lundi 27 septembre 2021
AccueilEconomie“Notre but est de devenir leader”

“Notre but est de devenir leader”

Publié le

Nicolas Beraud
«?Aujourd'hui, toutes les sociétés qui sont sur le marché français perdent de l'argent.?» © Photo D.R.

À l’occasion de la première édition du Monaco iGaming Exchange, Nicolas Béraud, fondateur de Betclic et directeur général de Mangas Gaming, affiche les ambitions du groupe contrôlé par la Société des bains de mer et Stéphane Courbit. Propos recueillis par Noémie Montalbano.

Monaco Hebdo?: Vous travaillez dans un secteur qui a le vent en poupe. Comment se porte Mangas Gaming financièrement??

Nicolas Béraud?: Mangas gaming est le numéro 3 des acteurs de jeux en ligne en Europe. Sur la base des derniers chiffres publiés par l’Autorité de régulation des jeux en ligne (Arjel), les deux principales marques de Mangas Gaming, BetClic et Everest Poker, se portent plutôt bien sur le marché français, puisque, par exemple, BetClic est leader en France avec 42 % de parts de marché devant les monopoles. Ce qui est une performance exceptionnelle. Nous sommes en pleine croissance, une croissance à deux chiffres (1).

M.H.?: Et en Europe??

N.B.?: Dans les pays de l’Union Européenne, on est en pleine croissance. Au Portugal et en Pologne, on est déjà leader. Dans des pays comme l’Italie, l’Espagne et la Grèce, on se développe plutôt bien. Il y a beaucoup de marchés qui sont en train de se réguler, comme le Danemark, et dans chacun de ces pays nous allons demander une licence pour essayer de nous y développer.

M.H.?: Vous êtes troisième du classement européen. C’est une fin en soi??

N.B.?: Être troisième, c’est une étape. Quand Stéphane Courbit a créé Mangas Gaming il y a trois ans, sa première acquisition a été BetClic, la société que j’ai fondée. À l’époque, nous étions 50 employés, aujourd’hui 1?200. On a même multiplié par 30 le chiffre d’affaires. En quelques années, on a grandi, et le but est de continuer à croître pour devenir leader.

M.H.?: Que pensez-vous du rapprochement entre le numéro 1 et le numéro 2 du marché européen, Bwin et Partygaming??

N.B.?: S’ils s’unissent, nous devenons deuxième du classement?! Au-delà de ça, Bwin est le spécialiste du pari sportif et Partygaming? celui du poker. C’est logique qu’ils se réunissent pour compléter leur offre et leur position. Nous, chez Mangas Gaming, on a déjà cet équilibre grâce au poker sur Everest Poker, et aux paris sportifs sur BetClic. On est sur nos deux pieds, alors que Bwin et Party Gaming se cherchaient encore un peu.

M.H.?: Comment cela se passe-t-il entre vous et vos principaux partenaires, la SBM et Stéphane Courbit??

N.B.?: Cela se passe très bien. Initialement on aurait pu dire que ce serait compliqué puisqu’on a d’un côté un entrepreneur et de l’autre une société. Ils ont trouvé un bon équilibre qui permet à la société de se développer positivement. Concernant la SBM, on est très content de travailler avec eux car cela nous permet de faire le lien entre l’online et le physique en organisant des évènements, en faisant venir nos clients.

M.H.?: Quelle est la mise moyenne et le profil des joueurs??

N.B.?: À 90 %, ce sont des hommes, qui ont en moyenne 32 ans. Pour le pari sportif, ils misent en moyenne 10 euros par pari et 100 euros par semaine.

M.H.?: Cela vous paraît-il beaucoup??

N.B.?: Non, parce que ce ne sont que des mises. Ils ne prennent pas beaucoup de risques. En terme de pertes, un joueur va perdre entre 10 et 15 euros par semaine. Ce qui est le prix d’un loisir raisonnable comme une place de cinéma. Le but est de jouer pour le plaisir?!

M.H.?: Vous avez déclaré voir la taxation française comme un problème??

N.B.?: Oui. Que le marché français soit régulé, c’est une bonne chose. Mais il y a d’autres problèmes. La taxation est trop élevée. On est taxé 3 à 4 fois plus que l’Angleterre ce qui ne permet pas de développer une activité. Aujourd’hui toutes les sociétés qui sont sur le marché français perdent de l’argent. Donc oui il y a un problème?! n

(1) Le produit brut des jeux (PBJ) de Mangas Gaming est de 375 millions d’euros en 2010.

Publié le

Monaco Hebdo