jeudi 15 avril 2021
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Fairmont Le plan social se conclut avec plus de candidats au départ que prévu

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Lancé en janvier 2021, le plan social de l’hôtel Fairmont s’est conclu ce samedi 13 mars 2021 par 47 départs volontaires, sur les 72 prévus à l’origine.

Six départs contraints restent cependant à déplorer, alors que 85 salariés étaient prêts à partir.

Six départs forcés, et 47 volontaires. C’est sur cette note que vient de se conclure le plan social de l’hôtel Fairmont ce samedi 13 mars 2021, la direction ayant validé et signé un accord avec les syndicats. On imaginait mal un tel scénario se produire en janvier 2021, lorsque le projet de réduction d’effectifs avait été officiellement annoncé aux employés et représentants syndicaux. À l’origine, 72 postes parmi les 413 salariés en contrat à durée indéterminée (411 selon les syndicats) devaient être supprimés. Il fallait alors trouver des volontaires pour limiter la casse et, finalement, la tâche n’a pas été si ardue. À l’issue des négociations, 85 salariés étaient en effet prêts à quitter l’entreprise de leur propre chef, selon Jean-Pierre Messy, secrétaire général du syndicat des cuisiniers. Aucun chiffre n’a filtré du côté des syndicats concernant les indemnités, et la direction de l’hôtel Fairmont n’a pas non plus divulgué le montant global du plan social, mais on imagine qu’avec autant de volontaires, les enveloppes proposées devaient être conséquentes. Ces montants, selon les syndicats, iraient d’un quart à un tiers du salaire mensuel, selon que les candidats aient plus de dix ans d’ancienneté ou non. S’ajouteraient deux mois de préavis payés, plus un mois, selon la tranche de dix ans d’ancienneté.

« Victoire » et « frustration »

Pour les syndicats, c’est donc « une grande victoire, mais aussi une frustration », comme l’exprime Jean-Pierre Messy. Victoire, car de nombreux salariés échappent au pire, mais frustration car six personnes vont tout de même perdre leur emploi, alors que 38 volontaires n’ont pas obtenu une réponse favorable à leur demande de départ. Outre les personnes proches de la retraite, il aurait été difficile, selon les syndicats, de reclasser certains de ces candidats, faute de pouvoir leur trouver des postes équivalents. Concernant les six personnes contraintes au départ, il s’agit d’une salariée à temps partiel et de cinq postes de cadres, selon Jean-Pierre Messy. Ces postes à responsabilité ne permettraient pas de reclassement, du fait de leurs spécificités, explique la direction de l’hôtel, et des discussions seraient encore en cours quant aux conditions matérielles de leur départ et les éventuelles formations à leur proposer. Les 47 départs volontaires validés sont, quant à eux, essentiellement issus des métiers de la restauration. Le chômage total temporaire renforcé (CTTR), prolongé encore au 30 juin 2021, aurait également permis de sauver plusieurs salariés, selon les syndicats et la direction de l’hôtel.

Aucun chiffre n’a filtré du côté des syndicats concernant les indemnités, et la direction de l’hôtel Fairmont n’a pas non plus divulgué le montant global du plan social, mais on imagine qu’avec autant de volontaires, les enveloppes proposées devaient être conséquentes

Quel avenir ?

Maintenant que les effectifs ont été réduits, comment aborder l’avenir ? Loin d’inspirer la sérénité du côté des représentants syndicaux, la question se pose, alors que l’activité ne pourra tourner à nouveau à plein régime que lorsque la clientèle pourra à nouveau voyager sans frein. « Nous perdons près de 25 % des effectifs, mais comment répondre à la demande, lorsqu’elle reprendra, avec des équipes décimées ? Si la direction fait appel à des contrats courts pour compenser, il faudra les former et les encadrer », s’inquiète Jean-Pierre Messy. Les syndicats entendent négocier désormais avec la direction de l’hôtel pour instaurer la reconnaissance de la pénibilité du travail, comme le permet le droit français. Elle permettrait, selon les syndicats, d’assurer des ajustements des conditions de travail, et des effectifs, particulièrement en période de forte activité. Reste que le cadre légal ne permet pas encore, aujourd’hui, d’instaurer concrètement une telle mesure. La question devrait tout de même être abordée fin avril 2021, lors du prochain comité d’hygiène, de sécurité et de conditions de travail, qui se réunit tous les trois mois. Le gouvernement princier sera-t-il invité à se pencher sur la question ?

La direction du Fairmont « extrêmement reconnaissante »

Contacté par la rédaction de Monaco Hebdo, Pierre-Louis Renou, vice-président régional et directeur général de l’hôtel Fairmont, n’a pas été en mesure de répondre à nos questions avant la date de bouclage de ce numéro, le 16 mars 2021. Il a toutefois tenu à s’exprimer, par le biais d’un communiqué de presse, concernant la conclusion du plan social de l’établissement : « Nous sommes extrêmement reconnaissants envers les acteurs locaux et remercions l’inspection du travail, le Conseil national et le ministère des affaires sociales et de la santé pour leur précieux accompagnement, pour l’aide déjà apportée ainsi que le gouvernement princier pour la prolongation du chômage total temporaire renforcé (CTTR) jusqu’en juin 2021. La mise en place et le suivi continu des mesures sanitaires rigoureuses présentes au sein de l’hôtel, la situation sanitaire qui, grâce aux vaccins, devrait permettre à tous de retrouver une certaine liberté de voyager, l’arrivée de la belle saison, le maintien de certains événements comme les trois Grands Prix à venir et l’avancement du plan de rénovation très ambitieux de l’hôtel, voilà autant de bonnes raisons de nous laisser croire que nous pouvons repartir dans l’espoir de retrouver une certaine normalité rapidement. »

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