dimanche 27 septembre 2020
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Société des Bains de Mer.
Des comptes enfin dans le vert,
avant une nouvelle année noire

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Les comptes de la Société des Bains de Mer (SBM) sont (enfin) dans le vert. Pour la première fois en huit ans, le groupe présente un résultat bénéficiaire en 2019-2020. Mais la crise sanitaire due au coronavirus, qui a déjà fortement impacté son chiffre d’affaires en mars 2020, laisse imaginer un exercice 2020-2021 qui pourrait être l’un des pires de l’histoire de cette entreprise créée en 1863 par François Blanc.

Jean-Luc Biamonti aurait dû afficher un large sourire, fier des résultats de son groupe. Mais au moment de présenter les chiffres de l’exercice 2019-2020, jeudi 28 mai 2020, le président délégué de la Société des Bains de Mer (SBM) affichait plutôt une mine défaite. Et pour cause, la crise sanitaire actuelle laisse présager le pire pour les finances du groupe.

Un bénéfice net de 26,1 millions d’euros

Après sept années consécutives de pertes, soit plus de 174 millions d’euros en cumulé, la SBM a enfin dégagé un exercice bénéficiaire. Le groupe boucle en effet ses comptes 2019-2020, clos fin mars 2020, avec un bénéfice net de 26,1 millions d’euros, mais surtout avec un bénéfice opérationnel de 22,6 millions d’euros. Des résultats en nette augmentation par rapport à l’exercice précédent, qui s’était soldé par un résultat opérationnel dans le rouge à – 9,6 millions d’euros et un bénéfice net bien moindre puisqu’il s’élevait à 2,6 millions d’euros. Quant au chiffre d’affaires consolidé, il est estimé à 619,8 millions d’euros pour l’exercice clos au 31 mars dernier, en progression de 18 % sur le précédent (526,5 millions d’euros en 2018-2019). « Les résultats 2019-2020 sont bien meilleurs que ceux de l’année dernière », s’est réjoui en conférence de presse Jean-Luc Biamonti. Tous les secteurs ont contribué à cette augmentation du chiffre d’affaires : 8 % pour les jeux, 12 % pour le secteur hôtelier et surtout 85 % pour le secteur locatif, qui bénéficie cette année de l’ouverture du One Monte-Carlo et de la réouverture totale de l’hôtel de Paris. En raison de la mise en location des nouveaux espaces commerciaux de ces deux complexes, le locatif affiche une augmentation de son résultat opérationnel de 34 millions d’euros. Son chiffre d’affaires, lui, passe de 51,9 millions d’euros en 2018-2019 à 96 millions d’euros en 2019-2020. Ce secteur est d’ailleurs l’un des seuls à « n’être que faiblement impacté par les conséquences de la pandémie de Covid-19 », commente la SBM dans un communiqué.

Tous les secteurs dans le vert

Le secteur hôtelier, qui profite pour cet exercice de l’ouverture complète de l’hôtel de Paris et des bonnes performances du Coya, présente un chiffre d’affaire de 284,3 millions d’euros. Son résultat opérationnel s’inscrit en revanche en baisse de 0,9 million en raison notamment des fermetures des établissements au mois de mars 2020. « Nous ne sommes pas encore tout à fait satisfaits de la performance opérationnelle des hôtels mais on s’est bien amélioré », constate Jean-Luc Biamonti. En ce qui concerne les jeux, le chiffre d’affaires a progressé de 17,1 millions en 2019-2020, passant de 222,7 millions à 239,8 millions d’euros. Les appareils automatiques (+11 %) et les jeux de table (+5 %) enregistrent tous les deux une croissance de leurs revenus. Ce qui a pour conséquence d’augmenter de 0,5 million d’euros le résultat opérationnel du secteur. Autre motif de satisfaction : les bons résultats de BetClic Everest Group (BEG). Si les revenus pour l’exercice 2019-2020 sont en recul par rapport à l’année dernière (8,7 millions d’euros contre 12,3 millions en 2018-2019), la SBM continue d’en être bénéficiaire après avoir longtemps éprouvé de grosses difficultés dans le secteur des jeux en ligne. « Nous avons une contribution positive de BetClic. Certes un peu moindre que l’année dernière mais ce n’est pas dû à une moins bonne performance de BetClic. Cela est dû à l’impact du package de management qu’on a donné à BetClic », justifie Jean-Luc Biamonti. Pour rappel, lors du précédent exercice, les 12,3 millions d’euros de BEG avaient permis à la SBM de transformer un exercice négatif en un exercice final positif.

De l’espoir au désespoir

Après plusieurs années de pertes, cet exercice 2019-2020 devait donc être celui du redressement. Malheureusement, l’épidémie de coronavirus est passée par là et a freiné la SBM dans son élan. Laissant ainsi un arrière-goût amer à cet exercice 2019-2020 pourtant bénéficiaire pour la première fois en huit ans. « On était parti pour faire un « malheur » puisque fin février, on était très bien. Et pour l’hôtellerie, on avait en prévisionnel le meilleur mois de mars qu’on n’avait jamais fait. Mais ça ne s’est pas révélé exact parce que l’activité a commencé ralentir en début de mois et elle s’est arrêtée complètement le 15 mars », regrette Jean-Luc Biamonti. À partir de cette date, le groupe a enregistré une perte de plus de 15 millions d’euros en raison de la fermeture totale des casinos et des établissements de restauration, puis celle de l’hôtel Hermitage et du Méridien Beach Plaza la semaine suivante. Seuls l’hôtel de Paris et le Monte-Carlo Bay hotel and resort sont restés partiellement ouverts pour les résidents permanents. Cette perte considérable enregistrée lors du dernier mois de l’exercice écoulé laisse à penser que les résultats seront « très mauvais » pour 2020-2021. « Ils seront très très très largement inférieurs à ceux de 2019-2020 », prévient d’ores et déjà le président-délégué de la SBM, Jean-Luc Biamonti.

