mercredi 21 avril 2021
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Les stations de ski attendent toujours l’ouverture des remontées

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Alors que le deuxième confinement de la population française a pris fin mi-décembre 2020, remplacé par un couvre-feu, les remontées mécaniques des stations de ski sont restées fermées pendant toutes les vacances scolaires.

Avec un objectif : se préparer à un retour des passionnés de sports d’hiver qui était espéré pour le début du mois de janvier 2021.

Limone, Le Val d’Allos, Pra-Loup, Valberg, Auron, Isola 2000. Aux oreilles de skieurs de la principauté de Monaco, ces noms résonnent comme des promesses de poudreuse, de cimes enneigées, de repas en famille dans les restaurants d’altitude. Pourtant, cette année, et comme on pouvait s’y attendre, toutes laisseront pendant les vacances d’hiver leurs remontées mécaniques fermées. La raison ? La lutte contre l’épidémie de Covid-19. « La fin de saison 2019-2020 a déjà été amputée, avec des séjours annulés lors de la première vague et le confinement qui s’en est suivi, témoigne Hugo, qui gère une boutique de location de ski à la station de Pra-Loup. Du jour au lendemain, mi-mars 2020, notre chiffre d’affaires s’est effondré. Et la saison 2020-2021 n’a même pas encore pu commencer, alors que nous approchons de la fin de l’année 2020, période traditionnellement chargée avec les séjours pour le Nouvel An. »

« Solidarité »

Le 11 décembre 2020, pour compenser autant que faire se peut les pertes engendrées par la fermeture, annoncée un peu plus tôt, des remontées mécaniques, le gouvernement français a présenté un plan de soutien sectoriel. Budgétisé à hauteur de 400 millions d’euros, selon les chiffres communiqués par le secrétaire d’État en charge du tourisme, Jean-Baptiste Lemoyne, il repose sur « un dispositif ad hoc » pour les sociétés de remontées mécaniques, qu’elles soient privées ou en régie publique. Celui-ci leur permet d’obtenir une prise en charge de 70 % de leurs charges fixes — une prise en charge au prorata du chiffre d’affaires réalisé sur la période, qui représente 20 % du chiffre d’affaires annuel. De même, une aide destinée à tous les commerces, y compris alimentaires, des stations a été mise en place. Ils sont environ 12 000. Ils pourront ainsi accéder au fonds de solidarité, à concurrence de 10 000 euros, dans l’hypothèse où leur chiffre d’affaires baisse d’au moins 50 % — « ce qui ne peut qu’être le cas, dans la mesure où les séjours en station seront rares, du fait de l’impossibilité de skier », relève un professionnel de l’hôtellerie à Isola 2000. Enfin, les moniteurs de ski sont désormais « éligibles au fonds de solidarité », a expliqué Jean-Baptiste Lemoyne, pour une compensation limitée à 10 000 euros ou à 20 % du chiffre d’affaires réalisé sur la même période en 2019. Un plan plutôt bien accueilli par les professionnels et acteurs publics de la montagne. « Nous pouvons saluer le Premier ministre et les ministres concernés qui ont fait un travail énorme pour éviter une catastrophe, commentait auprès des Échos le président de l’Association nationale des maires de stations de montagne (ANMSM), Jean-Luc Boch. Il aura été mis par terre en deux mois ce qui a été construit en 60 ans, depuis le plan montagne. »

© Photo Manu Molle

« Du jour au lendemain, mi-mars 2020, notre chiffre d’affaires s’est effondré. Et la saison 2020-2021 n’a même pas encore pu commencer, alors que nous approchons de la fin de l’année 2020, période traditionnellement chargée avec les séjours pour le Nouvel An » Hugo. Gérant d’une boutique de location de ski à Pra-Loup

Protocole sanitaire

« Le Premier ministre et son gouvernement semblent avoir pris la mesure de la gravité de la situation dans les territoires de montagne, commentaient conjointement l’ANMSM et les domaines skiables de France. La perspective d’une ouverture des remontées mécaniques dès le 7 janvier 2021, et la préparation progressive des vacances de février 2021 dans des conditions sanitaires optimales, apportent enfin de la visibilité à l’ensemble du tissu économique de la montagne. » Alexandre Maulin, qui préside les Domaines skiables de France (DSF), va plus loin : « Les mesures d’accompagnement économique annoncées par le gouvernement devraient prendre enfin en compte la spécificité du modèle économique des domaines skiables, dont dépend tout un écosystème. Il conviendra de vérifier que les paroles seront suivies des actes, et que la mise en place de ces aides intègre un système cohérent pour tous les acteurs, notamment pour les hébergeurs, faute de quoi le parc d’hébergement marchand en stations sera menacé. » Mi-décembre 2020, le gouvernement envisageait donc l’ouverture des remontées mécaniques, ou la réouverture, pour celles qui ont fonctionné en octobre 2020, à compter du 7 janvier 2021. « Ces aides vont nous permettre de tenir le coup jusqu’à la réouverture des remontées mécaniques, estime Hugo. Mais, clairement, la date du 7 janvier 2021, nous l’attendons. Nous espérons ne pas vivre la même déception que celle qu’a connu le secteur culturel, dont le redémarrage a été annulé presque du jour au lendemain. » Dans tous les cas, la réouverture des remontées mécaniques sera accompagnée, qu’elle ait lieu ou non le 7 janvier 2021, d’un strict protocole sanitaire. Les pisteurs-secouristes seront ainsi habilités à pratiquer des tests. Les stations auront l’obligation de prévoir des chambres destinées à héberger les personnes positives. De même, des lieux pour pratiquer les tests devront être réservés.

