jeudi 9 juillet 2020
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Grimaldi Forum : « Relancer la machine »

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Privé d’événements depuis la mi-mars 2020, le Grimaldi Forum a subi de plein fouet les conséquences de la pandémie de Covid-19. Cette structure, qui dépend essentiellement du tourisme et de l’évènementiel, enregistre en effet des pertes records depuis le début de la crise sanitaire. Mais sa directrice générale, Sylvie Biancheri, veut rester optimiste, et attend avec impatience la reprise d’activités prévue pour début septembre 2020. Interview.

Nous nous étions rencontrés au début du mois de mars (lire Monaco Hebdo n° 1143) : comment avez-vous organisé et géré la fermeture du Grimaldi Forum pendant le confinement ?

On l’a gérée aussi bien que possible. On avait bien anticipé ce possible confinement donc on était prêt, notamment au niveau informatique. On a pu doter tous les salariés qui étaient en capacité de travailler à distance par rapport à leurs fonctions. Sur 146 salariés au 17 mars, début du confinement, 20 ont poursuivi leurs activités à temps complet sur site en se relayant 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7 pour assurer la sécurité du bâtiment. Soixante-quinze ont continué à travailler à distance, passant au chômage partiel le 1er avril 2020. Cinq personnes étaient en congé maladie/maternité. Enfin, 46 personnes ne pouvant travailler à distance ont été placées en Chômage total temporaire renforcé (CTTR).

Quelle est la situation de votre personnel, aujourd’hui ?

Depuis le 4 mai, outre le PC sécurité resté sur place, l’équipe de direction et certains collaborateurs sont revenus sur site étant entendu que l’ensemble des équipes revient progressivement en juin, avec des mesures de chômage partiel et de CTTR qui resteront en vigueur dans les mêmes proportions.

Allez-vous demander une prolongation du CTTR ?

Nos salariés bénéficieront encore du CTTR jusqu’à la fin juin 2020. Si c’est possible et si le gouvernement l’accorde, j’aimerais le prolonger jusqu’à fin août puisqu’aujourd’hui, nous n’avons pas d’événement avant le début du mois de septembre 2020. Il y a donc une réalité économique. Je comprends aussi la limite du gouvernement mais nous ne sommes pas une boutique ou certaines sociétés qui rouvrent, reprennent leurs clients et font redémarrer l’activité. Notre activité est basée sur des événements et nous n’en n’avons pas jusqu’à début septembre.

Comment s’organise votre travail aujourd’hui ?

Nous sommes actuellement dans une phase de préparation progressive, qui demande quand même beaucoup de travail pour être prêt, pour rassurer nos clients. Nous devons le faire maintenant car c’est le moment où nos clients qui ont reporté des salons sur l’automne ou qui doivent faire leur salon à l’automne ont besoin eux-mêmes de rassurer leurs exposants et visiteurs. Nous sommes donc dans une dynamique de reprise et nous voulons croire que nous sommes sur la bonne voie.

Qu’en est-il des reports et annulations d’évènements ?

Il y a beaucoup de travail car il faut s’occuper des clients, parce qu’il faut reporter des événements deux voire trois fois — pour certains, on est dans le troisième report — parce qu’il y a des jeux de dominos. Dès qu’on veut essayer de caser un événement qui se reporte une troisième fois, cela veut dire que quelque part on est peut-être obligé d’en faire bouger un ou deux autres, avec leur accord. C’est assez compliqué dans un planning déjà chargé. Tout notre job aujourd’hui est d’essayer de reporter en 2021. Mais pour tous ceux qui ont voulu se reporter sur l’automne (de septembre à décembre), c’est beaucoup de travail pour affiner et essayer de positionner au mieux les événements.

Comment réagissent les organisateurs d’événements ?

Il n’y a pas eu vraiment de mécontents. On a pratiquement réussi à satisfaire tout le monde. Alors évidemment ce n’est jamais parfait. Pour certains, ce n’est pas la date idéale mais on a trouvé des solutions pour tout le monde. Une trentaine d’événements a été impactée. Et on en a reporté 85-90 % sur l’automne 2020 et sur 2021.

