mardi 19 octobre 2021
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“On plafonne”

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La place financière monégasque ne progresse plus. Mais le président de l’Association monégasque des activités financières (Amaf), Etienne Franzi, reste optimiste.

La place financière résiste, mais ne progresse plus. En 2005 et 2006, on enregistrait une hausse moyenne de 15 % par an. » Le président de l’association monégasque des activités financières (Amaf), Etienne Franzi, a rendu public lundi 27 septembre, à l’occasion d’un déjeuner de presse, les derniers chiffres de la place financière monégasque. Résultat, le montant des ressources totales qui s’élevait à 78,7 milliards d’euros fin 2007, était à 78,4 milliards au 30 juin 2010. Une quasi-stagnation finalement assez logique. « C’est une période difficile. Car, même si on commence à parler de reprise, les gens préfèrent rester prudents pour le moment. Du coup, on plafonne », ajoute Franzi.
En revanche, les crédits progressent. Une bonne nouvelle pour l’Amaf qui annonce une hausse de 15,4 % entre fin 2009 et le 30 juin 2010. Du coup, aujourd’hui, le total des crédits a atteint 11,5 milliards d’euros. « C’est surtout l’immobilier qui explique ces chiffres », souligne Franzi.

L’Amérique du Sud visée

Autre bonne nouvelle, l’arrivée de deux nouvelles banques?: Audi (Liban), grâce au rachat à Commerzbank de sa filiale Dresdner Bank Monaco. Et Hinduja (Inde) qui profite du rachat au groupe KBC de la place de la filiale KBL european private bankers pour s’installer à Monaco. « Des banques qu’on n’était pas habitué à voir en principauté, se félicite le patron de l’Amaf. Si le nombre total de banques n’augmente pas et reste à 37, ça diversifie les acteurs de la place financière. Avec l’espoir d’attirer de nouveaux clients. » Car plutôt que de miser sur l’Asie, le secteur visé, c’est clairement l’Amérique du Sud. Une logique défendue par Etienne Franzi?: « Culturellement, Monaco est plus proche du Brésil que des pays asiatiques. Donc, c’est plus simple. Mais bien évidemment, ça ne ferme pas les portes à des pays comme la Chine par exemple. » En attendant, ce sont toujours les Italiens qui représentent environ 40 % du total des ressources de la place financière monégasque et plus de la moitié de la clientèle off-shore.

Progression des sociétés de courtage

Quant à l’amnistie fiscale lancée par le gouvernement Berlusconi, destinée à faire rapatrier l’argent que les Italiens ont à l’étranger, elle a eu un impact que Franzi juge « faible. » En tout, 5 milliards d’euros brut (3,5 milliards net) ont quitté la principauté. Alors qu’environ 95 milliards ont été rapatriés ou déclarés au fisc italien. « Ces 5 milliards, rapportés aux 78,4 milliards de la place financière monégasque, c’est peu », relativise le président de l’AMAF. Avant d’ajouter?: « En tout cas, être classé sur la liste noire italienne, ne nous gêne finalement pas ». Car les Italiens sont toujours là. A noter aussi la progression des sociétés de courtage et de gestion de hedge funds qui sont désormais 15 en principauté, au 30 juin 2010.
Mais pour continuer à se développer, il faut attirer de nouveaux clients ou développer l’activité de ceux qui sont déjà là. Un sujet sur lequel Etienne Franzi n’a pas souhaité aller au-delà du communiqué remis à la presse. Un communiqué qui indique que, selon l’Amaf, « de nouvelles initiatives touchant nos principaux bassins de clientèle auraient un effet majeur sur la place financière. » Reste à savoir lesquelles.

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