jeudi 5 août 2021
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Le Monte-Carlo Beach retrouve son allure d’antan

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Depuis sa réouverture le 28 mai 2021, le Monte-Carlo Beach Hôtel affiche un nouveau visage, avec une plage entièrement rénovée et une digue récifale qui lui permet désormais de faire face aux coups de mer.

Cela fait vingt ans qu’elle l’attend. Vingt longues années durant lesquelles Danièle Garcelon s’est battue pour que son établissement, classé Relais et Châteaux, puisse bénéficier d’une digue qui la protégerait contre des coups de mer toujours plus violents. Son attente a finalement pris fin en 2020 avec l’installation d’une digue récifale sous-marine. « Nous l’attendions depuis tellement d’années. […] Ça fait vingt ans que je suis au Beach et ça fait vingt ans que le début de la tractation de ce dossier a été entamé. C’est donc un grand bonheur de le voir aboutir », se félicite Danièle Garcelon, directrice générale du Monte-Carlo Beach.

Tempêtes ravageuses

Il faut dire que la note commençait à devenir salée pour la Société des Bains de Mer (SBM), propriétaire de l’établissement. Situé les pieds dans l’eau — ce qui fait de lui un lieu d’exception — l’hôtel devait en effet, chaque année, essuyer les dégâts des coups de mer, tous plus violents les uns que les autres. « Chaque hiver, lors des différentes tempêtes, la mer nous détruit notre bout de plage et nos installations. On voit des centaines de milliers d’euros de matériel partir à la mer, qu’il faut ensuite réinvestir, se désole Danièle Garcelon. Ça ne pouvait plus durer ainsi, notamment en termes financiers ». L’idée d’une digue sous-marine, capable de protéger la baie des déferlantes marines, fait alors son chemin au sein des instances dirigeantes, conscientes de devoir agir au plus vite pour arrêter les frais. Mais le projet va traîner en longueur en raison de l’implantation de l’établissement sur le territoire français. Car bien qu’exploitée pour le tourisme balnéaire par la SBM depuis un accord conclu en 1880, la petite baie se situe sur la commune de Roquebrune. « Ça a été long parce que cela dépend de la France. Et suivant les différents gouvernements qui se sont succédé, ça devenait une priorité ou ça ne l’était pas. À chaque fois, le dossier était au-dessus de la pile puis il redescendait », raconte Danièle Garcelon. Les autorités françaises donneront finalement leur feu vert pour le début des travaux en mars 2019 mettant ainsi fin à vingt longues années de tractations.

« [À propos de la digue sous-marine] Ça fait vingt ans que je suis au Beach et ça fait vingt ans que le début de la tractation de ce dossier a été entamé. C’est donc un grand bonheur de le voir aboutir »

Danièle Garcelon. Directrice générale du Monte-Carlo Beach

Deux hivers de travaux

Deux hivers de travaux et plusieurs millions d’euros ont été nécessaires pour enfin offrir à l’établissement une protection digne de ce nom. Mesurant 90 mètres de long pour 20 mètres de large, et placé à une trentaine de mètres du bord, l’ouvrage en forme de haricot a été déposé avec minutie sur un fond de sable pour épouser la topologie sous-marine. Une opération très délicate selon Emmanuel Taillandier, directeur adjoint du Monte-Carlo Beach : « Les travaux ont été effectués à partir d’une barge qui était approvisionnée avec les blocs de rochers. Elle les déposait ensuite avec un système de GPS et de sonar pour avoir une précision chirurgicale ». Près de 40 000 tonnes de rochers ont ainsi été déposées afin de bloquer les lames de fond, qui avaient auparavant un effet de percussion destructeur sur le bord de mer. Soulagée de disposer enfin d’un bouclier efficace contre les caprices maritimes, Danièle Garcelon se félicite aussi d’avoir réussi à mener ce projet tout en préservant la biodiversité marine : « Le chantier a été fait avec un grand respect des posidonies et des populations sous-marines ».

© Photo Monte-Carlo Société des Bains de Mer

« Chaque hiver, lors des différentes tempêtes, on voit des centaines de milliers d’euros de matériel partir à la mer, qu’il faut ensuite réinvestir. Ça ne pouvait plus durer ainsi »

Danièle Garcelon. Directrice générale du Monte-Carlo Beach

« Étude d’impact environnemental »

Même si ce genre de construction n’a jamais constitué un modèle de préservation écologique, la Société des Bains de Mer a en effet tenu à être irréprochable dans ce domaine. « Une étude d’impact environnemental a été réalisée durant plusieurs années. Et nous avons choisi la solution la plus écologique possible. À savoir une digue récifale sous-marine constituée de blocs de pierre de tailles différentes posés sur le banc de sable en préservant la configuration et les herbiers de posidonies », assure Emmanuel Taillandier. Et le directeur adjoint du Monte-Carlo Beach de détailler : « Les posidonies n’ont pas été déplacées. Elles ont été filmées dans leur état avant, pendant et après travaux. Puisque l’impact s’est fait uniquement sur le banc de sable pour préserver les herbiers. Nous avons aussi procédé à un inventaire de tout ce qui était du domaine du vivant que ce soit faunistique, floristique ou les espèces comme les nacres de Méditerranée ». Enfin, pour éviter toute turbitidé provoquée par l’endigage, le chantier a également été entouré de boudins et de filets de protection. Les efforts entrepris pour limiter l’impact environnemental ont, semble-t-il, été payants puisque d’après Emmanuel Taillandier, la construction de cette digue sous-marine récifale a permis la « création d’un habitat nouveau ». « Nous nous sommes aperçus, dès la première phase des travaux, qu’il y avait une colonisation progressive de toutes les espèces endémiques qui se servent de cette digue de rochers pour en faire une sorte de nurserie. Et maintenant, nous observons toute une panoplie de juvéniles qui se trouvent dans de bonnes conditions pour proliférer et se développer. Nous avons vu le retour d’espèces locales et la colonisation se fait progressivement pour notre plus grand bonheur », se réjouit le directeur adjoint.

