mardi 30 novembre 2021
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“Rendre l’administration plus réactive”

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« Dans les semaines qui viennent, je vais mettre en place un dispositif dans lequel Stéphane Valeri jouera un rôle pour coordonner, auprès de moi, cette modernisation de l'administration ».
« Dans les semaines qui viennent, je vais mettre en place un dispositif dans lequel Stéphane Valeri jouera un rôle pour coordonner, auprès de moi, cette modernisation de l'administration ». © Photo Laetitia Ferrando / Monaco Hebdo.

Le ministre d’Etat Michel Roger commente les changements que vient de vivre son gouvernement. Un remaniement destiné à donner une nouvelle impulsion à l’administration.

M.H.?: Comment s’est passé le dernier conseil de gouvernement du 12 janvier??

M.R.?: Il y avait forcément une ambiance particulière. Mais je peux vous dire que le climat était détendu et amical. Nous avons d’ailleurs partagé à son issue un déjeuner très agréable tous ensemble.

M.H.?: En clair, il n’y a pas de remaniement sanction??

M.R.?: La nomination d’un nouveau ministre d’Etat et la feuille de route fixée par le prince entraînent forcément des ajustements. Mais je ne porte évidemment aucune critique à l’endroit des trois conseillers sortants. D’ailleurs ils occupent tous les trois de nouvelles fonctions. Pour Franck Biancheri, il devrait, en plus de son travail à Monaco QD, nous aider sur des dossiers internationaux. Je souhaitais comme l’intéressé qu’il conserve un lien avec moi. C’est chose faite. Quant à Sophie Thévenoux et Gilles Tonelli, ils auront des fonctions importantes d’ambassadeurs auprès de grands pays.

M.H.?: On parle de l’ambassade à Paris pour Sophie Thévenoux et de celle de Bruxelles pour Gilles Tonelli??

M.R.?: Cela fait partie des possibles, mais j’ai coutume de ne commenter les nominations que lorsqu’elles sont effectives. Patience, cela ne devrait pas tarder?!

M.H.?: Le remaniement, c’est le choix du prince. Mais vous avez certainement porté ce choix??

M.R.?: Vous avez raison, le remaniement s’est opéré sur proposition du Ministre d’Etat.

M.H.?: Quand avez-vous lancé l’idée??

M.R.?: J’ai commencé à évoquer ce sujet avec le prince après l’été. En novembre, j’ai demandé à Marie-Pierre Gramaglia et à Marco Piccinini s’ils accepteraient de faire partie de l’équipe gouvernementale.

M.H.?: Pourquoi avoir pris tant de temps??

M.R.?: A l’évidence, on ne pouvait imaginer un remaniement dans le contexte de la discussion budgétaire.

M.H.?: Il était bon de sortir de cette période de transition??

M.R.?: Je regrette qu’il y ait eu des fuites, ce qui n’est confortable pour personne.

Je suis en effet heureux que le remaniement soit fait.

M.H.?: Pourquoi un remaniement en deux temps??

M.R.?: Le départ de Franck Biancheri devait se faire dans ce calendrier pour des raisons internes à la société Monaco QD.

M.H.?: Vous connaissiez bien Marco Piccinini??

M.R.?: Je connaissais Marco Piccinini avant d’être ministre d’Etat. J’avais eu l’occasion de le rencontrer à Paris chez des amis. Puis, je l’ai côtoyé souvent dans le cadre de ses fonctions d’ambassadeur en Chine. Nous avons sympathisé sur des sujets d’intérêt commun, puisque par le passé, j’ai moi-même eu une expérience « chinoise » en tant que proche collaborateur de Jean-Pierre Raffarin. Nous nous sommes beaucoup vu sur la Chine et j’ai apprécié sa manière de travailler. Comme je souhaitais donner un signe fort au monde économique, il m’a semblé naturel de proposer le nom de Marco Piccinini au prince.

M.H.?: Et Marie-Pierre Gramaglia??

M.R.?: Je souhaitais qu’il y ait quelqu’un au gouvernement de la génération de Marie-Pierre Gramaglia. C’est le signe qu’être conseiller de gouvernement n’est pas une fin de carrière. C’est un honneur et un service que l’on rend à son pays pour un temps déterminé – on ne reste pas conseiller de gouvernement pendant des dizaines d’années. Marie-Pierre Gramaglia a une expérience reconnue en matière de nouvelles technologies et elle a activement participé au groupe formé par André Garino sur l’attractivité. De plus, je souhaitais qu’après le départ de Sophie Thévenoux, une autre femme puisse entrer au gouvernement.

