dimanche 29 novembre 2020
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Roca Team : le gratin européen
en ligne de mire

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Le club de basket de la principauté se voyait enfin en haut de l’affiche cette saison. Fauché par l’arrêt de celle-ci, alors qu’il s’apprêtait à jouer un quart de finale européen et gambadait à la première place du championnat, Monaco compte poursuivre son œuvre la saison prochaine. Avec le même objectif : jouer l’Euroligue.

L’AS Monaco Basket s’apprêtait peut-être à vivre la plus grande saison de son histoire. Tout du moins de sa nouvelle histoire, débutée en 2013 avec l’arrivée de Sergey Dyadechko à sa tête. Premier en championnat, prêt à jouer un quart de finale en Eurocoupe contre la Virtus Bologne le 17 mars 2020, la Roca Team, le nom marketing du club en principauté, n’a pas pu terminer son œuvre. Le Covid-19 en a décidé autrement. Depuis l’arrivée du président ukrainien, ex-banquier d’affaires, le club monégasque franchit chaque année un nouveau palier. Jusqu’à se rapprocher du plus haut niveau : l’Euroligue, compétition européenne suprême. Étape par étape, le club a progressé. Jusqu’à se retrouver à la mi-mars, en position de réaliser son rêve initial, puisque les deux finalistes de l’Eurocoupe étaient qualifiés d’office pour l’Euroligue. Cette année, un seul club français figurait parmi les 18 prétendants à la couronne européenne de l’Euroligue : le rival lyonnais de l’Asvel. Car accéder au gratin européen n’est pas une mince affaire. Les tickets d’entrée sont alloués en fonction des ressources financières et se négocient durement. Onze clubs sont titulaires d’une licence valable 10 ans. Les autres places sont attribuées sur invitation d’une ou deux saisons, ou réservées aux vainqueurs des ligues adriatiques, allemandes, espagnoles, et d’Europe de l’Est. Contrairement au foot, il existe plusieurs compétitions européennes qui se font concurrence entre elles. L’Euroligue, qui comprend une subdivision avec l’Eurocoupe, et la BasketBall Champions League (BCL). La première est une compétition privée, où la valeur marchande du club prime plus que ses résultats sportifs, sponsorisée par Turkish Airlines. La seconde, moins prestigieuse et plus récente, créée en 2016, est gérée par la Fédération internationale de basket (FIBA). Cette dernière, soucieuse de voir se développer une ligue qui attribue ses places sans critères sportifs (bien que, dans les faits, ce sont tout de même les meilleurs clubs qui participent à la compétition), a alors créé la BCL en réponse, dont Monaco était finaliste en 2018. Mais c’est bien l’Euroligue qui demeure le Graal pour tout joueur et club européen. Et c’est ce que visent les dirigeants du club de la principauté, en tentant de s’intégrer à l’Euroligue par la voie sportive de l’Eurocoupe, indubitablement le chemin le plus aisé.

Photo Michael Alesi / Direction de la Communication

Premier en championnat, prêt à jouer un quart de finale en Eurocoupe contre la Virtus Bologne le 17 mars 2020, la Roca Team, le nom marketing du club en principauté, n’a pas pu terminer son œuvre. Le Covid-19 en a décidé autrement

L’Euroligue en ligne de mire : à quel prix ?