18 000 emplois directs et 120 000 emplois indirects

Et en attendant ? Les stations de ski proches de Monaco, comme les autres du territoire français (elles sont 250 au total, et représentent 18 000 emplois directs et 120 000 emplois indirects), s’adaptent. Elles rappellent à qui veut l’entendre que seules les remontées mécaniques sont fermées, pas les stations en elles-mêmes. Et qu’il reste possible d’y accomplir de nombreuses activités de plein air : ski de fond, raquettes, jardins d’enfants… « Il est possible de vivre la montagne, ses bienfaits, mais sans le ski alpin », assurait ainsi, mi-décembre 2020, Jean-Baptiste Lemoyne. Au Val d’Allos, par exemple, les amateurs de montagne pourront profiter de deux centres nordiques, Ratery et la Colle-Saint-Michel. Ils permettent de faire du ski de fond, de la randonnée, des raquettes, ou encore de la luge. Du côté de Valberg, de nouvelles pistes de luge sont proposées. Elles complètent 43 kilomètres de chemins tracés pour la raquette, des pistes réservées au fat-bike, un VTT sur neige, et 25 kilomètres de ski de fond. La station de Pra-Loup met également l’accent sur ce cousin, trop souvent délaissé, du ski alpin. « Dans la vallée de l’Ubaye [où se trouve la station Pra-Loup — NDLR], explique-t-on à l’office de tourisme, il est également possible de profiter des plaisirs de la glisse, car ici le ski se décline de nombreuses façons : ski de fond pour profiter d’un air pur et de paysages époustouflants ou ski de randonnée pour allier dépassement de soi et liberté sur les pentes vierges. Bref, un large éventail de façons de profiter de la montagne ! » Notons, par ailleurs, que la saison a été officiellement lancée à Isola 2000 le 19 décembre 2020 avec le Snow duo Trail Mercantour, qui s’est couru en binôme sur deux parcours de 7 et 15 kilomètres. La station s’appuie aussi sur du ski de randonnée, des raquettes, des parcours en chien de traîneau, de la conduite sur glace, ou encore de la moto-neige. Enfin, du côté d’Auron, de nombreux établissements hôteliers et commerces vont rester ouverts pendant ces vacances d’hiver. « Il y a tout pour passer un très bon séjour, assure-t-on à l’office de tourisme. Même sans possibilité de prendre les remontées mécaniques, les occupations ne manquent pas ».

L’Italie s’aligne sur la France et l’Allemagne

Et à l’étranger, pour les Monégasques qui souhaiteraient absolument skier rapidement ? L’herbe ne semble pas vraiment plus verte, ou plutôt, la neige ne semble pas plus blanche. En Italie, à Limone Piemonte par exemple, les remontées mécaniques resteront également fermées pendant toutes les vacances scolaires. Un choix assumé par le gouvernement transalpin, au nom de la cohérence européenne. « Nous ne pouvons pas nous permettre des vacances au ski sans discernement, expliquait ainsi, fin novembre 2020, Giuseppe Conte, le président du Conseil. Pour les remontées mécaniques, la question du protocole est une chose, mais c’est tout ce qui tourne autour des vacances à la neige qui est incontrôlable. Avec Angela Merkel et Emmanuel Macron, nous travaillons sur un protocole européen commun. Il n’est pas possible de permettre des vacances à la neige, on ne peut pas se le permettre. » Quant à envisager de se rendre en Suisse, distante de quelque 500 kilomètres de la principauté, pour rejoindre les pistes de ski helvètes, cela semble plus que compromis : cinq des plus grands hôpitaux du pays ont ainsi écrit, mi-décembre 2020, une lettre ouverte au ministre fédéral de la santé. Ils réclament dans celle-ci aux autorités la mise en place d’un confinement dans le pays, avec interdiction du ski. La Suisse étant, rappellent-ils, le pays « où le coronavirus progresse le plus rapidement en Europe »

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