mardi 20 avril 2021
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Yacht Club : Un an de retard

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futur Yacht Club
Ce chantier gigantesque de 18?000 m2 comprendra à terme, en plus du Yacht Club de 5?000 m2 et de ses 4?500 m2 de terrasses, le club de voile, une salle d'expo de 1?500 m2, l'école d'aviron et un parking de 150 places.

Le chantier du futur Yacht Club, quai Kennedy, a encore les pieds dans l’eau. La livraison du vaisseau signé Norman Foster est reportée à la mi 2013.

Il faudra s’armer de patience pour voir sortir de terre (ou de l’eau), sur le quai Kennedy, le Yacht Club en forme de bateau, signé Lord Norman Foster. Le fameux bâtiment en métal et en verre, dessiné par le cabinet de l’architecte qui a conçu l’époustouflant viaduc de Millau ou encore l’Hôtel de Ville à Londres devait être inauguré en mars 2012. Mais aujourd’hui, le chantier accuse un an de retard. Démarrés en juin 2008, les travaux de terrassement de ce chantier gigantesque de 18?000 m2 qui comprendra à terme, en plus du Yacht Club de 5?000 m2 et de ses 4?500 m2 de terrasses, le club de voile, une salle d’expo de 1?500 m2, l’école d’aviron et un parking de 150 places, ont du mal à avancer. « Le chantier est compliqué car on est sur la mer, explique ainsi Jean-Marie Véran, directeur des travaux publics. La livraison interviendra avec au moins six mois de retard, et probablement plutôt un an si les entreprises n’arrivent pas à trouver des solutions pour rattraper le retard. »

Il n’y a qu’à regarder les photos du Monaco d’antan pour comprendre pourquoi le chantier a les pieds dans l’eau. A la place du boulevard Louis II, construit à flanc de rocher, sur lequel sera accolé le Yacht Club de Monaco, il n’y avait… que la Méditerranée. Ce n’est qu’au 20ème siècle que, pour gagner de l’espace, Monaco s’est étendu sur la mer, créant, au fil du temps, le boulevard Louis II, la digue Nord puis la contre-jetée. Résultat, le terrassement, opéré par des tirs de mines, s’embourbe?: « Les travaux de génie civil se déroulent sous l’eau, explique Eric Kazarian, chef de division aux TP, chargé du dossier Yacht Club. Les travaux de terrassement troublent l’eau et perturbent la vie du chantier. Il était prévu de faire 700 m3 de terrassement de roche par mois. Les entreprises doivent en être au plus à 200 m3 par mois. Ce qui devait faire être fait en 4 mois se fera en un an. »

Sans compter qu’il ne faut pas prendre de risque dans une zone d’habitation située en dessous des Thermes Marins et du Monte- Carlo Star. « Il se trouve que les vibrations provoquées par les explosifs se propagent très facilement dans l’eau, qui est un élément incompressible. On les surveille de près afin d’éviter tout dommage aux avoisinants car nous sommes dans un environnement urbain très dense », explique Jean-Marie Véran.

Pas question d’autoriser les entreprises à augmenter les charges pour accélérer le mouvement, au vu des risques de fissures ou de lustres qui risquent de tomber dans un immeuble aussi luxueux que le Monte-Carlo Star. Ce qui ferait désordre… « Les charges d’explosifs ont dû être réduites, ce qui induit des rendements faibles pour ces terrassements dans un rocher dur et massif », insiste Jean-Marie Véran.

Résultat, pour surmonter ces problèmes et accélérer la cadence, le groupement d’entreprises chargé des travaux (Engeco, Sobeam, SGTM) a dû appeler à la rescousse EMCC (Vinci), spécialisée dans les chantiers maritimes. L’objectif étant de gagner du temps en optimisant l’organisation du chantier.

Méthode en cause??

Mais aujourd’hui, certains élus se demandent si la méthode choisie par le service des travaux publics – qui n’était pas l’option initiale – était la bonne. Lors des études préalables, la maîtrise d’œuvre et la direction des travaux publics avaient en effet dans un premier temps opté pour « couper le chantier de la mer », en construisant un barrage. Ce qui permettait de travailler à sec et d’éviter des circulations d’eau importantes dans la fouille. « A l’origine, on avait imaginé des travaux terrestres. La solution de base était de faire une espèce de barrage et d’assécher la fouille pour ensuite terrasser au sec. Mais en cas de failles, il y aurait pu y avoir un risque de nuisances environnementales avec cette méthode. En concertation avec le groupement d’entreprises, nous avons validé leur variante de travaux maritimes », expliquent Jean-Marie Véran et Eric Kazarian. Qui ajoutent, pour justifier le changement de technique utilisée?: « Dans tous les cas de figure, il peut y avoir des aléas. A part tout remblayer et recommencer, on ne saura jamais si notre option était la meilleure… »

Reste que selon l’élu indépendant Christophe Spiliotis-Saquet, « aujourd’hui, le Yacht Club est devenu un chantier sous-marin où les ouvriers travaillent à l’aveugle, guidés par des plongeurs. Les TP n’ont pas utilisé la bonne méthode. Le changement de technique entraîne des retards. On multiplie le temps et on multiplie les coûts. » Le budget du Yacht Club a ainsi été revu au triennal. Programmé à 93 millions d’euros, il représente aujourd’hui 97,4 millions d’euros. Mais retardé d’un an, qui sait combien ce chantier coûtera au final?? Et qui prendra en charge le surplus?? « Nous attendons normalement la fin du chantier pour régler ce problème », indique sobrement le directeur des TP.

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