À combien estimez-vous le manque à gagner ?

Reporter tous ces événements, de septembre à décembre, c’est autant d’événements non signés sur lesquels on avait des options et qu’on n’a finalement pas pris. Donc clairement aujourd’hui on a une perte de chiffre d’affaires évidente. On l’estime aujourd’hui, et j’espère que ça va s’arrêter là, à 50 % de notre chiffre d’affaires.

Les pertes sont considérables ?

On s’est arrêté à la mi-mars 2020, qui est une période à laquelle les gros salons arrivent. Ce sont des événements qui sont pour nous très importants économiquement parlant. Quand on annule tous les événements entre mi-mars et début septembre 2020, c’est très impactant pour nous.

50 % de votre chiffre d’affaires, cela représente combien ?

2019 a été notre meilleure année depuis toujours avec 22 millions d’euros de chiffre d’affaires. C’était une année exceptionnelle. On ne l’aurait peut-être pas refaite exactement à ce niveau-là en 2020, mais on peut estimer les pertes à 9-10 millions d’euros.

Comment avez-vous procédé pour la billetterie ?

La billetterie a été très active puisqu’il a fallu rembourser tous les clients. Quand on avait une date de report, on a proposé de reporter sur la nouvelle date. Mais les gens, et je les comprends, ont eu envie de récupérer leur argent. Donc on a remboursé tout le monde. Pour Iggy Pop (lire notre encadré, par ailleurs), certains ont souhaité bénéficier de cette possibilité de report. Mais c’est très faible en taux.

Outre le CTTR, avez-vous bénéficié d’autres aides ?

Le bâtiment appartient à l’État. Il nous confie l’exploitation et la gestion de son bâtiment. Nous avons un lien fort avec l’État. On a une subvention d’équilibre pour notre fonctionnement et une subvention de culture. Sur la subvention culture, on n’utilise pas l’argent en totalité puisqu’on n’a pas été pénalisé sur les spectacles que l’on produit. On a eu quelques frais de préparation pour l’exposition estivale mais on a annulé au moment où on devait valider la scénographie qui est un coût important. On a décidé l’annulation de l’expo estivale avant d’engager des frais trop importants. On va donc rendre au gouvernement une somme assez importante en culture.

Et concernant la subvention de fonctionnement ?

Pour ce qui concerne la subvention de fonctionnement, on a évidemment serré toutes les dépenses. Le bâtiment était dans une activité plus que réduite donc on a tout coupé (clim…). Pas de voyage pour les équipes commerciales, pas de représentation dans les salons, on a différé des travaux… Partout où ça a été possible, on a coupé. Néanmoins, on aura besoin d’un effort supplémentaire au budget rectificatif de la subvention de fonctionnement. Mais globalement, entre ce que l’on rend en culture et ce que l’on demande en fonctionnement, on est à peu près à zéro. En tout cas, aujourd’hui, à première vue, avec la prudence que je me dois d’avoir si rien de pire ne se passe. Si on a une vague au mois de septembre et qu’on n’a plus d’événements jusqu’à la fin de l’année, ce sera forcément terrible.

Quelle est votre stratégie de relance ?

On va être dans une concurrence très agressive pour le tourisme d’affaires. C’est-à-dire que tous nos concurrents (Espagne, Portugal, France, Allemagne…) vont avoir l’envie farouche de garder leurs clients et d’essayer d’attirer au maximum. Ce n’est donc pas le moment d’augmenter les prix, ce serait un très mauvais calcul. Au contraire, il faut surtout faire des efforts et continuer d’être attractif. La Direction du tourisme et des congrès (DTC), les hôtels, le Grimaldi Forum… on en a tous conscience. Il faut être forts, coordonnés comme on l’a toujours fait et il faut se battre sur les bons dossiers et les gros dossiers qui rapportent pour tout le monde. La politique et la stratégie, c’est plutôt une politique agressive, attractive, séduisante mais pas une politique forcément d’augmentation de prix.

Faut-il s’attendre alors à une baisse des prix ?