Une plage réaménagée comme dans les années 1930

Les dirigeants ont par ailleurs profité des travaux de la digue pour redonner à la plage du Beach son lustre d’antan. Exit les plateformes en béton qui bordaient le site. Désormais, la plage en pente douce se compose de petits galets comme dans les années 1930. « La plage a été reconfigurée en totalité pour plusieurs raisons, explique Emmanuel Taillandier. D’abord parce qu’au fil du temps, avec le phénomène d’érosion, la plage avait beaucoup diminué. Il ne restait plus que les parties maçonnées qui étaient, esthétiquement, disgracieuses. Ensuite, pour notre clientèle, il ne s’agissait plus réellement d’une plage mais d’un accès à la mer. Nous avons donc voulu leur offrir une vraie plage telle qu’elle a été réalisée en 1929 ». Combiné à la digue récifale, l’établissement bénéficie donc cette année d’un site balnéaire flambant neuf pour la plus grande satisfaction de sa directrice, Danièle Garcelon, qui attend désormais avec impatience l’arrivée des clients.

« Les posidonies n’ont pas été déplacées. Elles ont été filmées dans leur état avant, pendant et après travaux. […] Nous avons aussi procédé à un inventaire de tout ce qui était du domaine du vivant que ce soit faunistique, floristique ou les espèces comme les nacres de Méditerranée »

Emmanuel Taillandier. Directeur adjoint du Monte-Carlo Beach

Tendance à l’optimisme pour la saison estivale

Et à l’approche de la saison estivale, l’heure est à l’optimisme malgré le contexte sanitaire. « La montée en charge est bonne. […] Notre hôtel les pieds dans l’eau est très attractif. Les gens ont hâte de respirer, de vivre, de nager, de faire la fête… Nous sommes donc optimistes pour l’été. Nous avons de belles réservations ». Les premiers chiffres lui donnent d’ailleurs raison puisqu’après avoir affiché complet lors de son week-end de réouverture (le 28-30 mai), le Beach annonce un portefeuille de réservations à 90 % pour le mois de juin. Une excellente nouvelle pour cet hôtel de 40 chambres qui a subi de plein fouet les effets de la crise. « En 2020, nous avons ouvert trois mois en juillet, août et septembre alors que d’habitude, nous ouvrons vers la mi-mars car nous avons des privatisations de clientèle de groupe. C’est une manne, c’est notre point fort. Là, nous n’avons rien eu du tout », déplore Danièle Garcelon qui a en plus enregistré les départs de cinq membres du personnel à la suite du plan social économique de la SBM. Pour rebondir, la directrice du Beach espère donc cet été faire aussi bien, voire mieux, qu’en 2020 lorsque l’hôtel présentait des taux d’occupation compris entre 80 et 95 %. Danièle Garcelon compte donc beaucoup sur les nouvelles installations balnéaires pour attirer une clientèle internationale. D’autant plus que, par rapport aux autres établissements de la SBM, le Monte-Carlo Beach dispose d’un certain avantage. Situé en France, l’établissement est en effet soumis aux règles sanitaires françaises. Par conséquent, il n’est pas obligé de réclamer à ses clients un test PCR négatif. Un argument de plus en faveur de cet hôtel de charme habitué à accueillir une clientèle très haut de gamme venant du monde entier.

D’autres projets en gestation

Après avoir doté son établissement d’un bouclier contre les coups de mer et redonné à la plage son lustre d’antan, Danièle Garcelon n’entend pas s’arrêter en si bon chemin. La directrice du Monte-Carlo Beach, toujours en quête d’attractivité, déborde en effet de projets pour son établissement. « Il se passe toujours un truc au Beach. C’est ce qui nous tient en haleine, nous fait avancer, et nous excite. On ne s’ennuie pas », s’amuse-t-elle. Et si elle ne souhaite pas, pour le moment, révéler la nature de ses projets, Danièle Garcelon lâche toutefois quelques indices : « Il y a un point qui se trouve à l’extrémité du Beach, côté Monte-Carlo Bay là où il y a l’activité nautique. À cet endroit, une zone mérite d’être rénovée, réhabilitée, et pensée. Nous sommes en train de nous poser la question très sérieusement de l’orientation que l’on souhaite donner ». Affaire à suivre, donc.

La Vigie rouvre ses portes le 25 juin

Le restaurant d’été du Monte-Carlo Beach accueillera ses premiers clients le vendredi 25 juin 2021. Situé à l’extrémité de l’hôtel, en plein cœur de la pinède, La Vigie restera ouverte jusqu’à la fin du mois de septembre 2021. Les clients pourront y déguster des poissons et viandes grillés de 19h30 à 23h30 ou profiter de l’espace lounge de 18 heures à minuit. Un DJ résident assurera l’ambiance musicale.

Pour lire notre portrait de Manon Fleury, nouvelle chef de l’Elsa au Monte-Carlo Beach, cliquez ici.

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