mardi 28 septembre 2021
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Dix-huit syndicats de la SBM
s’opposent au plan social

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Alors qu’ils se réunissent aujourd’hui, vendredi 11 décembre, sur la Place du Casino, 18 syndicats de la Société des Bains de Mer disent « non » au plan social qui est actuellement en discussion suite à la crise sanitaire.

L’union des salariés est donc totale face à une direction qui va désormais devoir jouer serré pour renouer le dialogue.

Publié le 30 novembre 2020, le communiqué de presse signé des 18 syndicats de la Société des Bains de Mer (SBM) interpelle à plus d’un titre. D’abord, il matérialise l’union totale, et rare, de l’ensemble des syndicats de cette entreprise. Ensuite, il marque la rupture du dialogue avec la direction de façon très nette, suite à une série de contre-propositions restée lettre morte : « Dans ces conditions, les 18 syndicats ne peuvent continuer les négociations avec un interlocuteur qui ne joue pas son rôle, à savoir assurer un bon climat de dialogue social et protéger les salariés de la société. » Au total, le président-délégué de la SBM, Jean-Luc Biamonti, a annoncé début octobre 2020 la nécessité pour son entreprise de réaliser une économie d’au moins 25 millions d’euros, ce qui passera nécessairement par des licenciements, avec des départs volontaires et contraints. « Dans ces 25 millions d’euros, il y a des économies qui ne sont pas la conséquence du départ, volontaire ou non, de personnel. On renégocie nos contrats d’assurance, avec tous nos fournisseurs, on supprime des consultants », avait alors souligné Biamonti. L’activité de la SBM s’est effondrée de -59 % entre avril et septembre 2020.

« Paix sociale »

La contre-proposition présentée par les syndicats s’articule autour de plusieurs points, à commencer par les indemnités de départ : « Cette démarche démontre aussi, a contrario de la direction, que les syndicats sont soucieux des plus bas salaires, puisque les indemnités proposées ont été davantage relevées pour eux, compte tenu de leurs conventions moins avantageuses, et plafonnées pour les salaires les plus hauts. » La logique défendue par les syndicats est claire : « En ces temps si troublés, les plus vulnérables ne doivent pas être sacrifiés sous prétexte de vouloir réaliser des économies budgétaires ! » Les 18 syndicats indiquent avoir remis « en main propre » au directeur des ressources humaines (DRH) de la SBM leur contre-proposition le 17 novembre 2020. Mais quinze jours après, la déception et l’amertume semblent avoir pris le dessus : « Ce dernier n’a pas jugé utile d’engager de négociation à cet effet. Ce qui aurait pourtant eu le mérite de maintenir une certaine forme de paix sociale. » Désormais, la tension est palpable : « Ce mépris constaté n’a aucun sens, eu égard aux nombreux efforts consentis par les salariés : pertes financières conséquentes pendant plusieurs mois dues au chômage total temporaire renforcé (CTTR), fermeture de certains casinos (Sun, Monte-Carlo Bay, Café de Paris), non-renouvellement de certains postes, suppression de certaines pauses, non-respect des dix heures de battement sur certains services, non-respect de plusieurs conventions collectives. » Les syndicats disent aussi avoir formulé des « propositions temporaires », afin d’éviter tout départ contraint. Ils auraient, là aussi, essuyé un refus de la part du DRH.

« Ne pas polémiquer »

Au-delà du dialogue, qui semble donc rompu, la colère est aussi alimentée par le comportement des dirigeants de la SBM. On se souvient que Jean-Luc Biamonti a consenti à baisser sa rémunération, qui frôle le million d’euros annuel, de 30 % pendant le confinement, et depuis novembre 2020. Mais les syndicats se disent « très choqués » d’apprendre que le comité exécutif ne participe pas « pleinement à l’effort de solidarité, le seul geste consenti depuis le 16 mars 2020 par ces hauts dirigeants a été de reporter le paiement de bonus contractuels prévu initialement en avril 2020. Ironie du sort, le versement de ce bonus est intervenu le mois où le DRH a présenté aux représentants des personnels un plan social… » De son côté, la direction de la SBM n’a pas réagi par voie de communiqué de presse. Cités par Monaco-Matin, les dirigeants évoquent un « processus de dialogue » en cours avec les représentants du personnel qu’elle juge « constructif et efficace », tout en expliquant qu’elle est en train de « finaliser » le volet « plan de départs volontaires » du plan de sauvegarde de l’emploi présenté devant les délégués du personnel en octobre 2020. Avant d’ajouter : « A ce titre, la société ne souhaite pas polémiquer, considérant que les jours et semaines qui viennent seront essentiels, au travers de discussions et de négociations, afin de conclure le plan de sauvegarde de l’emploi. »

La SBM contrainte d’emprunter pour payer les salaires

Dans une interview accordée à Monaco-Matin et publiée le 5 décembre 2020, le président-délégué de la société des bains de mer (SBM), Jean-Luc Biamonti, a révélé que son entreprise devait désormais emprunter pour payer les salaires de ses 4 000 salariés. Il a rappelé que la SBM a perdu 240 millions d’euros de chiffre d’affaires par rapport à l’exercice précédent, ce qui s’est traduit par un résultat négatif de -40 millions, contre un gain de 70 millions l’an dernier. Jean-Luc Biamonti estime que sur les six premiers mois de l’exercice 2020-2021, l’écart est donc de 110 millions. Des chiffres qui ont donc obligé le président-délégué de la SBM à se rendre à Paris le 9 décembre 2020 pour « tout renégocier avec les banques ». Il reste à son entreprise 200 millions à rembourser pour les travaux du One Monte-Carlo et de l’hôtel de Paris, BetClic a été endetté, et 70 millions ont également été empruntés sur les marchés « à très court terme ».Avec un espoir : « Si ça s’améliore, nous parviendrons à rembourser d’ici un an ou deux. » Parmi les scénarios évoqués, Biamonti envisage une reprise très progressive, avec un exercice 2021-2022 en baisse de -40 % par rapport à 2019-2020, meilleure année sur les derniers exercices. Pour 2022-2023, le président-délégué de la SBM table sur -20 %, avant de retrouver les chiffres positifs de 2019-2020 pour la période 2023-2024. Rappelant que le modèle économique de la SBM est entièrement basé sur le « brassage de population », et que le Covid-19 impacte lourdement les voyages, Jean-Luc Biamonti ne prévoit donc pas un redémarrage canon de son activité dès le 1er avril 2021, loin de là. L’incertitude est encore trop forte, notamment sur les grands évènements que sont les Masters de Monte-Carlo, en avril 2021, ou le Grand Prix, en mai 2021.

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Monaco Hebdo