Sur des gros dossiers, s’il faut faire des efforts, on les fera. On sera prêt à faire des offres particulières ou à offrir des choses en plus. Ce n’est pas forcément une baisse de tarif mais ce sera, en fonction des affaires, une politique attractive. Si on peut faire des choses en plus gracieusement, c’est une façon aussi d’être attractif sans pour autant augmenter les prix. Et s’il faut faire des remises particulières, on les fera. En tout cas, moi je les ferai. C’est mon état d’esprit aujourd’hui, car je considère que ce n’est pas le moment d’augmenter ses tarifs. Je suis plutôt dans une politique commerciale où il faut rester à l’affût et essayer de prendre toutes les affaires qui se présentent.

Et pour la billetterie et les spectacles ?

Je pense qu’on va rentrer dans une crise très compliquée socialement. Je ne peux pas imaginer qu’en dépit de tous les efforts qui ont été faits par les gouvernements en France, à Monaco, que les gens tout d’un coup soient à l’aise financièrement. L’idée n’est donc pas d’augmenter les tarifs. Il faut que les gens qui ont envie de revenir dans les salles, de voir des spectacles, de reprendre un peu d’optimisme et de bonne humeur en venant voir les spectacles du Grimaldi Forum ne soient pas pénalisés par une augmentation.

Comment allez-vous combler les pertes ?

C’est un événement exceptionnel. La compensation en tant que telle, on ne va pas la trouver. Et ce n’est pas comme ça qu’il faut la trouver, à mon sens.

Ce sera donc à l’État de compenser le manque à gagner ?

Aujourd’hui, en tout cas, on n’a pas le choix et on a cette chance. Et je rappelle que si nous ne fonctionnons pas, autour de nous, on fait vivre énormément de secteurs. On fait vivre les hôtels, les taxis, les restaurants, les sociétés prestataires qui interviennent pour nous. En 2019, les retombées indirectes de l’activité du Grimaldi Forum pour l’économie de Monaco ont été évaluées à 68 millions d’euros. L’idée, c’est donc aujourd’hui de faire repartir la machine. Comment rattraper ce qu’on a perdu, ce n’est pas tellement le débat. Pour moi, le plus important c’est plutôt comment réenclencher au plus vite le rythme que l’on avait auparavant. Car si on continue comme ça, ça va être grave.

Vous comptez aussi beaucoup sur la reprise des événements ?

On a un programme de manifestations à l’automne qui est très dense. Je veux croire que toutes ces manifestations vont se tenir, et qu’on va pouvoir relancer la machine. Même si les salons seront plus petits, qu’ils n’auront pas le même nombre de visiteurs… Ce n’est pas grave il faut qu’ils se tiennent. J’ai l’optimisme de croire que c’est un peu la dynamique dans laquelle aujourd’hui tous les organisateurs de salons se trouvent.

Personne ne renonce en raison des mesures sanitaires et des restrictions ?

Aujourd’hui, non. Mon souci sur certains salons, c’est les vols internationaux. Pour certains salons plutôt européens, a priori il n’y aura pas de problème. D’ici septembre, on peut penser qu’on trouvera des vols pour venir à peu près de n’importe quelle partie d’Europe. C’est un peu plus compliqué en revanche pour les plus longues distances et on sait qu’on a des salons internationaux. Il y aura donc, je pense, quelques conséquences par rapport à ça. C’est le point d’interrogation.

Le Grimaldi Forum embauche 146 personnes. Cette crise sanitaire peut-elle avoir un impact sur les emplois ?

Aujourd’hui, non parce qu’il y a eu cette procédure de soutien (CTTR). Et on a toujours été au Grimaldi Forum dans une gestion extrêmement pointue de nos ressources et de nos dépenses. On fait très attention à l’argent que l’État nous donne et on essaie de minimiser le plus possible la subvention d’équilibre. Ces 146 personnes, c’est vraiment le cœur du Grimaldi Forum. Quand on se retourne, il n’y a personne pour faire le travail à notre place. Moi, je n’ai pas de directeur adjoint, pas de secrétaire général… J’ai une équipe de direction en râteau et chaque directeur n’a pas un adjoint. On a des chefs de service. Au Grimaldi Forum, chaque poste est pleinement occupé. Personne ne se tourne les pouces. Aujourd’hui, on est dans un organigramme où on n’est pas confortable par rapport à notre plan de charge.

