lundi 18 octobre 2021
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La ruée vers l’or

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Lingot d'Or
© Photo D.R.

L’envolée du métal jaune pourrait se poursuivre dans un contexte financier toujours difficile et continuer de bénéficier aux sociétés aurifères.

L’or a franchi allégrement mi-octobre la barre des 1?300 dollars l’once… soit une envolée de plus de 20 % depuis le début de l’année, qui pourrait bien se poursuivre. Nombre d’investisseurs s’attendent en effet à ce que le métal jaune affiche de nouveaux records, à l’image de John Paulson, fondateur du fonds spéculatif éponyme, qui défendait le 30 septembre dernier que les prix de l’or pourraient atteindre les 2?400 dollars à l’horizon 2?012 voire 4?000 dollars en cas d’emballement des cours.

L’or en bonne santé

Au fil de crises qui ont secoué les marchés ces dernières années, l’or n’a cessé de s’apprécier. Mais il semble avoir véritablement retrouvé son statut de valeur refuge depuis la faillite de Lehman Brothers à l’automne 2008. Car si le déséquilibre structurel entre l’offre et la demande explique en partie l’ascension continue des prix de l’once ces dernières années, l’emballement actuel est avant dû au contexte macroéconomique et financier. Le métal jaune est en effet considéré comme une valeur refuge contre les risques systémiques du système financier ou de faillite d’un Etat souverain, mais également face aux inquiétudes sur une éventuelle déflation voire aussi contre un retour de l’inflation à moyen terme suite aux plans de relance et aux politiques monétaires accommodantes de sortie de crise. Plus récemment, les signes de détérioration de la reprise économique mondiale, notamment aux Etats-Unis, ont provoqué ravivé l’attrait pour le métal jaune. A quoi s’est ensuite ajoutée l’attitude de la Réserve Fédérale américaine. La décision de la Fed d’acheter des émissions gouvernementales, le fameux « quantitative easing » dans le jargon financier, fragilise en effet la signature de l’Etat américain et provoque par la même une forte défiance envers le dollar… qui alimente la hausse de l’or. « Tant que cette politique monétaire sera maintenue, l’or pourra poursuivre son ascension », soulignent les spécialistes de HSBC Private Bank France. « Ceci étant, l’attractivité de l’or dépasse très largement ces considérations sur une éventuelle résurgence de l’inflation, poursuit Marc-Ali Ben Abdallah de la Stratégie et recherche économique d’Amundi AM. L’or doit d’abord être regardé comme l’un de ces rares actifs de réserve liquides. Cette dernière propriété signifie que celui-ci pourrait continuer de progresser même dans le cadre d’un scénario adverse à savoir l’apparition de tensions déflationnistes durables. »

Placement prudent

La détention du métal jaune apparaît donc, aux yeux des spécialistes, toujours pertinente comme outil de diversification de son patrimoine dans un environnement financier qui reste difficile. « De plus, les métaux précieux offrent une protection contre l’inflation, qui pourrait bien ressurgir compte tenu des politiques monétaires accommodantes menées dans le monde entier, ajoute Steve Land, Vice Président, Gérant de portefeuille et analyste Franklin Equity Group. Les perspectives des deux prochaines années étant relativement incertaines, il nous semble prudent de conserver des positions sur l’or dans un horizon de long terme. » Cet expert estime d’ailleurs que les prix du métal jaune offrent encore un potentiel de hausse. « Naturellement, l’or reste vulnérable aux phases baissières du marché, mais le métal bénéficie de sa corrélation historiquement faible avec l’ensemble des autres marchés », précise-t-il.

Investissement ciblé

Toutefois, les spécialistes préconisent d’investir dans des sociétés aurifères plutôt que de détenir de l’or physique. Sur longue période, ils observent que, dans un environnement de hausse du cours de l’or, ces sociétés tendent à surperformer l’or physique en raison du levier opérationnel naturel d’une entreprise, dû à ses coûts fixes, qui fait que l’augmentation de ses résultats est supérieure à celle du cours de l’or qu’elle produit. Par ailleurs, dans un environnement où la croissance est difficile, les opérations de fusions-acquisitions ne peuvent que se multiplier ce qui confère un intérêt spéculatif au secteur, plus particulièrement aux sociétés productrices ou exploratrices dites « junior », cibles privilégiées des grands groupes qui peinent à renouveler leurs réserves.

Les biocarburants, opportunités d’investissement
« Les biocarburants à long terme de deuxième génération vont fournir des opportunités d’investissement intéressantes, soulignent les experts de Schroders dans leur dernière lettre mensuelle consacrée au changement climatique. Entre temps, à l’exception des producteurs brésiliens de sucre et d’éthanol, les principales conséquences des biocarburants en termes d’investissement semblent être la pression à la hausse exercée sur les cours des récoltes et la nécessité de gains de productivité en agriculture qui en découle. Le fonds Schroders ISF Global Climate Change Equity dédié au changement climatique reste bien exposé à ces tendances, par le biais de titres tels que AGCO, Syngenta, Monsanto et Jain Irrigation. »

Des règles du jeu stables
La capacité d’adaptation de la gestion alternative est à nouveau mise à l’épreuve par des nouvelles réglementations touchant le fonctionnement des marchés, des gérants et de leurs clients. Pour Dexia Aset Management, tout ce qui va dans le sens d’un marché plus contrôlé est positif à condition que les règles du jeu soient claires. « Le plus dangereux pour l’industrie de la gestion alternative reste un changement des règles brutal et sans concertation », précise Fabrice Cuchet, Responsable de la Gestion Alternative chez Dexia AM.

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Monaco Hebdo