© Photo SBM.

« On était parti pour faire un « malheur » puisque fin février, on était très bien. Et pour l’hôtellerie, on avait en prévisionnel le meilleur mois de mars qu’on n’avait jamais fait »

« On se prépare pour le pire, mais on espère le meilleur »

Le groupe monégasque a donc pris différentes mesures pour faire face à des pertes qui pourraient être historiques. Les budgets ont, sans surprise, été revus à la baisse, avec l’annulation de certains investissements jugés non essentiels pour une économie estimée à 30 millions d’euros. Exit donc la restructuration des chambres de l’Hermitage ou du schéma informatique. « Nous avons fait beaucoup de réductions car il faut préserver le cash, les liquidités de ce groupe », s’est justifié le président-délégué de la SBM. Malgré un exercice bénéficiaire, la Société des Bains de Mer a également décidé de mettre ses actionnaires à la diète : « Les actionnaires n’ont pas touché de dividendes depuis assez longtemps parce que les performances n’étaient pas satisfaisantes. Si on avait eu un exercice normal (sans Covid-19), on aurait recommencé à payer un dividende. On s’y préparait. Mais il est arrivé ce qui est arrivé. Donc il n’y aura pas de dividendes versés aux actionnaires au titre de l’exercice 2019-2020, ni à celui en cours (2020-2021) d’ailleurs », a annoncé Jean-Luc Biamonti. Le paiement du bonus, initialement prévu pour avril, est repoussé à la fin de l’année. Enfin, Jean-Luc Biamonti a lui aussi participé à cet effort en proposant une baisse de sa rémunération de 30 % pour le premier trimestre de l’exercice 2020-2021 (avril-mai-juin). Alors qu’une période de vache maigre s’annonce, la SBM va aussi devoir gérer son endettement. Interrogé en conférence de presse, Jean-Luc Biamonti a fait le point sur l’endettement du groupe. À la fin de l’exercice 2019-2020, donc au 31 mars 2020, la dette bancaire s’élevait à 250 millions d’euros. Quelques semaines plus tard, au 27 mai 2020, l’endettement est évalué à 265 millions. « Dans un premier temps, l’endettement va se creuser significativement. Et petit à petit, on va essayer de rembourser tout ça », s’est engagé Jean-Luc Biamonti. Reste désormais à savoir comment, à l’heure où une grande incertitude plane sur la reprise d’activité à la SBM. Dont l’économie repose essentiellement sur le tourisme qui est aujourd’hui à l’arrêt. « Nous sommes prêts. Mais est-ce que les clients seront là ? Est-ce qu’ils pourront voyager ? », s’interroge, dubitatif, le président-délégué, qui reconnaît que le taux de réservation dans les hôtels du groupe est actuellement « très bas ». Mais à la SBM, on veut y croire : « On se prépare pour le pire mais on espère le meilleur », a finalement conclu Jean-Luc Biamonti.

Les chiffres à retenir

  • Chiffre d’affaires 2019-2020 : 619,8 millions d’euros
  • + 8 % pour le secteur des jeux (239,8 millions d’euros)
  • + 12 % pour le secteur hôtelier (284,3 millions d’euros)
  • + 85 % pour le secteur locatif (96 millions d’euros)
  • Résultat opérationnel bénéficiaire de 22,6 millions d’euros
  • Résultat net consolidé de 26,1 millions d’euros
  • BetClic Everest Group (BEG) : + 8,7 millions d’euros
  • Split des résultats opérationnels par secteur : – 7 millions pour les jeux ; – 5 millions pour l’hôtellerie ; + 69 millions pour le locatif
  • Une action SBM vaut 52 euros

Le calendrier des réouvertures à la SBM

Fermés depuis le 15 mars 2020, les bars, restaurants et casinos de la principauté sont à nouveau autorisés à recevoir des clients depuis ce mardi 2 juin 2020. À la SBM, si la brasserie du café de Paris, le Mada One et le Monte-Carlo Bay Hotel & Resort ont rouvert leurs portes en début de semaine, la reprise d’activité sera très progressive. « On ne veut pas se précipiter. Ouvrir tous les établissements d’un coup, c’est très compliqué. On va donc ouvrir progressivement, chaque semaine, un certain nombre d’établissements », a annoncé Jean-Luc Biamonti, président-délégué de la Société des Bains de Mer, en conférence de presse. Ci-dessous le calendrier des réouvertures :

Vendredi 5 juin : casino de Monte-Carlo et casino Café de Paris

Vendredi 12 juin : Le Grill et le Bar Américain à l’hôtel de Paris Monte-Carlo

Mardi 16 juin : Le Buddha Bar Monte-Carlo

Mercredi 24 juin : Le Coya Monte-Carlo

Vendredi 3 juillet (à confirmer) : Le Monte-Carlo Beach & Le Beach Club

Mercredi 8 juillet (à confirmer) : hôtel Hermitage Monte-Carlo

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