jeudi 16 septembre 2021
AccueilEconomiePlan social au Novotel : les négociations se grippent au sujet des voituriers

Plan social au Novotel : les négociations se grippent au sujet des voituriers

Publié le

Suite à l’annonce du plan social du Novotel Monte-Carlo en mars 2021, les négociations se poursuivent, mais pas en douceur.

À l’appel des syndicats, une quarantaine de salariés ont manifesté devant cet établissement pour protester contre le reclassement des voituriers-bagagistes.

Comme pour tout plan social, les discussions ne promettaient pas de couler toute douce. Mais, depuis l’annonce du plan de restructuration du personnel, début mars, menaçant onze salariés du Novotel Monte-Carlo, les négociations semblent se gripper entre les représentants des syndicats, Union des syndicats de Monaco (USM) essentiellement, et la direction de l’établissement, représentée par Guillaume Rapin, directeur général. Mardi 11 mai 2021, alors que les négociations étaient censées arriver à leur terme, une quarantaine de personnes ont en effet manifesté devant cet établissement hôtelier, à l’appel des syndicats Hôtels, cafés et restaurants, et Cuisiniers et pâtissiers, rattachés à l’USM. En cause : le reclassement de deux salariés, voituriers-bagagistes. Un point que les représentants syndicaux semblaient ne pas avoir vu venir au début des négociations avec la direction. Selon la proposition qui aurait été mise sur la table des représentants syndicaux, les deux salariés en question, pour conserver leur emploi, devraient travailler comme voiturier-bagagiste six mois dans l’année, puis comme réceptionniste les six mois restants, en basse saison, tout en continuant de garer des voitures selon les besoins. Les salariés concernés refusent ce point, et ils ne sont visiblement pas les seuls.

Le 11 mai 2021, alors que les négociations étaient censées arriver à leur terme, une quarantaine de personnes ont en effet manifesté devant l’établissement hôtelier

Soutien des syndicats des taxis et autobus

Les deux voituriers ont en effet été rejoints par l’association des exploitants de taxis indépendants de Monaco, ainsi que par le syndicat du personnel de la compagnie des autobus de Monaco (Cam), dont 35 employés ont signé une pétition en leur faveur. Fin mars 2021, le syndicat des taxis avait témoigné son inquiétude à la direction de l’hôtel, concernant la suppression du service voiturier, en basse saison. Selon les manifestants, la suppression de ce service pourrait provoquer des risques d’accidents le long du boulevard princesse Charlotte. Selon eux, l’absence de voituriers pourrait encombrer le dépose-minute, et carrément bloquer la circulation, lorsque les clients voudront décharger leurs bagages devant l’hôtel. Toujours selon eux, les clients se mettraient également en danger, en étant contraints de monter ou de descendre eux-mêmes des véhicules sur la voie du boulevard princesse Charlotte, particulièrement fréquenté en journée.

Depuis le début de l’année 2021, le Novotel Monte-Carlo aurait perdu près de 1,6 million d’euros sur les quatre premiers mois de l’année 

Empêcher les départs contraints

Pour la direction de cet établissement cependant, il s’agit là d’une solution permettant d’éviter tout départ contraint, une priorité que s’était semble-t-il fixé Guillaume Rapin, directeur général du Novotel Monte-Carlo. Interrogé au sujet de l’annonce du plan social en mars 2021 [lire notre article Plans sociaux dans l’hôtellerie : pouvaient-ils être évités ?, publié dans Monaco Hebdo n° 1190], celui-ci affirmait que l’objectif était « d’éviter tout départ contraint » et souhaitait  « privilégier les reclassements, en ayant recours aux départs volontaires et à la poly-compétence, afin de pérenniser les emplois à l’année. » Guillaume Rapin expliquait aussi que l’hôtel avait subi une perte de 3,8 millions d’euros pour l’exercice de 2020, et ce malgré des injections de trésoreries assurées par le groupe Accor. Ce groupe, qui possède le Novotel Monte-Carlo, mais aussi le Fairmont, a lui même subi une perte nette d’environ 2 milliards d’euros en 2020, enregistrant une baisse d’activité de 60 % en moyenne sur l’ensemble de ses hôtels, dont Ibis, Sofitel, Mercure et Pullman. Depuis le début de l’année 2021 enfin, l’établissement aurait perdu près de 1,6 million d’euros sur les quatre premiers mois de l’année. La faute, selon le directeur général, à la pandémie de Covid-19 et à l’absence de meilleures prévisions d’ici 2023, voire 2024. Treize emplois étaient alors visés chez Novotel Monte-Carlo, à travers ce plan social. Ils ne sont plus « que » onze aujourd’hui, deux postes ayant été retirés de la liste. L’un suite au décès d’un salarié, l’autre pour un cas de longue maladie.

Publié le

Monaco Hebdo