D’un point de vue financier, les retombées sont immenses, avec l’exposition médiatique que confère l’entrée dans la famille Euroligue. Mais les engagements le sont tout autant. Puisque l’Euroligue est composée de membres permanents, avec onze clubs sous licence A, liant les clubs à la compétition pour 10 ans, il va sans dire que le club doit conserver des reins solides pendant un moment. Il y a quelques semaines, le Panathinaïkos, club de la capitale grecque, et multiple vainqueur du trophée, a annoncé vouloir quitter l’Euroligue, après la mise en vente du club par son président. Problème : ils sont liés par contrat à celle-ci, et s’ils le rompent, ils devront rembourser le préjudice. De plus, les autres clubs sous licence A se sont fait entendre pour que reste leur adversaire athénien. Participer à l’Euroligue demande donc stabilité financière et sportive, les deux étant interdépendantes. Pour le moment, Monaco parvient à se placer sur les deux tableaux. Pendant quelques années Sergey Dyadechko a assuré à lui seul le budget monégasque. Depuis, le portefeuille s’est diversifié, comme l’explique Oleksiy Yefimov (voir l’entretien ci-après), general manager du club, et fidèle partenaire de son président depuis l’époque où ils collaboraient à Donetsk (Ukraine) aux mêmes postes respectifs. Il n’empêche que, pour pouvoir rivaliser sur la scène européenne avec les plus grands que sont le Real Madrid, le FC Barcelone ou le CSKA Moscou, il va falloir trouver de nouvelles ressources, puisque leurs budgets sont quatre fois plus gros que le budget monégasque : 40 millions contre 9 millions d’euros pour le club de la principauté. Sur le plan sportif, rien à redire également si ce n’est que chaque année, l’effectif repart de zéro. Chaque année, c’est donc un nouveau pari, une nouvelle alchimie à trouver, et une nouvelle dynamique à enclencher. Jusqu’ici la formule fonctionne. Chaque saison, la Roca Team est performante en championnat et se trouve en position de gagner le titre. Qu’en sera-t-il le jour où la mayonnaise ne prendra pas ? Le general manager du club se veut confiant. Monaco demeure attractif pour bien des raisons. Lieu de vie prisé, salaire net d’impôt pour les joueurs étrangers, et désormais soutien du public, malgré une petite salle (lire l’encadré ci-après). Dans tous les cas, le club poursuit sa progression constante. En 2013, le club était en Nationale 1 (3ème division). Sept ans plus tard, il était aux portes de l’Euroligue, avant la crise du Covid-19.

Photo Michael Alesi / Direction de la Communication

L’ASM Basket veut que les spectateurs en aient pour leur argent en somme, dans une perspective similaire au grand show américain de la NBA. Quitte à ce qu’une équipe de pom-pom girls, à l’ère de #MeToo, continue encore de se déhancher dévêtues sur le parquet à chaque temps mort

Oleksiy Yefimov veut rendre les matches plus divertissants

La vision marketing peut parfois prendre le pas sur la vision sportive. C’est un des malheureux travers de l’époque, où le sport se transforme en industrie aux dépens, parfois, de valeurs essentielles qu’il est censé véhiculer. Oleksiy Yefimov tente de combiner les deux approches dans sa gestion du club. Pour la rentrée, il souhaite promouvoir le divertissement extra-sportif. « Nous voulons améliorer le divertissement pendant le match. Nous travaillons sur de nouvelles idées. Nous pensons que le plus important est de promouvoir ce projet, pas seulement comme un projet sportif, mais comme un projet de divertissement. Les gens viennent pour passer un bon moment, pour être divertis, qu’importe ce qu’il se passe sur le terrain. Ils veulent recevoir des ondes positives. » Quel genre d’idées ? « Nous pensons à une idée intéressante de MC Clic. Un drone pourrait voler dans la salle et filmer les spectateurs avec une animation, comme une Kiss Cam, ou une Drums Cam. Le drone filme une personne, une batterie apparaît sur l’écran et il doit jouer ». En donner pour leur argent en somme, dans une perspective similaire au grand show américain de la NBA. Quitte à ce qu’une équipe de pom-pom girls, à l’ère de #MeToo, continue encore de se déhancher dévêtues sur le parquet à chaque temps mort. « Pour les Roca Girls, seul Cholet avait un groupe de cheerleaders. Ce n’était pas très populaire en France. Mais nous avons créé les Roca Girls, et maintenant elles ont leur propre identité », affirme Oleksiy Yefimov.

Pour lire la suite de notre dossier ASM Basket avec l’interview de Oleksiy Yefimov, cliquez ici.

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