dimanche 28 février 2021
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Ces métiers dont les salaires
pourraient augmenter en 2021

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La pandémie de Covid-19 a bouleversé l’économie, mais certains secteurs et métiers ont réussi à tirer leur épingle du jeu.

Monaco Hebdo a demandé au cabinet de recrutement Michael Page Monaco, à partir de leurs données compilées, un classement des métiers dont les rémunérations pourraient augmenter dans l’exercice de 2021.

Des métiers dont le salaire augmente, ou pourrait augmenter, voilà qui semble bien difficile à imaginer. Et pourtant. Tous les secteurs n’ont pas souffert de la même manière en 2020, et certains ont même réussi à se maintenir, voire à performer. À partir des données et estimations compilées du cabinet Michael Page Monaco, il apparaît même que certains métiers à statut cadre ou équivalent, devenus incontournables en période de crise sanitaire, soient en mesure de proposer de meilleures rémunérations à leurs candidats. Nouveaux besoins, meilleurs salaires ? C’est presque ça.

Banque et finance

Pas de surprise, les métiers susceptibles de mieux rémunérer en 2021 évoluent dans les secteurs qui ont le mieux résisté à la crise de 2020. Le secteur bancaire, en premier lieu, fait partie de ceux qui ont tenu le mieux à Monaco : « Contrairement à la crise financière de 2008, le secteur bancaire a résisté et a maintenu son activité en 2020, les recrutements se sont donc poursuivis », explique Géraud Lefranc, consultant en recrutement chez Michael Page Monaco. Mais si le secteur se porte bien, la spécificité du marché monégasque fait que les places y sont rares et chères : « Ce marché est plus petit qu’ailleurs. Il y a donc comme un jeu de chaises musicales à prendre en compte concernant le recrutement. Il faut attendre qu’une place se libère pour occuper un nouveau poste. Du coup, il arrive que d’excellents profils doivent attendre plusieurs mois, parfois, pour être recrutés. » Les métiers du crédit et des investissements, ainsi que les métiers commerciaux, ont particulièrement résisté en 2020 : « Les salaires proposés restent attractifs, voire sont en croissance, selon les spécificités techniques et linguistiques. Les recrutements des candidats venant des métiers de la conformité et du contrôle ont, quant à eux, connu un recul par rapport aux années précédentes, et les salaires qui étaient en forte hausse à l’embauche connaissent aujourd’hui un plateau. » Enfin, les métiers de la finance peuvent, eux aussi, offrir de belles opportunités, notamment en entreprises comme en “single family office”, ces structures indépendantes spécialisées dans la gestion de fortune : « Les profils ayant des compétences techniques spécifiques, avec une expertise sur des référentiels internationaux, tels que les normes IFS et UK/USGAAP (1), ainsi que des compétences linguistiques élargies, seront plébiscités, et donc surévalués par rapport au marché, de par leur rareté. Concernant le monde de l’entreprise, certains responsables et directeurs financier ont pu voir leurs positions se fragiliser avec la crise sanitaire. On peut donc s’attendre à quelques évolutions dans les postes de “top management”. » À titre d’exemple, un analyste crédit pourra voir sa rémunération évoluer entre 42 000 et 55 000 euros annuels brut, selon les données recueillies par le cabinet Michael Page. Un chargé de projet monétique, dès cinq ans d’expérience, pourra évoluer entre 60 000 et 90 000 euros annuels brut. Un directeur administratif et financier pourra même tabler jusqu’à 150 000 euros annuels brut.

Santé

Les postes de cadres dans le secteur de la santé ne sont pas encore énormément ouverts au recrutement selon Géraud Lefranc, mais le vent pourrait tourner : « Ces métiers sont sous tension compte tenu de la crise, les choses promettent donc d’évoluer. » Les laboratoires pharmaceutiques continuent de recruter par exemple. Même si, localement, les structures monégasques ne sont pas comparables à celles des gros laboratoires de type Sanofi, GSK, Johnson & Johnson, etc. : « Ici, il s’agit plutôt de laboratoires produisant des compléments alimentaires et autres types de produits OTC. Pour eux, 2020 n’a pas été catastrophique, ils n’ont pas subi de trop grosses pertes. » Sur ce secteur, un chef de produit marketing confirmé pourra voir son salaire évoluer dans une fourchette comprise entre 40 000 et 50 000 euros brut annuels. Pour les commerciaux exports de la santé, la fourchette est encore plus large, puisqu’elle sera comprise entre 60 000 et 90 000 euros brut annuels pour les plus expérimentés.

© Photo DR

Les métiers de l’information et technologie (IT) sont globalement tous sous tension. […] Les rémunérations sont estimées entre 45 000 et 120 000 euros bruts annuels.

Technologie et information

Les métiers de l’information et technologie (IT) sont globalement tous sous tension. En particulier les métiers liés à la cybersécurité qui recueillent une forte demande : « On s’arrache les bons profils, commente Géraud Lefranc. Tout cela est lié au contexte actuel. Aujourd’hui, on doit sécuriser la data [les données — N.D.L.R.], car on note de plus en plus une hausse des tentatives de hacking [piratage — N.D.L.R.], donc ces métiers sont plus que jamais essentiels. Il y a une vraie tendance en ce sens. » Leur fourchette de rémunération sur ces postes varie énormément en fonction du niveau de technicité et de responsabilités. On les estime entre 45 000 et 120 000 euros brut annuels.

Numérique

Les profils liés au secteur du numérique, notamment ceux spécialisés dans l’acquisition de trafic sur Internet ont le vent en poupe. Il s’agit de métiers destinés à développer l’audience d’un site Internet d’une entreprise, mais aussi sa base de nouveaux clients, à partir des moteurs de recherche. Les profils les plus recherchés sont ceux qui maîtrisent l’ensemble des Search engine marketing (Sem). La fourchette de rémunération de ces métiers, pour des profils expérimentés, est comprise entre 45 000 euros et 60 000 euros brut annuels.

Même tendance qu’en France

Globalement, Monaco suit la même tendance qu’en France. Si l’on exclut la part du secteur bancaire et celle des métiers des family offices qui n’existent quasiment pas en France, mais plutôt au Luxembourg, en Suisse et à Londres, les métiers de la finance, de l’IT, du digital et des ressources humaines offrent les mêmes perspectives en France qu’à Monaco. « Contrairement au voisin français, les métiers liés à la logistique ont beaucoup moins profité de la crise à Monaco, car le bassin industriel n’est pas le même. En effet, ce sont des métiers qui existent peu en principauté », souligne Géraud Lefranc. Tout n’est donc pas comparable.

1) IFS et UK/USGAAP sont des acronymes de standards internationaux de présentation des comptes (International Financial Reporting Standards en anglais). Ces normes permettent d’offrir aux actionnaires, financiers et investisseurs une présentation homogène des comptes dans les différents pays, et une meilleure identification de la performance, ou contre-performance, du management d’une entreprise.

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