vendredi 26 février 2021
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Donner un spectacle à Monaco : la dernière chance pour les producteurs français ?

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Alors que la pandémie de Covid-19 se poursuit, les concerts et les spectacles restent au point mort en France, contrairement à Monaco.

De quoi tenter les producteurs voisins de programmer des artistes en principauté ? Monaco Hebdo a demandé son avis à Angelo Gopée, directeur général de Live Nation France et producteur de Gad Elmaleh, un artiste qui a déjà donné sept spectacles à Monaco depuis décembre 2020.

«Artistes français, vous êtes les bienvenus ! » Cette phrase, personne ne l’a scandée, mais c’est tout comme. Depuis que la crise sanitaire sévit et que les scènes françaises demeurent toujours aussi vides, la principauté continue d’accueillir des artistes sur ses planches. Ils sont moins nombreux que les années précédentes, bien évidemment, mais quelques beaux noms ont tout de même fait le déplacement à Monaco récemment : Stéphane Bern dans l’après-midi du 14 janvier 2021, et surtout Gad Elmaleh, qui a donné quatre spectacles début décembre 2020, et trois autres les 8 et 9 janvier 2021, organisés un peu en dernière minute. Angelo Gopée, son producteur, également directeur général de Live Nation France, filiale française de l’entreprise californienne de production et de promotion de spectacles du même nom, était sur la route avec l’humoriste. À l’origine, aucune date n’était prévue à Monaco début janvier 2021, mais l’opportunité était là, presque offerte selon lui : « On s’est vite rendu compte qu’il ne se passerait rien en France. Nous n’avions pas envie d’attendre les dernières annonces du gouvernement français qui, de toutes façons, n’allaient rien donner. Nous avons donc sollicité Monaco, où nous avions joué en décembre 2020, et tout s’est débloqué, raconte-t-il. Le théâtre princesse Grace était disponible, et la direction de la culture nous a donné son feu vert rapidement. On a pu alors nous organiser pour la billetterie et les annonces. » En une heure, à trois jours à peine du premier spectacle, tout était complet. Dans le public, parmi les 140 spectateurs, beaucoup de Français avaient fait le déplacement pour la représentation du samedi après-midi. Pour entrer en principauté, ils n’avaient qu’à présenter leur billet, ou une quelconque preuve d’achat justifiant de leur présence au spectacle. Impensable de l’autre côté de la frontière.

Rester rentable

Cet épisode va-t-il donner envie à d’autres producteurs français de tenter également leur chance à Monaco ? Pas forcément : « Tout dépend de l’artiste. Il ne faut pas oublier que les jauges du public restent limitées, et un déplacement doit rester rentable, répond Angélo Gopée. Avec un humoriste, c’est facile de s’organiser. Et puis Gad a une forte notoriété à Monaco, on savait que le public serait au rendez-vous. Mais ça devient tout de suite plus compliqué lorsqu’il faut déplacer de gros moyens pour les lumières et le son. » Selon ce producteur, c’est avant tout en France que les choses doivent évoluer : « Il faut agir concrètement. Trop d’emplois sont concernés, c’est pitoyable d’être aussi inconstant depuis six mois, s’agace-t-il. Le planning doit être cohérent, comme à Monaco. Il faut des mesures qui soient visionnaires, un plan général pour être capable de vite se projeter et de rouvrir nos salles à date fixe. Ça ne peut plus se faire au bonheur la chance. »

Plus le temps d’attendre

Car un autre problème se pose en France, toujours selon Angelo Gopée : la difficulté pour plusieurs professionnels du spectacle de toucher les aides accordées par le fonds de solidarité national. « Certains pensent, à tort, que nous bénéficions déjà d’aides sectorielles et que, par conséquent, nous ne pouvons pas prétendre aux aides transversales. Or, nous ne touchons pas d’aides sectorielles. Ces aides-là reviennent aux musées et aux acteurs du patrimoine. Le monde de la culture est un grand panier qui regroupe des festivals, des producteurs, des subventionnés, des théâtres… Mais tout le monde n’avance pas à même échelle. » Dans ce contexte, chaque occasion de se produire non loin de la frontière est une opportunité en soi. Pour les Français en effet, hormis Monaco, il faut faire des kilomètres pour pouvoir donner un spectacle. On note encore des concerts et des festivals en Asie, à Dubaï, ou même en Nouvelle-Zélande, comme le rappelle Angelo Gopée, mais rarement plus près. Et lorsque l’on sait que Live Nation France organise, en moyenne, 2 000 concerts à l’année, on peut se demander pendant combien de temps encore les producteurs français du même acabit pourront garder patience.

Pour Pierre Dartout, les spectacles de Gad Elmaleh ne créeront pas un précédent

Dans son entretien exclusif accordé à Monaco Hebdo [lire Monaco Hebdo n° 1180 — NDLR], le ministre d’Etat, Pierre Dartout, a répondu à nos questions concernant les trois derniers spectacles de l’humoriste Gad Elmaleh au théâtre princesse Grace (TPG) les 8 et 9 janvier 2021. « Il ne s’agit pas d’un précédent, affirmait-il alors. Car les activités culturelles sont programmées depuis de nombreuses semaines déjà, et plusieurs autres pièces de théâtre ou concerts sont à l’affiche pour les prochaines semaines en principauté. » Pierre Dartout faisait aussi la distinction entre les spectacles de type “stand-up” d’humoristes, en plus petits comités, et les concerts de plus grande envergure : « Il ne s’agit pas d’offres culturelles où le public danse, s’agite ou crie. Les spectacles de cette nature sont eux suspendus pour le moment, car ils représentent un risque de contamination important. »

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