mardi 28 septembre 2021
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De l’éthique de la finance

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Blanchiment d'Argent
© Photo D.R.

Du 25 au 27 avril se tiendra au Sporting d’Hiver le dixième forum de la Convention of Independent Financial Advisors, une ONG qui réunit économistes et conseillers indépendants pour faire un point sur la moralisation de la finance.

Dans le monde de la finance, la CIFA fait figure de sage. Cette organisation non gouvernementale, composée de conseillers financiers indépendants, se veut un think tank désireux de protéger l’épargnant sur les marchés. Elle n’hésite pas à aborder des thématiques qui font hurler les loups de Wall Street. Comme en 2011, la CIFA tiendra son forum, le dixième du nom, en Principauté au Sporting d’Hiver du 25 au 27 avril. Au programme sont prévues des conférences sur le pouvoir des agences de notation, les défaillances du système financier international et la possibilité de reconstruire un système international plus stable, équitable et responsable. « Nous n’avons pas de produits à vendre, nous avons donc les mêmes intérêts que l’épargnant. On raille notre ONG en disant qu’on protège les riches, ce n’est pas le cas. On protège l’épargnant car il a besoin de sécurité juridique, de rendement sûr », explique Guy Raymond Cohen, président du comité d’organisation du forum.

« Pas sortis de la crise »
Sa réflexion sur la moralisation de la finance et son caractère indépendant permettent à la CIFA d’avoir un statut consultatif auprès du conseil économique et social des Nations Unies. L’ONG participe également à la conférence de l’ONU sur le commerce et le développement. « Nous devenons de plus en plus d’actualité. De plus en plus d’officiels nous consultent car nous donnons un avis indépendant », note Guy Raymond Cohen. La CIFA est d’autant plus sollicitée que la crise financière avait été débattue dans un de ses forums avant qu’elle n’éclate. « Ça n’a pas été une surprise. La finance a commencé à déraper quand elle s’est enfermée dans des bulles spéculatives. Nous ne sommes pas sortis de la crise. Nous avions été critiqués l’an dernier car nous avions conclu que les marchés devaient baisser. Il est très difficile de faire des prévisions mais on s’aperçoit que les problèmes ayant trait à la crise ne sont pas réglés », analyse le président du comité d’organisation du forum. Le message éthique prôné par la CIFA passe-t-il auprès des acteurs du système?? « Est-ce facile de réformer ses mauvaises habitudes?? Pas toujours », répond Guy Raymond Cohen.
Aussi la CIFA a-t-elle convié un invité surprenant pour son dixième forum, afin de transposer la finance sur le plan spirituel. L’ONG a fait appel au moine bouddhiste Matthieu Ricard pour répondre à la question?: L’argent fait-il le bonheur?? « Nous nous intéressons à l’investissement socialement responsable à travers la laïcité ou les grandes religions. Ça fait partie du message de la CIFA sur la moralisation. Matthieu Ricard apparaît très emblématique dans ses positions sur l’argent et la morale. C’est une ouverture philosophique à nos travaux. On en fera venir d’autres religions chaque année », explique Guy Raymond Cohen.

« Monaco, une place propre »
Quant au choix de Monaco pour l’organisation de son forum, la CIFA l’a effectué « délibérément ». « C’est une place financièrement propre et neutre. Le blanchiment est beaucoup plus difficile à Monaco qu’ailleurs. Les risques de scandales financiers sont moindres », affirme Guy Raymond Cohen, qui torpille l’ancienne image de paradis fiscal monégasque?: « La liste de l’OCDE est très politisée. Elle s’en prend aux petits pays, pas aux grands centres de blanchiment. Les petits pays sont plus faciles à critiquer. Nous convions des criminologues à nos forums. Ils nous disent clairement qu’au niveau international, Monaco n’est pas du tout une capitale du blanchiment. La Principauté fait partie des nations qui ont un haut standard de moralité fiscale. »

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