M.H.?: Quant à José Badia, il est plus familier avec l’administration??

M.R.?: Cette nomination a également un sens important. Choisir un ambassadeur en fonction c’est recourir à un professionnel des affaires internationales. C’est un message positif et d’encouragement adressé au corps diplomatique et consulaire.

M.H.?: Vous avez voulu bousculer les habitudes de l’administration, lui donner une nouvelle impulsion??

M.R.?: L’impulsion donnée ne doit pas s’analyser comme une critique de son fonctionnement passé mais comme une volonté de rendre l’administration plus réactive et plus proche de la population. L’expansion économique, par exemple, a déjà fait de gros efforts. Quand on fixe des objectifs clairs, les fonctionnaires sont désireux de les tenir. C’est comme ça qu’on avance.

M.H.?: Quand Stéphane Valeri avait été nommé l’an passé, il avait été question d’élargir son portefeuille à la modernisation de l’administration. Est-ce d’actualité aujourd’hui??

M.R.?: La mission de moderniser l’administration ne peut appartenir qu’au ministre d’Etat. Ceci dit, dans les semaines qui viennent, je vais mettre en place un dispositif dans lequel Stéphane Valeri jouera un rôle pour coordonner, auprès de moi, cette modernisation de l’administration. C’est logique car c’est lui qui est en charge du dialogue social et qui conduit les discussions avec la commission mixte mise en place avec le conseil national sur le nouveau statut de la fonction publique. La modernisation se fera avec les agents de l’Etat.

M.H.?: On peut imaginer un comité de pilotage??

M.R.?: La réflexion n’est pas encore achevée. On peut, en effet, imaginer un comité de pilotage. Mon idée est de mettre en place un système léger et non une superstructure pour terminer les réformes qui ont déjà été engagées et poursuivre la modernisation.

M.H.?: Quelles sont les priorités fixées aux conseillers??

M.R.?: C’est bien sûr l’application de la feuille de route et la déclinaison des mesures sur l’attractivité. Par exemple, Marco Piccinini va aboutir sur le projet de loi sur les droits de mutation qui sera déposé très vite sur le bureau du conseil national. Autres priorités?: préparer la loi de modernisation du droit économique en liaison avec le délégué des affaires juridiques, Laurent Anselmi. Marie-Pierre Gramaglia doit assurer la transition entre le projet médical du futur hôpital, défini fin décembre, et sa déclinaison sur le plan architectural. Le choix du site sera fait fin mars. Il faut donc avancer.

M.H.?: Où en est la création de l’Institut monégasque de statistiques??

M.R.?: L’institut monégasque des statistiques sera présenté à la presse le 31 janvier tout comme le PIB 2009. Le comité scientifique sera bien présidé par Pierre-André Chiappori.

M.H.?: Y aura-t-il d’autres changements au sein des départements?? Stéphane Valeri avait souhaité choisir son DG.

M.R.?: Les nouveaux conseillers ont des tâches prioritaires. Ils doivent prendre la mesure de leur département et ils peuvent compter sur les directeurs en place.

M.H.?: Cela permet de garder une continuité vu qu’il y a beaucoup de sang neuf??

M.R.?: Je souhaite que les conseillers de gouvernement aient une présence plus marquée dans l’espace public. Pour moi, cela implique davantage de terrain, davantage d’écoute auprès des acteurs économiques. Le conseiller de gouvernement impulse, contrôle l’administration, mais pour gérer au quotidien les services, il y a les directeurs généraux et les directeurs des services. Le conseiller de gouvernement n’est pas un “super directeur général” mais un membre du gouvernement du prince.

M.H.?: Il y a donc selon vous une nouvelle logique de gouvernement??

M.R.?: Les récentes nominations s’inscrivent dans une logique de modernité. L’action du gouvernement se situe dans le débat, la proximité avec les administrés et la vision prospective à moyen et long terme du développement du pays.

M.H.?: Ce qui passe par davantage de communication des conseillers??

M.R.?: Nous devons tous communiquer mieux et expliquer nos actions surtout au quotidien. Le gouvernement à Monaco a une particularité?: il n’y a qu’un seul ministre dont relève la communication. Les conseillers de gouvernement peuvent s’exprimer bien évidemment. Mais nous ne sommes pas dans le système français où les ministres aspirent à exister sur le plan médiatique en communicant le plus possible.

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