lundi 20 septembre 2021
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SBM?: les actionnaires inquiets

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Bernard Lambert et Biamonti
Pour Jean-Luc Biamonti et Bernard Lambert, la SBM a connu une année difficile avec un chiffre d'affaires tombé à 374 millions d'euros. © Photo D.R.

Le pari de la Société des bains de mer (SBM) dans les jeux en ligne rend de nombreux petits actionnaires et salariés très nerveux.

Pour la clôture de l’exercice 2009-2010, Jean-Luc Biamonti a dû se livrer à un véritable exercice de style. Le 24 septembre dernier, l’assemblée générale n’a pas été un fleuve tranquille pour le président du conseil d’administration. Certes, la salle Art déco du Sporting d’hiver n’a guère été le théâtre d’affrontement ou d’escarmouches. Seulement d’un flot ininterrompu de questions. Exemples?: L’investissement dans Mangas Gaming est-il un coup financier?? Ou poursuit-il une logique industrielle?? Pourquoi n’y a-t-il aucune visibilité dans la presse spécialisée des jeux en ligne de la marque Monte-Carlo SBM?? Avez-vous l’intention de réduire les budgets marketing ou d’invitations destinés aux joueurs?? Et la liste de questions écrites, signée par un syndicat d’employés de jeux, n’est pas exhaustive.

« On ne peut pas avoir d’état d’âme »

Du coup, face aux actionnaires, Jean-Luc Biamonti est monté au créneau, rentrant dans le vif du sujet des jeux en ligne. « Nous avons investi dans Mangas Gaming (MG), aujourd’hui numéro 3 du marché européen, dans une logique industrielle afin d’être un leader du marché. Aujourd’hui, MG vaut deux fois son chiffre d’affaire, soit 750 millions d’euros », a justifié Biamonti. Avant d’ajouter?: « Un acheteur était prêt à prendre la moitié de notre participation. Après de longs débats, le conseil d’administration a décidé de ne pas vendre alors que la cession de titres aurait permis de rembourser l’investissement initial. Mais cette position d’hier pourrait bien ne pas être la même dans trois mois. » Pour la SBM, pas de doute?: la logique est donc de rester dans les jeux en ligne tant que Mangas Gaming fait la course en tête. Et de passer la main avant de perdre trop de parts de marché. « On ne peut pas avoir d’état d’âme. Lehman Brothers aurait pu être vendu 20 fois avant de fermer. » Mais le jeu semble féroce. Et exigeant en terme d’investissements?: rien que le budget communication de Mangas Gaming s’élève à 100 millions d’euros. Et ce n’est pas fini. Prochains marchés dans le viseur?: la Grèce qui va vendre ses licences et sans doute l’Allemagne, qui vient de se faire condamner par Bruxelles pour sa situation de monopole. Sans oublier la côte Est des Etats-Unis.

Plan de financement sur 10 ans

Reste que ces précisions n’ont pas rassuré tous les actionnaires. L’un des plus gros “petits porteurs”, Edmond Lecourt, a déclaré, dépité?: « On se demande ce que les petits actionnaires font encore à la SBM. Le titre est bloqué?; il n’y a pas de dividendes?; les actionnaires doivent faire un effort, encaissent royalement un centime d’euro par titre tandis que les membres du conseil d’administration touchent 410?000 euros. On n’a aucun droit au chapitre à un moment où on risque de se retrouver une main devant une main derrière. Et je me mets à la place du personnel qui doit s’inquiéter?! » Réponse de Biamonti?: « L’inquiétude des actionnaires est légitime. Mais ces décisions stratégiques ne sont pas prises dans un coin par le conseil d’administration mais en accord avec l’actionnaire majoritaire, l’Etat. On ne joue pas aux dés?! » Pour le président du CA, la SBM a encore les moyens de tout faire, en plus des jeux en ligne. Le plan de financement sur 10 ans qui vient d’être adopté permettrait même d’assumer 350 millions d’euros pour le nouveau Sporting d’Hiver. A condition, bien évidemment, que le gouvernement donne son feu vert à la destruction de l’ancien…

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