vendredi 27 novembre 2020
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Fermetures administratives et Covid-19 En France, les commerçants se mobilisent

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Le premier ministre français, Jean Castex, a indiqué que les supermarchés auront interdiction de vendre des produits « non essentiels » dès le 3 novembre 2020.

Mais cela n’apaise pas la colère et la détresse des commerçants soumis à une fermeture administrative de leurs établissements pour cause de flambée de l’épidémie de Covid-19.

En France, la polémique a fait rage. Et alors que Monaco Hebdo bouclait ce numéro, le 3 novembre 2020, la colère n’était pas encore retombée. Les commerçants contestent toujours la fermeture administrative de leurs établissements, imposée pendant la période de confinement, alors que les grandes surfaces restent ouvertes et vendent des produits identiques aux leurs. Interrogé sur TF1 le 1er novembre 2020, le Premier ministre français, Jean Castex, a annoncé que, dès le 3 novembre 2020, le gouvernement allait « interdire la vente de produits d’ores et déjà [prohibés] dans les commerces de proximité ». On notera d’ailleurs que l’appellation « produits non essentiels » a disparu du vocabulaire utilisé par Jean Castex, afin de ne pas accentuer la vexation des commerçants. Le 30 octobre 2020, les libraires, obligés de fermer eux aussi, ont obtenu l’interdiction de ventes de livres et d’autres produits culturels dans les grandes surfaces, comme la Fnac, par exemple. Du coup, dans la foulée, les commerçants spécialisés dans des produits jugés « non essentiels », comme le prêt-à-porter, les jouets, les fleurs ou les parfums notamment, réclamaient qu’une mesure identique soit prise. Le Syndicat national de la librairie française et les organisations patronales du commerce ont demandé à rouvrir leurs magasins au plus vite, ce qui représente la remise en activité d’environ 200 000 lieux de vente en France. « Ce n’est certainement pas le moment de revenir sur les mesures annoncées. C’est beaucoup trop tôt », a répondu Jean Castex, tout en rappelant que, « toutes les trente secondes, une personne atteinte par le Covid est hospitalisée en France ». D’un point de vue économique, une conséquence est sans cesse avancée : « Le grand gagnant, c’est Amazon », répètent beaucoup de commerçants. Selon une étude publiée par le cabinet Kantar, lors du premier semestre 2020 Amazon a généré un volume d’affaires d’environ 7,4 milliards d’euros, freiné par une interdiction de vente de produits « non essentiels », en avril 2020. Le gouvernement français a demandé à Amazon de suspendre sa campagne de publicité “Black Friday”, qui vise à doper les ventes du géant américain juste avant Noël.

Colère

Toujours d’après l’étude publiée par le cabinet Kantar, en France, 35 millions de personnes ont acheté en ligne pour 44,5 milliards d’euros de chiffre d’affaires, pendant les six premiers mois de 2020, ce qui représente 10 % de plus qu’en 2019. A l’approche de Noël, et alors que la pandémie de Covid-19 est en pleine explosion, les ventes sur Internet pourraient battre des records, permettant ainsi de dépasser les 20 milliards d’euros de chiffre d’affaires réalisés lors du quatrième trimestre 2019. Seule possibilité pour les commerçants fermés : miser sur le “click and collect”, c’est-à-dire la livraison de commandes réalisées sur Internet. Mais alors que la vente en ligne ne pèse que pour 15 % des ventes pour les libraires, fleuristes et autres petits commerçants, le “click and collect” ne pourra donc pas être la planche de salut espérée. De nouvelles mesures sanitaires sont préparées par le Medef, pendant que les magasins de jouets évoquent la possibilité de limiter la jauge de leurs magasins à une personne pour 8 m2, contre une personne pour 4 m2 lors du dernier déconfinement. Pour faire face à l’affluence de clients, beaucoup se disent prêts à étendre leurs horaires d’ouverture, et même à travailler 7 jours sur 7. Mais l’incompréhension et la colère sont toujours là. Et parmi ceux qui sont soumis à une fermeture administrative de leurs établissements, quelques-uns envisagent d’ouvrir quand même. La contestation ne faiblit pas, et une série de manifestations devraient se dérouler dès cette semaine dans plusieurs villes de France.

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