mardi 19 octobre 2021
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La gestion du patrimoine
évolue avec la crise

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La Bourse de Paris
La Bourse de Paris © Photo DR

La crise implique des changements de comportements et une approche plus rigoureuse de la gestion du patrimoine. Mais les actions et l’immobilier conservent les faveurs.

Il est fort à parier que nous  sommes à la veille d’une décennie qui devrait marquer une révolution au niveau du patrimoine ». C’est l’une des conclusions du 11ème volume de la série Barclays Wealth Insights. Cette fois-ci, l’objectif de cette étude est d’examiner l’impact du ralentissement économique mondial sur les personnes aisées à travers le monde et d’explorer les divergences d’opinion quant aux perspectives économiques de la décennie à venir. Sur la base d’une enquête réalisée auprès de plus de 2 000 personnes très fortunées, le rapport examine également le sens désormais donné au patrimoine.

Optimisme des émergents

Le premier grand constat de cette enquête est que les personnes fortunées résidant dans les pays dits émergents sont beaucoup plus optimistes que celles habitant dans les pays développés. « Ce constat s’explique en partie par les récentes surperformances relatives des marchés émergents, soulignent les auteurs. Mais, comme le révèle l’enquête, l’impact du récent ralentissement économique sur les actifs nets des personnes fortunées a également été largement moindre sur les marchés émergents qu’aux États-Unis et en Europe. » Globalement, les personnes interrogées aux États-Unis et en Europe se sont montrées beaucoup plus pessimistes que les professionnels de l’économie quant aux perspectives économiques mondiales. C’est même à Monaco où les personnes interrogées sont les plus pessimistes (à 52 %), suivies de loin par le Japon (35 %) et les Etats-Unis (25 %).

Nouveaux objectifs

La crise et la rupture qu’elle engendre font également apparaître de nouveaux objectifs attribués à la richesse. Le concept qui voulait que la fortune permette de gagner le respect d’autrui tend à disparaître en Europe, tandis qu’il est toujours considéré comme étant très important en Asie Pacifique et en Amérique latine. « Pour les personnes fortunées d’Amérique latine, il est primordial de consacrer de l’argent à l’éducation des enfants, tandis que les États-Unis privilégient les dons aux œuvres humanitaires, expliquent les auteurs de l’étude. En revanche, les Européens sont plus nombreux à considérer la richesse comme un vecteur d’épanouissement personnel, les voyages à l’étranger constituant l’une de leurs principales dépenses. » L’importance croissante des pays émergents devrait d’ailleurs encore accroître les clivages. « La carte de répartition des richesses ne cesse d’évoluer à mesure que les marchés émergents gagnent en influence. Bientôt, la richesse ne sera plus seulement concentrée dans les économies développées », souligne cette étude. Comme le montre ce rapport, l’influence économique, culturelle et sociale des personnes fortunées issues des marchés émergents devrait continuer de faire évoluer les attitudes mondiales vis-à-vis de la richesse au cours de la prochaine décennie qui devrait s’ouvrir sur une nouvelle ère en ce qui concerne la richesse. Selon cette enquête, l’impact de la crise financière et du ralentissement économique sur les différentes classes d’actifs suscite également une nouvelle attitude plus responsable vis-à-vis de la richesse.

Des investisseurs plus responsables

La prudence continue de régner parmi les investisseurs. 51 % des personnes interrogées déclarent éviter désormais davantage les investissements à hauts risques contre 7 % qui ne les évitent pas. 57 % d’entre elles sont plus soucieuses quant à la préservation de leur patrimoine qu’avant le ralentissement économique. Cette prudence est indéniable quelles que soient les régions. Par ailleurs, l’impact du ralentissement économique mondial a amené les personnes très aisées à s’informer davantage concernant les investissements et à jouer un rôle plus actif dans la prise de décisions à ce niveau. Selon cette enquête, plus d’un quart d’entre elles consacrent au moins 5 heures par semaine à étudier leur portefeuille, tandis que les trois quarts des personnes interrogées estiment s’intéresser à la finance et à l’investissement et s’y connaître. Cette approche de plus en plus engagée se retrouve également dans le changement d’attitude qui pousse les personnes aisées à s’orienter vers les dons aux œuvres humanitaires. « Le concept d’investisseurs totalement passifs tend à disparaître », soulignent les auteurs.

Confiance dans les actifs familiers

Autre constat intéressant de ce 11ème opus du Barclays Wealth Insights : les catégories d’actifs traditionnelles, que sont les actions et l’immobilier, conservent la confiance des investisseurs, et ce malgré des performances médiocres. La plupart des personnes interrogées sont en effet d’avis que ces deux classes d’actifs, qui leur sont familières, devraient dégager des rendements intéressants au cours des 12 prochains mois ou des 5 prochaines années. « Le côté tangible des biens immobiliers et la simplicité des investissements en actions constituent des propositions séduisantes pour les investisseurs dans une conjoncture économique mondiale incertaine », expliquent les auteurs. Quelques 47 % des personnes interrogées pensent que les actions devraient se comporter assez bien ou très bien sur 1 an contre 28 % qui sont d’avis contraire. Sur une période de 5 ans, l’enthousiasme que suscitent les actions est même renforcé. Mais Monaco fait là encore preuve de pessimisme. C’est l’un des cinq pays les plus pessimistes sur la performance des actions sur 1 an et sur 5 ans ainsi que sur l’évolution de l’immobilier à horizon cinq ans.

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Monaco Hebdo