour s’aérer, pour se dégourdir les jambes, a insisté Patrice Cellario, elles doivent se faire de manière brève (quelques dizaines de minutes) et à des distances qui demeurent dans un rayon de proximité par rapport au domicile ».

© Photo Charly Gallo / Direction de la Communication © Photo DR

« Nous sommes dans un mode de travail dégradé puisque nous avons confiné une partie de nos personnels pour pouvoir, en cas de problèmes, assurer la continuité et la permanence du service » Richard Marangoni. Directeur de la sûreté publique

Vigilance sur les violences conjugales et les nuisances sonores

Le directeur de la sûreté publique, Richard Marangoni, était également présent pour cette conférence téléphonique. L’occasion pour lui d’évoquer la réorganisation qui s’est opérée dans ses services. « Nous sommes dans un mode de travail dégradé, puisque nous avons confiné une partie de nos personnels pour pouvoir, en cas de problèmes ou en cas d’un certain nombre de personnes qui auraient été positives, assurer la continuité et la permanence du service », a expliqué le directeur de la police. De son côté, Patrice Cellario a rappelé que le télétravail était également de rigueur à la sûreté publique, « pour les parties de missions qui peuvent en faire l’objet ». Conséquence des mesures de confinement, la délinquance est « très faible pour ne pas dire complètement nulle », a indiqué Richard Marangoni. En revanche, une vigilance particulière est portée sur les violences intrafamiliales et les nuisances sonores qui peuvent être exacerbées avec le confinement : « On sait que le confinement peut amener ce type de difficultés. Pour l’heure, pas de cas particulier (de violences conjugales), pas de cas dramatique ou pour lesquels nous avons eu à intervenir. Au sujet des nuisances sonores, nous avons des appels tous les soirs de particuliers qui se plaignent de bruit de leurs voisins. Le confinement peut donner une sensibilité, une exacerbation particulière », a reconnu le directeur de la sûreté publique. Enfin, concernant les protections sanitaires des policiers, Richard Marangoni, a annoncé que tous les personnels de la sûreté publique étaient désormais dotés d’un kit qui comprend un masque de protection, des gants, et du gel. Protections qui n’étaient utilisées, jusqu’alors, que lors des interventions à domicile.

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