Il n’y aura donc pas de licenciements ?

Nous n’avons pas de gras. Aujourd’hui, j’entends préserver l’ensemble du personnel. Et si comme je l’espère, et compte tenu de notre plan de charge de l’automne, les choses redémarrent comme prévu, je n’ai aucune raison de m’inquiéter. Et donc ils (les salariés) n’en ont pas non plus.

Quel sera le premier événement en septembre au Grimaldi Forum ?

Le premier événement sera le One to One, le salon e-commerce de Comexposium qui a été décalé. Il devait se tenir en mars mais a été décalé début septembre [les 1, 2 et 3 septembre 2020 – N.D.L.R.]. Le salon est actif et Comexposium a la volonté aujourd’hui de faire ce salon. Le premier événement culturel au Grimaldi Forum sera un concert de l’Orchestre philharmonique de Monte-Carlo le 20 septembre.

La billetterie est-elle aujourd’hui suspendue ?

Même si la billetterie est physiquement fermée depuis le début du confinement, la billetterie en ligne est quant à elle restée ouverte sans interruption et continue à l’être. Il est donc tout à fait possible de réserver des places pour nos prochains spectacles.

Quelles mesures sanitaires avez-vous mis en place ?

On a mis au point un protocole sanitaire pour le tourisme d’affaires et les spectacles. Mais il n’est pas exactement le même pour les deux. Il y a des particularités. Quand on fait un spectacle, il faut gérer la billetterie donc il ne faut pas toucher les billets, il faut scanner, les gens doivent présenter les tickets, il faut gérer les entractes sans restauration, il faut gérer les toilettes. D’autres choses sont à gérer sur le tourisme d’affaires.

C’est-à-dire ?

Sur les salons, les conventions… la règle c’est le port du masque obligatoire, lavage des mains avec du gel hydroalcoolique et prise de température à l’arrivée pour tous. Concernant la distanciation, il y aura du personnel pour rappeler aux gens les mesures de distance. Ce ne sera pas la même chose pour les salons et les conventions.

Et pour les salles ?

En ce qui concerne les salles, nous sommes aujourd’hui en discussion avec le gouvernement qui n’a pas encore tranché. Mais il n’y a pas d’urgence à ce qu’il tranche. On a plutôt envie qu’ils attendent un peu et qu’ils nous disent « faites un sur un ou un sur deux », plutôt que de nous dire demain « faites un sur quatre ». Car demain, on n’a pas d’événement. Et franchement, un sur quatre ce n’est pas gérable. Économiquement pour un organisateur, ça n’a aucun sens. Il ne va pas payer pour une salle de 800 où il va mettre 200 personnes. Et en plus, cela lui réduit drastiquement ses capacités. On attend donc des instructions sur le positionnement.

Quelles autres mesures ?

Les vêtements du personnel seront chaque jour désinfectés. Ils n’auront l’uniforme que pour la journée. Il y aura un nettoyage approfondi et renforcé avec les virucides aux normes EN 14476. Il y aura, pour les rotations de salle, des nettoyages manuels pour nettoyer les tables, chaises, interrupteurs… de façon à remettre une salle rapidement en état parce que la problématique que l’on peut avoir, c’est la rotation des salles. On fera des systèmes de nettoyage en profondeur le soir et on fera des nettoyages plus ciblés comme dans les toilettes…

Tous ces nettoyages seront à la charge du Grimaldi Forum ?

Cela nécessite du personnel supplémentaire. On a tout un protocole où il y a des choses dont on considère que c’est au Grimaldi Forum de les prendre en charge. Et d’autres dont on considère que c’est à l’organisateur de les prendre en charge. C’est un protocole qu’on a établi et qu’on communique aujourd’hui à tous nos clients. Il y a aussi des choses qu’on va leur imposer. Par exemple, le port du masque est obligatoire. Nous vendrons des masques à notre desk d’information. Si des gens se présentent sans masque, ils auront la possibilité d’en acheter un. Mais on n’a pas de raison d’offrir ces masques. On va quand même faire attention au contrôle de ces coûts. Mais c’est bien compris par les clients.

