mardi 28 septembre 2021
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La ZAC Saint-Antoine livrée

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Après 6 ans de travaux et 18 ans d’attente, le quartier franco-monégasque, situé sur le territoire de Cap-d’Ail, va s’animer progressivement à partir de la semaine prochaine. Xavier Beck, le maire de la commune, fait le point. Interview relue.

Monaco Hebdo : La ZAC Saint-Antoine est désormais achevée. Quel va être le calendrier pour la livraison ?
Xavier Beck : La commission départementale de sécurité va passer le 6 mars. Si tout se déroule bien, la ZAC sera livrée dès le lendemain. Il y aura une mise en service assez rapide, à partir du 11 mars, au niveau de nos équipements (voie de désenclavement, école, ascenseur, espaces publics). En ce qui concerne les habitations, qu’il s’agisse des domaniaux ou des logements sociaux, il n’y aura pas de livraison avant la fin mars. Pour les commerces, ce sera plus long. On rencontre une difficulté liée au désistement de Monoprix sur la partie basse. Les commerces ne seront pas ouverts avant l’été. L’inauguration officielle interviendra également en juin, pour des raisons d’agenda.

M.H. : Le quartier devait être livré d’abord en décembre dernier puis en février. Quelle est la raison de ce retard ?
X.B. : Ce retard est dû à une demande complémentaire formulée par les sapeurs-pompiers de Monaco. Ce sont eux qui interviennent sur Cap d’Ail, et ce depuis la création du corps. Ils ont posé des exigences qui vont au-delà de la réglementation française vis-à-vis du système de sécurité de la voie de désenclavement. La question était de savoir si la Principauté, étant demanderesse, était disposée à en assumer le coût. L’opération s’élevait à plus d’un million d’euros. Le feu vert monégasque n’est intervenu que dernièrement.

M.H. : Où en est-on de l’établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (EHPAD) ?
X.B. : Nous sommes en panne sur ce dossier. Le terrain est nu. Ça ressemble un peu aux colonnes de Buren dans la cour d’honneur du Palais-Royal à Paris. L’EHPAD faisait partie du projet initial de la ZAC. C’est mon grand regret car nous y étions très attachés. Le terrain appartient désormais à la Société immobilière domaniale (SID), donc à Monaco. Il faut voir ensemble ce qui peut être fait.

M.H. : Monaco pourrait construire des logements domaniaux sur ce terrain ?
X.B. : En l’état, non. Il faudrait prendre une délibération pour qu’une autre affectation soit attribuée à ce terrain.

M.H. : Monoprix s’est désisté sur les locaux de la partie basse de la ZAC. Comment avez-vous réagi ?
X.B. : Ça a été une grande déception mais ça ne m’a pas surpris. La note a été assez salée pour Monoprix. Les 1 600 m2 de surface sont divisés en deux et séparés par une dalle d’1,40 mètre. Monoprix aurait dû effectuer d’importants travaux pour ouvrir la dalle et aménager des escalators ainsi que des escaliers. Je voyais d’un bon œil l’installation d’une enseigne d’une telle renommée. On était loin de la grande surface alimentaire. Et même si Monoprix avait été totalement alimentaire sur 1 600 m2, cela n’aurait pas eu d’équivalence avec l’offre proposée par Carrefour. Dans ce cas, 800 m2 auraient été dédiés à la partie alimentation et 800 m2 à divers produits. Un peu comme au Monoprix de l’avenue Jean-Médecin à Nice.

M.H. : Le conseiller de gouvernement aux finances, Jean Castellini, a indiqué lors d’une récente conférence de presse, qu’il n’« excluait pas » qu’une enseigne de type Monoprix s’y installe.
X.B. : Une enseigne qui, dans le même esprit que Monoprix, puisse proposer une diversité de produits, de marques, est la bienvenue. J’ai encore en mémoire le fait que dans la foulée de l’ouverture de Carrefour, l’ensemble des commerces de proximité avoisinants, situés à Cap-d’Ail, avaient fermé boutique. L’ouverture d’une telle enseigne se substituerait aux commerces disparus.

M.H. : Plusieurs voix, notamment celles d’élus au conseil national, ont critiqué le choix de Monoprix, du fait de la proximité de Carrefour à Fontvieille. Vous en pensez quoi ?
X.B. : Le commerce est par nature une activité concurrentielle, donc par définition, il y aurait eu concurrence avec Carrefour. Je ne vois pas quel type de commerce n’est pas représenté en principauté et donc qui ne pourrait pas être en concurrence avec une enseigne implantée à Monaco. La SID loue en fonction des chalands et de la valeur commerciale de l’enseigne, pas à des enseignes qui vendent deux ou trois choses et ne peuvent pas payer 4 000 euros de loyer.

M.H. : On a parlé de divers projets pour ces locaux de la partie basse. De quoi s’agissait-il ?
X.B. : On a évoqué un projet d’un magasin d’équipement pour maison, d’une salle de sport ou encore d’un mini-golf en intérieur. Je trouve ce dernier fantaisiste. Après, c’est la liberté du commerce et de l’industrie qui joue. La loi française est ainsi faite qu’un établissement peut s’ouvrir tant qu’il n’est pas contraire aux bonnes mœurs.

M.H. : La commission spéciale consultative pour le commerce et l’industrie, qui oriente les attributions commerciales à la ZAC, vous consulte-t-elle ?
X.B. : J’ai appris son existence par la presse il y a quelques jours. Cela étant, je ne suis pas en mesure de dire à quelqu’un qui a payé très cher ces locaux quels locataires il doit y loger.

M.H. : Dans nos colonnes, en mars 2012, vous évoquiez l’idée du « métro azuréen », qu’en est-il ?
X.B. : Une réunion mixte franco-monégasque, au niveau local, va se tenir prochainement. Il est certain que cette question sera évoquée. Il existe un problème d’équipement. Réseau Ferré de France travaille sur la troisième voie mais je vois mal comment on pourrait la faire passer entre Nice et Menton. Cela doit être techniquement possible, par le biais de galeries. Mais enfouir sous terre une voie coûte très cher. Monaco en sait quelque chose. D’autre part, un grand nombre de grèves et d’incidents interviennent sur le réseau de la SNCF, dans notre secteur. Il faut diminuer ce nombre. Mais on s’approche du métro azuréen. Avec le Conseil général des Alpes-Maritimes et les AOT (autorités organisatrices des transports), nous avons mis en place le ticket de bus à 1 euro. Reste toutefois que nous ne sommes pas en mesure de pouvoir proposer des plate-formes intermodales.

M.H. : Quid des projets de parking dans la carrière de la Cruella et du funiculaire ?
X.B. : Les projets existent. Ils émanent de Monaco et ont été accueillis favorablement par les autorités françaises. Mais l’investissement sur le plan financier demeure colossal.

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