dimanche 19 septembre 2021
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Vers un projet d’écologie industrielle à Monaco

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Alors que le cap des 200 signataires du pacte national pour la transition énergétique a été franchi, la Mission pour la transition énergétique (MTE) a mis en avant, mercredi 14 juillet 2021, des entreprises de la principauté qui entrent, selon elle, dans une démarche d’écologie industrielle.

Des premières discussions pour aller plus loin demain.

Écologie et industrie, deux mots qui se marient aussi difficilement que l’huile et l’eau. Et pourtant, la Mission pour la transition énergétique (MTE) tente de les associer à Monaco. Ou plutôt, elle met en avant les entreprises et les acteurs de l’économie monégasque qui s’adaptent à des modes de production plus responsables selon elle. Le but étant, à l’avenir, d’aboutir à des projets d’écologie industrielle d’envergure en principauté : une industrie qui s’adapterait aux écosystèmes naturels, fondée sur l’analyse des flux de matière et d’énergie. Le 14 juillet 2021, la MTE a donc organisé une rencontre spéciale pour donner la parole aux entreprises dites « industrielles » de Fontvieille, qui sont également signataires du pacte national pour la transition énergétique, afin qu’elles présentent leurs actions en la matière. À Monaco, ces industries sont essentiellement tournées vers les produits cosmétiques et la production d’emballage, comme le rappelle Anabelle Jaeger-Seydoux, directrice de la MTE : « En ce qui concerne les industriels signataires du pacte national pour la transition énergétique, la liste est diversifiée, mais ils tournent beaucoup autour du plastique et de l’emballage. Ce sont des industriels engagés dans la transition énergétique, et qui le font savoir. » Parfois critiquées pour leur impact sur l’environnement, comme le rappelle également la MTE, les pratiques des acteurs de ce secteur évoluent toutefois « très rapidement sous l’impulsion conjointe des réglementations et des attentes de la clientèle, de plus en plus attentive au respect de l’environnement. » Ainsi, « pour créer une dynamique, il faut l’alimenter avec des exemples concrets, et pas seulement des mots, insiste Annabelle Jaeger-Seydoux. La neutralité carbone 2050, par exemple, ça ne veut rien dire. Il faut plutôt faire savoir ce qui se fait déjà, pour que d’autres entreprises aient envie de faire de même. »

« Nous en sommes aujourd’hui au stade de premières discussions, non engageantes, mais la maturité des acteurs évolue très vite »

Annabelle Jaeger-Seydoux. Directrice de la mission pour la transition énergétique

Des initiatives locales

Parmi les entreprises présentées le 14 juillet, on retrouve ainsi Siamp, une entreprise monégasque créée en 1947 et spécialisée dans l’équipement sanitaire à destination de l’espace WC. Cette entreprise vient de nommer un responsable RSE — responsabilité sociétale des entreprises — pour prendre en compte les enjeux environnementaux, socio-économiques et éthiques dans le développement de son activité. Siamp se penche aussi sur la fin de vie de ses produits et le traitement des eaux grises. L’entreprise de solutions cosmétiques Exsymol a également nommé un responsable RSE au sein de son effectif. Elle a même remporté un prix d’argent au festival international du film responsable de Deauville pour son film Plongée en immersion au cœur de la politique RSE. Sorti en fin d’année 2020 et produit par Subliminal Pictures, il a tenté de dévoiler en images la politique responsable et sociétale de l’entreprise. Retenu comme finaliste parmi plus de 500 films internationaux, il a été récompensé dans la catégorie « Production durable et économie circulaire ». Installée depuis bientôt 50 ans à Monaco, cette entreprise dit vouloir œuvrer pour la « beauté responsable », en passant à la consigne et réutilisation de ses fûts métalliques pour contenir ses déchets. Cette solution lui permettrait d’éviter de dégager près de 800 kg de CO2 par an. Présentée comme « experte en conditionnement plastique, en packaging plastique et en flaconnage depuis plus de 40 ans », SEMCO s’est aussi lancée dans le polyéthylène vert en alternative aux matières plastiques traditionnelles. Il s’agit d’un « bioplastique », issu de matière première végétale, selon SEMCO, qui permettrait de réduire l’empreinte carbone tout au long de la chaîne de fabrication. Depuis 2014, cette entreprise a également mis en place un système de management intégré de la qualité de l’environnement suivant les normes ISO 9001 et 14001, des labels de certification qui mesurent les exigences en matière de management environnemental. Enfin, le groupe cosmétiques Coty, et son pôle de fabrication à Monaco, ainsi que son centre de recherche et développement, réalisent chaque année plusieurs millions d’articles notamment des crèmes, de protection solaire entre autres, des gels douches et déodorants. Ce pôle utilise désormais du plastique recyclé pour l’emballage de certains produits et revoit sa consommation d’électricité dans le but de réduire 30 % de ses besoins actuels.

« Pour créer une dynamique, il faut l’alimenter avec des exemples concrets, et pas seulement des mots […]. La neutralité carbone 2050 par exemple, ça ne veut rien dire. Il faut plutôt faire savoir ce qui se fait déjà, pour que d’autres entreprises aient envie de faire de même »

Annabelle Jaeger-Seydoux. Directrice de la mission pour la transition énergétique

200 signataires pour le pacte national

Les entreprises s’ajoutent désormais à une longue liste de signataires du pacte national pour la transition énergétique. Le cap des 200 signataires du pacte national a en effet été franchi, avec l’ajout du Decathlon de Fontvieille, représenté par son directeur Olivier Lorenzi mercredi 14 juillet 2021, lors de la signature. Cette entreprise rejoint ainsi plusieurs acteurs de Monaco, pas seulement économiques, comme le Diocèse, par exemple, qui avait signé le pacte national le 8 avril 2021 « Cette démarche des acteurs est le résultat de diverses réglementations dans le monde, de demandes de clients et d’opportunités de se diversifier sur le marché, analyse Annabelle Jaeger-Seydoux. Cela démontre aussi tout l’intérêt pour la puissance publique de fédérer pour enclencher de nouveaux projets d’écologie industrielle et leur donner vie rapidement. Nous en sommes aujourd’hui au stade de premières discussions, non engageantes, mais la maturité des acteurs évolue très vite. Il y a un an à peine, nous n’en étions pas forcément là. Aujourd’hui, plusieurs entreprises nomment des responsables RSE par exemple, c’est une avancée. » Du pas à pas.

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