© Photo Iulian Giurca – Monaco Hebdo.

« 2019 a été notre meilleure année avec 22 millions d’euros de chiffre d’affaires. On ne l’aurait peut-être pas refaite exactement à ce niveau-là en 2020 mais on peut estimer les pertes à 9-10 millions d’euros »

Toutes CES mesures ne sont-elles pas trop contraignantes ?

Entre ne pas avoir de contraintes quand on rentre quelque part et en avoir, forcément en avoir est une contrainte. Les organisateurs sont prêts à y faire face. On préfèrerait être dans la vie d’avant mais s’il faut le faire pour reprendre l’activité, pour faire du business et réenclencher la machine, on va le faire et bien. On a aussi demandé les protocoles sanitaires d’Allemagne, de France… On apprend des autres. Je suis également en relation avec les patrons de grandes sociétés d’organisation de salons. C’est toujours intéressant de savoir ce qu’ils mettent en place. Il faut apprendre de tout le monde. Pour moi qui suis dans la mise en place de ces mesures, oui c’est un peu contraignant. Mais il faut le faire.

À combien estimez-vous le surcoût lié à la mise en place de ces mesures ?

C’est très important. On a distribué 4 masques réutilisables à tous nos salariés pour trois mois puisqu’ils sont réutilisables 40 fois chacun. Rien que pour ces masques, il faut compter plusieurs milliers d’euros. Et ce n’est que pour trois mois. Il y a aussi le gel hydroalcoolique, les plexiglas, les lingettes… Le thermomètre thermique a coûté 500 euros. On va aussi installer des tapis désinfectants à l’entrée pour les chaussures. Cela représente plusieurs dizaines de milliers d’euros. C’est un coût qui est loin d’être neutre.

Le Grimaldi Forum devait célébrer son vingtième anniversaire avec une programmation spéciale. Comment allez-vous fêter cet anniversaire ?

Si on parle de célébration au sens festif, honnêtement je pense que c’est loupé. On n’a pas de chance parce qu’il y a 10 ans, on était en plein dans la crise économique. On avait dû renoncer à faire un anniversaire car on fait attention à l’argent qu’on nous donne. Cette année, pour les 20 ans, c’est la même chose. Ce n’est pas avec 50 % en moins de chiffre d’affaires qu’on va faire une fête et inviter tous nos clients. D’abord, je pense que ça ne serait pas compris, pas forcément bien perçu. Je suis plutôt dans une logique de reprise et de travail. Notre récompense et notre bel anniversaire, c’est si on arrive à rattraper quand même une partie de l’histoire. Dans la célébration en tant que telle, je réserve ma réponse.

Il n’y aura donc pas d’événements particuliers ?

Normalement on avait l’inauguration de l’expo estivale autour de l’automobile avec un sujet monégasquo-monégasque avec un parterre de pilotes… ça devait être brillant et le 10 juillet, on devait inviter tous nos clients, partenaires du tourisme d’affaires autour aussi de cette expo. Il n’y a plus d’expo donc voilà. Il y a une chose qu’on a quand même gardé parce que tout le travail avait été fait, c’est le catalogue de l’exposition. Il sera édité et offert en remerciement aux partenaires et aux clients. Ce sera notre cadeau mais il ne sera pas remis à l’occasion d’une célébration particulière. On ne va donc rien faire de spécial. Peut-être qu’il y aura une surprise cette année mais on va voir.

© Photo Iulian Giurca – Monaco Hebdo.

« Partout où ça a été possible, on a coupé (les budgets). Néanmoins, on aura besoin d’un effort supplémentaire au budget rectificatif de la subvention de fonctionnement »

Pourquoi ne pas le fêter en 2021 ?

