jeudi 9 décembre 2021
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Des opportunités de business en Côte d’Ivoire pour les entreprises monégasques

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Malgré la crise sanitaire, la Côte d’Ivoire est en pleine dynamique de croissance et attire les capitaux étrangers. Le Monaco economic board (Meb), en collaboration avec le Club des entrepreneurs monégasques en Afrique (Cema), a organisé un séminaire destiné aux entreprises monégasques qui souhaiteraient se positionner sur ce marché.

Parmi les États qui résistent le mieux à la crise sanitaire, la Côte d’Ivoire occupe une place de choix. Pays clé d’Afrique de l’Ouest francophone, son PIB a réussi à bondir de 2,7 % en 2020 selon le Fonds monétaire international (FMI). Et, si c’est un bon chiffre, il reste bien en deçà de son taux de croissance habituel, estimé à 7,5 % en moyenne. Pour couronner le tout, le FMI anticipe même un rebond significatif du PIB ivoirien de +8,7 %, dès 2021. Difficile pour les investisseurs de passer à côté d’un cycle aussi vertueux. Le Monaco economic board (Meb), en collaboration avec le Club des entrepreneurs monégasques en Afrique (Cema), s’est donc penché sur la question au cours d’un séminaire organisé à distance, le 7 avril 2021. Mais l’intérêt porté à la Côte d’Ivoire n’est pas non plus récent puisqu’une mission économique y avait déjà été organisée en 2009, puis en 2016 avec le Cema, en partenariat avec le Meb.

« Sur dix ans, entre 2010 et 2020, le pays a doublé son PIB. À part la Chine, pas grand monde ne fait mieux » Frédéric Geerts. Président du Cema

Croissance continue

Premier exportateur de cacao et de noix de cajou dans le monde, le pays possède des ressources naturelles stratégiques, dont des hydrocarbures, un secteur agricole très développé et une économie tertiaire en bon développement, sans compter ses infrastructures, qui continuent de se moderniser. Ces arguments ont de quoi susciter l’intérêt des entreprises de la principauté, comme le pense Frédéric Geerts, le président du Cema, également administrateur délégué de la banque Rothschild Martin Maurel Monaco : « Sur dix ans, entre 2010 et 2020, ce pays a doublé son PIB. À part la Chine, pas grand monde ne fait mieux. » Cette croissance soutenue, qui plus est continue, s’accompagne de la confiance des investisseurs internationaux : « Les investissements directs ont augmenté de 60 % en 2020, en pleine année Covid, là où ceux du Nigéria et du Ghana ont diminué de 20 %, par exemple », ajoute Frédéric Geerts. Car il n’est pas question que de chiffres : la croissance économique de la Côte d’Ivoire s’accompagne aussi de changements structurels, qui inspirent la confiance des investisseurs sur le long terme. Le niveau de vie augmente en effet, l’accès à l’eau potable a quasiment doublé, en passant à 80 % du pays selon Frédéric Geerts. Le taux d’électrification a doublé lui aussi, et devrait permettre à près de 80 % des Ivoiriens d’avoir accès à l’électricité en 2021, comme l’a promis le ministre du pétrole, de l’énergie et des énergies renouvelables Abdourahmane Cissé. De nouveaux hôpitaux voient également le jour pour étendre l’accès aux soins. Et la stabilité politique, encore fragile avant la fin de la guerre civile en 2010, semble aujourd’hui acquise.

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Le taux d’électrification a doublé lui aussi, et devrait permettre à près de 80 % des Ivoiriens d’avoir accès à l’électricité en 2021, comme l’a promis le ministre du pétrole, de l’énergie et des énergies renouvelables Abdourahmane Cissé

Résilience face au Covid-19

Outre les éléments structurels qui expliquent la bonne santé de l’économie ivoirienne, ce pays affiche également sa résilience face à la crise sanitaire. Pour Hervé Husson, consul de la Côte d’Ivoire à Monaco, qui intervenait lors du séminaire, la résistance au Covid-19 s’explique en partie grâce à la « culture de la prévention sur le continent africain », qui a déjà traversé de nombreuses crises d’ordre sanitaire par le passé, et facilite le respect des gestes barrières. Le recours au confinement est également très limité en Côte d’Ivoire, car il serait, selon le consul, trop lourd à porter pour les familles les plus pauvres. Enfin, 60 % de la population a moins de 25 ans, un jeune âge susceptible d’expliquer le faible taux de mortalité du pays, estimé à 263 morts alors que Monaco Hebdo bouclait ce numéro, le 13 avril 2021. Ce constat est également partagé par Adnan Houdrouge, président délégué de Mercure International, autre intervenant du séminaire : « Le gouvernement n’a pas divergé longtemps et l’activité s’est poursuivie grâce à l’effort porté sur la vaccination. » Une décision suivant la logique du pays selon cet entrepreneur : « La Côte d’Ivoire favorise le capital humain et son dynamisme. Il permet de voir émerger une nouvelle Afrique. Le nouveau monde, c’est sur ce continent. »

« La Côte d’Ivoire favorise le capital humain et son dynamisme, il permet de voir émerger une nouvelle Afrique. Le nouveau monde, c’est sur ce continent » Adnan Houdrouge. Président délégué de Mercure International

Des opportunités pour qui ?

Si le climat des affaires semble porteur, reste à savoir quels acteurs peuvent se positionner sur le marché ivoirien pour en tirer le meilleur. Pour Philippe Ortelli, président de la Fédération des entreprises monégasques (Fedem), les professionnels de l’hôtellerie et du tourisme haut de gamme peuvent profiter du développement de ces secteurs en Côte d’Ivoire, ainsi que les professionnels de la logistique et les métiers du bâtiment dans le second œuvre et l’ingénierie. Des savoir-faire bien maîtrisés à Monaco, d’après lui. Le secteur financier, de l’assurance et du “corporate service” pourraient aussi tirer leur épingle du jeu. Léon Koffi, le fondateur ivoirien de la banque d’affaires Algest Consulting, ne dira pas le contraire : « Les secteurs de la banque, de l’assurance et du service profitent de l’embellie de l’économie, encouragée par la production agricole. Le secteur bancaire affiche 15 % de croissance annuelle et l’assurance 8 %. Le pays compte environ 29 établissements bancaires et 33 compagnies d’assurances. » Cependant, l’heure tourne et la concurrence se durcit : « Ne perdons pas de temps, ne nous laissons pas doubler, car ce sera le secteur privé qui mènera la danse », prévient Frédéric Geerts. Un point de vue que partage Jean-Marie Ackah, « patron des patrons » ivoriens, en tant que président de la Confédération générale des entreprises de Côte d’Ivoire (CGECI) : « L’amitié se nourrit de franchise. Je pense que l’image de la principauté sur ces cinq dernières années est restée stable, elle n’a pas évolué positivement. Il est souhaitable que ce lien s’établisse de manière plus régulière. Quand un pays évolue avec un taux de croissance de 8 % par an et un accroissement démographique de pratiquement 3 % par an, et que vous vous absentez, vous ne reconnaissez plus ce pays, ensuite. » Tout cela en rappelant que le Maroc, la Tunisie, la Turquie, et surtout la Chine, ont renforcé leur présence dans le pays, notamment dans les gros chantiers d’infrastructure.

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