Je ne suis pas bien sûre. Le festival de télé le fait. C’est bien de le faire, mais est-ce que ça a vraiment un sens ? Je ne suis pas sûre. Ce n’est pas de chance. On marquera quand même nos 20 ans. Notre équipe de communication travaille d’arrache-pied avec toutes les équipes pour rappeler combien le Grimaldi Forum a fait d’événements au cours de ces 20 ans, combien on est devenu un incontournable à la fois au plan économique et culturel en principauté. On fera une communication pour retracer les grandes dates, les grandes expositions, les grands événements. On le fera par la communication, mais pas au travers d’un événement. Ce n’est pas raisonnable.

En mars 2020, avant le confinement, vous étiez plutôt optimiste : est-ce encore le cas aujourd’hui ?

Je suis extrêmement optimiste sur l’automne. Je veux l’être. J’espère qu’il n’y aura pas un souci de vague. Aujourd’hui, notre carnet est plein, on doit repartir. Les clients sont là, la demande est là. Sur 2021, on a de la demande, on a les récurrents. On peut repartir. La seule chose qui pourrait venir nous contrarier, c’est ce que tout le monde craint [une deuxième vague – N.D.L.R.]. Mais je ne veux pas y croire, j’espère qu’on en a fini avec ce virus. Donc je reste optimiste. Je ne dis pas que je n’ai pas eu des coups de blues. Car quand on doit annuler un événement sur lequel on a travaillé plusieurs années qui doit fêter nos 20 ans, c’est difficile… Aujourd’hui, nous sommes dans la dynamique de reprise. C’est ce que je veux insuffler à l’équipe et tout le monde est dans cette idée. Je ne connais personne au Grimaldi Forum qui ne soit pas content de repasser les portes de l’établissement.

Iggy Pop encore reporté, James Bond dans l’attente

Alors qu’il devait initialement se produire le 10 avril 2020 au Grimaldi Forum, la rockstar américaine Iggy Pop avait dû renoncer à son concert en principauté, en raison de l’épidémie de coronavirus. Une nouvelle date avait alors été trouvée le 10 septembre 2020. Mais compte tenu de la situation sanitaire actuelle, l’artiste a préféré reporter sa tournée pour la deuxième fois. Finalement, son concert à Monaco devrait avoir lieu le 1er avril 2021. Et « ce n’est pas un poisson d’avril », indique le Grimaldi Forum dans un communiqué qui précise d’ailleurs que « cette date sera la toute première de la nouvelle tournée reprogramme de l’Iguane [surnom du chanteur – N.D.L.R.] ». Après Monaco, Iggy Pop enchaînera en effet 7 autres concerts en France. L’organisation informe que les billets achetés restent valables sur la nouvelle date « aux mêmes conditions d’emplacement et de prix, sans besoin de les échanger ». Ceux qui souhaitent obtenir le remboursement de leurs billets sont invités à prendre contact, par mail, avec le service billetterie (). Autre événement majeur qui devait marquer les 20 ans du Grimaldi Forum, l’avant-première mondiale du nouveau James Bond, Mourir peut attendre (2020), initialement prévue le 7 avril dernier, est pour le moment maintenue en novembre 2020. Mais l’incertitude demeure, compte tenu de la reprise très progressive des cinémas. « A priori ce que l’on comprend, c’est qu’ils pensent encore repousser la sortie mondiale de novembre au printemps suivant [en 2021 – N.D.L.R.] parce que pour eux, la sortie en salles est un enjeu commercial fort. Du coup, je pense qu’ils ont peur de ne pas avoir le bénéfice attendu sur une sortie trop prématurée », explique la directrice générale du Grimaldi Forum, Sylvie Biancheri. Il faut dire que le budget du film, estimé à 250 millions de dollars, justifie pleinement que sa sortie mondiale soit soignée. Un nouveau report de l’avant-première n’est donc pas à écarter, selon Sylvie Biancheri : « Comme on est lié à la sortie mondiale, peut-être que ce sera encore reporté, ou peut-être que ce sera abandonné. Je ne peux pas encore vous le dire actuellement. On n’a pas d’info ». Affaire à suivre, donc.

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